mardi 20 septembre 2011

La presse à l'assaut des touristes chinois - Anne Feitz

Les Echos, no. 21020 - High-tech & Médias, mardi 20 septembre 2011, p. 25

Est-ce un nouveau filon pour les journaux ? L'appétit des touristes chinois pour l'Europe et ses boutiques chics a en tout cas donné des idées aux éditeurs : on a vu naître ces dernières semaines plusieurs titres à leur intention, histoire d'attirer les grands annonceurs du luxe. « Le Figaro » a ainsi lancé début juillet un trimestriel, baptisé « Paris chic », qui reprend des articles, traduits en chinois, du supplément « Et vous » (culture, mode, shopping), ainsi qu'un guide pratique du shopping (plans, adresses). Gratuit, ce titre grand format de 32 pages a été tiré à 220.000 exemplaires, dont 70.000 ont été distribués en France et le solde en Chine. Dans le même esprit, l'allemand Axel Springer va lancer cet automne à Genève un magazine touristique et horloger en chinois, lui aussi gratuit et diffusé à 20.000 exemplaires.

Annonceurs alléchés

« Les touristes chinois sont fous de produits de luxe : ils dépensent plus que les Japonais, et presque autant que les Russes », explique Eileen Le Muet, éditrice internationale du « Figaro ». Et leur engouement pour Paris ne se tarit pas : ils devraient être 800.000 à visiter la capitale cette année. « "Le Figaro" a travaillé plus de sept mois sur "Paris chic", autant pour affiner son contenu que ses lieux de distribution, en Chine ou à Paris », explique Eileen Le Muet. Les annonceurs ont en tout cas été séduits : l'éditeur a souhaité limiter le nombre de pages de publicité à un tiers du total... mais la pagination du numéro 2, prévu pour le 29 septembre, est montée à 42 pages. Selon Eileen Le Muet, l'initiative suscite aussi un grand intérêt de la part des grands quotidiens américains ou européens. Et des éditeurs de magazines féminins déjà présents en Chine réfléchissent de même au moyen de toucher ces touristes si dépensiers. Condé Nast réfléchit ainsi à un projet autour de sa marque phare « Vogue », qui pourrait être lancé l'an prochain.

Anne Feitz

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