mercredi 4 mars 2015

Areva veut aller chercher en Chine sa future croissance

A la recherche d'un nouveau souffle, Areva compte sur les perspectives du marché chinois, nouvelle priorité stratégique affichée mercredi par le spécialiste français du nucléaire pour relancer sa croissance, grâce notamment à ses partenariats avec les géants locaux du secteur.


La Chine représente "15% de notre chiffre d'affaires, 50% de la croissance" d'Areva, a affirmé mercredi Philippe Knoche le directeur général du spécialiste français du nucléaire, qui a confirmé une perte record de près de 5 milliards d'euros.

Dans le cadre du "basculement géographique des marchés" du nucléaire vers les pays émergents ces dernières années, "la Chine joue un rôle majeur", a-t-il ajouté.

Fin 2013, la Chine possédait 17 réacteurs en exploitation et 28 en construction, d'après la World Nuclear Association (WNA).

Areva compte aujourd'hui 850 collaborateurs dans ce pays où sa présence remonte aux années 1980 avec la construction de deux premières centrales. Le français participe actuellement aux chantiers des deux EPR de Taishan (Sud-Ouest du pays). Taishan 1 devrait être livré d'ici à la fin de l'année, selon EDF.

Pour poursuivre son développement dans ce pays, Areva compte sur les partenariats incontournables qu'il a scellé avec les géants locaux du secteur, CNNC et CGN.

"Sur certains points, comme le traitement du combustible et la maintenance, la France peut apporter quelque chose à la Chine", explique Lionel Taccoen, expert dans le nucléaire civil et auteur en 2003 du "Pari nucléaire français". Et c'est tout le sens des récents projets d'Areva dans le pays.

Le groupe français a ainsi signé en 2014 des accords de partenariat avec CNNC, notamment sur un projet d'usine de traitement-recyclage des combustibles usés. Et Philippe Knoche a annoncé mercredi la remise d'une offre commerciale pour cette usine "la semaine prochaine".

D'autres accords de coopération portent sur la création d'une coentreprise dans le domaine des systèmes de contrôle-commande numérique de sûreté ainsi que sur un renforcement de leur partenariat stratégique dans le nucléaire civil, le cycle du combustible, les réacteurs et les services.

Fin janvier, lors de la visite du Premier ministre Manuel Valls en Chine, Areva et CNNC avaient signé un protocole d'accord dans le but de créer une nouvelle co-entreprise dans le transport et la logistique nucléaire, pour organiser le déploiement d'un schéma logistique de transport de combustibles usés en Chine.

Par ailleurs, le groupe français souhaite aussi, selon Philippe Knoche, "capitaliser et poursuivre (son) partenariat avec CGN", l'autre acteur principal du marché chinois avec qui Areva travaille déjà sur le projet d'EPR Taishan 1 et 2.

Mais, sur le marché chinois, la concurrence est rude. Outre les français comme Areva ou EDF, l'américain Westinghouse, associé au japonais Toshiba, ou encore le russe Rosatom ont également des projets en cours ou en négociation dans le pays.

Sans parler de CNNC et CGN eux-mêmes qui ont fait homologuer récemment le design d'un réacteur de troisième génération "Hualong One".

"A l'heure actuelle, les Chinois ne sont plus nos élèves, ils sont devenus indépendants et compétents en matière de construction de réacteurs", explique Lionel Taccoen.

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