jeudi 7 avril 2011

Contrôler l'inflation, une priorité pour l'Asie - Arnaud Rodier


Le Figaro, no. 20739 - Le Figaro Économie, jeudi, 7 avril 2011, p. 20

La région connaîtra une croissance de 7,8 % en 2011, mais la flambée des prix la menace.

La reprise en Asie n'est plus à démontrer. La région, tirée par la Chine et par l'Inde, connaîtra une croissance de 7,8 % cette année et de 7,7 % en 2012, prédit la Banque asiatique de développement (ADB) dans un rapport rendu public hier.

Le danger est ailleurs. L'inflation, alimentée tout à la fois par la flambée des prix des denrées alimentaires, par la hausse du pétrole, par les troubles au Proche-Orient et par la crise nucléaire au Japon, devient une menace réelle. Elle pourrait atteindre 5,3 % en moyenne en 2011, contre 4,4 % l'an dernier, selon l'ADB qui estime que des « mesures préventives seront sans doute nécessaires pour éviter la surchauffe ». La Banque centrale de Chine, qui a relevé mardi ses taux d'intérêt de 25 points de base, la quatrième hausse depuis la fin 2010, reconnaît qu'il y a « trop de liquidités » dans son économie et que la «bataille contre l'inflation sera difficile ». Un fléau dont la Corée du Sud, qui vient de réviser sa croissance à 6,2 % pour 2010, le rythme le plus élevé depuis huit ans, s'inquiète également. Les prix dans la péninsule ont augmenté de 4,7 % en mars, un chiffre qui n'avait jamais été atteint depuis octobre 2008.

Taux de change flexibles

Pékin, dont la croissance devrait tourner autour de 9,6 % cette année, si l'on en croit la Banque asiatique de développement, a d'ores et déjà fait de la lutte contre l'envolée des prix une priorité de sa politique économique. Mais le pays est confronté, comme beaucoup d'autres, à un afflux récent de capitaux étrangers spéculatifs qui gonflent sa masse monétaire et alimentent l'inflation. Un cercle vicieux dont il n'est pas facile de sortir.

La ADB estime que des «taux de changes plus flexibles peuvent être une meilleure politique pour les pays dotés de déséquilibres persistants dans leur balance des comptes et d'une discordance entre leurs taux de change et leurs fondamentaux », allusion à peine voilée à la Chine dont la monnaie, le yuan, est notoirement sous-évaluée.

Mais pour les autres pays, la banque, comme le FMI, ne voit guère comme moyen de résister que des «politiques ponctuelles telles que le contrôle des capitaux ». C'est ce que plusieurs pays d'Asie ont commencé à faire. Sans grands résultats jusqu'à présent.

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