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vendredi 26 août 2011

Le goût des Chinois pour le whisky fait bondir les profits de Diageo

La Tribune (France), no. 4794 - Industrie & services, vendredi 26 août 2011, p. 7

Le groupe compense ses pertes du groupe en Europe grâce aux pays émergents. Il souhaite acquérir Moët-Hennessy, mais Bernard Arnault ne serait pas vendeur.

Heureusement que les Chinois boivent de plus en plus de scotch de bonne qualité. C'est grâce à eux - et au reste des pays émergents - que Diageo, le numéro 1 mondial des boissons alcoolisées, a présenté ce jeudi des résultats 2010/2011 (année fiscale de juillet à juin) en solide croissance. Le chiffre d'affaires du groupe progresse de seulement 2 % (à 11,2 milliards d'euros), mais le bénéfice net augmente de 15 % (à 2,3 milliards d'euros). Il s'agit avant tout d'une histoire à deux vitesses. En Europe, les bénéfices opérationnels du groupe britannique - qui possède la bière Guinness, la vodka Smirnoff, les whiskies J&B et Johnnie Walker, la liqueur Baileys - sont en baisse de 7 %. Les ventes en Grèce et en Espagne en particulier se sont effondrées (elles sont cependant en hausse de 4 % en France).

Plus de marges

Inversement, en Asie-Pacifique, les bénéfices opérationnels sont en hausse de 19 %. Non seulement les pays émergents consomment de plus en plus, mais ils passent désormais à des alcools plus haut de gamme, à la marge bénéficiaire supérieure.

Une anecdote symbolise le transfert du centre de gravité vers l'Asie. L'équipe marketing en charge des marques " super-premium " (prix 40 % supérieur à la moyenne de la catégorie) vient de déménager d'Amsterdam à Singapour. " C'est en Asie que sont nos perspectives les plus prometteuses pour ce marché ", confie Gilbert Costine, le président Asie-Pacifique de Diageo. C'est pour les nouvelles classes moyennes des pays émergents que sont imaginés des produits " super-premium " comme " Johnnie Walker Double Black " ou la vodka Cîroc à la noix de coco

Dans la même logique, Diageo continue une stratégie d'acquisitions dans les pays émergents. Le groupe en a réalisé récemment au Vietnam, en Turquie et en Chine. Cela devrait continuer : " je m'attends à ce que d'autres deals de ce genre se présentent ", affirme Paul Walsh, le directeur général du groupe. Tout cela devrait permettre aux marchés émergents de représenter 50 % des ventes de Diageo d'ici quatre ans, contre 40 % aujourd'hui.

Croissance externe

Diageo vise par ailleurs deux acquisitions : la tequila José Cuervo, et les vins et champagnes Moët-Hennessy. Mais dans les deux cas, cela dépend de la volonté du propriétaire : Juan Beckmann Vidal, le Mexicain héritier d'un côté et le milliardaire français Bernard Arnault de l'autre. Diageo a déjà 34 % dans Moët-Hennessy, mais souhaiterait en acquérir la totalité. " Mais je ne crois pas que Bernard Arnault soit vendeur actuellement ", explique Gilbert Costine.

Par Éric Albert, à Londres

(c) 2011 La Tribune. Tous droits réservés.

jeudi 4 août 2011

" Ganbei ! " Ou de l'importance de trinquer en Chine - Jérôme Berny

La Tribune (France), no. 4779 - Éditoriaux et opinions, jeudi 4 août 2011, p. 23

Après une dizaine d'années passées en Chine, dans la province de Guangxi, notamment comme directeur général d'une usine de maroquinerie, Jérôme Berny s'est reconverti, de retour en France, dans le conseil et la recherche de partenaires en Chine. Jusqu'ici, rien de bien original, sauf qu'il vient de lancer un blog très pratique sur le thème " Comment faire avec les Chinois ? " Un site très instructif pour tous ceux qui s'intéressent à l'empire du Milieu (www.reussirenchine. com).

En Chine, le repas est une étape essentielle de tout processus relationnel, qu'il soit d'ordre professionnel ou privé. Tout passe par la table. L'objectif direct et immédiat d'un repas est simple : faire en sorte que les convives se sentent bien, qu'ils passent un moment agréable. C'est dans cette optique que l'alcool intervient, jouant pleinement son rôle désinhibant. L'alcool est en Chine un puissant vecteur de socialisation. Il n'y a pas de repas sans que des toasts soient portés. Les sentiments de colère, de joie, de déception ou d'étonnement s'extériorisent davantage dans les cultures d'Occident alors qu'ils paraissent mieux contrôlés en Asie. Je pense que ce cliché culturel possède sa part de vérité. Il n'est pas facile de contrecarrer une tradition comportementale millénaire. L'alcool peut alors aider à faire tomber ce masque opaque, l'espace de quelques heures, le temps qu'il faut pour offrir à son entourage un peu de son vrai soi.

Accepter de boire avec un interlocuteur, c'est tout simplement accepter de s'ouvrir à lui. C'est l'autoriser à voir qui se cache derrière notre façade, permettant ainsi d'entrer dans une relation d'intimité. Pour qu'il y ait intimité, il faut qu'il y ait rapprochement. Pour qu'il y ait rapprochement, il faut qu'il y ait parité. La parité n'est alors possible que si les barrières sociales, culturelles ou intellectuelles tombent le temps de l'entrevue. L'alcool permet alors de remettre tout le monde à niveau, lissant ainsi toutes ces différences qui, en temps normal, ne permettraient pas une relation naturelle. C'est toujours_ celui qui invite (car en Chine on ne partage jamais l'addition, même entre amis) qui prend l'initiative du premier toast, remerciant ainsi l'assemblée d'être réunie en sa présence. Ce rituel immuable marque le début du repas et des premiers coups de baguettes. C'est aussi le top départ d'un jeu très intéressant de sollicitations individuelles qui va se mettre en place, de manière informelle, autour de la table. C'est alors que va s'enclencher, dans l'apparente indifférence d'un repas convivial, un subtil enchaînement de sollicitations où chacun va trinquer avec l'ensemble des membres mais de manière exclusive, comme pour mieux individualiser ses considérations. Si nous sommes invités à un repas en Chine, il est important que nous prenions
l'initiative de trinquer avec chacun des invités, mettant ainsi en avant toute l'estime que nous leur portons.

Eux aussi nous solliciteront au cours du repas. Attention alors à ne pas rester passif attendant d'être interpellé pour trinquer et donner ainsi l'impression de seulement recevoir le respect des autres, sans prendre l'initiative d'en offrir. Omettre de trinquer avec l'un des membres en présence peut être perçu comme un affront par l'oublié(e) du soir. " Ganbei ! " L'un des premiers mots qu'un étranger apprend en Chine est " Ganbei " (se prononce " gane-beille ") qui, littéralement, signifie assécher le verre. Contrairement à nos habitudes françaises, en Chine, on ne sirote pas l'alcool, on l'ingurgite. La bière, le vin ou les autres spiritueux se boivent vite et par petites doses que l'on enchaîne joyeusement. Si une personne s'adresse à nous, brandissant son verre en prononçant la formule magique du " Ganbei ", cela signifie que nous devons chacun vider simultanément nos coupes. Aucune échappatoire n'est alors possible car un refus serait à coup sûr pris comme un affront. Ne vider le verre qu'à moitié si l'autre a tout bu n'est pas non plus la bonne stratégie. Au pire des cas, on peut toujours " négocier avec le solliciteur un " Banbei " (se prononce " bane-beille "), c'està- dire la moitié du verre. Si celui- ci accepte, nous serons quittes d'un demi-verre et lui aussi, d'où l'importance de se mettre d'accord avant que l'un des deux protagonistes n'ait commencé à boire.

Lorsque le repas_ est déjà bien avancé, les sollicitations peuvent prendre des airs de provocations et de défis. Ne soyons pas offensés, au contraire, cela signifie que l'objectif du repas est atteint. Gardons en tête que le but du jeu n'est pas de terrasser l'autre mais plutôt de le pousser vers ses limites. Il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu, le repas est un moment amical où tout le monde doit être heureux. La victoire ne peut être que collective.

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vendredi 18 février 2011

La Chine est devenue la deuxième source de bénéfice de Pernod Ricard

Les Echos, no. 20873 - Industrie, vendredi, 18 février 2011, p. 20

Le groupe de vins et spiritueux a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 13 % au premier semestre 2010-2011. Sa croissance est 2,5 fois supérieure en Chine.

La Chine devrait doubler la France pour devenir cette année le deuxième marché de Pernod Ricard en termes de chiffre d'affaires. « Chaque année, la Chine dépasse un pays. L'an dernier, c'était l'Espagne. En 2011, ce sera la France », a indiqué hier Pierre Pringuet, le patron du groupe de vins et spiritueux. Au premier semestre de l'exercice 2010-2011, Pernod Ricard a réalisé 9 % de ses ventes en Chine, grâce à une hausse de 29 %, alors que la croissance globale de Pernod Ricard dans le monde s'est établie à 13 %.

Prévisions revues à la hausse

Le groupe investit plus en moyens publi-promotionnels dans l'ancien empire du Milieu que dans n'importe quel autre pays, mais il y engrange aussi, dès à présent, son deuxième meilleur bénéfice. De là à devenir le premier... Pierre Pringuet ne l'envisage pas à brève échéance. « Les Etats-Unis viennent en tête des clients du groupe avec une confortable avance ».

Pernod Ricard a conclu son premier partenariat avec la Chine en 1987. Aujourd'hui le groupe y emploie 2.000 personnes. Cette région du monde s'inscrit parfaitement dans la stratégie de haut de gamme de l'entreprise française. « Le consommateur chinois est exigeant. On ne lui vend que notre qualité supérieure. Le corollaire, c'est un soutien publicitaire massif », commente Pierre Pringuet. Pernod Ricard estime avoir réduit l'écart, au premier semestre, avec Hennessy, le leader du marché du cognac en Chine. Compte tenu de la croissance exceptionnelle enregistrée grâce au Nouvel An chinois et à la reconstitution des stocks de Martell, le groupe prévoit un ralentissement de son activité en Chine sur le reste de l'année. Pour l'ensemble de l'exercice, il table sur une progression de 20 % de son chiffre d'affaires dans cette région.

MARIE-JOSÉE COUGARD

PHOTO - Pernod Ricard Chief Executive Patrick Ricard poses beside an advertising poster prior to a news conference in Paris, March 31, 2008. Pernod Ricard won a hard-fought auction to buy the maker of Sweden's Absolut vodka for 5.63 billion euros ($8.9 billion), taking it close to being the world's biggest spirits company.

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jeudi 17 février 2011

Le secteur français des vins et spiritueux bénéficie de la demande chinoise

Le Monde - Economie, vendredi, 18 février 2011, p. 16

La sortie de crise, ça se fête au cognac et au whisky. Le groupe Pernod Ricard, numéro deux mondial des vins et spiritueux (derrière le britannique Diageo), a annoncé, jeudi 17 février, de bonnes ventes semestrielles, à 4,3 milliards d'euros, en hausse de 13 %. Les marchés duty free, l'Asie et les pays émergents tirent l'activité du groupe, avec une croissance de 29 %. Les pays leaders sont la Chine (le Nouvel An chinois plus précoce y a contribué), l'Inde, le Vietnam et Taïwan.

Le marketing de tous les grands groupes de spiritueux s'est axé sur la valorisation de marques " locomotives " sur les cinq continents. La consommation de produits mondiaux de Pernod Ricard - vodka Absolut, Ricard, les whiskies Ballantine's, Chivas Regal, The Glenlivet, Jameson, le cognac Martell... - a certes marqué le pas pendant la crise financière de 2008-2009, mais les consommateurs des marchés émergents y reviennent quand la période est plus faste.

Pour Pierre Pringuet, le patron du groupe Pernod Ricard, c'est le signe de la justesse de cette stratégie. Seule l'Inde, qui taxe les alcools étrangers à plus de 300 %, se singularise par une consommation centrée sur les whiskies locaux.

Selon M. Pringuet, la bonne nouvelle vient aussi du redémarrage des marchés matures d'Europe et d'Amérique du Nord. " En Europe, où les baisses de chiffre d'affaires se situaient entre - 3 % et - 5 % au plus fort de la crise, on note une reprise de + 2 %. Au Royaume-Uni, en Espagne, la hausse est de 1 % ", indique-t-il. Aux Etats Unis, la progression est de 15 %, mais elle est due pour un tiers au moins à une revalorisation du dollar.

Ces bons résultats sont à l'image de tout le secteur. Le 14 février, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a annoncé une hausse des ventes à l'export de 18,3 %, à 9,09 milliards d'euros sur l'année 2010. Si l'on en croit le FEVS, ce chiffre représenterait le deuxième excédent commercial de la France, " après l'aéronautique et devant la chimie-parfumerie ", avec un solde positif de 7,9 milliards d'euros, en hausse de 21,5 % par rapport à 2009.

Cognac et vodka

Cette reprise des exportations en 2010, ne gomme pas, loin s'en faut, la chute brutale (- 16,9 % en 2009) due à la crise financière de 2008-2009. Les ventes à l'étranger ont été emmenées par le cognac (+ 33 % en valeur, à 1,85 milliard d'euros) mais aussi par la vodka (+ 40 %, à 332 millions d'euros). Quant aux ventes de champagne à l'étranger, elles ont progressé de 22 % en valeur pour atteindre 1,95 milliard d'euros.

Le vin aussi a connu un rebond avec une hausse des exportations de 11,7 %, à 4,09 milliards. La hausse a été de 16,9 % en valeur pour le bordeaux, de 27,3 % pour le bourgogne, mais de 3,6 % seulement pour le beaujolais. Ces bons chiffres marquent aussi la fin du déstockage massif engendré par la crise.

Yves Mamou

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mardi 25 janvier 2011

Bière : Kirin tente une expansion en Chine - Yann Rousseau

Les Echos - Industrie, mardi, 25 janvier 2011, p. 23

Confronté au recul de la consommation de bière au Japon, le brasseur nippon Kirin Holdings a annoncé hier qu'il allait tenter de doper sa présence sur le marché chinois, qui représente pour l'instant moins de 1 % de ses ventes globales en s'alliant, sur place, avec le holding China Resources Enterprise. Le groupe japonais va dépenser 400 millions de dollars pour établir, avec son nouveau partenaire chinois, une coentreprise de production et de distribution de boissons non alcoolisées. Kirin va intégrer à la coentreprise, dont China Ressources contrôlera 60 %, les quatre filiales qu'il détient déjà en Chine dans les boissons sans alcool. Avant la fin de l'année, la coentreprise devrait commencer à écouler dans les 3.000 magasins travaillant déjà avec China Ressources plusieurs boissons conçues par Kirin, telles que les thés glacés « Gogo-no Kocha » et le café « Fire ».

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jeudi 11 novembre 2010

La Chine préfère le Bordeaux - Catherine Cochard

Le Temps - Culture & Societe, jeudi, 11 novembre 2010

Le 16 novembre prochain, Christie's met en vente des millésimes rares, dont un Impérial de Cheval-Blanc 1947 estimé entre 150 et 250,000 dollars. L'acheteur pourrait bien être chinois.

Picasso, Warhol, Lichtenstein, Patek Philippe mais aussi Romanée-Conti ou Montrachet. Depuis quelques années, les noms des grands crus ont rejoint ceux des artistes et marques de montres dans les catalogues de vente aux enchères. Avec un département consacré aux vins, Christie's fait figure de leader dans ce domaine et s'apprête à adjuger à Genève les trésors récoltés par ses experts.

Lors de cette vente en trois sessions (le matin, l'après-midi et le soir), mille lots passeront sous le marteau. Des lots rares par leurs formats - Impérial, Jeroboam, Marie-Jeanne, Magnum -, l'ancienneté des millésimes et leur provenance. «Nous avons rassemblé 460 bouteilles de Romanée-Conti, ce qui est exceptionnel vu la taille du domaine», explique Michael Ganne, spécialiste du département vin de Christie's. A titre comparatif, le vignoble de la Romanée-Conti en Bourgogne fait un hectare alors que celui du Château Lafite Rothschild dans la région de Bordeaux s'étale sur 80 hectares... «La plus ancienne bouteille de l'enchère date de 1937 et la plus récente de 2007. Une collection de cette ampleur prend énormément de temps à être constituée.»

En plus de cet argument, l'expert a d'autres atouts dans ses manches pour rassurer les potentiels acheteurs et exciter leur convoitise. «Nous mettons également en vente des Cheval-Blanc 1947, des grands crus dont on peut garantir la qualité.» Chaque bouteille a été goûtée puis reconditionnée. «Un bouchon n'est pas fait pour durer aussi longtemps. Il devenait donc urgent de les remplacer. Tous les Châteaux (le terme consacré pour parler d'un vignoble dans le Bordelais, ndlr) le font régulièrement avec leur stock. Je peux donc affirmer que ce vin est d'une qualité supérieure et qu'il n'est pas bouchonné.» Un sacré avantage. Reste un point déterminant pour les enchérisseurs: que la traçabilité des millésimes de la vente soit établie. «Les collectionneurs qui se séparent d'une partie de leur cave sont tous connus de nos services. Si le vendeur ne peut pas nous apporter de preuves suffisantes nous contactons le Château ou le Domaine qui a mis en bouteille le vin pour s'assurer de son authenticité.»

Depuis les années 2000, le marché des enchères de vins n'a cessé d'évoluer. «Une première hausse est intervenue en 2005, lorsque les producteurs ont décidé d'augmenter leurs prix, ce qui a eu pour conséquence de faire grimper tous les tarifs, reprend Michael Ganne. Puis une seconde hausse est survenue en 2009, avec les mêmes effets.» Historiquement, c'est en Angleterre que ces enchères ont vu le jour, avec la création en 1966 du département spécialisé de Christie's. «Les Américains ont toujours fait partie des importants collectionneurs de grands crus. Mais aujourd'hui, on constate surtout que l'épicentre du marché s'est clairement déplacé en Asie.» L'Empire du Milieu en pole position. «Depuis environ trois ans, la Chine et Hong Kong se passionnent pour les vins. Auparavant, les taxes d'importation y étaient très élevées, ce qui freinait énormément le développement des enchères. Puis cette taxation a été abolie, ouvrant nettement le marché aux enchérisseurs de ce coin du monde.»

Néanmoins, les maisons de ventes aux enchères européennes n'ont toujours pas le droit d'établir leurs salles de vente en Chine continentale, seulement des bureaux. Du coup, elles se rabattent sur Hong Kong, où le système légal différent de celui en place dans le reste du pays leur permet - en s'associant à un partenaire local - d'y faire des affaires. «Après un recul de 20 à 25% des prix à fin 2008 en raison de la crise, nous sommes revenus aujourd'hui à des niveaux de 2007. Ceci grâce aux Chinois qui achètent en quantité et à des prix très élevés. C'est un marché clé pour nous» Des amateurs riches et nombreux qui ont une préférence marquée pour les bordeaux. «C''est un vin plus simple à comprendre pour commencer qu'un Bourgogne qui nécessite une culture plus pointue.»

S'il y a de fortes chances que les acquéreurs des lots-phares de la vente du 16 novembre viennent d'Asie, les profils des potentiels acheteurs - toutes nationalités confondues - sont connus. L'expert en identifie quatre. Le collectionneur semblable à celui de montres ou de voitures, qui achète beaucoup de bouteilles mais n'a pas pour but de les ouvrir. Celui qui s'intéresse au caractère rare d'un objet comme l'Impérial de Cheval-Blanc 1947. A l'opposé de ce dernier, le connaisseur qui achète pour déguster et va s'intéresser à des formats faciles à ouvrir. Enfin l'amateur qui mise sur des bouteilles à 400 francs, pour se faire plaisir avec un vin de qualité, payé moins cher que dans le commerce.

Mais pour l'heure, le spécialiste prie pour que parmi ces différents enchérisseurs il s'en trouve un pour acquérir la bouteille de vin la plus chère jamais mise en vente: le fameux Impérial de Cheval-Blanc 1947, un flacon d'une contenance de 6 litres qu'il a estimée entre 150 et 250?000 dollars. «Pour ce lot extraordinaire, les acheteurs potentiels se comptent sur les doigts d'une seule main...»

PHOTO - Geneva, SWITZERLAND: Picture taken 11 May 2007 shows a Christie's employee displaying a rare bottle of 1945 vintage Romanee-Conti wine of France during a preview in Geneva. Christie's announced 15 May 2007 that the bottle have been sold 35.000 euros (USD 48.000) among several hundred lots of grand crus during a Christie's sale to support the charitable foundation 'Children Action'. Only 600 bottles of this legendary Burgundy wine were produced.

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jeudi 4 novembre 2010

Champagne - L'art du millésime - Jacoberger-Lavoué Virginie

Valeurs Actuelles, no. 3858 - Dossier spécial, jeudi, 4 novembre 2010, p. 66

Dans cette région louée pour ses assemblages, le millésime n'est pas un paradoxe. Son succès illustre le niveau d'exigence de quelques grandes maisons. Elles ont été les premières à connaître un rebond de leurs ventes en 2010.

En Champagne, le coup de frein a été de courte durée. Après une chute des ventes en 2009 (un peu plus de 293 millions de bouteilles vendues soit une baisse de 9,1 % par rapport à l'année précédente) principalement liée au phénomène de déstockage, la région, por tée par de grandes maisons très internationalisées, a retrouvé le sourire.

"Comme tout le monde, nous avons dû traverser cette crise. Mais nous sommes confiants pour l'avenir. En octobre, un rapport du CIVC (Comité interprofessionnel du vin de Champagne) a souligné une évolution positive pour l'ensemble de la filière (+ 8,1 %). Nos chiffres confirment cette tendance. Sur la période juillet-septembre, nos marques G.H. Mumm et Perrier-Jouët ont vu leurs ventes respectivement progresser en volume de 11 % pou G.H. Mumm et de 21 % pour Perrier-Jouët. C'est la conséquence de plusieurs facteurs : une croissance significative de nos ventes en France et une reprise à l'international, notamment sur certains marchés émergents, grâce à la force de distribution du groupe Pernod Ricard », remarque Lionel Breton, président de Martell, Mumm, Perrier-Jouët.

Globalement négative, l'année 2009 est elle-même à nuancer, puisque les ventes en novembre et décembre (en hausse de 5,9 % par rapport à 2008) annonçaient déjà la reprise. « Le champagne est un vrai baromètre du moral des consommateurs. Nous avons tous souffert l'an passé des effets du déstockage, mais sur aucun marché, il n'y eut de véritable désamour du champagne. Aujourd'hui, les stocks diminuent et les ventes repartent. Notre maison a ainsi retrouvé à l'export son niveau de 2008, tout en réorganisant son réseau de distribution, notamment sur des marchés clés, en fort développement, tels que la Russie, où nous avons accru notre présence dès 1990, le Japon qui, malgré la crise, qu'il traverse reste un marché très solide pour le champagne de qualité, et enfin Hong Kong ou l'Espagne. La répartition de nos ventes couvre 100 marchés, dont près de 20 ont été ouverts ces dix dernières années, avec des points de vente stratégiques en Chine, en Thaïlande, au Mexique », révèle Frédéric Rouzaud, directeur général de Roederer, l'une des dernières maisons de champagne indépendantes. Fondée en 1776, elle est la propriété de la même famille depuis 1819. Attentive au développement de son champagne éponyme, la maison est surtout connue pour avoir créé en 1876 la cuvée Cristal, à la demande du tsar AlexandreII - déjà grand amateur de cuvées Louis Roederer -, donnant naissance au concept de «cuvée de prestige».

Aisément identifiable à son flacon transparent, Cristal est unanimement reconnu comme un très grand champagne, voire le plus grand. Avec une identité forte mais raffinée grâce à une proportion importante mais non dominante de chardonnay qui lui confère une grande finesse, un bouquet délicat et un équilibre parfait. « Sa production est limitée et nous sommes loin de satisfaire la demande croissante dont cette exceptionnelle cuvée est l'objet », souligne Frédéric Rouzaud. Malgré la crise, ses ventes sont restées importantes sur ses marchés stratégiques : États-Unis, France, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, Scandinavie, Russie et Japon.

On a beaucoup glosé l'an passé sur un marché des bulles si perturbé que la filière champenoise bradait ses bouteilles - des champagnes d'entrée de gamme vendus 10 euros -, mais force est de constater que, malgré des marchés à l'exportation fortement malmenés (Grande-Bretagne notamment), le haut de gamme et tout particulièrement les cuvées de prestige millésimées ont tenu leur rang.

«Nous proposons actuellement la cuvée 2004 [à partir de 176 euros, NDLR] qui est sans doute la plus jeune cuvée de prestige mise sur le marché. Un millésime qui se distingue par une fraîcheur fuselée », précise Frédéric Rouzaud. Parmi les secrets de Cristal, 55 % de pinot noir, 45 % de chardonnay, 20 % de vins vinifiés en foudres de chêne. Cette cuvée, qui bénéficie d'une maturation moyenne en cave de cinq ans, est élaborée à partir des grands crus de la montagne de Reims, de la vallée de la Marne et de la côte des Blancs.

Le groupe familial, qui commercialise actuellement un Louis Roederer vintage 2004 et un Louis Roederer rosé vintage 2006, aime à rappeler son choix d'acquérir puis de préserver un «vignoble maison» de 214 hectares répartis dans les trois principales zones de production de la Champagne et couvrant les deux tiers de ses besoins. « Grâce à ce riche vignoble, nous avons aussi fait de nos vins de réserve un trésor exceptionnel, fruit d'un fort investissement du groupe », souligne Frédéric Rouzaud, fidèle à cet esprit de «maîtres artisans de la Champagne».

Parmi les autres grandes maisons de champagne, Dom Pérignon doit beaucoup à son histoire - la maison a été créée en hommage au moine cellérier de l'abbaye de Hautvillers, inventeur de la méthode champenoise - mais aujourd'hui peut-être plus encore à son chef de cave, Richard Geoffroy.

Pour les spécialistes de la finance, la marque est la plus rentable des maisons de champagne de LVMH, numéro un mondial du luxe. Pour les amateurs de grands champagnes, elle est surtout synonyme d'« un champagne atypique, toujours millésimé, à l'équilibre remarquable, construit avec panache et la volonté de faire éclore une tension plutôt qu'un harmonieux épanouissement », insiste Richard Geoffroy. Champenois d'origine, il fut médecin avant d'entrer chez Moët & Chandon il y a vingt-cinq ans; plus que tout autre, il a l'art d'élaborer un assemblage avec une précision chirurgicale, mais ne se départit jamais d'une approche sensuelle dans la recherche des saveurs et des textures. C'est à lui qu'appartient la décision de créer «une année Dom Pérignon», à lui qu'incombe la construction d'un grand millésime né de l'observation, à lui aussi que revient le bonheur de sublimer des arômes, de révéler une palette de nuances... Grâce à son talent, sa maison fait toujours figure d'exception, comme en témoigne son Dom Pérignon vintage 2002 (130 euros), tout juste sorti alors que tant d'autres acteurs de référence ont commercialisé ce millésime depuis longtemps. Il ne rappelle aucune signature, offre une tonalité particulière grâce au choix de raisins sélectionnés au meilleur moment.

Chez Bollinger, la vinification s'effectue sous bois

Dans un jeu de complexité, ce dernier millésime allie pureté d'éclat, intensité et maturité. « Je vis une année exceptionnelle, la plus belle de ces dix dernières années. Il y a un buzz autour de Dom Pérignon, une vraie reconnaissance et compréhension de l'exigence de nos assemblages. En 2010, malgré une période économiquement peu prospère, j'ai le sentiment que l'on entre dans une nouvelle ère du goût, celle du XXIe siècle, plus sensible et attentive. Dom Pérignon naît d'une prise de risque, c'est ce qui fait sa magie et sa grandeur et cette identité est aujourd'hui parfaitement comprise par nos clients », assure Richard Geoffroy.

Autre référence, Salon est une maison certes petite, mais si rigoureuse qu'elle a sorti seulement 37 millésimes en un siècle. Né en 1911, du choix d'un esthète, Eugène-Aimé Salon, qui fut le premier à commercialiser un champagne 100 % chardonnay, ce vin est plus que tout autre l'expression d'un terroir, le Mesnil-sur-Oger, d'une quête personnelle - monocépage, monocru- et d'un travail exigeant « grâce à son évolution sur lies, il gagne en complexité », précise-t-on chez Salon, qui propose seulement cette année, un sublime et très rare Salon 1997 (entre 290 et 320 euros), « intrigant par sa volupté et sa minéralité ».

Autre rareté, la maison Bollinger, qui n'a pas pour seul atout d'avoir séduit James Bond. Elle possède un vignoble de 163 hectares construit avec patience et persévérance avec des parcelles dans les meilleurs crus (Cuis, Aÿ, Cramant, Verzenay...). « Et nous pouvons aussi prétendre à une vinification unique en Champagne. Notre parc de fûts est constitué de plus de 3 000 tonneaux anciens. La vinification sous bois s'effectue en fûts âgés d'au moins cinq ans et concerne des raisins issus des meilleures parcelles de pinot noir ou de chardonnay, situées exclusivement dans les premiers et grands crus. Notre intransigeance en matière de savoirfaire nous a sans doute permis de résister mieux que d'autres à la crise. Il y a aujourd'hui une prime à l'authenticité. Notre maison est revenue depuis le début de l'année à des volumes d'exportation antérieurs à la crise avec une hausse de 40 % et de bonnes performances à la fois en Grande-Bretagne, à Hong Kong, en Scandinavie et même en Espagne, pays pourtant en crise, avec une hausse de 57 % de nos exportations », indique son président, Jérôme Philipon.

Chez Bollinger, la Grande Année sort en 2002 (100 euros) et est d'ores et déjà louée pour la netteté de ses arômes. À dominante de pinot noir (62 %), elle repose sur un rare assemblage de 73 % de grands crus et 27 % de premiers crus ! D'autres cuvées d'exception révèlent aussi la singularité du style Bollinger, telles les Vieilles Vignes françaises 2000 (lire page72).

Autre maison indépendante et familiale, Henriot, fondée en 1808, cultive un bel attachement au savoir-faire, au point d'avoir baptisé l'une de ses cuvées d'exception la Cuvée des Enchanteleurs, terme désignant jadis les ouvriers cavistes lorsque la vinification se faisait en barriques (le millésime 1996 de cette cuvée est commercialisé à 76 euros). «Nous vinifions tout séparément, on ne parle donc pas de millésime à la vendange mais au moment de la dégustation des vins clairs. À ce moment-là, le style maison exige que nous respections la parité entre chardonnay et pinot noir et la répartition deux tiers de grands crus et un tiers de premiers crus pour l'élaboration de notre millésimé. Nos chardonnays proviennent essentiellement de Chouilly, Trépail, Avize, Vertus, nos pinots noirs de Mailly, Verzy, Verzenay, Avenay. On cherche à faire le plus beau mariage possible pour obtenir l'élégance, la finesse et la légèreté, caractéristiques du style maison », révèle son chef de cave, Laurent Fresnet. Il vient de présenter son Brut millésimé 2002 (38 euros), « un vin à fort potentiel, à la fois vif et équilibré ». Ce millésime est conçu comme un juste équilibre entre chardonnay et pinot noir, preuve que l'expression d'une année relève toujours du savoir-faire maison.

« Le champagne, c'est le vin de la civilisation », disait Talleyrand, et c'est bien là toute l'approche de la maison Taittinger, qui fait remonter son histoire à Thibaut IV, comte de Champagne et roi de Navarre, amoureux de Blanche de Castille, et qui rapporta des croisades la rose damascina et de Chypre un plant de vigne, ancêtre du cépage chardonnay, dominant dans ses cuvées et leur conférant finesse et légèreté. « Le chardonnay est plus qu'un cépage, une signature », souligne-t-on dans ce groupe dirigé par Pierre-Emmanuel Taittinger, qui ne cache pas sa fierté d'être à la tête d'une maison « éponyme et indépendante ». « Il y a un engagement de Taittinger que l'amateur de champagne reconnaît; depuis le début de l'année, nos ventes de cuvées spéciales sont en hausse de 30%», révèle-t-il. La maison propose un Taittinger Brut millésimé 2004 (45 euros), structuré et suave et dont la « fraîcheur omniprésente laisse présager une excellente garde ». Côté cuvées de prestige, 2010 voit arriver pour le bonheur des amateurs un Comtes de Champagne blanc de blancs 1999 (120 euros), aérien et généreux ainsi qu'un Comtes de Champagne rosé 2004 qui, en guise de promesse d'avenir, se distingue déjà « par une charpente tannique en train de s'arrondir ».

L'exigence se cultive cependant aussi dans les groupes de spiritueux. «Nous avons pour politique, tant chez G.H. Mumm que chez Perrier-Jouët, de ne lancer des millésimes que lorsque nos chefs de cave le recommandent. Pour G.H. Mumm, par exemple, le millésime doit être l'aboutissement de l'expression d'une année d'exception et du style de la maison incarné par notre cuvée phare : le Cordon rouge », explique Lionel Breton.

Cinquante-quatrième millésime de la maison, le G.H. Mumm Cordon rouge 2002 se révèle aujourd'hui comme une parfaite illustration de ces principes, expression d'un terroir et d'un style vif. Mais en matière de millésime, chez la filiale de Pernod Ricard, il faut surtout citer sa «pépite», la Cuvée R. Lalou, dont le très raffiné millésime 1998 est aujourd'hui commercialisé dans une édition limitée en magnum avec un thermomètre Ercuis 360 euros ou 118 euros le flacon). La cuvée, lancée il y a seulement quelques années, fait référence et a sans doute un peu bousculé le marché des grands champagnes. Mais il y a toujours des maisons au savoir-faire immuable, telle Ruinart, la plus ancienne maison de champagne (créée en 1729 !). Prestigieux ambassadeur du raffiné cépage chardonnay, Ruinart incarne un style à la fois respectueux de la tradition, raffiné mais qui en impose. Alors qu'elle semblait être il y a encore quinze ans un peu comme la «belle endormie» des coteaux champenois, Ruinart a depuis au moins cinq ans, le vent en poupe. La maison semble chaque jour mieux faire valoir son identité et le succès est au rendez-vous. « Ruinart a eu en 2008 et 2009 des résultats très satisfaisants. Nosprincipaux marchés à l'export se sont maintenus et nous sommes donc très confiants cette année», précise son président, Jean-Marc Gallot.

La maison a même un tel moral qu'elle présente cette année son premier coffret contenant la gamme complète de ses champagnes sous le joli nom de L'intégrale de Ruinart. Longue et dense, la dégustation a le goût d'une expérience inédite au gré d'un Dom Ruinart blanc de blancs 1998, le « R » millésimé 2004,le « R » de Ruinart, le Ruinart blanc de blancs, le Ruinart rosé et Dom Ruinart Rosé 1996, soit six flacons d'exception (650 euros le coffret).

Parmi les maisons légendaires, qui réalisent un assemblage sur mesure, Krug a la particularité d'élaborer ses cuvées « en l'absence de hiérarchie, puisque les cuvées sont égales en prestige, égales en distinction, égales en savoirfaire ». L'élégance de son style ? «Tout est écrit, nous confie-t-on, dans le Carnet de vie rédigé en 1848 par Joseph Krug, fondateur de la maison en 1843, et récemment retrouvé. » Il s'est attaché très tôt à la conception de deux champagnes, un au goût unique et généreux qu'il veut recréer chaque année et qui verra jour sous l'appellation Krug Grande cuvée; l'autre reflétant la typicité d'une année, ancêtre des millésimes vus par Krug (tels aujourd'hui le Krug 1998 ou le Krug 1995).

Chez Veuve Clicquot, on rappelle volontiers la devise de la fondatrice de la maison : «Une seule qualité, la toute première ». «Durant cette période difficile, nous avons su protéger nos parts de marché grâce à notre stratégie de valeur et à nos investissements dans l'innovation, et surtout sans jamais sacrifier l'excellente qualité de nos vins », explique son président, Stéphane Baschiera, expert du champagne et ex-président de Ruinart qui lui doit beaucoup. Le choix de déclarer un millésime est celui de son chef de cave, Dominique Demarville, qui prend en compte le niveau qualitatif de l'année et veille que l'élaboration d'une cuvée millésimée n'empêche pas la maison de réaliser une cuvée Carte jaune à la hauteur de ses exigences.

Chez Moët & Chandon, première maison de champagne, qui possède un vignoble immense de plus de 200 crus dont 13 des 18 grands crus et 28 des 41 premiers crus, le millésime est aussi une affaire de rigueur : depuis 1842, seuls 69 Grand Vintage - millésimés - ont été produits. « Le Grand Vintage 2002 est l'expression d'un millésime en soi et en même temps sa sortie est pour nous comme l'aboutissement d'un cycle de création après les Grand Vintage 2000 et 2003; cette trilogie initie une nouvelle philosophie de la maison par rapport à la maturité de ces millésimes et ils constitueront une référence pour les millésimes à venir », explique son chef de cave, Benoît Gouez.

Vendus de 20 à 30 % plus chers qu'un brut sans année, les millésimes relèvent d'une création autrement plus complexe qu'un bon plan marketing. Ils engagent la signature des maisons et les poussent à prendre des risques... même en temps de crise.


Lanson 250 ans d'effervescence
Virginie Jacoberger-Lavoué

Vous allez être accueillis par des figurants en costume d'époque, vous allez être surpris... », prévenait Philippe Baijot, directeur général des Champagnes Lanson, Besserat de Bellefon et Tsarine, quelques jours avant la soirée du 30 septembre célébrant les 250 ans de Lanson à Versailles. Reçus par Philippe Baijot et Bruno Paillard - actionnaire du groupe -, les 1 400 invités conviés à cette soirée dans l'orangerie du château de Versailles ont eu le privilège d'être les premiers à déguster sa cuvée Extra Âge (50 euros), fruit de l'assemblage inédit de trois millésimes exceptionnels, le 1999, le 2002 et le 2003. Présentée en magnum, cette cuvée puise son éclat et sa densité dans son assemblage subtil de grands et de premiers crus de pinot noir et de chardonnay et fait de ce «triple millésimé» un digne héritier des champagnes mythiques de la fin du XIXe siècle. Delamotte... C'est une des légendes de la Champagne qui est à l'origine de la création de cette honorable maison et sans doute cette forte personnalité l'a-t-elle placé d'emblée sous le sceau de l'excellence. François Delamotte (1722-1800) a créé à Reims la maison qui incarne depuis 1760 «l'excellence, tout simplement», selon sa devise. Depuis, son histoire a été façonnée par quelques personnalités comme Nicolas Louis Delamotte (1767-1833), fils de François, Jean-Baptiste Lanson (1777-1858), Victor-Marie Lanson (1808-1893), à ne pas confondre avec Victor Lanson (1892-1979) que son actuel chef de cave de la maison, Jean-Paul Gandon (photo), magicien et mémoire vivante de Lanson, a connu ! L'histoire récente de Lanson a été plus mouvementée. Avant d'être acquise par BCC (Boizel Chanoine Champagne) en 1996 et de retrouver une belle stabilité, elle est passée dans les mains de BSN, LVMH, Marne et Champagne... Autant dire que Philippe Baijot et Bruno Paillard ont été les hommes providentiels de sa renaissance. Encore moribonde dans les années 1980, la maison a pris du galon à l'international (80 % de ses ventes) et acquis depuis 1996 une nouvelle sérénité lui permettant d'enfanter dans le bonheur en 2010 cette exceptionnelle cuvée Extra Âge en marge de son brut, son rosé et autre cuvée si appréciée outre-Manche... Grâce au gardien du style Lanson, Jean-Paul Gandon, qui fêtera d'ici quel ques mois, ses trente-cinq ans de maison. « Les ventes ont repris depuis le dernier trimestre 2009. L'année 2010 confirmera cette reprise et l'export reste le fer de lance de Lanson », estime Philippe Baijot. Toujours tourné vers l'avenir, le dirigeant aime à rappeler la situation un peu particulière de la Champagne par rapport à d'autres vignobles, notamment quant à la révision de sa zone d'appellation. «Avant la crise du phylloxéra, la vigne en Champagne s'étendait sur une surface double de celle d'aujourd'hui. À présent, la quasi-totalité des surfaces en AOC est plantée et il est sain de réfléchir à une augmentation des surfaces pour les générations à venir, selon des critères objectifs de sol, d'exposition et d'histoire. Le champagne représente 10 % des volumes de vins mousseux commercialisés dans le monde. La «bulle» connaît un succès croissant, il ne faut pas que nous soyons marginalisés », conclut-il.

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lundi 19 avril 2010

Les marchés croient en Rémy Cointreau - Yves Mamou

Le Monde - Economie, lundi, 19 avril 2010, p. 12 Les alcools et spiritueux ont le vent en poupe. De nombreux analystes ont relevé leurs recommandations sur le groupe de spiritueux de luxe Rémy Cointreau. Cette grosse PME - comparée aux géants Pernod Ricard ou Diageo - qui réalise un chiffre d'affaires de plus de 2 milliards d'euros sur ses cognacs (Rémy Martin, ses champagnes et ses liqueurs) a vu sa valeur boursière doubler en un an, passant de 20 à 43 euros. Sur les cinq dernières séances, entre lundi 12 et vendredi 16 avril, la valeur a gagné plus de 6 %, à 43,15 euros.

Selon Antoine Belge, analyste de la banque HSBC, le déstockage qui a eu lieu chez les grossistes en 2009 avait pris le marché par surprise et pénalisé les marques. Si la reprise économique ne permet pas de croire à " un restockage " dans la mesure où les grossistes n'aiment guère immobiliser leur trésorerie dans les stocks, " le retour de la confiance " en Chine mais aussi aux Etats Unis permet d'espérer un essor des ventes.

Selon un analyste qui souhaite garder l'anonymat, la sortie de Rémy Cointreau de Maxxium, une coentreprise de distribution, et la mise en place à partir du 1er avril 2009 d'un réseau dédié en Chine, à Taïwan, à Singapour, au Vietnam et en Malaisie a permis au groupe de se renforcer sur ses marchés stratégiques (Europe et Extrême-Orient). Les 400 personnes embauchées " ont permis au groupe de repositionner ses prix et ses produits et de regagner des parts de marché, notamment en Asie où les nouvelles classes moyennes prennent goût au cognac ", explique-t-il.

Les zones émergentes qui tirent l'automobile ou la chimie sont devenues les locomotives des marques de luxe et de spiritueux, notamment celles de Rémy Cointreau. Parallèlement, la réappréciation du dollar joue un rôle significatif dans l'amélioration des marges aux Etats-Unis et en Asie. Plus les chinois consommeront de champagne et de cognac et plus les profits de Rémy Cointreau favoriseront les cours.

Yves Mamou

PHOTO - LONDON - APRIL 28: In this photo illustration, Cointreau's global brand ambassador Richard Lambert poses in Millbank Tower's Altitude studio on April 28, 2008 in London, England. Richard has created a technique turning Cointreau from a liquid into a solid, in the form of iridescent pearls of Cointreau 'cavier' containing 24-carot gold flakes.

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vendredi 26 mars 2010

L'opération séduction d'Yquem en Asie - Bernard Burtschy

Le Figaro, no. 20418 - Le Figaro et vous, jeudi, 25 mars 2010, p. 38

Le sud-est du continent est un marché fabuleux pour les grands vins. Encore faut-il s'y prendre avec intelligence et doigté.

Dans la morosité qui gangrène actuellement la France du vin, il est difficile d'imaginer comment les grands vins de France attirent les foules à Singapour, Hongkong ou ailleurs. Pierre Lurton, le patron d'Yquem et Cheval Blanc, l'a bien compris : « J'adore l'Asie du Sud-Est avec ses amateurs enthousiastes, son dynamisme et une incroyable foi en l'avenir. Ils ont une telle envie de découvrir les grands vins! »

Les grands vins français attirent les foules : quatre cents amateurs passionnés la semaine dernière à Singapour, autant à Hongkong deux jours avant. Le tout à guichets fermés et sûrement autant en liste d'attente. De quoi faire rougir les organisateurs parisiens qui ont tant de peine à remplir une petite salle. Ce n'est pas un hasard car les organisateurs avaient bien fait les choses : « des grands vins à leur apogée à couper le souffle » titrait le célèbre critique N K Yong dans le Business Times de Singapour.

Il faut dire qu'il avait de quoi déplacer les foules. Pierre Lurton avait à chaque fois sorti une verticale de sept millésimes d'Yquem, tous servis en impériale, qui allait de 2002 à 1988, tous plus beaux les uns que les autres. D'ailleurs, étonnement, beaucoup de dégustateurs sont revenus plusieurs fois pour tenter d'en percer le mystère, pour finalement déclarer que le 1988 était peut-être le plus parfait, mais que le moins parfait était plus que parfait...

La dégustation comprenait autant de Châteaux Cheval Blanc, toujours en grands formats, dont un 1978 fabuleux, au sommet de sa gloire, et un 2005 incroyablement enchanteur dans sa folle jeunesse. Rares sont les crus dans le monde capables d'une telle performance, superbes jeunes, exceptionnels à leur maturité et profonds lorsqu'ils vieillissent, une remarque qui dépasse le vin.

Pour que ce genre de manifestations soit une réussite totale, il faut que la logistique soit à la hauteur et les Français n'ont pas toujours bonne réputation en la matière. Heureusement, il existe une société française, Ficofi, spécialisée dans l'événementiel qui est capable d'organiser ce type de manifestations à Londres, New York ou Singapour : « Nous en organisons plus de deux cents dans le monde, dont l'essentiel à l'étranger », précise Philippe Capdouze qui la dirige.

Pour qu'un tel événement soit un succès, il faut « dépasser le cadre bordelais ». Dans la même dégustation cohabitaient une série fabuleuse de grands bourgognes tant en blanc qu'en rouge avec tous les grands noms, Bouchard, Coche-Dury et autres Leflaive. Un jéroboam de La Tâche 1998 et un mathusalem de la Romanée-Saint-Vivant 1988 comblaient les aficionados. Dans le Rhône, figuraient tous les grands Guigal tant recherchés, mais aussi Chapoutier et Jaboulet, dans les plus grands vins et les plus grands millésimes.

Un nouvel Eldorado

Pour démontrer que les « Français n'avaient pas l'esprit étroit », tous les grands italiens (Sassicaia, Solaia) figuraient aux côtés des grands espagnols (Vega Sicilia), des grands australiens et américains, entre autres. Pour ceux qui étaient attentifs, il n'en manquait pas, les vieux millésimes étaient de sortie : un hermitage de Jaboulet 1991 faisait se pâmer plus d'un, un pommard 1966 de Bouchard était absolument remarquable. Quant au pommard-rugiens 1929 de Bouchard, le grand critique N K Yong en a fait une colonne spéciale dans son journal.

La clé du succès tient à la fois du grand professionnalisme dans l'organisation et de la large palette des crus présentés. Ficofi n'avait pas fait dans le détail, sachant que tous ces crus sont particulièrement recherchés dans le monde : il en faut, de la diplomatie pour convaincre tous ces producteurs, tellement sollicités, de lâcher quelques-uns de leurs joyaux. Cerise sur le gâteau, Pierre Lurton avec ses verticales d'yquem et de Cheval Blanc.

Mais le marché de l'Asie du Sud-Est vaut bien tous ces efforts. D'abord, contrairement au reste du monde, la région n'est pas en crise : la Chine a fait + 9 % de croissance l'année dernière. La complexité de la cuisine asiatique s'accorde comme un gant à celle du vin français. Les grands crus, avec leurs longs vieillissements, se sentent bien mieux avec les plats de la Chine millénaire qu'avec celle du Nouveau Monde.

Ce n'est pas un hasard si les grands bordeaux, qui vont devoir placer leur millésime 2009 dans un marché mondial atone, font des yeux de Chimène à ce nouvel Eldorado.

PHOTO - Twelve bottles of Chateau d'Yquem 1929 from the Doris Duke collection are pictured in this undated photograph released to Reuters on November 30, 2009. Wine from the cellars of Doris Duke, once dubbed the "richest little girl in the world," will be up for auction next month at Christie's in New York. Each of the four lots of three bottles of 1929 Chateau d'Yquem, which have a pre-sale estimate of between $15,000 and $24,000, come from the collection of the late U.S. heiress Duke. To match Reuters Life! WINE-DUKE.

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lundi 15 mars 2010

L'empire du Milieu prend goût au vin, mais avec modération - Jérôme Gautheret

Le Monde - Argent, samedi, 13 mars 2010, p. ARG9

La Chine est devenue, en 2009, le premier importateur de vins de Bordeaux - hors de l'Union européenne - détrônant les Etats-Unis, où les volumes importés ont chuté de 27 %.

Surproduction, baisse de la demande intérieure, effets pervers de l'euro fort... Par les temps qui courent, les occasions de pavoiser sont rares pour la filière viticole française. Alors on se prend à espérer l'éclosion de nouveaux marchés, qui viendraient remédier au marasme des grands anciens. Londres et New York font triste mine ? Rêvons à Pékin et Shanghai.

De fait, le marché chinois a tout pour exciter les convoitises. Pensez, plus d'un milliard de consommateurs (1,3 milliard d'habitants), une croissance fulgurante, et un appétit dévorant pour le mode de vie occidental... Pour l'heure, malgré une spectaculaire croissance depuis trente ans, causée entre autres par une série de campagnes officielles menées pour détourner les Chinois des eaux-de-vie, la consommation moyenne reste d'un demi-litre de vin par personne et par an (à comparer aux 51 litres en France, avec 64,7 millions d'habitants). Autrement dit, en Chine, on ne boit pas un milliard de bouteilles par an. C'est dire l'immense potentiel de croissance du marché.

A ceux qui douteraient qu'un jour l'empire du Milieu s'éveille au vin, rappelons un précédent qui a de quoi faire saliver plus d'un exportateur. L'histoire commence aux dernières heures de la Chine impériale, en 1903, dans la concession allemande de Qingdao (province du Shandong). Pour répondre à la demande des populations européennes, qui réclamaient une bière " occidentale ", une petite brasserie anglo-allemande, la Nordic Brewery, est fondée. Malgré les tourments du siècle, l'entreprise, rebaptisée Tsingtao, connaîtra une des plus spectaculaires réussites commerciales du XXe siècle. De 1978 à 2004, elle profite d'une croissance de... 80 % par an en moyenne ! Dans le même temps, la production passe de 4 millions à 291 millions d'hectolitres, tandis que la consommation moyenne de bière des Chinois passe de 3 à 20 litres par an. En une génération, la République populaire est devenue le plus gros consommateur de bière au monde.

De là à imaginer une explosion similaire du marché du vin, qui profiterait, naturellement, aux vignobles européens, il n'y a qu'un pas. Qu'il serait déraisonnable de franchir trop vite : si les élites chinoises semblent goûter les vins européens (surtout les rouges, pour des raisons culturelles), ce n'est pas demain que la classe moyenne se passionnera pour les subtilités des grandes appellations françaises.

Pour l'instant, les Chinois consomment avant tout des produits locaux. En 2005, plus de 450 000 hectares étaient plantés en Chine, ce qui représente le cinquième vignoble au monde. Seule une petite partie des raisins récoltés est destinée aux caves. Mais le pays a largement les moyens de son autosuffisance, et s'emploie à remédier à la faible qualité de ses vins.

Il y a plus de trente ans, dans un petit essai prophétique, La Mort du vin (réédité par La Table ronde dans sa " Petite vermillon ", en 2006), l'écrivain Raymond Dumay soulignait : " Il est assez cocasse d'entendre des Français (...) déclarer sans rire qu'un territoire dont la superficie est égale à vingt fois la nôtre ne saurait offrir aucune terre comparable à notre modeste terroir. " Il parlait des Etats-Unis, mais la remarque vaut aussi bien pour la Chine.

Remarquant que la fortune des grands vignobles est toujours allée de pair avec le prestige politique de l'Etat qui les abritait, Dumay prophétisait le déclin inéluctable des vins de la vieille France, plusieurs années avant que n'émergent commercialement les vins du Nouveau Monde. Et poursuivait : " Le marché américain est si vaste que nous pouvons être tentés de nous rassurer en pensant qu'il nous assurera toujours une petite place. Rien n'est moins sûr (...) : chaque civilisation fait un vin d'un goût différent de celui qui l'a précédé. "

Faut-il en conclure, si l'on suit à la lettre ce raisonnement, que les vins chinois viendront dans quelques années concurrencer sur leur terrain ceux de la Vieille Europe, et que des grands crus venus du Yunnan voisineront chez les cavistes avec les grands bourgognes et bordeaux ? Depuis deux ans, l'auteur de ces lignes demande à chacun de ses collègues partant pour la Chine de lui rapporter une bouteille de vin local. Le résultat de ce sondage, forcément limité, est sans appel : les vignerons du Vieux Monde ont encore plusieurs années de tranquillité devant eux.

Jérôme Gautheret

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mercredi 3 mars 2010

Diageo prend le contrôle d'une marque chinoise de « baijiu »

Les Echos, no. 20627 - Industrie, mercredi, 3 mars 2010, p. 24

Diageo, le groupe britannique de spiritueux produisant la bière Guinness, le whisky Johnnie Walker ou encore la vodka Smirnoff, a entamé une opération de rachat de l'un des plus anciens producteurs chinois de « baijiu », un alcool fort très populaire fabriqué à base de céréales (souvent du sorgho). Souhaitant doper ses parts de marché dans les pays émergents, et notamment en Chine, où les ventes de « baijiu » n'ont cessé de croître malgré la crise, la société va dépenser dans un premier temps 14 millions de livres sterling (15,5 millions d'euros) pour prendre 4 % supplémentaires de Sichuan Chengdu Quanxing Group, le holding propriétaire de l'essentiel de la marque Sichuan Swellfun, et dont il détenait déjà 49 %. Pour se plier aux règles chinoises, elle devra ensuite proposer aux autres actionnaires de racheter leurs titres. Ce qui pourrait amener Diageo à dépenser jusqu'à 624 millions de livres sterling (691 millions d'euros).

ALAIN RUELLO

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lundi 16 mars 2009

La crise touche aussi le Baijiu - Simon Marty

Marianne, no. 621 - Ils l'ont fait, samedi, 14 mars 2009, p. 24

La crise n'épargne rien ni personne, pas même les dignitaires étrangers reçus dans l'empire du Milieu, honorés selon la tradition par de fastueux banquets arrosés d'alcool de riz. Au lieu de la dizaine de plats habituellement proposés, un repas frugal sera servi avec trois plats au maximum, agrémentés d'une soupe. Quant au baijiu, le fameux alcool de riz titrant 65° et bu cul sec qui faisait tousser les étrangers, il sera carrément supprimé. Le gouvernement chinois a pris cette décision afin de faire des économies au plus haut niveau et pour encourager un comportement simple et sobre, en cette période de crise. Reste à savoir si, privés de leur biture au baiju, les visiteurs sortiront aussi facilement leur carnet de chèques lors de la signature des contrats.

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