mercredi 4 mars 2015

Le départ du président du comité Nobel de la paix ne suffira pas à attendrir Pékin

La déchéance du président controversé du comité Nobel de la paix, Thorbjørn Jagland, ne suffira pas à resserrer les relations sino-norvégiennes, très tendues depuis l'attribution de la récompense au dissident chinois Liu Xiaobo, a averti Pékin mercredi.


À la tête du comité depuis 2009, le Norvégien de 64 ans a été mercredi rétrogradé au rang de simple membre du comité alors qu'il souhaitait ouvertement être reconduit, un "putsch" sans précédent en 114 ans d'histoire.

M. Jagland s'était attiré les foudres de la Chine en 2010 avec la remise du prix Nobel de la paix au militant des droits de l'Homme Liu Xiaobo, emprisonné pour "subversion". Depuis les relations diplomatiques entre Oslo et Pékin restent quasi gelées.

Les positions de la Chine sur le prix Nobel et ses relations bilatérales avec Oslo "ne sont pas sujettes à changement", a souligné mercredi Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Notre position sur le développement de nos relations avec la Norvège est clair, et je crois que les Norvégiens savent très bien à quoi s'en tenir", a-t-elle ajouté, à l'occasion d'un point de presse régulier, sans toutefois offrir de précisions.

La Chine maintient qu'il appartient à la Norvège de faire des gestes pour normaliser leurs relations.

Mme Hua s'est par ailleurs refusée à dire mercredi si le départ de M. Jagland avait fait l'objet de discussions entre les deux pays.

Alors même qu'Oslo fait valoir qu'il n'exerce aucun contrôle sur les décisions du comité Nobel, la Norvège avait subi nombre de représailles, destinées de l'avis des experts à servir d'exemple.

Les autorités chinoises ont bloqué des cargaisons entières de saumon norvégien -- la part du pays dans le marché chinois du saumon s'est effondrée de façon spectaculaire -- et les citoyens norvégiens sont exclus du dispositif chinois de visas de transit de 72 heures.

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