mardi 13 septembre 2011

De nouvelles inquiétudes se font jour sur les dettes des régions chinoises

Les Echos, no. 21015 - International, mardi 13 septembre 2011, p. 13

La province du Liaoning, au nord-est de la Chine, serait dans une situation financière critique. Mais les analystes craignent que ce cas ne soit symptomatique d'un problème généralisé.

L'inquiétude sur les finances locales chinoises a refait surface, vendredi, avec les difficultés de la province du Liaoning. Si l'Etat central fait figure d'exemple, avec une dette qui représente moins d'un cinquième du PIB, chacun s'interroge actuellement sur la proportion de la dette contractée indirectement par les gouvernements locaux que ces derniers ne seront pas en mesure de rembourser.

Selon Pékin, le montant de dette cumulé est estimé autour de 10.700 milliards de yuans, soit près de 1,6 milliard de dollars. En avril dernier, l'agence Standard & Poor's avait estimé qu'environ 30 % de cette dette ne seront jamais remboursés. On imagine les répercussions qu'aurait un tel scénario sur le système bancaire chinois. A elles seules, les 4 principales banques chinoises ont prêté près de 2.600 milliards de yuans (407 milliards de dollars) aux véhicules de financement dépendant des gouvernements locaux. Et les banques régionales, plus dépendantes encore des autorités de leur province, semblent potentiellement plus exposées à ce risque.

Rendre des revenus aux régions ?

Même si Pékin a déjà volé au secours de ses banques, et aurait à nouveau les moyens de le faire, les analystes insistent sur la nécessité de traiter le mal à la racine. Ce qui impliquerait de revenir sur une réforme fiscale datant de 1994. Celle-ci avait transféré nombre de ressources au gouvernement central. Au grand dam des provinces, qui ont perdu le fruit des taxes sur le commerce et la consommation pour conserver presque exclusivement la fiscalité foncière. Les ventes de terrains ont représenté 70 % de leurs revenus en 2010. Alors que les autorités locales percevaient 78 % des revenus de l'Etat en 1993, cette proportion est aujourd'hui de 49 %. Pourtant, d'après les chiffres officiels, elles ont assuré l'année dernière 82 % des dépenses publiques du pays. Même le plan de relance de 2008 n'a été financé qu'à hauteur d'un quart par Pékin. Au final, il semble nécessaire de repenser la fiscalité chinoise. Ce qui reviendrait à déposséder le pouvoir central d'une partie de ses prérogatives. Une question plus politique qu'économique.

Gabriel Grésillon

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