lundi 13 octobre 2014

Berlin et Pékin aplanissent les tensions

Les Echos, no. 21791 -
Monde, lundi 13 octobre 2014, p. 8 La chancelière allemande et le Premier ministre chinois ont ménagé leurs relations bilatérales.De nouveaux contrats ont été formalisés. C'était une façon très personnelle de détendre l'atmosphère. Après leur réunion, Angela Merkel a invité vendredi après-midi le Premier ministre chinois, Li Keqiang, dans un supermarché du centre de Berlin. Chancelière normale, la chef du gouvernement allemand aime faire ses courses elle-même, par exemple, pour acheter les ingrédients des paupiettes de boeuf qu'elle prépare pour son mari. Juste avant cette escapade, la tension était palpable entre les deux leaders. Interrogé par un journaliste sur l'hypothèse d'élections libres à Hong Kong et le sort d'une employée chinoise du magazine « Die Zeit » , emprisonnée à Pékin, Li Keqiang lui avait fait comprendre qu'il était déplacé de s'immiscer dans les affaires chinoises. La chancelière a répondu qu'elle espérait que les manifestations continuent à se dérouler « de façon pacifique » . En amont de cette rencontre, le gouvernement allemand avait clairement fait savoir qu'il voulait profiter du conseil des ministres germano-chinois pour clarifier les conditions d'emprisonnement de Zhang Miao, arrêtée le 2 octobre après un reportage effectué à Hong Kong avec la correspondante en Chine de « Die Zeit » . L'article s'interroge sur la possibilité d'une révolte comparable sur le continent. Visiblement, il a suffi pour inquiéter Pékin. Un partenariat économique renforcé Ce n'est pas le seul sujet de tensions que Berlin et Pékin ont traité à l'occasion de cette rencontre intergouvernementale. Le ministre allemand de l'Economie a ainsi regretté les mesures chinoises de protectionnisme, notamment, sur la propriété des coentreprises. « Ces règles, qui désavantagent uniquement les entreprises étrangères sont issues d'une autre époque où la Chine voulait et devait se protéger » , a déclaré Sigmar Gabriel. Formant une « communauté de destins » , comme l'a décrit Li Keqiang, l'Allemagne et la Chine sont perçues comme les moteurs de la croissance de leurs continents respectifs, l'Asie et l'Europe. Mais elles sont toutes deux confrontées à un ralentissement conjoncturel. De quoi prendre soin de cette relation particulière, qu'ils veulent intensifier « d'égal à égal » . Sur le plan commercial, la Chine s'est engagée à acheter 70 moyen-courriers A320 à l'avionneur européen Airbus. Le constructeur automobile Volkswagen a prolongé jusqu'à 2041 son partenariat avec le chinois FAW, alors que le concurrent Daimler s'est engagé à de nouveaux investissements en Chine. Deutsche Telekom a dévoilé la création d'une coentreprise dans la voiture connectée avec China Mobile. Thibaut Madelin © 2014 Les Echos. Tous droits réservés.