jeudi 11 novembre 2010

GUIDE DU NUMÉRIQUE 2011 : TV 3D, photo, jeux, smartphone, ordi, imprimante, tablette




Le Point, no. 1991 - Tendances, jeudi, 11 novembre 2010, p. 148

Editorial
Christophe Gaillard

Depuis maintenant huit ans, ce Guide du Point accompagne le monde du numérique et ses évolutions. Cette année est marquée par l'accélération du phénomène de la dématérialisation. En clair, la disparition des supports physiques au profit de fichiers numériques. Voilà quelques années, nous avions noté la supériorité technique de la photo numérique sur l'argentique, marquant la fin d'une époque. Aujourd'hui, c'est la musique dématérialisée qui offre des performances égales, voire supérieures, au CD. A tel point que des marques de hi-fi haut de gamme abandonnent la fabrication de platines CD au profit de produits équipés de disques durs et capables d'aller chercher des morceaux sur n'importe quel réseau. Les livres et la presse n'échappent pas à la règle, pas plus que la vidéo. Pas un téléviseur récent qui ne soit connecté à Internet, ouvrant ainsi la porte à un marché gigantesque. Deux clics sur la télécommande suffisent pour louer un film, dont la diffusion débute presque immédiatement. Simple, efficace, imparable. La dématérialisation s'insinue jusque dans notre vie administrative, transformant nos bulletins de salaire, factures, feuilles d'impôt en autant de fichiers numériques stockés dans des endroits sécurisés et néanmoins accessibles d'un clic. Finalement, à force de virtualiser nos vies en de multiples fichiers numériques, les grands gagnants seront les fabricants de disques durs.



Les tests

Notre Guide du numérique ne serait pas ce qu'il est sans l'appui de notre partenaire depuis de nombreuses années, le laboratoire indépendant BenchExpert Labs. Téléviseurs, appareils photo, ordinateurs, imprimantes, tablettes sont décortiqués et soumis à une batterie de tests et de mesures. Un travail complété par nos journalistes, qui prennent en main les produits afin d'établir un jugement fondé sur une expérience aussi proche que possible de celle de l'utilisateur. A noter, l'aide que nous apporte depuis deux ans la société française DxO, spécialiste reconnu internationalement pour ses protocoles d'analyse scientifique comparative des appareils photo numériques.


Télévision

Ciel, mon ordi !. Ceux qui croient que regarder la télévision signifie rester assis devant un écran à subir des programmes ineptes se trompent. On trouve aussi des programmes sans intérêt sur Internet. Jamais les écrans de salon n'ont été capables d'afficher autant de contenus. Peu à peu, ils se rapprochent du Web et de la nécessité impérieuse de pouvoir disposer de tout à tout instant. La prochaine étape sera celle de la circulation des contenus. Finalement, les téléviseurs ressemblent de plus en plus à des ordinateurs pensés pour le salon et la communication. Le divertissement prend aussi son envol avec l'apparition de la 3D.


Téléviseurs 3d - Plein la vue !
Clément Pétreault

Relief. Les téléviseurs entrent dans la troisième dimension et se connectent à la Toile. Mutation ou révolution ?

Que la bouture 3D s'enracine dans les foyers grâce aux téléviseurs, et des pans entiers de l'électronique refleuriront. Ordinateurs, logiciels, films, jeux, consoles, appareils photo, caméscopes, cadres photo, imprimantes... tous les loisirs numériques peuvent être rendus compatibles avec la 3D. A condition de s'équiper d'un matériel ad hoc.

Les tout premiers téléviseurs capables de restituer des films en relief sont arrivés sur le marché. Il s'en est vendu un peu moins de 24 000 en France depuis le mois de mai, un nombre négligeable comparé aux 9 millions de téléviseurs écoulés dans l'Hexagone pendant l'année 2010. S'il est un peu tôt pour parler de déferlante, la 3D est quand même une tendance commune à toutes les marques. Certains acteurs comme Samsung ouPanasonic cherchent à l'imposer auprès des consommateurs en multipliant les références autour de leurs technologies. Les autres fabricants suivent le mouvement avec plus ou moins de conviction. Quoi qu'il en soit, pas une marque ne reste en dehors de l'aventure 3D. L'enjeu est gigantesque et conditionne en partie la bonne santé de l'industrie pour les prochaines années.

Avec lunettes. Les téléviseurs 3D se déclinent aussi bien avec des dalles LCD que plasma et, contrairement à une croyance répandue, ils ne sont pas uniquement destinés à la 3D. Ce sont avant tout d'excellents téléviseurs classiques. Outre l'équipement, lecteur et film 3D, les spectateurs qui veulent regarder un film en relief ont un impératif, ils doivent s'équiper d'une paire de lunettes spéciales.

Il existe deux technologies sur le marché. Les lunettes actives sont les plus courantes. Elles sont constituées d'écrans LCD qui s'obscurcissent en alternance plusieurs dizaines de fois par seconde. Elles nécessitent de l'énergie pour fonctionner, par pile ou batterie rechargeable, et fournissent un résultat net. Leur principal inconvénient est leur coût, une centaine d'euros par paire. Les familles nombreuses pourront se tourner vers des solutions moins onéreuses, grâce aux systèmes à lunettes passives. La paire ne coûte guère plus de 2 euros. Les images sont séparées pour chaque oeil grâce à un système de filtres polarisants, le résultat est généralement moins précis et moins lumineux que sur les écrans à technologie active.

Nous avons testé la majorité des écrans 3D disponibles sur le marché. La technologie la plus convaincante est de loin celle proposée par Panasonic avec ses dalles plasma. Les autres sont inégales, des effets plus ou moins prononcés de dédoublement d'éléments de l'image venant gâcher le visionnage.

Sans lunettes. Toshiba s'est amusée à dévoiler des écrans capables de restituer la 3D sans lunettes, surtout pour démontrer que de telles évolutions sont possibles dans un avenir proche. Cette technologie est réservée à des écrans de petite taille et les spectateurs sont obligés de se tenir très proches de l'écran. Pour le moment, les deux seuls appareils existants ne sont commercialisés qu'au Japon. Ils ne se populariseront que lorsque l'industrie aura trouvé un moyen d'agrandir les dalles et de réduire les coûts de production, encore exorbitants. Cela peut prendre des années, voire ne jamais arriver. Il existe des dizaines de technologies brevetées qui n'atteignent pas le stade de production de masse en raison de leur coût incompressible. C'est le cas des téléviseurs Oled de grande taille, techniquement viables mais toujours économiquement inexploitables. Les téléviseurs 3D sans lunettes suivront peut-être le même chemin.

Blu-ray 3D. Si l'offre technologique est à peu près stabilisée, avec plus de trente modèles d'écrans disponibles, les contenus tournés en 3D sont encore rares. Le média roi est le Blu-ray 3D. En plus de l'écran idoine, il faudra se doter d'un lecteur à la norme 3D Ready pour afficher les contenus en relief. Nous en avons testé quelques-uns, accompagnés de systèmes d'enceintes solidaires.

Pour ceux qui désirent un lecteur Blu-ray 3D polyvalent à bas prix, la console PlayStation 3 fait parfaitement l'affaire. Cette dernière est aussi compatible avec des jeux en relief. Les premières démonstrations auxquelles nous avons assisté nous ont impressionnés; la technologie 3D sied à merveille à l'industrie du jeu vidéo. Tous les écrans sont capables de convertir les contenus classiques 2D en 3D, mais nous déconseillons l'utilisation de ces technologies, qui fournissent des résultats médiocres et très inconfortables.

Côté films, il n'existe qu'une poignée de titres en Blu-ray 3D. Tous les studios hollywoodiens promettent des sorties pour l'année 2011. Quand aux chaînes de télévision en 3D, elles sont encore rares. Pour le moment, seul CanalSat propose ce type de chaîne avec quelques programmes en relief. Reste la solution du service de location de films à la demande. Panasonic a décidé d'intégrer directement ce service dans les plates-formes multimédias de ses écrans. Sony et Samsung devraient suivre rapidement. Le cablo-opérateur Numéricable doit lancer très prochainement une boutique vituelle de films en 3D et en HD.

Des contenus sur le Net. C'est l'autre tendance de fond de cette année : les téléviseurs se connectent à Internet. Il ne s'agit pas de surfer sur le Web, mais plutôt d'accéder à des services en ligne comme des plates-formes de location de films à la demande, d'écoute de musique ou de rattrapage de programmes. On peut aussi lire des informations écrites, consulter une carte routière, la météo, un annuaire, les archives de l'iNA, se faire livrer un plat à domicile, suivre des cours de cuisine... Tout est imaginable.

Les stratégies se mettent doucement en place. Sony prévoit de proposer une plate-forme de contenus numériques en ligne baptisé QrioCity d'ici à la fin de l'année. Toshiba s'est lancé dans une expérience intéressante avec son système baptisé Places. Cette plate-forme de services en ligne permet de partager des contenus personnels (photos, vidéo) avec d'autres internautes, qu'ils utilisent Places ou non. Pour l'instant, la partie multimédia n'est disponible que sous la forme d'un boîtier à connecter à son téléviseur. Si l'expérience se montre concluante, les prochaines générations d'écrans de la marque embarqueront le système directement dans leur électronique.

En attendant Google. La solution proposée par Samsung nous semble être la plus habile du secteur, car elle promet d'être évolutive et personnalisable. Le constructeur coréen a développé un système d'exploitation sur lequel des applications peuvent être installées, à la manière d'un téléphone ou d'un ordinateur. Le kit permettant de créer une application pour téléviseur est gratuit, chacun peut proposer son logiciel en téléchargement grâce à la boutique d'applications en ligne. Cette plate-forme est accessible depuis chaque téléviseur connecté de la marque. L'objectif est d'inciter les grandes marques du Web à développer leurs applications pour qu'elles offrent de nouveaux services au téléspectateur connecté. Ce système reprend un élément clé de la stratégie d'Apple avec ses produits reliés à l'App Store. Si le dispositif acquiert une notoriété suffisante, les diffuseurs le considéreront comme un nouveau canal de distribution de leurs contenus. Les utilisateurs pourront alors commander des contenus correspondant à leurs envies et payer en fonction de leur consommation de vidéos en ligne. Samsung, qui domine le marché des téléviseurs, n'est pas seul sur le créneau, d'autres acteurs crédibles sont en embuscade. A commencer par un rival de taille : Google.

Les ambitions du géant d'Internet ne se limitent pas au Web. Fidèle à son intention de rendre tout contenu accessible partout, tout le temps, depuis n'importe quel appareil, Google a développé un système d'exploitation pour téléviseurs. Il s'agit d'une déclinaison de son système d'exploitation pour téléphones, Android.

Ces téléviseurs permettront de rechercher des vidéos en provenance de milliers de sites Internet et de services en ligne, pour lesquels les développeurs préparent les premières applications. Il sera aussi possible de programmer un enregistrement à distance, que l'on pourra retrouver sur n'importe quel appareil connecté à Internet, téléviseur, ordinateur, mobile ou tablette. La différence entre les ordinateurs et les téléviseurs s'amenuise chaque jour un peu plus

Les lauréats

Sony - KDL32EX710 - TV LCD 32" - LED - HD TV 1080p - 100 Hz - 4 HDMI - USB

Son dispositif multimédia nous a séduit. Il dispose d'un capteur de présence pour couper l'affichage si personne n'est dans la pièce, sa consommation énergétique est faible. Le son est plus que correct.

Samsung - UE32C6700 - TV LCD 32" - LED - HD TV 1080p - 100 Hz - 4 HDMI - USB

Excellente performance colorimétrique et dispositif multimédia au top, le plus abouti du marché, pour ce Samsung.

Panasonic P46VT20E

C'est le plasma le plus adapté à la visualisation de la 3D, il dispense des images d'une grande netteté à la profondeur inégalée. Sa colorimétrie est parfaite.

Le plasma plie, mais ne rompt pas.

Face aux écrans LCD, la technologie plasma est devenue la spécialité de Panasonic. Le TXPF42G20 de Panasonic est un écran connecté qui offre un accès aux contenus de la chaîne Eurosport.

Inédit.

Toshiba expérimente en France une plate-forme multimédia baptisée Places. Elle a été développée en partenariat avec la société nantaise WizTiVi.

Griffe.

Le port de lunettes s'impose pour les images en 3D. Panasonic se détache très nettement de ses concurrents.

Coup de coeur

Le Philips Econova (42PFL6805H) est construit en aluminium recyclé et utilise une télécommande solaire. Pas une trace de polystyrène ni de plastique dans son carton.

Toujours plus fin

Le rétroéclairage à leds se généralise. Il permet d'affiner les écrans, comme celui de ce LG 42LE5510, qui mesure moins de 3 centimètres d'épaisseur. La consommation électrique est en baisse.

Interactivité

Grâce aux systèmes d'exploitation embarqués sur les téléviseurs, on peut télécharger des applications pour accéder à de nouveaux services. Ici, le dispositif Samsung APP

NOTE : 24 000 téléviseurs 3D vendus en France en 2010, sur 9 millions de postes au total (source : GfK)


Téléviseurs premium
Les marques font leurs gammes
Clément Pétreault

Ecrin. Les écrans de luxe envahissent le marché. Ils offrent toutes les options possibles. Parfois même un peu plus.

L'extinction du signal analogique est une bénédiction pour les fabricants d'électronique. A la fin décembre, plus de la moitié de la population aura basculé au tout-numérique, et les ventes de téléviseurs s'emballent. Si la très grande majorité des consommateurs a compris qu'il suffisait d'un adaptateur TNT à 20 euros pour redonner une seconde vie à un vieux poste, certains profitent du basculement numérique pour s'offrir un écran à la mesure de leur longue attente. Les téléviseurs haut de gamme sont en pleine croissance. Ils incarnent ce qui se fait de mieux en la matière et représentent le savoir-faire de chaque constructeur. Ils sont à la fois un assemblage de technologies, de formes et matériaux originaux.

Conçus pour durer, ces téléviseurs embarquent les toutes dernières technologies : compatibilité 3D, système de connexion à des services Internet ou encore télécommande novatrice. Une accumulation d'attributs qui en font des produits d'exception.

Exploit. Les dernières évolutions en matière de rétroéclairage permettent d'affiner encore un peu plus les appareils. Deux des modèles que nous avons testés mesurent moins de 9 millimètres d'épaisseur. Cet exploit est rendu possible par les leds, ces petites ampoules électroniques économes en énergie et généreuses en lumière. Elles peuvent être disposées sur les bords de l'écran, comme pour le Samsung C9000, ou sur un panneau derrière la dalle LCD, comme pour le Lex-8 de LG. La disposition en panneau est censée fournir une image éclairée de manière plus homogène, mais cette théorie ne s'est pas vérifiée lors de nos tests.

Exigence. Les écrans premium ne sont pas parfaits. La partie audio est souvent sacrifiée au profit du design qui n'offre aucune cavité pour faire office de caisse de résonance. Certains appareils tirent à peu près leur épingle du jeu grâce à des systèmes de membranes vibrantes disposées à l'intérieur. Elles permettent d'accentuer les basses et, à défaut, de donner un peu de volume aux voix et aux ambiances, mais ce n'est pas parfait. Pour disposer d'un son en cohérence avec l'écran, il convient d'envisager l'achat supplémentaire d'un système audio externe.

Ces écrans sont capables de répondre à toutes les configurations, des installations les plus complètes aux plus dépouillées. Ils sont généreusement pourvus de connecteurs pour y relier tous les équipements existants : console, caméscope, appareil photo, lecteur DVD, lecteur Blu-ray, ordinateur, clé USB... tout ce qui présente une prise informatique doit pouvoir s'y brancher. Leurs tuners sont capables de décoder le signal de la TNT standard et celui de la TNT HD. Certains sont doublés de manière à enregistrer une chaîne tout en en affichant une autre. L'intégration de tuner pour câble ou satellite est désormais chose courante. Ils sont aussi tous capables de se connecter à Internet pour y récupérer des contenus numériques. Ces téléviseurs ne sont cependant pas disponibles n'importe où. Ils s'adressent à une clientèle exigeante pour laquelle le prix ne constitue pas un critère déterminant. Le niveau de service attendu est donc élevé, et la distribution sélective. Les points de vente sont tenus de livrer et d'installer les appareils au domicile des clients qui ne souhaitent pas s'embarrasser avec de longues et fastidieuses séances d'installation.

Les lauréats

Panasonic 50VT20

Un sans-faute en 2D ou 3D. La dalle plasma Neo PDP de ce téléviseur refrène sa consommation électrique. Qualité sonore très correcte.

Sony KDL55NX810

Cet écran utilise une dalle LCD de grande taille qui restitue des images en 2 et en 3D. Bonne qualité audio et vidéo de qualité et sans à-coups.

Toshiba 55WL768

Excellente surprise que ce premier écran 3D de Toshiba : finitions soignées, bonne qualité d'image, son correct. La note multimédia intègre le boîtier Toshiba Places, vendu en option.

Aluminium

Les matériaux de qualité sont de retour. Ce Samsung UE55C9000, d'une épaisseur de 7,9 millimètres, est habillé d'aluminium brossé.

Lumineux

Les systèmes de rétroéclairage à leds se généralisent sur les téléviseurs, ici le LG 47LEX8 qui mesure 8,8 millimètres d'épaisseur.

Géant

Le Sharp 60LE925 offre 152 centimètres de diagonale et une 3D de qualité. C'est le plus grand écran de ce banc d'essai.

NOTE : 9 millions de téléviseurs auront été vendus en France en 2010 (source : GfK)



Home cinéma
La 3D crève l'écran
Julien Madrian

Grand spectacle. La technologie 3D prend ses marques sur le marché du home cinéma.

Les voilà ! Les tout premiers systèmes home cinéma 3D tout-en-un (lecteur + haut-parleurs) sont apparus avec le printemps. Cela n'a rien de surprenant. Investir dans un écran 3D est une belle initiative, mais encore faut-il avoir accès au contenu 3D. Ces films n'étant pas encore diffusés à la télé, il semble judicieux de connecter une platine pour profiter des derniers blockbusters édités en Blu-ray. Avec une quinzaine de modèles actuellement en vente dans les magasins, le marché est embryonnaire. Mais il s'est constitué en un temps record. Les modèles se sont multipliés entre le printemps et la fin de l'été et la croissance ne s'arrêtera pas en si bon chemin. L'institut GfK estime que 20 000 exemplaires seront écoulés d'ici à la fin de l'année.

Monte le son ! Toujours plus fines, les télés peinent à embarquer des systèmes audio performants. Les appareils home cinéma Blu-ray tout-en-un prennent le relais. Ils sont capables de retranscrire toutes les subtilités du son pour transformer un salon en salle de cinéma. Le nombre de haut-parleurs varie selon les appareils. Plusieurs tribus existent : les systèmes 2.1, les 5.1 et les 7.1. Ces dénominations peuvent sembler un rien barbares, mais l'explication est en réalité très simple. Le premier chiffre correspond au nombre de haut-parleurs (il peut s'agir d'enceintes colonnes ou bien de type bibliothèque pour plus de discrétion) et le deuxième indique la présence d'un caisson de basses. Ce dernier est un atout pour redistribuer les graves, surtout dans les grandes pièces. Quel que soit le modèle choisi, les réglages se font manuellement (pour ceux qui souhaitent intervenir sur chacune des enceintes) ou automatiquement (si on préfère que l'appareil gère la configuration tout seul).

Les systèmes les plus évolués sont composés d'une enceinte centrale, placée généralement sous l'écran, et de quatre ou six enceintes réparties autour du spectateur (deux enceintes avant si possible à hauteur d'oreille, deux enceintes arrière disposées de part et d'autre du canapé, en léger retrait, et éventuellement deux enceintes supplémentaires latérales). Ajoutez à cela un caisson de basses. Pas besoin d'être agrégé de mathématiques pour comprendre que cela fait beaucoup de fils reliés au lecteur central, placé à proximité de l'écran. Les constructeurs ont pris la critique au sérieux. Certains ont privilégié un mode de transmission sans fil pour les enceintes arrière, comme sur le BDV IZ1000 W de Sony, par exemple. Autre compromis, les systèmes 2.1 (non testés dans le cadre de ce banc d'essai) sont composés de seulement deux haut-parleurs et d'un caisson de basses. Les fils disparaissent, mais le son sera naturellement moins enveloppant pour les spectateurs. Difficile de gagner sur toute la ligne.

Interactivité. De nombreuses prises sont présentes sur les lecteurs, qui permettent de brancher différents types de périphériques. Les lecteurs de cartes SD et les ports USB sont très répandus. Ils offrent la possibilité d'écouter de la musique contenue sur une clé ou de regarder des photos en famille, sur grand écran. Petite astuce, certains appareils disposent d'un port USB sur la façade avant, et non à l'arrière de l'appareil. Cela évite bien des contorsions. Les docks iPod, livrés avec la grande majorité des appareils, sont également plus ou moins ergonomiques. Certains sont intégrés directement sur le lecteur central - pas toujours très accessibles -, tandis que d'autres sont amovibles, reliés par un câble à la platine centrale. Certains docks sont compatibles iPhone. Cela permet de ne pas suspendre la réception d'appels pendant la phase d'utilisation. Enfin, par le biais du DLNA, il est possible d'accéder à distance à différents contenus multimédias (photo, musique, vidéo) stockés sur un autre ordinateur. Ce partage est d'ailleurs parfois possible en mode sans-fil, grâce à la technologie wi-fi.

Pour les plus geeks, une simple prise ethernet permet d'accéder à des contenus, disponibles sur la Toile. La fonction BD Live permet de télécharger toutes sortes de bonus liés aux films, comme des bandes-annonces en avant-première, des interviews ou encore des quiz. La connexion ethernet donne par ailleurs un accès privilégié à certains services Internet. Ces systèmes sont des clones des dispositifs multimédias que l'on rencontre sur les écrans télé(voir page 152). LG propose ainsi de surfer depuis sa télé sur le site YouTube. L'application Picasa autorise la publication et l'accès à de nombreuses photos laissées par les internautes, et AccuWeather vous renseigne sur la météo pour les huit jours à venir. Côté vidéo à la demande, l'intégralité du catalogue de CanalPlay est mis à disposition. Chez Philips, l'Internet TV permet, en quelques pressions sur la télécommande, de surfer sur Dailymotion ou eBay. Et la 3D, dans tout ça ? Patience, les contenus diffusés à la télé arriveront d'ici peu. Panasonic sera d'ailleurs le premier à inaugurer un service de vidéo à la demande en 3D.

Les lauréats

PHILIPS HTS 9540

Hyperfaciles à installer, les haut-parleurs microformat allient discrétion et élégance. Philips obtient par ailleurs les meilleures notes son et qualité d'image.

PANASONIC SA BTT 755

Rapide au démarrage, ce système profite d'une bonne qualité de son. Les graves sont bien restitués, sans être caverneux. Navigation intuitive dans les menus.

Sony BDV IZ1000 W

Un bon point pour le design et pour la finesse des colonnes avant. La technologie S-Air permet également de s'affranchir des câbles pour les enceintes arrière.

Mélomanie

C'est le seul système 7.1 de notre classement. En plus du lecteur principal et du caisson de basses, le HTC 6930W de Samsung se compose d'un haut-parleur central, de deux colonnes à l'avant et de quatre petites enceintes.

Révolutionnaire

Pas encore disponible pour nos tests, le VideoWave de Bose se distingue par son écran qui cache l'ensemble du système home cinéma (caisson de basses compris). Un boîtier de commande permet de brancher tout appareil audio et vidéo. Prix de vente : 7 000 E.

NOTE : 15 000 systèmes home cinéma vendus en 2010, dont 20 000 compatibles 3D (estimation GfK)




Photo
Adieu, vieille pelloche !

Enfin, les appareils photo numériques ne sont plus obligés de ressembler à de vieux boîtiers tristes et sérieux ! Ils entrent dans une nouvelle ère et s'affranchissent des codes de la photographie argentique. La révolution des usages est en marche. La simplicité est au coeur de la réflexion des marques; l'appareil à un seul bouton n'existe pas encore, mais certains s'en approchent. La culture du « toujours plus » mène à des appareils dotés de zooms démesurés, capables de capter des images dans l'obscurité et dans des conditions de stabilité douteuses... La jeune photographie numérique n'en est certainement qu'à ses débuts.




Photo
Le nouveau reflex
Clément Pétreault

Polyvalents. Les appareils photo reflex ne sont plus réservés à un public de connaisseurs et peuvent même remplacer un caméscope.

Ceux qui n'ont pas encore goûté aux joies du reflex se demandent toujours pourquoi dépenser plus dans un appareil photo plus encombrant. Il s'agit avant tout d'obtenir des images de qualité et de répondre aux situations plus variées. En maîtrisant les principes techniques de la photo, il devient beaucoup plus aisé de jouer sur des paramètres qui vont donner une identité à l'image, comme la profondeur de champ, l'impression de mouvement ou les jeux d'ombres et de lumières. La taille des capteurs, c'est-à-dire l'étendue de la surface sensible, conditionne en grande partie la qualité des images. C'est dans les reflex que les capteurs sont le plus grands et fournissent donc les meilleures images.

Hélas, en photo, il y a toujours une contrepartie : plus le capteur sera grand, plus le système optique sera encombrant. De la même manière, plus l'optique sera lumineuse avec une longue focale, plus elle sera encombrante. Ce n'est pas un hasard si les photographes désignent affectueusement leurs objectifs par le nom de « cailloux ».

Il existe des centaines d'objectifs pour appareils photo reflex. A chaque situation correspond un objectif approprié. La référence est le 50 millimètres, qui correspond approximativement au champ de vision humaine - on parle d'objectif standard. En deçà, on parle de grand-angle; au-delà, de téléobjectif. Malgré leur obsession de toujours disposer de l'objectif adapté à la situation, les photographes n'aiment pas transporter des kilos de matériel. Ils choisissent alors des zooms, des optiques capables de faire varier leur longueur focale, c'est-à-dire de se rapprocher ou de s'éloigner d'un sujet sans se déplacer. En contrepartie, les zooms aux tarifs accessibles sont généralement moins lumineux et font l'objet de déformations optiques plus importantes.

Les boîtiers reflex sont principalement vendus en kit avec une optique de base, un zoom à la qualité généralement discutable. Les utilisateurs peuvent ensuite s'équiper d'un nouvel objectif en fonction de l'évolution de leurs besoins et de leurs moyens. Pour cela, certains restent fidèles au constructeur de leur boîtier quand d'autres se fournissent auprès d'une marque spécialisée dans l'optique, comme Sigma ou Tamron.

Vidéo, la nouvelle star. A la surprise générale, à commencer par celle des fabricants eux-mêmes, la vidéo sur reflex remporte un franc succès. Certains professionnels de l'image se sont littéralement emparés des appareils photo capables de tourner de la vidéo et les utilisent à la place des grosses caméras. La raison en est simple : les reflex sont performants dans les basses lumières et il est possible de changer leurs optiques simplement, le tout pour un prix dérisoire comparé à celui d'une caméra professionnelle. Simultanément, le grand public s'éloigne doucement des caméscopes, qu'il juge trop restreints à un seul usage, par rapport à des reflex de plus en plus polyvalents.

Du point de vue des innovations, 2010 n'est pas une année à reflex. Sony s'illustre toutefois avec son nouvel alpha 55. Ce boîtier nous a impressionnés. Il utilise une technologie de miroir fixe transparent qui multiplie les possibilités. La rafale culmine à 10 images par seconde, les vidéos sont en HD avec mise au point permanente et il est capable de réaliser des panoramas à main levée. Aucun de ses concurrents grand public n'offre de telles possibilités. En contrepartie, l'utilisateur doit accepter une visée sur un écran de qualité discutable. Le prisme de visée a été remplacé par un écran placé dans un oeilleton, accompagné d'un écran amovible au dos de l'appareil. Les images, elles, sont d'excellente qualité. Autre innovation, l'Olympus E-5, qui utilise un capteur au format micro 4/3 - c'est le seul dans l'univers semi-professionnel. Cela lui permet d'être relativement compact.

Pour faciliter le choix, nous avons dressé des profils types d'utilisateurs, du premier communiant au baroudeur en passant par le bon père de famille attentif à la constitution d'un patrimoine de souvenirs en images. Il existe bien entendu autant de profils que d'utilisateurs, mais l'idée est de fournir quelques éléments qui permettront de choisir un modèle adapté à ses besoins.

Le novice. Le débutant (en photo) a besoin d'être accompagné par la technologie lors des prises de vue. On lui confiera donc un boîtier destiné à un public débutant. Ces modèles sont polyvalents et simples d'usage. Leurs automatismes sont assez présents, mais il est toujours possible de les désactiver dans le cadre d'un apprentissage des bases de la photo. Pour un public jeune ou peu au fait des questions techniques, nous recommandons un reflex doté d'une visée directe sur écran (Liveview) et d'un zoom important, 18-200 millimètres, par exemple. La présence de modes de résultats d'image (portrait, paysage, mouvement) est importante.

Les possibilité de retouche après la prise de vue sont une option ludique prisée des publics jeunes, elles ne sont cependant pas indispensables. Le Nikon D5000, le Canon 1000D et le Pentax K-r présentent toutes les aptitudes requises pour entrer dans cette catégorie.

L'amateur averti. Mariage et naissance sont les deux principales raisons qui motivent l'achat d'un reflex, autant ne pas se rater - au moins sur le choix de l'appareil. Ici, nous retenons des boîtiers un peu plus élaborés. Ils présentent toujours des assistances électroniques, mais leurs réglages permettent d'accéder à des paramètres plus avancés. Nous recommandons la présence d'un écran amovible pour des cadrages originaux, une capacité vidéo avérée pour économiser l'achat d'un caméscope. Côté objectif, un kit comprenant deux optiques (18-55 mm et 70-200 mm, par exemple) couvre une plage focale étendue sans trop s'encombrer ni renoncer à la qualité.

Ainsi équipés, ces appareils répondent à la plupart des situations, du souvenir de vacances aux portraits un peu travaillés. Il faut, dans ce cas, prévoir un budget plus important, mais l'achat d'optiques peut se faire au fil du temps. Le Nikon D7000 correspond à ces besoins. Il remplace l'excellent D90, en tête de notre classement pendant deux ans. Le Canon 60D fait aussi partie de cette catégorie, ainsi que le Pentax K-5.

L'expert. Le photographe baroudeur peut être considéré comme un amateur très averti, voire professionnel, ou simplement maniaque. La photo, c'est sa vie, donc pas besoin de fioritures grand public sur le boîtier. Il aime photographier une antilope ou un lion poursuivant une gazelle, un paysage urbain de nuit sous la pluie, une foule en délire à l'autre bout du monde. Il recherche de la performance brute et la possibilité de régler avec précision le moindre paramètre technique. Il maîtrise parfaitement les notions de base de la photographie, vitesse, ouverture, sensibilité, profondeur de champ... Ici, pas de modes scènes, mais des performances hors pair, avec des cadences de prise de vue en rafale de haut niveau, des sensibilités plus élevées et des optiques de grande qualité.

Les capteurs au format APS-C coexistent avec les capteurs plein format, il devient difficile d'établir une différence de qualité entre les images fournies par ces deux types de capteurs. Ils produisent des images de qualité professionnelle, surtout dans des conditions de lumière difficiles. Le plein format justifie sa présence par sa taille équivalant aux films argentiques de 24 x 36 millimètres, qui le rend compatible avec les gammes d'optiques existant depuis l'ère argentique. En contrepartie, les bonnes optiques sont plus encombrantes. Il faudra tout de même débourser au moins 2 000 euros pour s'offrir un boîtier avec un capteur plein format

Les lauréats

Pour débutants : Pentax - K-r

Fidèle à son habitude, Pentax livre un boîtier pour débutants de grande qualité. Rapide, il fournit des images nettes et précises.

Pour amateurs avertis : Nikon - D7000

C'est une réussite technique. Ce nouveau boîtier pour amateurs avertis réussit tous nos tests avec succès. Sa gestion des couleurs est excellente.

Pour experts : Nikon - D700

L'appareil à capteur plein format de Nikon poursuit sa carrière avec talent. Impossible de le prendre en défaut sur la montée en sensibilité et remarquable gestion des couleurs.

Coup de coeur

Performances de haut vol et prix grand public : le Sony Alpha 55 est l'appareil de l'année.

Cadrages

L'écran amovible se généralise, comme sur le Canon EOS 60D.

Singularité

Seul expert à embarquer un capteur micro 4/3, l'Olympus E-5 vaut le détour. Avec ce reflex, la marque japonaise entend démontrer la vocation semi- professionnelle de ce format.

Des capteurs de toutes tailles

14 millions de pixels sur un capteur de 864 millimètres carrés ne donneront jamais le même résultat que 14 millions de pixels sur un capteur de 35 millimètres carrés - avantage aux grands capteurs. Seulement, la contrepartie est très importante : plus le capteur est grand, plus l'appareil est encombrant, question d'optique.


Type : capteur plein format

Taille : 24 x 36 mm

Surface : 864 mm2

Usage : réservé aux appareils experts ou professionnels

Exemple : Nikon D700


Type : capteur de format APS-C

Taille : 23 x 16 mm

Surface : 368 mm2

Usage : courant dans les reflex amateurs et certains microreflex

Exemple : Pentax K-5


Type : capteur de format Micro 4/3

Taille : 13 x 17 mm

Surface : 221 mm2

Usage : se rencontre sur les microreflex et un reflex professionnel (l'Olympus E-5)

Exemple : Panasonic G2


Type : grand capteur de compact au 1/1,8"

Taille : 7 x 5 mm

Surface : 35 mm2

Usage : présent dans les boîtiers compacts

Exemple : Canon G12


NOTE : 545 000 boîtiers vendus en France en 2010 (source : GfK)



Photo
Les microreflex attaquent
Clément Pétreault

Coqueluche. Avec leur miniboîtier et leur rendu d'image optimisé, les microreflex gagnent du terrain.

Le microreflex, c'est comme la gym suédoise, tout le monde s'y met. Ces appareils révolutionnaires ont été instantanément adoptés par le grand public. Egalement connus sous la dénomination de compacts à objectifs interchangeables, ils présentent de sérieux arguments pour séduire l'amateur exigeant. L'équation est simple : un appareil photo facile à utiliser et à l'encombrement limité, capable d'offrir des images de la qualité d'un reflex. Les appareils reflex d'entrée de gamme ont d'ailleurs quelques soucis à se faire, car les prix des microreflex baissent drastiquement et leur qualité s'améliore à chaque nouveau modèle.

Pour miniaturiser un reflex à l'extrême, il n'existe qu'une solution : l'ablation de la visée optique. Il ne faudra plus coller son oeil contre un viseur pour cadrer ses images, mais regarder directement un écran au dos de l'appareil. Cette disparition, qui attriste les puristes, permet pourtant de réduire l'encombrement de l'appareil de manière évidente. Le Sony Nex-5 pèse moins de 300 grammes avec une optique grand angle, c'est un record.

Après quelques hésitations, les fabricants ont compris la dimension pédagogique de ces appareils. Ils les développent en premier lieu à destination d'un public moins connaisseur que celui du reflex. De nombreux automatismes et des menus simplifiés viennent rassurer le néophyte, même si les réglages approfondis restent disponibles. Avec son Samsung - NX100 - Compact à objectifs interchangeables - 14,6 Mpix - Blanc, Samsung inaugure un système baptisé i-function, qui permet de modifier les réglages en actionnant un bouton situé directement sur l'objectif. C'est aussi simple que pratique, le procédé sera généralisé sur les prochains appareils du constructeur coréen.

Etoffés. Malgré la grande jeunesse de ce marché, les accessoires et gammes d'optiques compatibles commencent à être étoffés, signe que ces appareils sont prévus pour durer. Chaque constructeur propose au moins trois objectifs interchangeables différents pour ses microreflex, ce qui est un bon début. Panasonic dispose d'une longueur d'avance sur ce point, avec plus de dix objectifs.

Les microreflex permettent aux fabricants de replacer le capteur au coeur de la course technologique. Le débat ne porte plus sur le nombre de pixels, mais sur l'art et la manière de faire tenir un grand capteur dans le plus petit boîtier possible. Il existe deux standards pour les microreflex : le format micro 4/3, défendu par Panasonic et Olympus, et le format APS-C, utilisé par Samsung et Sony. Le format APS-C, que l'on retrouve aussi dans les reflex traditionnels, offre une surface sensible plus importante. Les images sont généralement moins parasitées par l'apparition de pixels de couleur aléatoire dans les basses lumières.

Le microreflex est un produit devant rompre avec la représentation traditionnelle que l'on se fait de l'appareil photo. Charge à peine voilée des industriels de l'électronique contre les industriels de la photo, ce reflex allégé a été soutenu par des marques qui n'ont jamais réussi à s'imposer sur le marché très fermé du reflex. Le microreflex se doit donc d'incarner la modernité et l'innovation et démontrer que, à défaut d'une légitimité historique, les fabricants d'électronique bénéficient d'une légitimité technologique. C'est pour cette raison que seuls les microreflex sont capables de prendre des clichés en 3D. Pas de quoi s'emballer pour autant, nous n'en sommes qu'aux prémices de l'image en relief. Ces appareils disposent de ce mode de prise de vue d'abord pour démontrer la faisabilité technique du projet. Les résultats sont perfectibles et les supports de visualisation de ces images sont encore très peu répandus (écrans 3D)

Les lauréats

Sony Nex-5

C'est un appareil réussi. Les images sont nettes et la gestion des couleurs est parfaite. Excellente prise en main.

Samsung NX10

Le premier appareil micro-reflex de la marque fera date. L'optique est performante et la montée en sensibilité, correctement gérée.

Olympus E-PL1

Sorti en début d'année, ce boîtier propose un viseur électronique en option. Fait rare sur les microreflex, il dispose d'un flash intégré.

Pionnière

Panasonic a été la première marque à croire dans le format microreflex. A l'image du GF1, elle équipe tous ses boîtiers de capteurs au format micro 4/3.

Boîtier à idées

Le Sony NEX-5 est l'appareil le plus innovant de l'année 2010. Il propose un système de prise de vue panoramique par balayage et un mode 3D sur un capteur de reflex (format APS-C).

NOTE : 35 000 microreflex vendus cette année sur le marché français (Source : GfK)



Photo
Bridges en eaux troubles
Par Clément Pétreault

Menace. Concurrencés de toutes parts, ces appareils à zoom surpuissant ont moins la cote. Et maintenant ?

Les bridges sont menacés. Les compacts à superzoom viennent les provoquer avec leurs optiques puissantes, les microreflex les supplantent sur le terrain de la qualité d'image et les reflex d'entrée de gamme peuvent frôler des prix comparables. Les jours semblent donc comptés pour ces drôles d'appareils qui avaient été inventés pour combler un vide entre le compact et le reflex et qui s'étaient durablement installés dans le paysage photographique. Même s'ils accusent une baisse sensible des ventes, ils demeurent des appareils au rapport capacité/prix encore très intéressant. Leurs prix ne cessent de baisser. Une occasion en or pour ceux qui sont à la recherche d'un supercompact.

Le principal argument du bridge, c'est son zoom, démesurément puissant. Disposer d'une telle optique sur un reflex est financièrement déraisonnable, et impossible sur un compact. Par exemple, le FZ100 de Panasonic dispose d'un zoom x 24 dont l'étendue est comprise entre 24 et 600 millimètres. Ce qui est gigantesque, trop peut-être pour la plupart des utilisateurs, car, avec un tel téléobjectif, le moindre mouvement est décuplé et les risques de photos bougées aussi. Comme leurs amis et néanmoins concurrents reflex, ils sont dotés d'un écran amovible et d'une capacité d'enregistrement vidéo, parfois en haute définition, mais ils sont loin de pouvoir prétendre au remplacement des caméscopes.

Talons d'Achille. Les points faibles du bridge sont au nombre de trois. Le premier, c'est son capteur, proche de celui d'un compact, voire identique. Ses performances sont en conséquence limitées, en particulier dans les basses lumières, qui génèrent rapidement l'apparition de bruit numérique. Deuxième point faible, son image de marque. Le bridge a en effet du mal à se départir de l'image d'appareil rassurant, de reflex à bas prix qui ne s'assume pas complètement. Enfin, son encombrement est important, même s'il tend à se réduire en même temps que son prix. Le fait que les constructeurs continuent de sortir de nouveaux modèles cette année prouve que ce genre d'appareil n'est pas mort, mais le nombre de modèles, limité, est le signe d'une innovation au ralenti.

Valeur sûre

Panasonic signe un Lumix DMC-FZ100 d'excellente facture : son optique Leica est lumineuse, et la montée en sensibilité ne génère pas trop de bruit.

Bonne affaire

Poids plume performant et abordable, le Finepix S2800HD embarque un zoom x 18 et un écran de 3 pouces. Bon rendu des couleurs.

NOTE : - 12 % de bridges vendus en 2010 par rapport à 2009 (source : GfK)



Photo
Opération séduction chez les compacts
Clément Pétreault

Profusion. Ludique, technique ou créatif... Difficile de ne pas trouver le modèle adapté à ses besoins.

Enfin, la guerre des chiffres est terminée. Il n'est plus question de mégapixels ou de coefficients de zoom démesurés. Les innovations technologiques ne portent plus sur les performances techniques, mais bien sur la qualité d'image, la simplicité de prise de vue, la créativité et l'innovation.

Les marques explorent de nouvelles manières de vendre leurs appareils et tentent d'inventer des modèles qui correspondent à tous les besoins identifiés. Et ils sont nombreux. Notre équipe a dressé un petit inventaire des différentes tribus photographiques.

Personnalisable. Inutile de feindre la surprise, bon nombre de consommateurs considèrent l'appareil photo comme un élément constitutif de leur personnalité. Certains choisissent un appareil pour sa couleur acidulée, sa forme originale, sa finesse, son écran tactile... bref, les considérations photographiques entrent assez peu en ligne de compte. Les marques ont bien écouté cette tendance et n'hésitent pas à proposer quelques appareils dont les principales qualités sont aussi futiles que divertissantes. Pentax pousse le vice encore plus loin en proposant un appareil à façade personnalisable, le RS1000. L'utilisateur peut imprimer le motif, la texture ou l'image de son choix sur des feuilles de papier spécial, fournies avec l'appareil. Il ne reste plus qu'à les découper et les glisser sous la plaque de verre maintenue par des vis miniatures. Les écrans tactiles répondent aussi à un besoin de posséder un produit dans l'air du temps. Hélas, ils sont, après les avoir testés, aussi branchés que peu pratiques.

Créativité. Les appareils se font plus ludiques. Les modes créatifs continuent de faire l'objet de tous les développements. Ils permettent de transformer son image sans intervention d'un ordinateur et sans aucune connaissance en retouche. On assiste à une épidémie de mode « maquette » qui miniaturise n'importe quelle scène urbaine en paysage pour chemin de fer de modéliste. Notons l'initiative rafraîchissante de Casio, qui transforme son appareil photo en guide touristique et assistant à l'image. Le H20G intègre un système de GPS qui enregistre l'emplacement exact des prises de vues et présente, sous la forme de vignettes disposées sur une carte, un catalogue des lieux à immortaliser dans les environs. La base de données comporte 10 000 points d'intérêt dans le monde. A terme, le constructeur assure qu'il sera possible d'en ajouter par l'intermédiaire d'un site Internet dédié.

Partage. Les nouveaux comportements sont encouragés grâce à des appareils conçus autour du partage de l'image. Nikon persiste et signe avec un curieux appareil qui intègre un vidéoprojecteur miniaturisé, le S1100 PJ. Le précédent modèle s'était montré assez limité en termes de performances, celui-ci l'est tout autant. Les conditions d'utilisation de la vidéoprojection sont restreintes, il faut une pénombre prononcée, mais le concept n'en demeure pas moins ludique.

La photo est un bien éphémère, immédiat, qui se partage à chaud. Les utilisateurs multiplient les photos et les circonstances dans lesquelles ils dégainent leur boîte à images. Reste que la circulation des photos subit aussi de plein fouet la dématérialisation des supports, les envois de tirages papier dans une enveloppe sont de plus en plus rares... Les appareils Kodak, à défaut de briller par leurs performances techniques, sont très bien pensés pour le partage des photos. Il est possible de sélectionner directement sur l'appareil les images qui seront synchronisées avec les différents réseaux sociaux lors de la prochaine connexion entre l'ordinateur et l'appareil. Les photos et vidéos se retrouvent alors automatiquement publiées sur Facebook, Flickr ou même YouTube. Attention aux fausses manipulations...

Autre vision de la modernité, incarnée par l'inclassable Fuji W3. Ce nouveau venu est le spécialiste des photos en 3D. Ce n'est certes pas pour ses performances colorimétriques, objectivement très limitées, ou pour son look un peu angoissant que nous apprécions cet appareil, mais pour son approche complète de la photo en relief. Le photographe peut capturer des images aussi bien en 2 qu'en 3D. Grâce à une molette, il peut gérer les effets de profondeur et de jaillissement dans l'image - seul cet appareil grand public le permet. Autre possibilité : l'enregistrement de vidéos qui s'affichent directement sur le petit écran 3D situé au dos du boîtier.

Pour que les utilisateurs ne restent pas avec leurs images terrées dans un ordinateur, Fujifilm a développé une gamme de papiers photo 3D recouverts d'un réseau lenticulaire. Ils permettent de profiter de ses images en relief sans être obligé de s'équiper d'un nouveau dispositif d'affichage électronique, comme un téléviseur ou un cadre photo 3D.

Haut de gamme. Les appareils les plus performants s'adressent à ceux qui ne veulent pas - ou plus - d'un compact trop limité. Pour être capables de prendre des paysages, des sujets en mouvement ou des portraits en intérieur de nuit, par exemple, ces appareils sont dotés d'un zoom puissant et d'un ensemble sérieux d'options et de traitement d'image. Certains disposent d'un zoom pouvant aller jusqu'à x 15, ce qui est exceptionnel pour un compact. En contrepartie, ils sont généralement plus lourds et plus encombrants que des modèles plus modestes. Nos modèles préférés en la matière restent ceux de Panasonic, la gamme TZ (comme Traveller Zoom). Nos tests mettent en évidence leur simplicité d'utilisation comme leur qualité d'image - la concurrence a du mal à rivaliser.

Les appareils experts sont bien lotis cette année, avec l'arrivée de quatre nouveaux produits phares, censés incarner ce que chaque fabricant sait faire de meilleur. Le Canon G12 est un expert au boîtier imposant et entièrement paramétrable pour une utilisation plus souple. Les systèmes de traitement d'image développés par Canon permettent de tirer le meilleur parti du capteur de 10 millions de pixels. Chez Nikon, le P7000 bénéficie d'une bonne prise en main et d'un capteur de 10 millions de pixels. Le progrès est significatif, même si la qualité des photos n'atteint pas tout à fait celle de son concurrent. La montée en sensibilité est encore visible à l'oeil nu. Cela faisait quelques années que l'on attendait de la part de Nikon un concurrent sérieux au G12, c'est maintenant chose faite.

Chez Panasonic, l'excellent Lumix LX3 est remplacé par le LX5, qui corrige les limites connues de son prédécesseur. L'appareil est bâti autour d'une optique lumineuse et technique, puisqu'elle renferme trois lentilles asphériques, des éléments optiques complexes à produire, mais qui limitent les déformations. Enfin, Samsung s'installe sur le secteur des compacts experts avec son EX1, aux performances très honorables. Pour un coup d'essai, c'est une réussite

Les lauréats

Fujifilm JX280

Cet appareil rapide est une réussite. Il fournit des images de qualité tout en respectant les couleurs.

Samsung WB600

Un compact avec un zoom x 15, c'est une belle performance. Lorsque l'optique n'altère pas trop la qualité des images, c'est un exploit.

Panasonic TZ10

C'est un des succès du fabricant. Le zoom est puissant et les images sont d'une grande netteté.

Canon PowerShot G12

Le compact des experts. Des performances de haut vol. Un choix de premier ordre.

Coup de coeur

C'est l'appareil 3D par excellence. Avec ses deux objectifs, le Finepix Real 3D capture images et vidéos en relief ou en 2D.

Professionnel

Nikon fait son retour en force sur le créneau des compacts experts. Le P7000 allie bonnes performances et viseur optique. Toute ressemblance avec un modèle concurrent est purement fortuite...

Le retour du rétro

La généralisation des zooms a fait oublier les focales fixes. Quelques appareils de puristes restent construits autour d'un objectif lumineux et très soigné. L'image enregistrée est correcte dès sa capture, elle n'oblige pas l'appareil à appliquer toute une série de traitements numériques pour corriger ou compenser les faiblesses d'une optique trop polyvalente. Une visée optique confortable, des images peu déformées et sans aberrations chromatiques... rien ne vaut l'objectif à focale fixe. En contrepartie, le photographe est obligé de se rapprocher de son sujet plutôt que d'actionner une molette de grossissement.

Le créneau est occupé par quelques appareils originaux qui se distinguent par leurs finitions soignées. Le Leica X1 et le très attendu Fuji X100 en sont d'excellents exemples

Survitaminé

Menu mais puissant, ce Ixus 1000 HS de Canon cache un zoom x 10.

Diffusion

La circulation de l'image est au coeur de la réflexion des fabricants. Le Sony DSC-W320 intègre un logiciel de partage

Géolocalisation

La puce GPS embarquée du HX5V de Sony enregistre le lieu de prise de vue en même temps que l'image.

NOTE : 4,3 millions d'appareils photo compacts vendus en 2010 (source GfK)





Caméscopes
Haute définition en vue
Christian Imbert et Clément Pétreault

Révolution. Plus simple d'utilisation et offrant une meilleure qualité d'image, le caméscope se réinvente.

Divertissement, forme d'expression ou comportement social, la vidéo est un média qui circule entre les membres d'une même famille ou à l'intérieur de groupes d'amis. Malgré la concurrence insistante de la part des appareils photo, le caméscope reste l'outil privilégié pour répondre à ces différents besoins, avant tout en raison de son ergonomie. Il devrait se vendre cette année 540 000 caméscopes traditionnels et 280 000 modèles de poche (voir p. 188). C'est un marché de taille honorable.

Pour endiguer la concurrence des appareils photo, les caméscopes proposent plus de fonctionnalités pour un prix en baisse. Du coup, la haute définition (HD) s'est généralisée. Avec une résolution de 1 920 x 1 080 pixels, les images sont cinq fois plus précises qu'une vidéo standard (SD). Une gamme à privilégier pour tous les propriétaires d'écran plat en haute définition. Pour une utilisation basique avec un partage des vidéos sur Internet uniquement, un caméscope doté d'une définition standard sera suffisant.

Plus légers, plus fiables. Les vidéos HD sont plus gourmandes en espace disque et requièrent un ordinateur puissant; il faut s'assurer que tout son équipement soit approprié. Bon nombre de caméscopes HD possèdent l'avantage de pouvoir filmer en haute définition et de convertir les vidéos en SD pour un montage et une diffusion plus aisée.

L'enregistrement sur minicassette est en voie de disparition, essentiellement au profit de la mémoire embarquée. En supprimant la mécanique de défilement, les appareils sont devenus plus légers et plus fiables. Le démarrage est presque instantané, l'accès aux séquences enregistrées immédiat, la consommation réduite, le fonctionnement silencieux...Bref, nombreux sont les avantages. Cette mémoire flash peut être étendue grâce à des cartes mémoire de type SDHC ou Memory Stick identiques à celles que l'on trouve dans les appareils photo numériques. Actuellement, les mémoires internes peuvent atteindre 64 Go, ce qui permet 5 heures de film de haute qualité. Les cartes SDHC sont limitées à 32 Go. Pour aller au-delà, il faudra opter pour les cartes SDXC, qui devraient offrir des capacités de stockage de 64 Go à 2 To. Pour optimiser la rapidité de transfert, le choix de cartes de la classe 4 s'impose.

Les caméscopes à disque dur sont recherchés pour leur grande capacité d'enregistrement : de 30 à 240 Go. A la différence des cassettes, qui constituent un support d'archivage en soi, les disques durs et les mémoires flash nécessitent le transfert régulier de leur contenu sur un ordinateur ou un disque dur externe.

Les caméscopes gagnent en simplicité d'utilisation. Les nouvelles fonctions de détection des visages et de reconnaissance automatique de scènes affranchissent l'utilisateur de tout souci de réglage.

L'amateur expert, lui, a plutôt besoin de pouvoir désactiver les automatismes. Son choix se portera alors sur des modèles à réglage manuel direct par bagues d'objectif, comme le Panasonic TM700. Ces appareils permettent de régler manuellement l'exposition, la balance des blancs ou d'effectuer une mise au point sur des sujets décentrés. Le viseur se faisant rare, il est important de choisir un écran LCD de bonne taille, au moins 2,7 pouces de diagonale avec une résolution minimale de 230 000 pixels. Certains écrans atteignent ou dépassent le million de pixels. Les modèles experts de Sony, Canon et Samsung gagnent ainsi en confort d'utilisation et en précision du contrôle de l'image. Les modèles à écran tactile assurent quant à eux une navigation intuitive.

Trois éléments constituent le coeur du caméscope : le capteur, l'objectif et le microprocesseur. Comme en photo, la taille du capteur et sa résolution ont une incidence sur la qualité d'image. La baisse de qualité des images en basse lumière est une faiblesse connue sur la plupart des caméscopes. Elle est due à la taille réduite de leurs capteurs. Une innovation est cependant en mesure de compenser cette déficience, il s'agit des capteurs CMOS rétroéclairés de grande taille, 1/2,8 ou 1/2,9 pouce, et de haute résolution. Cette technologie fournit des images plus que correctes, même en faible luminosité.

Grand-angle et zoom. Lors du choix d'un appareil, le zoom est un élément déterminant. Le rapport varie entre x 10 et x 20 sur les modèles HD, ce qui est amplement suffisant. Quelques caméscopes standard affichent des zooms jusqu'à x 60, qui se révéleront plus handicapants que pratiques, étant impossibles à stabiliser correctement. Quant aux zooms numériques, ils ne présentent aucun intérêt, c'est un argument purement marketing. Leur usage se traduit par une détérioration de l'image. Les premiers zooms à véritable focale grand-angle sont apparus cette année chez Sony et Panasonic, avec des 29,8 mm et 35 mm. C'est une innovation qui facilite les prises de vue de groupes, de paysages ou bien de monuments. La stabilisation est déterminante pour corriger les tremblements involontaires. Les systèmes optiques sont préférables aux stabilisateurs numériques; ils sont plus efficaces et ne détériorent pas la qualité. Nos tests révèlent une grande supériorité des caméscopes experts au niveau de la stabilisation.

Capteur de reflex. A la manière de ce qui existe sur les modèles pros, les caméscopes à objectifs interchangeables font leur apparition dans l'univers grand public. Le Sony NEX-VG10 embarque un capteur CMOS APS-C du même type que celui des appareils photo reflex, d'une largeur de 23,4 mm, soit 20 fois plus étendu que les meilleurs capteurs 1/3 pouce des modèles conventionnels. Il est équipé d'un objectif de qualité, l'équivalent en 35 mm d'un 32,4-360 mm, à zoom et mise au point manuels par bague. Notre test confirme une qualité d'image exceptionnelle, une stabilisation parfaite et une sensibilité accrue en basse lumière.

La monture E permet d'adapter les objectifs des reflex et micro-reflex de la marque. Le viseur intégré et l'écran LCD HD assurent un meilleur contrôle de l'image. Nous avons regretté toutefois l'absence de commande électrique de zoom et un accès indirect aux réglages manuels de l'exposition. L'intérêt de ce modèle, destiné aux amateurs experts, est de maîtriser la profondeur de champ, ce qui n'est pas possible avec les caméscopes concurrents, et surtout de pouvoir accéder au parc d'objectifs développé pour les appareils photo. Une innovation qui se traduit par une qualité d'image proche des caméras professionnelles 35 mm. Avec ce modèle original, Sony ouvre la voie d'une complémentarité entre les univers photo et vidéo. L'avenir nous dira si cette innovation a des chances de devenir un nouveau standard

Le caméscope dopé au reflex

Le tout nouveau caméscope grand public à objectifs interchangeables Sony NEX-VG10 s'inscrit dans une convergence de développement entre caméras vidéo et appareils photo reflex. Ce modèle, destiné aux amateurs experts, embarque un capteur CMOS APS-C du même type que celui des appareils photo reflex, d'une surface jusqu'à 20 fois plus importante que celle des capteurs des caméscopes d'entrée de gamme. La qualité d'image et la sensibilité en basse lumière sont tout à fait exceptionnelles. La monture E, la même que sur les boîtiers reflex NEX-3 et NEX-5, permet d'adapter tous les objectifs de la marque, mais aussi des optiques Zeiss, Minolta et d'autres fabricants. Le caméscope est livré avec un superbe objectif 18-200 mm, soit l'équivalent en 35 mm d'un 32,4-360 mm à zoom et mise au point manuels par bague. Ce caméscope n'offre pas une ergonomie tout à fait professionnelle, mais il est équipé d'une poignée de transport. Le viseur intégré de plus de 1 million de pixels de résolution et l'écran LCD de 921 600 pixels assurent une très grande précision de contrôle de l'image. Ce modèle à objectifs interchangeables est le premier maillon d'une nouvelle gamme qui devrait doper le marché des caméscopes

Expert

Avec ses trois capteurs CMOS 1/4,1, son optique Leica grand-angle, son accès aux commandes manuelles par bagues d'objectif, le Panasonic HDC-TM700 s'adresse aux amateurs éclairés.

Tout d'un grand

Idéal pour un premier achat, le Sony DCR-SX34, compact, léger, élégant, délivre une bonne qualité d'image et offre de grandes possibilités de cadrage avec son puissant zoom 60 x.

Les lauréats

Caméscopes HD: Pour experts

Sony DCr-CX550

Très sensible, il permet de filmer en basse lumière. L'objectif grandangle de 29,8 mm convient aux prises de vue de groupe, de monument, de paysage.

Caméscopes HD

Pour Passionnés

Sony HDr-CX116 Compact, le Sony HDRCX116 est idéal pour un passionné de vidéo. Son capteur haute sensibilité donne la possibi lité de filmer même en faible lumière. Son puissant zoom optique 25 x permet d'aborder tous les sujets, même la prise de vue animalière. L'objectif est très bien stabilisé.

Caméscopes SD

JVC GZ-MS250

Ce modèle est idéal pour les prises de vue familiales, de voyage ou de vacances. Il est compact, léger et d'une grande simplicité d'utilisation. Son autonomie d'enregistrement dépasse 7h30

NOTE : 540 000 caméscopes classiques vendus en France en 2010 (source GfK)




Caméscopes de poche
Les prêts-à-filmer font leur cinéma
Christian Imbert

Boom. Ces minicaméras, idéales pour un partage rapide de vidéos sur la Toile, font un tabac.

Lancées aux Etats-Unis, les caméras de poche inondent la France. Les prévisions de vente pour cette année sont de 280 000 unités, soit plus de la moitié des caméscopes traditionnels. De la taille d'un téléphone portable, ces appareils rudimentaires sont des « prêts-à-filmer » qui ambitionnent malgré tout d'enregistrer des vidéos en haute définition - laquelle est en fait déclinée en deux formats : 1080i Full HD avec une taille d'image de 1 920 x 1 080 points, le plus qualitatif, et 720p, d'une qualité un peu inférieure, qui correspond à 1 280 x 720 points. C'est souvent vers ce format que s'orientent les caméras de poche.

Design et ludiques. De conception généralement verticale, ils intègrent un petit capteur, un objectif miniaturisé rarement doté d'un zoom optique, un écran LCD fixe, une prise USB rétractable et une sortie pour la liaison avec le téléviseur. L'engouement pour ce type d'appareils tient à leur design, à leur simplicité d'utilisation et à leur caractère ludique. Il suffit d'appuyer sur la commande d'enregistrement puis de transférer directement les vidéos sur Internet grâce à une touche dédiée. Ils sont livrés avec un logiciel d'exportation vers les services de partage en ligne, comme YouTube, Facebook, Flickr ou Dailymotion. L'enregistrement s'effectue sur carte mémoire en compression MPEG4. Le son est le parent pauvre de ces caméscopes de poche avec un micro, rarement stéréo, de la taille d'une tête d'épingle. Pour aller plus loin, certains modèles disposent d'une entrée micro extérieure.

Sur ce type d'appareils, la facilité d'utilisation prime sur la qualité d'image. Par rapport aux portables à fonction vidéo, les caméras de poche offrent une bien meilleure qualité d'image et une plus grande capacité de stockage. Peuvent-ils pour autant rivaliser avec les caméscopes traditionnels ? C'est moins évident. La faible sensibilité de leurs petits capteurs ne permet pas de filmer en faible luminosité. Même en lumière intérieure ambiante, les images sont bruitées et perdent de leurs couleurs.

Souvent privés de zoom optique, les caméscopes de poche offrent des possibilités de cadrage limitées. La stabilisation d'image n'est pas non plus leur fort, ce qui rend difficiles les mouvements panoramiques ou les travellings. Au niveau de la résolution d'image et de la reproduction des couleurs, la différence se creuse entre caméscopes traditionnels et modèles de poche. Mais les utilisateurs de ces derniers sont beaucoup plus soucieux de la légèreté de leur équipement, de sa facilité d'utilisation et de la disponibilité immédiate de leurs clips pour les partager via Internet. Et pour un prix moyen de 130 euros, ils peuvent s'adonner à leur passion. Les jeunes constituent la cible privilégiée des caméscopes de poche, ce qui n'exclut pas des utilisations professionnelles, comme le carnet de notes vidéo sur un chantier. L'engouement pour les caméras de poche va de pair avec le développement des blogs et des plates-formes de partage vidéo.

Primé dans le cadre de nos tests, le Kodak PlayTouch, équipé d'un écran LCD tactile très bien conçu, offre l'avantage de pouvoir enregistrer soit en HD, soit en vidéo standard. Il fait également fonction d'appareil photo 5 mégapixels. Sony, avec son Bloggie, a privilégié l'originalité avec un objectif rotatif à 270 degrés, capable de filmer dans tous les angles et une lentille permettant de filmer à 360 degrés. Quant au Toshiba BW10, à vocation sportive et étanche à l'eau, à la neige et à la poussière, il accompagnera les baroudeurs

Les lauréats

KODAK Playtouch

Elégant et simple à utiliser, avec son écran LCD tactile, ce PlayTouch dispose d'une fonction de transfert direct sur Internet et d'un mode photo 5 mégapixels. C'est l'appareil idéal pour les jeunes qui ont envie de montrer leurs images sur le Web.

SONY BLOGGIE PM5

Avec son objectif rotatif à 270°, capable de cadrer dans tous les angles, et une lentille permettant de filmer à 360°, le Sony Bloggie est le plus original et le plus pratique de notre sélection.

Panasonic HM-TA1

Raffiné et d'une extrême simplicité d'utilisation, il enregistre en haute définition sur carte mémoire SDHC/SDXC. Le logiciel intégré facilite le téléchargement sur YouTube et Facebook. Dommage qu'il ne possède pas de sortie HDMI.

A toute épreuve

Etanche à l'eau, à la neige, à la poussière, le Camileo BW10 de Toshiba est un baroudeur. Il enregistre en Full HD et se pilote automatiquement. Mode photo de 5 mégapixels et fonction de transfert sur YouTube.

Petit bijou

Un joli minois qui enregistre en HD. Conçu surtout pour un fonctionnement tout automatique, ce Sanyo VPC-CG10 autorise cependant de nombreux réglages manuels. Mode photo 14 mégapixels.

NOTE : 280 000 caméscopes de poche vendus en 2010 (prévisions : GfK).



Maison numérique
Moi, je range mes fichiers en Californie.

Pour tout avoir sous la main, il existe un truc : tout dématérialiser et tout regrouper sur un serveur, généralement très éloigné de chez soi. Depuis mon nuage numérique, je peux lire mes livres numériques, écouter ma musique numérique, montrer mes photos numériques à tatie Danièle, où que je sois dans le monde. Bienvenue dans la jungle numérique. Entre les nouveaux smartphones, les offres quadruple play, les consoles de jeux, les livres et les coffres-forts numériques, il ne manque finalement que le pistolet à gaufres de Boris Vian pour achever cet inventaire à la Prévert.




Téléphonie mobile
Smartphones : ma vie au creux de la main
Nathalie Lamoureux

Jamais sans eux. Les téléphones mobiles superintelligents sont devenus nos compagnons numériques au quotidien.

Depuis qu'Apple a imaginé un mobile à la portée de la laitière et de l'homme d'affaires, le monde entier s'est mis à envoyer des mails, à surfer sur le Net, à télécharger du contenu et à le stocker dans son iPhone. Trois ans après son lancement, le smartphone étoilé, qui fait désormais partie du patrimoine numérique, brille toujours. Pour combien de temps ?

L'écart se creuse avec les modèles sous Android, mais les nouveaux téléphones Windows introduisent le ver dans la pomme. Microsoft brise en effet sa réputation d'usine à gaz rustinée avec Windows Mobile 7, son tout nouveau système d'exploitation.

Aujourd'hui, un téléphone, c'est une marque mais aussi un univers, dont les règles changent en fonction de l'éditeur (voir encadré). De septembre à la mi-octobre, nous avons examiné une vingtaine de smartphones, puis retenu les douze meilleurs. Malgré des défauts, l'iPhone 4G remporte la palme pour son expérience utilisateur unique. Voici le détail par critères de sélection.

Souvent pointé du doigt, l'iPhone 4G s'est révélé endurant, avec 10 h 8. Mais le champion reste le BlackBerry Torch, avec plus de 12 heures. La troisième place revient au Nokia N8, avec 6 h 30, suivi du HTC Desire, avec 6 h 5, et du Samsung Galaxy S, à 5 h 45. Le Palm Pré 2 faiblit au bout de 4 h 15.

Toujours connectés, les téléphones Android tournent en permanence. Pour éviter d'épuiser la batterie, il est recommandé d'installer un gestionnaire de tâches. Le Galaxy S de Samsung le propose en série. Et le Motorola Milestone II (1) intègre plusieurs modes pour la batterie.

Pour les ultraconnectés, à la vie sociale débordante, les modèles sous Android, Windows Phones, WebOs, BlackBerry sont bien adaptés. Une plate-forme unifie efficacement les flux sociaux, la géolocalisation et les contacts. Sur l'iPhone, l'interconnexion est moins poussée. Pour la saisie de texte, les claviers virtuels des modèles Milestone XT720, Desire et Wave sont trop petits. De nouvelles fonctionnalités améliorent le confort. Swype sur Android aide à composer un mot en reliant des lettres.

En communication vocale, Nokia, Samsung, Sony Ericsson sortent du lot. Le moins bon, Acer, pèche par un son trop strident. Concernant la polémique autour de la qualité de réception de l'iPhone 4G, le défaut existe. En pratique, nous n'avons pas été gênés. D'autres problèmes sur les modèles 3GS et 4G nous ont en revanche interpellés. Il arrive régulièrement qu'après une perte de signal prolongée l'iPhone peine à retrouver le réseau 3G. Et, de retour en France après un séjour à l'étranger, l'accès à Internet est souvent désactivé. Dans les deux cas, il faut éteindre et rallumer l'appareil.

Bête technologique. Un processeur cadencé à 1 Ghz est la référence. Moins puissant (626 MHz), le Torch se défend bien. Nous avons chargé une vidéo de 20 Mo, sur YouTube, via le réseau wi-fi, en 46 secondes. Mais ce n'est pas la meilleure performance. L'iPhone 4G ne met que 30 secondes. Apple tout comme RIM (Research In Motion) exploitent de très bonnes technologies de compression. Loin derrière, le Galaxy S termine en 2,5 minutes, le Stream, le N8 (via Bluetooth) en 2,33 minutes, le Xpéria X10 en 3 minutes, le Desire en 3,6 minutes et le Palm Pré 2 en 4 minutes. Les téléphones sous Windows Phone 7 n'offrant pas de lien vers YouTube, nous avons envoyé une photo de 1 Mo par mail. Le chargement est très rapide, à peine le temps de déclencher le chronomètre.

Indétrônable, l'iPhone 4G est idéal pour surfer sur le Net. Dépourvu de lecteur Flash, il ne peut afficher certains sites. Pour pallier ce défaut, il est toujours possible de télécharger une application. Quatre modèles intègrent la technologie Flash d'Adobe : le Palm Pré, le N8, le Wave et le Galaxy S, en partie. Seul ce dernier peut rivaliser avec la fluidité et la qualité de l'écran Retina de l'iPhone 4G. Son écran géant combiné à une très bonne résolution restitue des images lumineuses et colorées. A noter, le nouvel OS de BlackBerry accueille un navigateur Web enfin utilisable avec un système d'onglets et la prise en compte du multipoints.

Tous les téléphones Android proposent en série Google Maps, la solution de navigation de Google, dont l'inconvénient est de ne pas proposer de guidage vocal. Sur l'Android Market, l'application Navigon MobileNavigator apporte une solution mais au prix assez élevé de 60 euros. Dans ce domaine, l'offre sur l'App Store est plus riche (TomTom, Copilot Live) à des prix entre 30 et 50 euros. La solution Nokia, Ovi Cartes, complète, est entièrement gratuite sur les derniers smartphones.

Avec la meilleure résolution, Nokia charge son N8 de réglages (retardateur, sensibilité, Iso, luminosité) et d'outils de retouches. Les photos sont assez nettes et précises. La vidéo est correcte, avec du son Dolby Digital Plus. Bon rendu également du côté du Xperia X10 et du Milestone XT720, pourtant de plus faible résolution (8 Mp). L'iPhone 4G ne s'en sort pas trop mal en vidéo, mais reste en retrait de la concurrence pour la photo. Sur ces téléphones multimédias, la fonction caméscope a fait des progrès, mais l'image manque encore de stabilité.

Apple possède le plus grand magasin de divertissements en ligne. L'Android Market, centré sur les applications, ne peut rivaliser. Ovi Store s'enrichit, mais a pris du retard. Microsoft, en revanche, propose un contenu étoffé à travers Zune. Faciles à configurer, ces téléphones exigent la création d'un compte de messagerie. Attention à avoir une base propre avant de lancer la synchronisation sous peine de voir ses contacts se multiplier. Ces mobiles peuvent se transformer en mouchards. D'autant plus que les paramètres de confidentialité de certains réseaux sont de vraies passoires et les outils de géolocalisation, des espions

A chaque marque son univers

iOS4 (Apple) : pour les groupies de la marque à la pomme, en quête d'une interface simpliste et ludique .

Android (Google) : pour les familiers de Google, adeptes de systèmes ouverts, de personnalisation pour contrôler leur combiné.

Windows Phone 7 (Microsoft) : pour les ultraconnectés qui recherchent une alternative à l'univers carré et étroit de l'iPhone.

BlackBerry (RIM) : une plate-forme rapide, ultrasécurisée, avec des flux qui convergent en continu .

Symbian (Nokia) : pour les fidèles de Nokia qui veulent un produit performant mais sans changer leurs habitudes.

WebOs (HP) : pour les nostalgiques de Palm, un univers interconnecté avec une gestion très fun sous forme de cartes.

Bada (Samsung) : magnifique imitation d'Android, mais moins riche et plus lente

Les lauréats

iPhone 4G

Il n'est pas parfait (résolution photo faible et quelques bogues en téléphonie), mais c'est le smartphone le plus facile à utiliser, le plus fluide pour la navigation sur Internet, le plus riche en contenus numériques, l'un des plus rapides et autonomes du marché, avec un superbe écran.

Samsung Galaxy S

OS ouvert, fin, écran lumineux et couleurs contrastées, rapide, bonne qualité de réception, avec des applications essentielles, c'est le plus beau et le plus efficace téléphone Android du marché, malgré des faiblesses du point de vue photo et vidéo (faible résolution et pas de Flash) et une offre de contenus encore limitée.

SONY ERICSSON XPERIA X10

L'application Timescape du Xperia X10 garde le contenu des pages personnelles (Facebook, Twitter, SMS), et Mediascope gère la partie musique, photo et vidéo. Point faible : la fluidité.

Simplicité

Design original pour Motorola Milestone XT720, un téléphone Android vraiment simple qui prend de très belles photos et vidéos.

Complet

Sans être tape-à-l'oeil, ce Nokia N8 embarque un APN et un caméscope de bonne tenue. Offre musicale intéressante sans DRM sur Ovi.com et GPS avec guidage.

Coffre-fort

Rapide, autonome, avec clavier, une très bonne interconnexion des flux sociaux... le BlackBerry Torch est au top de la sécurité, avec chiffrement de bout en bout et connexion sortante.

Intelligence artificielle

L'Optimus 7 de LG, sous Windows Mobile 7, se distingue par deux applications exclusives : Play to, basé sur la technologie DLNA (partage en wi-fi de contenus sur le téléviseur ou le système audio), et Voice-to-Text, pour convertir les phrases dictées en texte.

Révélation

Fin, élégant, efficace, ce Samsung Omnia 7 est la bonne surprise de Windows Phone 7. Points faibles : dépourvu de port d'extension mémoire, il ne supporte pas le Flash, gère moyennement le multitâche et ne permet pas encore de copier-coller.

NOTE : 1. Non présenté dans le tableau car il s'agissait d'un prototype.
10 millions d'utilisateurs de smartphones en France en 2010 (source : Association française des opérateurs mobiles).




Offres quadruple play
Le quatuor de la convergence
Nathalie Lamoureux

Tout-en-un. La trinité de base incluait le téléphone fixe, Internet et la télévision. A cela s'ajoute désormais un forfait mobile.

Un seul forfait, une seule facture, un seul service client pour la télévision, l'Internet, le téléphone fixe et le mobile. Ce rêve de bien des consommateurs, les opérateurs l'ont réalisé - en partie. Avec parfois tout l'art de l'embrouille marketing qui les caractérise. On retrouve en effet toujours des formules à tiroir : plages horaires segmentées, portable illimité mais sans fixe, appels illimités sur trois numéros préférés ou illimités sans appel mais avec SMS et Internet mobile...

Au final, le bilan des comptes se révèle positif pour l'utilisateur. Chez SFR, le gain peut atteindre 240 euros d'économie par an. Bouygues avance 168 euros et Orange, 400 euros. SFR propose, d'entrée de jeu, un forfait mobile illimité, avec deux déclinaisons pour l'international. Son Pack Absolu offre une remise de 20 euros par mois pour toute souscription simultanée à la Neufbox et à Illimythics Absolu - il est possible de s'abonner à l'un ou à l'autre séparément. L'Illimythics Absolu, très avantageux (Internet, SMS, TV et appels illimités vers tous opérateurs), reste une édition limitée à 100 000 souscripteurs. L'abonné reçoit deux factures et n'a pas affaire au même service client.

Un même service client et une seule facture pour Bouygues et Orange, chez qui la quatrième brique ne peut être vendue séparément. Ces deux opérateurs ont choisi de décliner respectivement six et cinq forfaits avec des variantes tarifaires (Open mini à partir de 42,90 euros chez Orange). L'arrivée du « quadruple play » marque une nouvelle étape pour démocratiser l'usage des loisirs numériques.

Pour plus de cohérence, nous n'avons retenu que les formules illimitées. Premier entrant sur ce marché, Bouygues Télécom est le moins cher (105,80 euros/mois), mais ses services sont moins étoffés que la concurrence. Son catalogue de vidéo à la demande compte 3 000 titres - 9 000 chez Orange et 8 000 chez SFR. Orange propose, avec la Livebox, les appels illimités vers quatre mobiles et une heure de communication vers tous les opérateurs. De son côté, SFR, et sa Neufbox, offre les appels illimités vers les mobiles aux Etats-Unis et au Canada. Reconnaissons que l'écart entre les deux tient à peu de chose. Seulement 10 centimes les sépare. La concurrence est féroce

NOTE : 20 à 30 %d'économie sur la facture grâce aux offres quadruple play (calculé avec les opérateurs)




Casques hi-fi
La haute qualité, sinon rien
Julien Madrian

Mélomanie. Ultime marotte des audiophiles avertis, les casques de luxe ont la cote. Revue de détail.

En sirotant un bon Duke Ellington ou en succombant aux solos endiablés de Jimi Hendrix, les concerts à domicile peuvent parfois tourner au cauchemar quand l'entourage ne supporte plus les décibels. Les casques de salon permettent d'épargner toute la maisonnée, le soir venu, sans sacrifier la qualité. Porté par le boom de l'iPod et de l'iPhone, le marché des casques nomades - qu'on promène en bandoulière dans le métro et dans la rue - connaît une renaissance salvatrice, au bénéfice des casques de salon, qui profitent de l'aspiration. La demande est telle qu'elle crée un véritable appel d'air pour les marques, qui s'engouffrent sur ces deux marchés.

Décibels en cascade. L'institut GfK recense 65 marques dans le haut de gamme (1), qui proposent près de 600 modèles. Tout constructeur premium - et surtout venant de la hi-fi - investit désormais le créneau du casque haut de gamme, revendiquant une enceinte à l'échelle de l'oreille. Cet engouement justifie l'arrivée de nouveaux acteurs comme BetW ou Denon, venus se mesurer à Sennheiser ou Audio Technica, spécialistes de longue date.

On assiste à une véritable escalade des prix. Il y a encore quelques années, trouver un casque hi-fi vendu plusieurs centaines d'euros sur les étals d'un magasin relevait de l'exceptionnel. Aujourd'hui, les modèles réservés aux oreilles expertes et délicates repoussent les limites qualitatives. Le japonais Stax, par exemple, ne rougit pas de vendre son casque SR 007 au prix de 6 500 euros. Les « audiopathes » - comprenez les mélomanes les plus exigeants - ne tarissent pas d'éloges pour ces petits bijoux, dont ils connaissent et décortiquent les moindres caractéristiques. Cependant, ces cas ne sont pas les plus fréquents.

Public exigeant. La plupart des mélomanes souhaitent simplement profiter d'un son de qualité et d'un confort digne de ce nom quand ils branchent leur casque sur un ampli, un lecteur CD ou, mieux encore, un préampli casque, qui en décuplera les possibilités. Pour ce public exigeant, nous avons testé les modèles entre 300 et 1 000 euros disponibles sur le marché. Les casques pour joueurs ou vidéophiles appartiennent à d'autres familles et n'ont pas été retenus. Pas plus que les casques sans fil.

Le son est une affaire de goût, certes. Il n'empêche, certains modèles se sont démarqués grâce à la richesse ou au naturel de leur son. Nous avons détaillé leurs qualités acoustiques en page précédente dans la colonne intitulée « Les lauréats ».

Le confort est un deuxième critère essentiel de sélection. Les modèles « circum-aural » jouissent d'une bonne réputation : très agréables, les grandes oreillettes viennent se poser délicatement sur le crâne et entourer les oreilles sans les comprimer. Certains de ces modèles sont plus ou moins lâches. Un rapide comparatif en magasin avant de sortir sa carte est vivement conseillé. L'écoute d'un ou de plusieurs CD peut en effet durer de longues heures. Un casque trop serré ou garni d'une mousse un peu trop rêche deviendra rapidement insupportable, tout comme un casque qui glisse sans arrêt.

Ouvert ou fermé ? Deux grandes familles de casques existent et influencent le choix du modèle. Comme leur nom l'indique, les casques fermés ne laissent pas passer l'air entre l'oreille et l'extérieur. Le son reste contenu à l'intérieur d'une coque hermétique, qui clôt les oreillettes. Pas besoin d'une loupe pour voir cette partie du casque, c'est celle que l'on saisit des deux mains quand on l'enlève. Cette isolation passive a pour avantage d'atténuer les bruits environnants. Naturellement, ces casques ne laissent pas non plus passer la musique vers l'extérieur. Le concert, c'est pour vous et le silence, pour votre entourage. Attention toutefois à ne pas les confondre avec les casques dits réducteurs de bruit, qui neutralisent électroniquement le bruit ambiant. Ils sont issus d'une technologie plus sophistiquée. La deuxième catégorie des casques ouverts laisse échapper le son à travers les mailles de la grille apposée sur l'oreillette. Cela permet de ne pas se sentir enfermé dans une sorte de bocal et évite l'effet de compression. Le son respire et gagne en ampleur. En résumé, mieux vaut bien cibler ses besoins et ses préférences, quitte à en débattre avec un spécialiste.

Objet du désir. Les finitions sont un autre critère déterminant pour l'achat d'un casque. Leur apparence est même devenue le nerf de la guerre. On ne recherche plus seulement un produit technique et des performances sonores. Le public est devenu extrêmement attentif au design. Plutôt discret, classique, maxi format ou multicolore, tous les styles sont dans la nature. La frontière devient ténue avec l'accessoire de mode. Beyerdynamic, dont les casques sont réalisés à la main, l'a bien compris. Trois casques entièrement personnalisables font désormais partie de son catalogue. Design sobre et lisse, en fibre de carbone, ou élégance raffinée, avec éléments en bois d'ébénisterie, le constructeur allemand joue la carte du sur-mesure. Pour obtenir la finition de ses rêves, il est possible de choisir la matière des coussinets ou la couleur du cuir, en quelques clics, sur son site (2). Signe des temps, le service se généralise auprès de la concurrence...

Les lauréats

Sennheiser HD 800

Le must du casque hi-fi. Le HD 800 décroche la palme de notre tableau en termes de qualité sonore, avec un son naturel, souple et contrasté. Aucun risque de fatigue auditive. Il est par ailleurs très confortable, bien que le maintien soit plutôt ferme.

Beyerdynamic T1

C'est notre meilleure note pour le confort et la finition. Ce casque semi-ouvert est doté d'un maillage d'une extrême finesse au niveau des oreillettes, de coussinets en feutrine doux et moelleux et d'un renfort d'arceau en cuir. Le son retranscrit les moindres modulations de la musique et toutes les subtilités de la voix.

Audio Technica ATH-W1000 X

En dépit de sa finition en bois de cerisier et connecteur plaqué or, ce casque offre un son moins fluide et subtil que ses deux concurrents. Ses réglages ne sont pas suffisamment précis.

Hybride

A part dans notre sélection, le P5 de BetW convient à une écoute à domicile ou nomade.

NOTE :

1. Pour l'institut GfK, il s'agit des modèles à plus 50 euros.
2. www.beyerdynamic.com/ manufaktur.
800 000 casques haut de gamme vendus en 2010 (estimation GfK)



Systèmes audio multipièces
En avant la musique
Marc Mitrani

Sans fil. Plus simples d'utilisation, les systèmes audio multipièces pourraient bien sonner le glas de l'ère des CDthèques.

Si vous possédez un lecteur MP3, il est fort probable que toute votre CDthèque soit déjà transférée sur le disque dur de votre ordinateur. Dès lors, pourquoi s'embêter avec des CD pour écouter vos chansons préférées dans le salon ou dans la chambre à coucher ? Abandonnez-les et passez au système audio multipièces ! Il suffit de connecter à la chaîne familiale une passerelle audio. Celle-ci, reliée à l'ordinateur par le réseau wi-fi domestique, reçoit la musique qu'elle diffuse sur l'installation audio. Les constructeurs intègrent parfois cette passerelle audio à une chaîne hi-fi ou directement à des enceintes. On parle dans le premier cas de chaîne wi-fi et dans le second d'enceintes wi-fi. Détail intéressant, vous pouvez si vous le souhaitez multiplier les chaînes wi-fi ou enceintes wi-fi, afin de sonoriser plusieurs pièces de votre domicile. L'ensemble se pilote alors à l'aide d'une télécommande, exactement comme une chaîne audio conventionnelle.

Afin de concevoir un système audio multipièces, les constructeurs offrent le choix entre deux options. Relayer la musique présente sur le disque dur de l'ordinateur ou intégrer un disque dur dans le produit tout en gardant la possibilité de se connecter à un ordinateur. Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. La première est moins onéreuse, mais cela nécessite de laisser l'ordinateur allumé en permanence. Dans le second cas, le système, s'il s'affranchit de l'ordinateur, est forcément plus cher - disque dur oblige. Il nécessite aussi de quasi dédoubler votre CDthèque en la recopiant sur le disque dur, opération longue et fastidieuse.

Musique à la demande. Techniquement, les produits ont peu évolué par rapport à l'année dernière - à un (gros) détail près. Sonos et Logitech, les deux principaux acteurs du domaine, offrent désormais la possibilité d'écouter des services de musique à la demande depuis leurs systèmes. Logitech, pionner en la matière, mise principalement sur Classical.com (musique classique) et Deezer (plus de 7 millions de chansons disponibles). Chez Sonos, on trouve Spotify (concurrent de Deezer), Wolfgang's Vault (concerts pop, rock, jazz) et, bien entendu, Deezer. Principal avantage, vous n'avez plus besoin d'un ordinateur ou même d'un disque dur pour écouter de la musique, celle-ci étant lue directement à partir des serveurs du fournisseur de musique à la demande. Et si vous avez créé avec Deezer ou Spotify vos propres listes de lecture, vous pourrez les jouer telles quelles sur les systèmes Sonos ou Logitech. Mieux encore, Spotify propose de récupérer vos listes de lecture iTunes pour les reconstituer sur ses serveurs. Pas mal, non ? Evidemment, tout cela a un prix et il faudra débourser 10 euros par mois pour accéder à Spotify Premium ou Deezer Premium sur un système audio multipièces, et une quarantaine d'euros pour un an d'accès à Wolfgang's Vault. Tout compte fait, cela reste très attractif, car tous enrichissent très régulièrement leur catalogue de nouveaux albums ou concerts.

Dès lors, on ne s'étonnera pas de retrouver en tête de notre palmarès Sonos et Logitech. Dernier-né des produits Sonos, le ZonePlayer S5 est un dispositif monobloc intégrant cinq haut-parleurs, un amplificateur numérique et une passerelle audio. Pour qu'il fonctionne correctement, il doit impérativement être connecté (par câble ethernet ou en wi-fi) à la box de votre fournisseur d'accès Internet. Si elle se trouve trop loin du ZonePlayer, vous devrez acquérir en plus un ZoneBridge 100 (99 E) à brancher sur le port ethernet de la box et capable de gérer une trentaine de ZonePlayer. A ce détail près, le ZonePlayer S5 brille par une grande simplicité de mise en oeuvre et d'utilisation. On le pilote, au choix, à partir d'une application gratuite fonctionnant sur iPod Touch, iPhone ou iPad (sur ce dernier, elle vaut le détour) ou bien grâce au Controller 200, télécommande tactile du système (349 E). A noter que le S5 n'est pas le seul ZonePlayer disponible dans la gamme Sonos. Le ZonePlayer 90 se connecte directement à l'ampli de votre chaîne audio, tandis que le ZonePlayer 120 intègre un amplificateur numérique.

Le Squeezebox Duet de Logitech est constitué d'une télécommande, d'un boîtier à connecter sur l'ampli audio de votre chaîne et d'un logiciel à installer sur l'ordinateur. Là aussi, l'installation et le paramétrage initial sont déconcertants de simplicité et il ne nous a pas fallu plus de quinze minutes pour le rendre opérationnel. La télécommande est pourvue d'un magnifique écran couleur facilitant l'utilisation du système. Tout comme Sonos, Logitech propose différents modèles de Squeezebox. Citons pour l'exemple le Squeezebox Touch, doté d'un grand écran tactile, et le Squeezebox Radio, doté d'une enceinte et pouvant faire office de radio-réveil.

Enfin, si vous ne souhaitez pas investir une fortune dans un système audio multipièces, optez pour l'Airport Express d'Apple. Comme toujours chez le constructeur californien, son produit est d'une grande facilité de mise en route. Vous le piloterez à l'aide du logiciel Remote, à installer sur l'iPod Touch, l'iPhone ou l'iPad. On regrette juste l'absence de service musical à la demande, que la rumeur annonce pour bientôt.

Les lauréats

Sonos ZonePlayer S5

Cette enceinte wi-fi est capable de lire la musique de votre disque dur et d'accéder aux principaux sites de musique du Net. Sa simplicité de mise en oeuvre et d'utilisation et la qualité du son en font un produit très séduisant.

Logitech SqueeZebox Duet

Constitué d'un récepteur wi-fi et d'une télécommande multipièces pouvant piloter tous les appareils de la gamme Squeezebox, le Duet vous permettra de diffuser sur votre chaine hi-fi et dans toute autre pièce de la maison la musique stockée dans l'ordinateur.

Philips Streamium MCi800

Son irréprochable et fonctions sophistiquées pour cette chaîne audiovisuelle (équipée d'un lecteur de DVD) capable de se connecter à votre ordinateur pour en diffuser la musique. Son disque dur pourra accueillir vos fichiers audio préférés.

Simplicité

Connectée à la chaîne hi-fi, la borne Airport Express accède à la musique d'iTunes, l'ensemble se pilotant avec un iPhone, un iPod Touch ou un iPad.

Esthète

Design irréprochable et fonctions sophistiquées... mais à quel prix, 5 000 E pour le BeoSound 5 de Bang et Olufsen.

NOTE : 200 000 systèmes audio sans fil vendus en France en 2010 (source GfK)




Consoles de salon
Cap sur le tout-divertissement
Mathilde Lize

Percée. En plus du jeu vidéo en HD, la Xbox 360 et la PlayStation 3 sont des stations de loisirs multimédias, avec VOD, musique et télé.

C'est un fait, à part la Wii de Nintendo, les consoles de septième génération ne veulent plus se contenter d'être de simples plates-formes de jeux. En plus du Blu-ray et désormais de la 3D pour la PlayStation 3, du DVD pour la Xbox 360 et de la lecture de multiples formats de musique numérique, la vidéo à la demande, les réseaux sociaux et même la télévision s'invitent désormais dans les consoles de salon. A ce jeu-là, Microsoft et Sony assurent, alors que Nintendo piétine.

Sans avoir même la possibilité de lire un DVD ou un CD, la Wii et ses 74 millions de machines vendues dans le monde ne tiennent pas la corde face à l'offre multimédia des autres consoles. Un choix stratégique dont pourrait pâtir Nintendo, maintenant que ses deux concurrents se lancent eux aussi dans la détection de mouvement .

Des deux consoles HD la Xbox 360 est celle qui propose l'offre la plus complète en matière de divertissement, hors jeux vidéo : films, concerts, musique, Facebook et Twitter sont accessibles via le service Xbox Live. Un partenariat avec Canal + permet même aux abonnés de la chaîne cryptée de retrouver leurs programmes, ainsi que Canal + et CanalSat à la demande ou encore Foot + sur la console de Microsoft.

Cette diversification des services a tout de même un prix, puisque, pour profiter de la télévision et des réseaux sociaux, il faut s'abonner à la formule Gold du Xbox Live - 60 euros l'année.

Sony a, lui, choisi de conserver la gratuité de l'accès à la VOD (l'achat ou la location de films restent payants), à VidZone (clips musicaux en streaming) et à Mubi, site communautaire de cinéma. En revanche, ce sont les seuls divertissements proposés par Sony sur la PlayStation 3, en plus du jeu vidéo. A noter que la réception de la télévision reste possible sur la PS3, à condition d'acheter le boîtier PlayTV à connecter sur la console. Avec une population de joueurs qui ne cesse de grandir - 28 millions d'adeptes réguliers rien qu'en France -, Sony et Microsoft veulent sortir de la représentation habituelle de leurs consoles en les ancrant dans les habitudes quotidiennes des joueurs et de leur famille

Suprématie

Plus silencieuse que la Xbox 360, la Xbox 360 Slim de Microsoft, avec l'arrivée du Kinect - le jeu sans manette - et une offre communautaire plus dense sur le Xbox Live, est la console de l'année.

NOTE : 28 millions de joueurs réguliers, sur consoles et PC, en France en 2010 (source GfK)




Livres électroniques
De futurs best-sellers ?
Marc Mitrani

Percée. Toujours plus fines et performantes, les liseuses passent au wi-fi pour faciliter l'achat de titres en ligne.

Balbutiant, le marché du livre numérique ? Oui, mais en pleine explosion. A en croire les constructeurs, il s'en vendra en France en 2010 près de 100 000 exemplaires, les prévisions pour 2011 variant entre 200 000 et 300 000. Il faut dire que le livre numérique - aussi appelé « liseuse » - cumule les avantages. Il permet d'emporter partout plusieurs e-books (nom donné à ces livres électroniques) en ne se surchargeant que de quelques centaines de grammes, au lieu de kilos de papier. Il est aussi très lisible et ne fatigue pas les yeux, son écran n'étant pas rétroéclairé. Car, au lieu d'être basé sur une dalle LCD - comme celle d'un notebook ou d'une télévision -, son écran n'a pas besoin d'être constamment alimenté en électricité pour afficher une image. Une seule impulsion suffit pour afficher la page, celle-ci restant ensuite visible sans consommer d'énergie.

Fluidité. Magique ? Pas vraiment. C'est l'e-Ink - ou encre électronique, du nom de cette technologie - qui donne aux liseuses cette autonomie impressionnante. Les constructeurs commencent d'ailleurs à l'évaluer en nombre de pages tournées plutôt qu'en heures ou jours. Malheureusement, l'e-Ink et les liseuses ne sont pas parfaites. L'affichage se fait pour l'instant en noir et blanc, les premiers modèles couleur devant apparaître fin 2011. La nature même de l'encre électronique empêche un affichage véritablement fluide, et passer à la page suivante, lorsqu'on lit un ouvrage, peut prendre jusqu'à une seconde.

Pis encore, acheter et utiliser son premier e-book peut vite tourner au parcours du combattant si l'on ne maîtrise pas l'informatique. Il faut tout d'abord installer Adobe Digital Editions sur votre PC ou Mac. Point de passage obligé, c'est grâce à lui que vous pourrez gérer et transférer vos achats sur la liseuse. Une fois installé, vous devrez saisir un Adobe ID pour vous identifier. Vous n'en avez pas ? Créez-le sur le site Web d'Adobe puis connectez votre liseuse à l'ordinateur. Choisissez ensuite l'e-book que vous souhaitez lire sur le site d'un distributeur, puis connectez-vous à votre compte afin de le régler. Pas de compte sur le site du distributeur choisi ? Il va falloir le créer. Quelques clics plus tard, vous téléchargez enfin le livre tant convoité. Si tout se passe bien, il doit apparaître dans Adobe Digital Editions. Faites glisser son icône vers celle de votre liseuse. C'est fini ! Faut-il le préciser, l'opération est un peu moins fastidieuse une fois que le logiciel est installé et les différents comptes créés. Conscients de l'épreuve qu'ils infligent à leurs clients, les constructeurs ont cherché un moyen de simplifier l'achat. Ils l'ont trouvé, en ajoutant à leurs liseuses une connexion wi-fi. Sur ces modèles, l'achat d'un e-book se fait désormais directement depuis la liseuse sans passer par un ordinateur. A moins d'être un as de la technique, on ne saurait trop vous recommander d'opter pour une liseuse équipée d'une telle connexion.

Mieux encore, le vendeur en ligne Amazon a équipé certains de ses Kindle d'une puce 3G qui permet de s'affranchir du wi-fi. La Fnac propose depuis peu, avec son Fnacbook, le même principe d'une connexion 3G et wi-fi. Il n'était pas disponibles lors de nos tests. Malheureusement, le libraire en ligne propose surtout des ouvrages anglo-saxons, les titres francophones étant quasi inexistants. Une solution intermédiaire est proposée par l'Orizon de Bookeen, dont la boutique en ligne, disponible de l'appareil grâce au wi-fi, prend automatiquement les couleurs du magasin où il a été acheté. Ainsi, un Orizon acheté au Furet du Nord - très présent dans le nord de la France - aura accès à la boutique en ligne du magasin. Cette personnalisation, réalisée grâce au partenariat entre Bookeen et ePagine, facilite grandement l'achat de livres numériques. Détail intéressant, l'acheteur peut modifier s'il le souhaite la boutique en ligne en contactant ePagine. Acheter une liseuse revient cher, voire très cher.« Ce n'est pas étonnant, explique Michael Dahan, PDG et cofondateur de Bookeen, l'un des principaux acteurs du secteur,cette industrie est toute neuve. Les composants utilisés pour la fabrication d'une liseuse sont multiples, car il n'existe pas encore de puces spécialisées. Nous utilisons des composants génériques, donc sophistiqués et coûteux. » A l'horizon 2011 ou 2012, des composants spécialisés et produits en grande quantité permettront sans doute de faire baisser le montant de fabrication et ainsi de livrer des appareils à moins de 100 euros.

Sensation du papier. Et le prix d'un e-book, dans tout cela ? Il devrait être vendu bien moins cher qu'un livre papier puisqu'il est dématérialisé. Or, dans les faits, on constate au mieux une différence de prix variant de 10 à 20 %. On s'attendait à mieux. Lorsqu'on les interroge sur le sujet, les éditeurs expliquent qu'un e-book nécessite certes moins de logistique qu'un livre papier, mais qu'il génère des frais informatiques (mise en pages spécifique, location d'un serveur, frais d'électricité et de connexions sur Internet, etc.) et qu'il bénéficie d'une TVA élevée (19,6 %, contre 5,5 % pour le livre classique). Les éditeurs attendent avec impatience un alignement de la TVA des e-books sur celle des livres papier, ce qui se produira début 2011.

En attendant, nous avons passé au crible les liseuses actuellement disponibles sur le marché français, auxquelles nous avons ajouté l'iPad. Même pourvue d'un écran LCD et destinée à de multiples usages, la tablette d'Apple peut incontestablement faire office de liseuse grâce à l'application iBooks, qui regroupe une liseuse ainsi qu'une librairie en ligne. Cela dit, nous avons été emballés par le Cybook Orizon de Bookeen. Simple à utiliser et d'une remarquable finesse, il est doté de l'indispensable connexion wi-fi et d'un écran tactile. Passer d'une page à l'autre ou zoomer se fait en balayant le bas de l'écran avec un doigt. Pour un peu, on retrouverait presque la sensation du papier !

Les lauréats

Bookeen Cybook Orizon

Elégant et bien pensé, l'Orizon est équipé d'une connexion wi-fi qui facilite l'achat d'e-books en évitant de passer par un ordinateur. Bon point aussi pour son écran tactile, qui simplifie grandement son utilisation.

Sony PRS-650

Look sobre et de bon goût pour cette liseuse. On apprécie son interface intuitive, la présence d'emplacements pour cartes SD et Memory Stick, son écran tactile et le Cercle Reader, boutique en ligne et communauté d'utilisateurs du produit.

Samsung E65

Très complet, il dispose d'un clavier mécanique, du wi-fi et d'un écran tactile nécessitant l'utilisation d'un stylet. Il offre de nombreuses fonctions annexes comme la gestion de notes ou un agenda.

Anglophile

Simple à utiliser, le kindle wi-fi offre une excellente lisibilité. Hélas, le catalogue d'Amazon contient peu d'oeuvres en français.

NOTE : 100 000 licences vendues en France en 2010 (estimation des constructeurs Sony et Bookeen)



Coffres-forts électroniques
Les forteresses numériques de nos petits papiers
Laurence Neuer

Archivage. Le stockage en ligne de ses données personnelles a le vent en poupe. Mais quid de la sécurité ? Enquête.

Une garantie commerciale égarée dans un déménagement, des papiers d'identité perdus au cours d'un voyage ou un fichier de photos écrasé dans le crash du disque dur sont autant de tracas évités grâce au coffre-fort électronique (CFE). Telle une grosse armoire de rangement hébergée chez un professionnel de l'archivage numérique, il stocke photos, vidéos, contrats, courriers, factures, bulletins de salaire, etc. Il sert d'abri anti-incendie et d'antivol pour les documents sensibles pendant leur durée légale de conservation - qui peut atteindre trente ou quarante ans, pour les diplômes, attestations Assedic ou bulletins de salaire.

Selon la Fédération nationale des tiers de confiance,« d'ici peu, les institutions publiques (Assedic, ANPE, caisses de retraite, CNAV, CAF, impôts...) et privées (sociétés de crédit, de location...) exigeront des bulletins de paie électroniques certifiés afin de réduire les délais, les coûts de traitement des dossiers et la fraude dont elles sont victimes ». De mon.service-public.com et son coffre-fort dévolu aux démarches administratives, au très prochain Atypic store.com, conçu pour les « atypiques à revenus irréguliers » (free-lance, intermittents...), l'univers de l'archivage électronique compte de nombreux acteurs issus du monde des assurances, des banques ou des compagnies aériennes, auxquels s'ajoutent d'ambitieux pure players.

Ouvrir un CFE est un jeu d'enfant. Il suffit de s'inscrire sur le site du prestataire en indiquant une adresse mail, un identifiant et un mot de passe. Une fois son espace personnel activé, on dépose dans le dossier correspondant les documents préalablement scannés ou reçus sous forme électronique. Certains services prennent l'usager par la main et numérisent pour lui ses documents papier.

Nouveautés. L'interface simple du CFE permet ensuite d'organiser ses dossiers et fichiers dans une arborescence personnalisée. Accessible en un clic de n'importe quel ordinateur, le CFE facilite de nombreuses démarches, par exemple refaire son passeport égaré au cours d'un voyage grâce à son clone numérique ou constituer un dossier de prêt à la banque à l'aide de pièces stockées. Les offres commencent à inonder le marché, tout en rivalisant de nouveautés. Les coffres-forts interactifs et les applications pour smartphones débarquent, avec leur lot de fonctionnalités - par exemple, ranger en un clic dans son CFE les photos et vidéos immortalisant un voyage. Chacun y va de son petit plus, mais tous ont un objectif commun : simplifier la vie des usagers au quotidien.

Les espaces de stockage proposés par la majorité des prestataires peuvent abriter une vie entière de papiers. Mais les photophiles et vidéophiles se tourneront plus volontiers vers des offres à capacité de stockage illimitée et dotés de fonctions de gestion de photographies (Atypicstore, par exemple).

Le choix du CFE peut aussi être guidé par le besoin de partager des données avec des tiers, par exemple son conjoint ou ses collègues de travail. Ces CFE interactifs sont proposés par différents prestataires (e-coffrefort.com, 123classez.com, Myarchivebox...). Concrètement, des tiers autorisés par le titulaire reçoivent « procuration » du titulaire pour déposer, consulter ou modifier des documents. Son expert-comptable aura par exemple accès aux seules factures clients et fournisseurs. Ciblés globe-trotteurs, le CFE d'Air France développé avec Allianz et Mondial Assistance (allianzprotect.com) ou celui d'Europ Assistance (123classez.com) stockent principalement les papiers d'identité et documents de voyage. En cas de perte ou de vol pendant le séjour, les démarches sont facilitées et le voyageur peut accéder de n'importe où à ses originaux numérisés. Une fois imprimés, ils fourniront une preuve valable auprès des organismes officiels. Ces CFE offrent aussi des services d'assistance médicale, tels que la transmission des données de santé au personnel médical local.

Autre type de service offert par certains prestataires (e-coffrefort, Myarchivebox, Atypicstore, par exemple), le « facteur électronique ». Le CFE aspire les factures auprès des opérateurs (EDF, GDF, opérateurs de téléphonie mobile, FAI...) et des e-marchands sélectionnés et les classe dans les dossiers correspondants. Un service d'alertes paramétrables attirant l'attention du titulaire sur le montant anormalement élevé d'une facture est proposé, par exemple par adminium.fr, outre des tableaux de bord récapitulatifs sur la consommation de l'utilisateur.

Les offres ciblées « entreprises » se déploient également, avec leur cortège de services groupés. Les CFE de Novapost ou celui de Primobox archivent notamment les bulletins de paie électroniques (BPE) qu'ils récupèrent auprès de l'entreprise et les signent électroniquement. Les BPE sont ensuite stockés chez la filiale de la Caisse des dépôts CDC Arkhinéo, garantissant la conservation des données pendant cinquante ans. Confidence-services.com s'adresse plus spécifiquement aux TPE avec son CFE donnant un accès contrôlé à des tiers et la possibilité d'envoyer des courriers recommandés numériques.

Garanties. Reste à mesurer la réalité et le sérieux des garanties offertes par le prestataire. Question cruciale, s'agissant de documents destinés à servir de preuves face à un assureur, un organisme de retraite ou un juge. Il est essentiel qu'un salarié puisse en un clic reconstruire sa carrière et présenter un dossier incontestable à sa caisse de retraite. Or,« en raison de l'imprécision des textes et pour des raisons de coûts, beaucoup de professionnels limitent leur responsabilité. Il faut donc être prudent et lire attentivement les conditions générales d'utilisation », recommande Guillaume Desgens-Pasanau, avocat chez Ernst et Young.

En confiant ses données à un CFE, l'utilisateur prévient les risques de pannes d'ordinateur, d'incendie, d'inondation ou de vol. Encore faut-il s'assurer que le CFE est lui-même à l'abri de tels risques. Sur ce point, les prestataires se montrent plutôt rassurants. La plupart conservent les documents sur deux ou trois serveurs géographiquement distants. Autre point à contrôler, la protection des données contre les risques de destruction ou d'intrusion dans le CFE. Là, les prestataires ouvrent le parapluie juridique. Par exemple, « La Poste est tenue, s'agissant de la fourniture des services, parmi lesquels figurent l'horodatage et le chiffrement des données, par une obligation de moyens ». En cas d'intrusion, une telle clause n'empêcherait pas un juge pénal de sanctionner le responsable du traitement s'il estime qu'il n'a pas bien verrouillé les données hébergées. Pour empêcher les tiers non autorisés d'y avoir accès, la plupart des sites utilisent des dispositifs retraçant l'historique des consultations, conformément aux recommandations de la CNIL.

« La lisibilité des documents des années après leur dépôt dans le CFE est l'un des aspects les plus problématiques dans la mesure où les documents Office de Microsoft - Word, Excel, PowerPoint - ont une durée vie non garantie dans le temps, contrairement par exemple au format JPEG ou PDF/A », explique Christophe Houzé, de MMA. C'est sous ce format plus pérenne que des prestataires proposent d'enregistrer les documents numérisés (MMA, e-coffrefort...). Reste une interrogation.« Si on modifie le format du fichier à plusieurs reprises, est-on sûr que le contenu du document ne sera pas altéré ? s'interroge Guillaume Desgens-Pasanau.Une administration acceptera-t-elle des justificatifs issus de supports ayant subi plusieurs migrations techniques ? » A ce jour, aucune réponse tranchée ne peut être apportée.

La faillite de Foreversafe.com - duquel les abonnés ont dû rapatrier leurs données en toute hâte au risque de tout perdre - en a échaudé plus d'un. D'où l'importance de s'assurer que l'entreprise a mis en place des procédures dites de « réversibilité ».« Les documents vous appartiennent, rien ne vous empêche de les télécharger sur votre disque dur pour une sécurité supplémentaire », conseillent à l'unisson les prestataires. Certains d'entre eux s'engagent à stocker votre CFE sur un DVD (Myarchivebox). D'autres effectuent le duplicata du coffre sur un fichier compressé protégé par un mot de passe unique et téléchargeable en ligne (e-coffrefort). Chez Novapost, les employés qui quittent l'entreprise peuvent transférer leurs bulletins de salaire vers l'espace confidentiel de stockage proposé gratuitement par le site mon.service-public.fr.

En cas de litige dans dix ou vingt ans, les documents archivés dans le CFE auront-ils le même poids devant un tribunal que leur équivalent papier ? Les documents scannés et archivés numériquement ont la valeur de copies et restent donc contestables. Tout dépendra de la façon dont ils auront été conservés. Une photo prise avec son iPhone et déposée sur son CFE ne sera tout au plus qu'un commencement de preuve par écrit, faute d'être authentifiée ou certifiée.

Concernant les données « nativement numériques », c'est-à-dire dématérialisées dès leur émission, elles ont en principe la même force probante que leur équivalent papier.« Encore faut-il respecter deux conditions, précise Guillaume Desgens-Pasanau.D'une part, l'auteur d'un écrit électronique doit pouvoir être identifié et cette identification peut être réalisée au moyen, dit la loi, d'une "signature électronique sécurisée". Or rares sont les prestataires qui investissent dans ce système coûteux et complexe. D'autre part, l'écrit électronique doit être établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l'"intégrité", c'est la problématique de l'archivage électronique. Il existe certes des normes (Afnor...), mais la jurisprudence n'a pas encore dit qu'elles apportaient une garantie suffisante. D'où le conseil prudent de conserver une preuve papier de ses documents les plus sensibles. »

Notre sélection

Compte tenu du faible recul dont on dispose pour évaluer les coffres-forts électroniques, nos critères de classement reposent sur les bases suivantes : solidité des structures sur lesquelles les prestataires sont adossés, clientèle déjà séduite par leur CFE et utilité pratique des services associés. Cet échantillon non exhaustif de prestataires correspond à la diversité des usages et des fonctionnalités du CFE

Les lauréats

DIGIPOSTE

Adossé à une entreprise pérenne et neutre, doté d'une interface simple et ludique, ce CFE est une véritable boîte aux lettres numérique intelligente. Il permet notamment de traiter son courrier, commander des timbres, payer ses factures, classer ses documents et les partager avec d'autres, sans pour autant être harcelé par les spams et mails frauduleux.

NOVAPOST

Site ambitieux, soucieux de la conservation sécurisée des documents archivés, Novapost poursuit une démarche écologique grâce au partenariat conclu avec Planète Urgence dans le cadre de l'opération Environnement et protection. A chaque fiche de paie dématérialisée, un arbre est planté en Indonésie, au Mali et à Madagascar.

Accessibilité

L'espace local sécurisé de l'utilisateur lui donne un accès rapide et économique aux données du CFE de MMA. Ce qui lui permet de justifier de son identité ou de visualiser un document où qu'il soit.

Aux petits soins

Outre l'archivage des documents dans le CFE, Myarchivebox propose un assistant personnel qui prend en charge la gestion administrative - résiliation d'un contrat ou reconstitution d'un historique de carrière.

Ingéniosité

L'un des précurseurs du CFE, e-coffrefort, offre un produit très complet en termes d'usage et d'outils de gestion de la vie quotidienne, à l'image des alarmes, rappelant qu'un contrat arrive à échéance.

NOTE : 50 % des salariés se disent intéressés par la dématérialisation de leurs fiches de paie (source : étude OpinionWay 2009).



Informatique

Tablettes sauvages. L'industrie a parfois du mal à se remettre en question. Et, pour le secteur de l'informatique, entre la quasi-disparition des ordinateurs fixes chez les particuliers, la fonte des prix des portables et l'arrivée des tablettes, le changement est rude. Mais aucun des participants ne baisse les bras. Ils se battent pour inventer le produit le plus autonome, le plus robuste, le plus complet. Ils s'empoignent pour savoir si les tablettes ont un avenir et vers quel système d'exploitation il faudra se tourner. L'hégémonie de Microsoft n'est pas balayée, mais, au rythme où vont les choses, elle pourrait être sérieusement malmenée.



Ordinateurs portables
Un millésime 2010 de toute beauté
Valéry Marchive

Conquête. Finition, esthétique et capacités sonores ont été choyées. Avec en prime l'arrivée timide de la 3D.

Le marché du PC a repris des couleurs, et cela se voit. Tant sur les volumes de ventes que sur la qualité des produits proposés. C'est bien simple, en France, selon Gartner, il s'est vendu 3,3 millions d'ordinateurs portables au premier semestre, hors netbooks, contre 2,36 millions au cours de la même période, en 2009. Près de 1 million d'unités de mieux. Plus globalement, et à l'échelle mondiale, selon le même cabinet d'analystes, les ventes d'ordinateurs personnels ont progressé de 7,6 % au troisième trimestre, à 88,3 millions d'unités. Une estimation certes inférieure aux prévisions - de 12,7 % - mais qui s'explique moins par une atonie sévère du marché que par l'engouement pour les tablettes comme l'iPad. Reste que, pour s'attirer les faveurs des particuliers, les constructeurs ont soigneusement travaillé la capacité de séduction de leurs machines.

Finition. De fait, les ordinateurs que nous avons testés dans le cadre de ce comparatif profitent pour la plupart d'un niveau de finition supérieur. Sur certains modèles, le soin apporté à la construction et au choix des matériaux est évident. C'est le cas par exemple de l'Envy 14 de HP, qui, bien qu'encore un peu épais par rapport aux références en matière d'encombrement - les MacBook Pro d'Apple -, jouit d'une très belle finition. Il en va de même du Sony Vaio VPC EC1 M1E, qui mêle efficacement matériaux mats et brillants, surfaces lisses et surfaces texturées. Et l'on pourrait citer encore l'Asus U35J, l'Acer Aspire 5745 DG ou encore l'Aspire 4820TG avec son repose-poignet et son capot en métal. Et que dire, encore, d'un Acer Aspire 8943G et d'un Asus NX90 JQ ? Sur ces deux portables, le métal est omniprésent. Pas question de renoncer au plastique pour autant ni de suivre la voie ouverte par Apple et ses coques en aluminium monobloc, mais l'habillage métallique est là pour renforcer efficacement la qualité perçue des appareils. Un effort d'autant plus appréciable sur ces deux portables qu'ils sont clairement destinés à remplacer un ordinateur de bureau et, dès lors, potentiellement, à trôner dans le salon, à la vue de tous.

Concurrence aiguë. Les personnes cherchant un portable pour des usages résolument mobiles apprécieront de disposer d'une offre où la concurrence s'avère un peu plus marquée que l'an passé. Certes, avec sa taille de guêpe et son autonomie record de 4 h 31 en lecture de DVD, mesurée par notre partenaire BenchExpert Labs, le MacBook Pro 13 pouces fait toujours figure d'ordinateur nomade de référence. Mais, avec 3 h 38, l'U35J d'Asus n'a pas à rougir de sa performance. D'autant plus qu'il n'est que 2 millimètres plus épais que son challenger immédiat. Chargeur secteur inclus, il s'offre même le luxe de peser moins lourd sur l'épaule. Le tout avec un écran à la définition supérieure : 1 366 x 768 pixels, contre 1 280 x 800 pixels. La victoire de cet Asus U35J apparaît donc parfaitement méritée. Le troisième du classement, l'Aspire 4820 TG d'Acer, dispose d'un bel écran 14 pouces, 2,6 centimètres d'épaisseur, 2,65 kg sur la balance, chargeur inclus. Son autonomie, de 3 h 23, est en léger retrait par rapport à l'U35J. Le choix, là, ne pourra quasiment plus se faire que sur des considérations liées à l'esthétique. Mais mobilité extrême peut également rimer avec performances. C'est le M11 x-R2 d'Alienware qui se charge de l'illustrer. Une machine à la carte graphique musclée résolument destinée aux joueurs semi-nomades - une Nvidia GeForce GT335M. Ajoutons à cela un disque SSD (à mémoire flash). Le confort général d'utilisation de la machine est remarquable. Le terrain des loisirs numériques n'a pas été oublié. Dans notre comparatif, seuls les Aspire 5745 DG d'Acer et Satellite A665 de Toshiba sont équipés d'un système de rendu 3D, mais d'autres, à commencer par Sony et HP, s'apprêtent à proposer, dès la fin de cette année, des modèles ainsi dotés. Reste à regretter la frilosité des constructeurs à généraliser le Blu-ray. Alors que la plupart des modèles 15/16 pouces sont désormais équipés d'écrans en résolution HD 720p, à savoir 1 366 x 768 pixels, seuls deux modèles de notre sélection - le Sony Vaio VPC F11 M1E et l'Aspire 5745DG d'Acer - en sont équipés. Pour la vidéo, il faudra donc se contenter de DVD ou de vidéos achetées sur Internet. Finalement, les constructeurs informatiques sont peut-être en train de donner raison à Steve Jobs, sans s'en rendre compte, pour qui le Blu-ray n'a pas sa place sur l'ordinateur personnel et qui considère que l'avenir est à la vidéo en ligne.Mais, avant de craquer sur un modèle 3D, il semble avisé de tester la machine en boutique. Sur les modèles que nous avons essayés, le lancement d'un film en 3D a été particulièrement lent. En outre, les néons utilisés pour l'éclairage du lieu de test provoquaient un scintillement très désagréable de l'image restituée par les lunettes 3D. Et, comme sur les téléviseurs, celles-ci atténuent la luminosité de l'image et en adoucissent parfois sensiblement les couleurs.

Pour le reste, les portables polyvalents de notre comparatif sont majoritairement équipés de processeurs Core i5 ou Core i7 d'Intel, de cartes graphiques suffisamment musclées pour leur permettre de prétendre à une véritable polyvalence. Il est parfaitement possible d'envisager avec ces ordinateurs toutes les applications bureautiques et multimédias domestiques, voire professionnelles, en passant par la retouche photo et le montage vidéo, jusqu'au jeu vidéo. Seuls les portables de notre sélection équipés de processeurs Core i3 ou signés AMD apparaissent en retrait. Une différence plus sensible sur les performances graphiques que sur les performances globales. Les premières affectant principalement le jeu vidéo.

Reste que les adeptes du jeu auront probablement plus intérêt à se tourner vers les surdoués, notamment le très impressionnant M17x d'Alienware. Mais le Qosmio X500 de Toshiba, le MacBook Pro 17 pouces d'Apple ou encore le GE700 de MSI et le NX90 JQ d'Asus n'ont clairement pas à rougir de leurs performances. Surtout, ce dernier comme le MacBook Pro ne dépareront pas dans un salon où ils pourront remplacer fièrement un ordinateur de bureau à l'élégance parfois discutable

Le son n'est plus le parent pauvre du portable

Si Toshiba a longtemps fait des efforts sur le rendu sonore de ses portables, en s'associant à Harman Kardon, il n'est désormais plus seul. L'Aspire 8943G d'Acer dispose d'un système audio certifié Dolby assez convaincant. Et ce n'est pas le seul modèle de ce constructeur dans ce cas. Il en va de même des Aspire 4820TG, 5553G et 5745DG. Mais le Pavilion DV7 de HP bénéficie du même traitement quand Asus, pour son U35, s'est associé à Altec Lansing. Pour l'Envy 14 de HP, c'est Beats by DrDre qui est mis à contribution. Il est clair que les constructeurs ont compris le message des mélomanes aux oreilles jusqu'ici maltraitées par leurs produits. Le plus impressionnant est peut-être le NX90JQ d'Asus dont le système sonore, signé Bang et Olufsen, se montre particulièrement plaisant à écouter

Mobile et puissant

L'Envy 14 de HP se prête volontiers aux traitements lourds, retouche photo ou montage vidéo. Le tout pour un encombrement raisonnable et avec un système audio plus qu'honorable.

Tout-terrain

Ce n'est pas vraiment un portable tant il est encombrant... Mais l'Asus NX90JQ propose un astucieux compromis entre ordinateur tout-en-un et portable. Remarquable système audio embarqué.

Atout coeur

Difficile de résister au charme de ce MacBook Pro 17 d'Apple, un concentré de puissance dans un châssis fin et à la finition irréprochable. Efficace sur un bureau aussi bien qu'en mobilité.

Les lauréats

Polyvalents SONY VPCF11M1E/H

Ses excellentes performances compensent sa lourdeur et son encombrement. A noter le lecteur Blu-ray et la sortie vidéo HDMI. Mais surtout un écran remarquable.

Surdoués ALIENWARE M17x

Le surdoué le plus rapide de notre sélection. Son écran est aussi le plus fin de la sélection - ex aequo avec le MacBook Pro 17 pouces.

Nomades ASUS U35J

Un très beau produit, à la finition soignée et à l'encombrement maîtrisé. Un effort sur l'autel duquel l'autonomie (3 h 28 en lecture DVD) n'a pas été sacrifiée.

NOTE : 3,3millions de portables vendus en France au premier semestre 2010 - hors netbooks (source : Gartner).




Imprimantes
La nouvelle donne
Mathilde Lizé

Cogitation. L'engouement pour les laser oblige les constructeurs des jet d'encre à faire assaut d'idées. Notamment en s'émancipant de l'ordinateur.

Malgré une diminution de 6 % du volume des ventes, selon l'institut GfK, les imprimantes à jet d'encre restent largement leaders du marché devant les imprimantes à laser, mais celles-ci reprennent du galon. En effet, si les laser ne représentent que 245 000 unités écoulées, contre 2,565 millions pour les jet d'encre, leur progression est de 4 % par rapport à 2009. Ce chiffre s'élève même à + 18 % lorsqu'on s'attarde sur la catégorie multifonctions.

A l'origine destinées aux entreprises, les imprimantes multifonctions laser attirent de plus en plus les particuliers. Avec des prix plus abordables et une hausse des personnes travaillant à domicile, elles connaissent une forte croissance et se retrouvent dans les rayons de la grande distribution à côté des imprimantes à jet d'encre. Malheureusement, les laser ont encore un défaut de taille : leur encombrement. Il faut prévoir de la place pour accueillir une laser multifonctions chez soi, beaucoup plus imposante qu'une jet d'encre, à cause des volumineux réservoirs de toner.

En revanche, les constructeurs se sont efforcés de rendre les laser monochromes compactes et à faible consommation d'énergie. Pour un particulier qui n'imprime pas de photos et qui peut se contenter de noir et blanc pour ses documents, c'est le choix idéal. En plus, avec la grande capacité de leurs toners, il se peut qu'il n'ait jamais à en changer. Compactes, économiques et maintenant wi-fi, ces imprimantes fleurent bon la bonne affaire, surtout lorsqu'elles ne dépassent pas 150 euros, comme celles de notre sélection.

Valeur ajoutée. Le marché des laser multifonctions couleur agit de la même façon que celui des imprimantes à jet d'encre, il y a quelques années. Pour augmenter la valeur ajoutée d'une machine et quand le prix ne peut plus baisser, les constructeurs mettent des fonctions supplémentaires. Aujourd'hui, toutes les marques semblent se lancer à l'assaut de ce marché. Du coup, ces machines se placent face aux multifonctions jet d'encre et misent sur les qualités reconnues d'une laser, comme l'importante autonomie des cartouches ou la vitesse d'exécution.

S'il y a encore quelques années la séparation était très nette entre l'utilisation des laser, réservées aux professionnels et à l'usage bureautique, et les jet d'encre, pour le particulier qui voulait imprimer des photos, les genres se confondent de plus en plus. Surtout depuis que les laser proposent une meilleure qualité d'impression photos. A moins de 600 euros, on peut aujourd'hui trouver un matériel qui allie fax, copie et imprimante et dont la résolution permet un travail accompli en bureautique et en photo.

Le prochain objectif des constructeurs sera de réduire la taille de leurs imprimantes à laser. Car, même avec la généralisation du wi-fi - et donc la possibilité de l'éloigner du bureau -, ces dernières prennent encore beaucoup de place. Il faudra par ailleurs faciliter le réapprovisionnement de leurs consommables, qui ne se limitent pas aux cartouches comme sur une jet d'encre.

S'il paraît impensable de trouver prochainement dans les rayons de la grande distribution des pièces de rechange comme une courroie ou un four d'une imprimante à laser, les constructeurs vont devoir imaginer des solutions pour faciliter leur remplacement auprès du grand public. Malgré une baisse significative de leur prix, ces imprimantes à laser ne s'adressent pas encore à lui, mais peuvent convenir à des professionnels qui exercent en libéral ou à domicile.

Cette année, l'avancée technique se trouve dans l'accessibilité des fonctionnalités. Si la conception s'adresse davantage aux professionnels, la prise en main est très grand public, avec des installations automatiques et des logiciels intuitifs.

Tactiles. Pour les imprimantes à jet d'encre, les monofonctions, en format A4, ont pratiquement disparu des rayons au profit des multifonctions - les favorites du grand public. Moins onéreuses à l'achat et d'une qualité d'impression photo supérieure aux laser, les multifonctions jet d'encre sont maintenant toutes équipées du wi-fi, de Pictbridge - la technologie qui permet de sortir ses photos directement depuis son appareil photo - et d'un ou de plusieurs lecteurs de carte mémoire. Mais là où les jet d'encre creusent le fossé avec les laser, c'est dans l'ergonomie et la lisibilité des menus. Depuis l'année dernière, de plus en plus de machines se dotent d'un écran tactile. Canon l'a intégré à son capot où le menu s'illumine en suivant les fonctions désirées. Originale, cette disposition favorise néanmoins les annulations intempestives ou les sélections inopinées. Une tendance en forte hausse, comme le prouve notre sélection. Plus de la moitié des produits proposent cette fonction, directement liée à la recrudescence des smartphones à écran tactile. Les menus deviennent clairs et accessibles et il est même possible d'y ajouter des applications et des raccourcis. Mis en place par Lexmark l'année dernière avec son SmartSolutions, ce système est repris sur les produits HP. Si Lexmark reste sobre et opte pour des applications pratiques - raccourcis pour des copies de carte d'identité recto/verso ou des utilitaires professionnels (impression de devis ou de contrat de vente que l'on aura configuré préalablement) -, HP lance les applications services avec des fiches de coloriage Dreamworks, des plans Mappy ou des recettes Marmiton. Encore faut-il que les capacités de l'imprimante suivent, car pour la HP Premium l'écran tactile à la sensibilité catastrophique et les temps de réponses interminables de son menu gâchent l'intérêt de pouvoir accéder à ses applications. Une mise à jour de son firmware est à prévoir dans les prochains mois.

Si les applications veulent simplifier la vie quotidienne de ces utilisateurs, il y a un risque que cette technologie n'arrive pas à se placer entre le pratique et le futile. Malgré tout, une fois téléchargées (gratuitement à partir du site du constructeur ou de la machine, selon les modèles) et installées, ces applications permettent à l'imprimante de s'affranchir de l'ordinateur - l'impression d'un plan ou d'une recette peut se faire sans lui. Une réelle avancée qui, si elle s'avère utile et adoptée par les consommateurs, changera complètement la vision de l'imprimante. Cette année, l'innovation vient de HP et de sa technologie ePrint, qui rend possible l'impression de documents de n'importe quel support permettant de surfer sur le Web. Concrètement, il suffit d'envoyer à son imprimante wi-fi un mail avec une photo pour que celle-ci soit imprimée dès réception. Lumineuse dans la conception, cette idée doit encore faire ses preuves dans la pratique; en effet, avec ce genre de technologie, le rapport de stage envoyé par la petite dernière a toutes les chances de sortir sur le papier photo prévu pour les clichés de vacances. A moins que, avec son ePrint, HP nous lance là le successeur du fax

A3 +, le créneau très pro

Conçues exclusivement pour la photographie haute qualité, les imprimantes A3 + sont réservées aux professionnels de la photo ou aux amateurs très exigeants. Leurs capacités d'impression sur des grands formats, A3 + pour sortir une page A3 sans marge, rendent ces machines beaucoup plus volumineuses et coûteuses qu'une imprimante à jet d'encre en A4. Pour un rendu encore plus éclatant, elles comptent entre 6 et 10 cartouches. Le magenta clair, bleu clair et des teintes de gris et de noir sont ajoutés pour élargir les nuances de couleur. Sur ce marché, assez réduit, Epson et Canon proposent les meilleurs produits

Les lauréats

Multifonctions Jet d'encre

HP Officejet Pro 8500A plus

Rapide, très fonctionnelle et avec un coût à la page réduit, c'est une valeur sûre du marché jet d'encre. Son bel écran tactile et ses applications ludiques ou pratiques compensent le fait qu'elle soit volumineuse pour sa catégorie.

Multifonctions Laser Couleur

Canon i-Sensys MF8330 CDN

L'imprimante laser multifonctions la plus complète de notre test. Cette Canon excelle en bureautique, avec une vitesse d'impression raisonnable, un coût à la page des plus corrects et une qualité d'impression qui se classe parmi les meilleures.

Laser Monochromes

Brother HL-2240D

La plus rapide et avec un coût d'impression très faible, cette Brother remporte notre test monochrome. Le prix modique de ses cartouches de toner, sa petite taille et sa fonction recto-verso automatique en font un outil très fonctionnel.

Affaire

D'un excellent rapport qualité/prix, la LaserJet Pro P1102W de HP est idéale si l'on se contente d'impressions en noir et blanc. Elle se case facilement grâce à son gabarit menu et à sa fonction wi-fi.

Vélocité

Parfaite pour un usage bureautique (grande vitesse d'impression et de copie), la Brother DCP-9055CDN propose un autre argument de taille : ses cartouches de toner bon marché.

Suréquipée

Economique et ultrarapide, cette Epson Stylus Photo PX720WD jet d'encre multifonctions dispose aussi de l'automatisation du recto-verso, de l'impression sur CD ou DVD et du wi-fi.

Elégance et efficacité

Son clapet doté d'un bel écran tactile rend la Canon Pixma MG6150 facile à manipuler. L'ouverture automatique du support des feuilles est un plus appréciable.

Coup de coeur

La HP Photosmart Premium, tactile et reliée au Web.

NOTE : 2,810 millions : c'est le nombre d'imprimantes vendues en 2010, toutes catégories confondues (Source : GfK)




Tablettes contre Netbooks
Révolution en marche
Valéry Marchive

Déferlante. Les tablettes font de l'ombre à l'ordinateur, jusqu'alors réputé indétrônable pour le Web ou les contenus multimédias.

Les cabinets d'analystes l'observent clairement : « L'engouement pour les tablettes a affecté la demande en ordinateurs portables, surtout aux Etats-Unis. » Telles étaient les explications du cabinet Gartner, livrées fin octobre. Et ce n'est pas le seul. Selon son concurrent IDC, les miniportables - communément appelés netbooks - devraient souffrir le plus « une fois que le prix moyen des tablettes sera tombé sous la barre des 300 dollars ». De fait, pour le PDG du fabricant de microprocesseurs Advanced Micro Devices, Dirk Meyer, la « cannibalisation » pourrait, plus loin, toucher les portables classiques. Concrètement, depuis son lancement en avril, Apple a écoulé plus de 7,5 millions d'iPad à travers le monde.

Au doigt et à l'oeil. Il faut reconnaître que, comme complément d'un ordinateur personnel, une tablette ne manque pas d'attrait. Tout d'abord, elle est toujours disponible. Il suffit d'appuyer sur un bouton pour la sortir de veille et s'en servir instantanément. La plupart des netbooks ne peuvent pas en dire autant. L'accès à Internet, aux contenus multimédias ou aux applications se fait du bout du doigt, sur un écran présentant l'ensemble des applications - et non pas en plusieurs clics de souris.

En clair, la consultation d'Internet, de vidéos, de photos ou même d'e-books s'avère particulièrement confortable. La lecture de ces derniers est d'ailleurs très agréable sur un écran 5,7 ou 10 pouces. Celle des bandes dessinées, avec des applications telles qu'Ave Comics, par exemple, présente tant sur l'iPad que sur les tablettes Android, s'accommode plus d'un écran 10 pouces.

Mais les deux principaux atouts des tablettes sont leur faible encombrement et leur grande autonomie. La Joojoo de Fusion Garage est ainsi la plus épaisse que nous ayons testée, avec 19 millimètres. Face à elle, le plus fin des netbooks de notre comparatif, le Dot SE de Packard Bell, affiche 7 millimètres de plus... soit près de 50 % d'épaisseur supplémentaire. Le 1,1 kilo de la Joojoo se fait sentir, mais cela reste plus léger que le 1,21 kilo de l'Aspire One D260 d'Acer. Et même si le Dot SE de Packard Bell fait figure d'exception, avec seulement 1,02 kilo sur la balance, il ne peut pas lutter face aux 380 grammes de la Galaxy Tab de Samsung.

Même chose sur le terrain de l'autonomie. Conçues autour d'architectures matérielles très économes, les tablettes, là, prennent l'avantage. Si l'IdeaPad S10-3 T de Lenovo tient plus de sept heures en vidéo - et les Aspire D260 d'Acer, Wind U160 de MSI, NB305 de Samsung et Mini 210 de HP, six heures -, la majorité des netbooks plafonnent entre quatre et cinq heures. Suffisant pour beaucoup d'usages, mais cela implique de fréquemment les recharger.

Face à cela, l'iPad wi-fi , testée par notre laboratoire partenaire BenchExpert Labs, a résisté presque seize heures en lecture vidéo. Autant dire qu'il est possible de regarder plusieurs films durant un vol transatlantique et d'avoir encore assez de batterie à l'atterrissage pour relever ses courriels... L'Archos 101, la Streak de Dell et la Galaxy Tab résistent moins longtemps - entre sept et huit heures. La première est pénalisée par son écran (de grande taille, rétroéclairé par tubes néon et non des leds), quand les deux autres le sont par leur interface 3G. La Joojoo, quant à elle, souffre d'une architecture électronique interne de... netbook, avec un processeur Atom d'Intel et une puce graphique Nvidia un peu trop puissante pour les besoins de la tablette.

Confort visuel. Toutes les tablettes, bien entendu, ne se valent pas. Outre les caractéristiques techniques, le premier élément de différenciation est évidemment l'écran. Celui de l'iPad s'impose là clairement comme référence. Non pas en termes de définition - il est sur ce point sensiblement distancé par la Galaxy Tab de Samsung -, mais de confort visuel. Un confort directement influencé par l'uniformité du rétroéclairage et les angles de vision. Sur ce terrain, les Joojoo de Garage Fusion et l'Archos 101 font figure de mauvais élèves avec des écrans dont le contraste et les couleurs ne sont préservés que sur des angles de vision très limités. A l'usage, l'effet est immédiat. Une légère inclinaison de l'écran par rapport à l'oeil suffit pour rendre la lecture parfois très inconfortable, sinon impossible. A noter qu'Archos a tenu à nous préciser que ce problème ne concerne que des exemplaires de présérie et qu'il est en cours de correction.

Mais c'est surtout en fonction des applications que le choix se fera in fine. L'App Store d'Apple en revendiquait début octobre plus de 300 000. Certes, selon Apple, seules plus d'un millier d'entre elles seraient spécifiquement optimisées pour l'iPad. Mais, quand bien même leur utilisation ne serait pas toujours satisfaisante, la plupart des applications pour iPod Touch et iPhone sont compatibles avec l'iPad. Et l'engouement autour de cet appareil semble encourager les développeurs à multiplier leurs efforts d'optimisation.

Face à cela, l'Android Market revendique déjà plus de 100 000 applications. C'est certes trois fois moins que l'App Store, mais près des deux tiers d'entre elles sont gratuites, contre environ le tiers chez Apple. Il y a donc fort à parier que les utilisateurs de Galaxy Tab et Streak trouveront leur bonheur. Pour ceux de l'Archos 101, c'est moins évident. Le constructeur français fournit des applications de base utiles, comme Fring - messagerie instantanée et vidéoconférence -, mais les portes de l'Android Market ne lui en sont pas moins fermées... La faute à une configuration matérielle de ses tablettes incompatible avec les exigences de Google. Les utilisateurs d'Archos doivent donc se contenter de quelque 10 000 applications. La Joojoo fait, quant à elle, cavalier seul. Sa place de marché logicielle, c'est le Web. Cette tablette est conçue exclusivement pour lui. Les boutons de l'écran d'accueil ne sont que des raccourcis. Plusieurs pages peuvent être ouvertes en parallèle, chacune en plein écran. Mais si le passage de l'une à l'autre est très rapide, le chargement des pages et même la navigation sont franchement lents. De même que l'élégante interface graphique de l'appareil. Alors, compte tenu des avantages des tablettes, pour quelles raisons acheter un netbook ? Tout simplement parce qu'un ordinateur fait encore la différence dans le cadre d'un travail de production - longs textes, feuilles Excel complexes. Dans ce cadre, le netbook reste un bon complément mobile à un ordinateur personnel. Avantage à la tablette, en revanche, si l'usage du netbook se limite à naviguer sur la Toile et lire ses courriels.

Les indécis se tourneront vers les appareils mixtes, de type PC tablette, comme l'Acer Aspire 1825 PTZ ou l'IdeaPad S10-3T de Lenovo. Leur écran tactile peut être retourné et replié sur le clavier pour une utilisation comparable à celle d'une tablette. Certes en un peu plus épais et un peu plus lourd, mais potentiellement plus polyvalent. Au final, c'est donc bien l'usage qui déterminera le choix de chacun

Multimédia

La Galaxy Tab de Samsung intègre un logiciel de lecture vidéo en flux d'un PC ou d'un disque dur réseau. Presse, e-books, musique et vidéos lui conviennent.

Les lauréats

Tablettes APPLE iPAD

Avec une autonomie de seize heures en lecture vidéo, l'iPad se classe en tête haut la main. On peut l'utiliser plusieurs jours d'affilée sans le recharger. La richesse de son écosystème logiciel contribue aussi à ce succès.

NETBOOKS Acer aspire one D260

Cest le netbook le moins encombrant de notre comparatif - ex aequo avec le Dot-SE de Packard Bell. Il dispose en outre d'une bonne autonomie - plus de six heures en lecture vidéo.

Polyvalent

L'écran tactile réversible de l'IdeaPad S10-3T de Lenovo permet de l'utiliser comme une tablette sous Windows 7. Et son autonomie de plus de sept heures le rend transportable sans chargeur.

NOTE : 43,7millions d'iPad devraient être vendus en 2011, contre 13,8 millions en 2010 (source : ISuppli)