lundi 15 juin 2015

La Chine va dispenser les Taïwanais de visa (Chine nouvelle)

La Chine va dispenser de visa les ressortissants de Taïwan, un symbole fort du réchauffement des relations entre les deux territoires séparés depuis plus de six décennies.


Officiellement, la Chine considère toujours l'île de Taïwan comme partie intégrante de son immense territoire et ne fait pas secret de son intention de la mettre un jour sous sa coupe.

En réalité les autorités chinoises se montrent extrêmement pragmatiques: Pékin et Taipei ont signé en 2010 un accord-cadre pour la coopération économique et négocient toujours un vaste accord de libre-échange dans les services et les marchandises.

Le président chinois Xi Jinping a reçu début mai le chef du Kuomintang (KMT), l'ancien parti républicain et nationaliste au pouvoir en Chine, chassé par les communistes en 1949. Le KMT domine la vie politique taïwanaise depuis la fin de la guerre civile.

L'annonce de la dispense prochaine de visa pour les Taïwanais se rendant en Chine a été faite par Yu Zhengsheng, membre du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) et président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), la deuxième chambre du parlement.

M. Yu, qui s'exprimait lors d'un forum dans la ville de Xiamen (sud), selon l'agence officielle Chine nouvelle, a défendu "les échanges entre les compatriotes des deux côtés" et dénoncé "les forces séparatistes" militant pour l'indépendance de Taïwan et s'opposant au "développement pacifique des relations" bilatérales.

Il n'a pas précisé la date à laquelle la décision serait effective.

Les habitants de Taïwan devaient jusqu'à maintenant demander un "permis d'entrée" sur le territoire de la Chine populaire, équivalant à un visa. Ils n'auront plus besoin désormais que de présenter un document leur donnant automatiquement droit de franchir la frontière.

Les Taïwanais ont effectué cinq millions de séjours en Chine populaire l'an dernier, les Chinois quatre millions à Taïwan, selon des statistiques fournies par Chine nouvelle.

Les relations entre les anciens ennemis se sont réchauffées depuis 2008, date du retour au pouvoir du KMT, plus ouvert aux relations avec Pékin que le Parti démocrate progressiste taiwanais (DPP).

Sur le plan diplomatique toutefois, les relations sino-taïwanaises restent marquées par la défiance.

Pékin a récemment rejeté la candidature de Taïwan à la nouvelle Banque asiatique d'investissement. Les autorités chinoises avaient indiqué que Taïwan, dont le nom officiel est République de Chine, pourrait être candidate dans un second temps, "sous une appellation appropriée".

Xi Jinping a en outre rappelé début mai lors de la visite du chef du KMT Eric Chu qu'il n'y avait qu'une "seule Chine", évoquant ses "compatriotes taïwanais".

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