mardi 31 mars 2015

Enquête sur ces harkis restés en Algérie - Pierre Daum

Tlemcen, à l'extrême nord-ouest de l'Algérie. Nous quittons la ville en direction du sud. La route s'élève rapidement, puis grimpe en lacets, entourée de somptueux paysages de montagne. Ici ou là, on traverse des villages agrippés à la roche.


Ils abritent des familles dont la vie, organisée autour d'un lopin de terre et de quelques bêtes, a peu changé depuis un demi-siècle. Seuls éléments de modernité dans ce paysage aride du djebel : le téléphone portable, la parabole pour les postes de télévision et les parpaings de béton gris des nouvelles maisons. Nous arrivons à Beni Bahdel, un village situé à une quarantaine de kilomètres de Tlemcen, connu pour son immense barrage construit à l'époque des « Français ».

A 79 ans, M. Abderrahmane Snoussi continue de vivre de ses quelques chèvres, qu'il emmène paître chaque matin sur le terrain familial, dans les hauteurs. Harki de 1959 à 1962, le vieil homme accepte pour la première fois de parler de son passé avec un journaliste. « Les Français avaient installé ici un poste très important, avec au moins huit cents soldats. Mon père, qui avait fait la seconde guerre mondiale, leur servait d'interprète. Le FLN [Front de libération nationale] l'a assassiné en 1955, j'avais 19 ans. Quatre ans plus tard, les soldats français sont venus chez moi. Ils ont pris ma femme, et ils m'ont dit de venir travailler avec eux, sinon ils toucheraient à ma femme. C'est comme ça que je suis devenu harki. »

Parmi les soldats se trouvait le sous-officier Pierre Couette, un appelé originaire de la région parisienne. Dans les nombreuses lettres qu'il envoya à ses parents, le jeune homme, profondément catholique, a décrit toutes les « humiliations » et les « oppressions inutiles » que subit la population locale. Et aussi le recours systématique à la « baignoire » et à la « gégène », des « tortures » pratiquées par l'officier de renseignement du deuxième bureau de Beni Bahdel, à l'encontre des moudjahidin arrêtés, de leurs femmes et de toutes les personnes suspectées de leur venir en aide (1). M. Snoussi a-t-il assisté, voire participé, à ces séances de torture ? « Non, jamais ! Avec mon groupe, on nous envoyait en embuscade, aux ratissages, etc. Quand on faisait un prisonnier, on l'emmenait au deuxième bureau. Mais je ne restais pas. »

Le jour du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, le commandant rassemble ses harkis : « Celui qui veut partir en France, il peut partir. Et celui qui veut rester, il reste ! » M. Snoussi choisit de rester. « Ma famille était ici. Ma mère, mon frère, je ne pouvais pas les abandonner. » Tous les supplétifs n'ont pas eu la possibilité d'un tel choix. A peine l'armée française disparue, les moudjahidin descendirent des montagnes. « Ils nous ont emmenés dans la caserne de Sidi Larbi, à trente kilomètres d'ici, de l'autre côté de la montagne. C'est une ancienne caserne de l'armée française, que l'ALN [Armée de libération nationale, la branche militaire du FLN] a récupérée. » Il y passe quinze jours, « en avril 1962 », au milieu de quatre cents autres harkis, en provenance de toute la région. « Ensuite, ils nous ont relâchés petit à petit, et je suis rentré au village. A Beni Bahdel, nous étions sept harkis. On vit tous encore ici. » M. Snoussi fait partie de cette grande majorité de harkis - plusieurs centaines de milliers si on prend le terme au sens large (lire « Statuts multiples, destin commun ») - qui sont restés en Algérie après l'indépendance, et qui n'ont pas été tués. « Depuis cinquante ans, nous sommes restés bloqués sur cette seule alternative concernant les harkis : soit ils se sont échappés en France, soit ils ont été massacrés en Algérie, explique l'historien Abderahmen Moumen, un des meilleurs spécialistes des harkis. Mais la réalité historique, sans éluder les violences à l'encontre d'une partie d'entre eux après l'indépendance (massacres, internements, marginalisation sociale...), nous oblige à considérer une troisième possibilité : qu'ils soient restés en Algérie sans avoir été tués. »

Une possibilité difficilement admissible dans l'Hexagone, où le discours sur le « massacre des harkis » est utilisé depuis un demi-siècle par les nostalgiques de l'Algérie française pour justifier leurs positions anciennes (« Il ne fallait pas lâcher l'Algérie »), voire actuelles (« Les Arabes sont tous des égorgeurs et des terroristes »).

Pendant l'été 1962, la « justice » fut expéditive

Certes, pour un harki, retourner dans son village en 1962 après y avoir paradé pendant des mois revêtu de l'uniforme français comportait des risques considérables. A partir de la soixantaine de témoignages que nous avons recueillis à travers l'Algérie, un même schéma se dessine. Une fois l'armée française évacuée (parfois dès la proclamation du cessez-le-feu, mais la plupart du temps après le 5 juillet, date de l'indépendance), certains moudjahidin mêlés à des combattants de la vingt-cinquième heure (qu'on appelle en Algérie des « marsiens », en référence au cessez-le-feu du mois de mars) arrêtèrent un grand nombre de harkis, ainsi que des militaires et des notables pro-Français. Pour ces « marsiens », frapper ou tuer un harki une fois la guerre finie était une façon de jouer au héros sans prendre de grands risques. Dans de très nombreux villages, des tribunaux populaires furent érigés, et la population fut invitée à témoigner des exactions qu'elle avait pu subir de la part de tel ou tel prisonnier. La « justice » était alors sommaire, et les exécutions nombreuses. « Vers la fin septembre [1962], raconte M. Hassen Derouiche, un ancien harki retrouvé à Tifrit, à côté d'Akbou, en Petite Kabylie, un groupe d'hommes très excités, principalement des "marsiens", ont couru dans le village avec des bâtons et des barres de fer pour attraper les harkis. Ils en ont chopé sept [dont un certain Bouzid], ils voulaient nous faire la peau. Heureusement, un type de l'ALN est arrivé, et il a dit : "Pourquoi abattre ces jeunes qui sont dans la fleur de l'âge ? On va les faire passer devant la population. S'ils ont fait du mal, on va les liquider. Mais s'ils n'ont rien fait de mal, pourquoi les tuer ?" »

Le lendemain matin, les sept harkis sont exposés pendant quatre heures devant l'ensemble du village. « Cela représentait une centaine de personnes, poursuit M. Derouiche. Mais il y a des gens qui ne sont pas venus. Ils avaient pitié. Ils ne voulaient pas voir d'autres villageois exécutés sous leurs yeux. Tout le monde se connaissait, évidemment... » Finalement, un seul villageois prend la parole : « Je n'en veux à personne, sauf à Bouzid ! Si vous le relâchez, c'est moi qui irai le liquider ! » Le chef du village a dit : « On ne va pas laisser une seule famille pleurer. Donc on va remettre tout le monde entre les mains de l'Etat, et l'Etat fera ce qu'il voudra ! » Pour M. Derouiche, « c'est uniquement à cause de ce Bouzid qu'on n'a pas été libérés tout de suite ». Les sept personnes furent incarcérées à la prison d'Akbou, avant d'être envoyées, un mois plus tard, dans la prison centrale d'Al-Harrach (ex-Maison-Carrée), à Alger. M. Derouiche y passa quatre années, au milieu de mille cinq cents autres prisonniers. « Nous étions traités normalement, sauf que nous ne sommes jamais passés en jugement et que nous n'avons jamais su combien de temps durerait notre détention. » En 1966, on l'envoie construire des routes du côté d'Ouargla, dans le sud du pays, où les chaleurs sont extrêmes (2). Libéré en 1969, il rentre finalement chez lui, à Tifrit.

Lorsqu'ils n'étaient pas directement soumis au « tribunal populaire », beaucoup de harkis ont subi un interrogatoire musclé de la part du FLN. Avec toujours les mêmes questions : « Pourquoi tu t'es engagé chez les Français ? As-tu fait du mal aux civils ? As-tu torturé des moudjahidin ? » M. Ghani Saroub avait 19 ans en 1962. Fils du garde champêtre de Baudens (aujourd'hui Belarbi), à quelques kilomètres de Sidi Bel Abbès, il passe les six derniers mois de la guerre comme auxiliaire de la gendarmerie française de son village. Vers le 10 juillet, une vaste rafle d'anciens harkis est organisée autour de Baudens, et le jeune homme est emmené manu militari dans la ferme Lefort (3). « Nous étions soixante harkis dans cette ferme, certains étaient arrivés avant moi. Pendant quatre jours, ils nous ont frappés et torturés. Ils nous torturaient avec de l'eau et de l'électricité, exactement comme faisaient les Français avant. Moi, ils voulaient absolument que j'avoue que j'avais tué Untel, un ancien maquisard. Cet homme avait été arrêté par la section de gendarmerie, j'étais en effet présent, mais je ne l'avais pas touché. C'était un autre gendarme qui l'avait frappé dans le bas du ventre, il avait eu une hémorragie interne et il en était mort. Mais, pour faire cesser la souffrance, j'ai dit que c'était moi qui l'avais tué. Ils ont cependant interrogé d'autres personnes et ils ont compris que ce n'était pas vrai. Au bout de quatre jours, ils nous ont tous relâchés. Il n'y a eu aucun mort. »

Pour tous ces anciens harkis, la période la plus difficile fut celle de l'été et de l'automne 1962. Les héros de l'indépendance s'entredéchirent alors dans une lutte fratricide pour le pouvoir. Le chaos que traverse le pays favorise les violences et des règlements de comptes parfois sans aucun lien avec la guerre qui vient de s'achever. Ahmed Ben Bella, soutenu par le colonel Houari Boumediène et sa puissante armée des frontières, forme un gouvernement le 29 septembre 1962. Mais il lui faut encore plusieurs mois pour parvenir à rétablir des pouvoirs de police capables d'empêcher les crimes en général, et en particulier ceux visant les harkis - si tant est qu'il ait désiré tous les empêcher. Le 4 juin 1963, Ben Bella déclare à Oran, où des harkis viennent d'être assassinés : « Nous avons, en Algérie, tourné la page. Nous avons cent trente mille harkis et nous leur avons pardonné. Les gens qui se posent en justiciers commettent leurs assassinats, avec l'excuse qu'il s'agit d'un harki, simplement pour lui voler sa montre. Tous les criminels ont été arrêtés. La justice sera implacable et ces actes criminels condamnés par l'exécution (4). »

Si les exactions physiques cessent alors complètement, la page n'est pas réellement tournée. La quasi-totalité des témoins retrouvés racontent comment, depuis plus d'un demi-siècle, eux et leur famille sont victimes d'une douloureuse relégation sociale, plus ou moins forte selon les cas, mais contre laquelle ils se trouvent démunis. Ainsi de M. Athmane Boudjaja, un paysan de l'Aurès qui vit toujours chez lui, à M'chounèche, au nord de Biskra. En 1957, sa famille est regroupée de force et entassée avec des centaines d'autres dans un immense camp militaire français, afin de vider les montagnes des hameaux susceptibles d'héberger des maquisards pour une nuit ou deux. Mourant littéralement de faim, le jeune Athmane finit par s'engager comme harki, « pour pouvoir donner un peu à manger à ma mère et à mon frère », son père étant décédé avant 1954. Après la guerre, il retrouve sa mère à M'chounèche, obtient un minuscule terrain aux abords du village et tente de trouver du travail. « Mais à ce moment-là, le travail, c'est le FLN qui le donnait ! Jamais je n'ai obtenu un poste de l'Etat. » Depuis cinquante ans, il survit dans la misère, travaillant ici ou là comme journalier. Avec le risque, toujours, de ne pas être payé et d'être chassé par le patron à coups de « Sale harki ! ». Parmi ses cinq enfants, quatre filles et un garçon, aucun n'a de travail fixe. Les filles sont diplômées, mais, comme l'explique Khadidja, 40 ans, titulaire d'un master en sociologie, « pour trouver un travail en Algérie, outre le diplôme, il faut la maarifa, le piston. Et mon père n'a aucune relation. En plus, c'est un ancien harki. On ne va jamais donner du travail à une fille de harki... ».

Aujourd'hui encore, des « traîtres » victimes de règles discriminatoires

Même expérience amère à l'autre bout du pays. Mme Fatiha Lamri est née en 1993 à Tabia, à cent kilomètres au sud d'Oran. Son père, sergent engagé dans l'armée française, est retourné après la guerre s'installer chez sa belle-famille à Tabia, où son beau-père, conseiller municipal au temps de la colonisation, fut assassiné par l'ALN en 1958. Après quelques semaines de travaux forcés, à l'automne 1962, pendant lesquels il subit coups et brimades, la vie reprit son cours. Le vieil homme est décédé en 2012. « A l'école, raconte la jeune femme, on m'a toujours traitée de fille de harki. "Bent harki !" Ça fait mal au coeur. Lorsque j'étais au lycée, j'avais quelques amies, de vraies amies. Elles savaient que mon père était harki. Mais c'étaient des amies intimes, alors il n'y avait pas de problème avec elles. Mais les autres continuaient à me traiter de "bent harki ", je ne le supportais pas, je devenais agressive. » Dans sa classe, elles étaient trois dans ce cas. Aucune d'elles ne percevait l'allocation de 3 000 dinars par mois (30 euros, pour un smic à 180 euros), attribuée normalement à tous les lycéens d'Algérie. « Dans ma classe, tous les élèves recevaient une bourse. Même les riches la touchaient. Sauf nous ! »

Aucune loi, pourtant, n'interdit aux anciens harkis ou à leurs enfants de percevoir des allocations de l'Etat. Le mot « harki » n'apparaît d'ailleurs nulle part dans la législation algérienne. Ce silence, qui pourrait sembler être un avantage (on leur aurait « pardonné »), se révèle cruellement handicapant. Car il permet à n'importe quel petit fonctionnaire doté d'un quelconque pouvoir d'appliquer ses propres règles, souvent discriminatoires vis-à-vis de ceux qu'il considère comme des « traîtres » - sans que ces derniers puissent tenter de se défendre en s'appuyant sur une loi qui préciserait qui est harki (et qui ne l'est pas), et ce à quoi il n'a réellement pas droit. Or, en Algérie, où l'assistance étatique est prépondérante, chaque citoyen doit engager des démarches auprès de sa mairie afin d'obtenir des certificats, des aides sociales, des stages pour ses enfants, une assurance sociale lorsqu'il est démuni, une couverture-maladie,etc. Comme tout le monde sait, dans chaque ville ou village, qui a fait quoi pendant la révolution, les harkis et leurs enfants courent sans cesse le risque d'essuyer un refus des services municipaux.

Un tabou que nul n'ose encore lever

On trouve une seule allusion aux harkis, dans la loi du 5 avril 1999 « relative au moudjahid et au chahid [martyr] ». L'article 68 précise : « Perdent leurs droits civiques et politiques, conformément à la loi en vigueur, les personnes dont les positions pendant la révolution de libération nationale ont été contraires aux intérêts de la patrie et ayant eu un comportement indigne (5). » Or, jusqu'à aujourd'hui, aucun décret d'application ne permet la mise en pratique de cette loi très générale, qui est donc restée lettre morte. Sauf qu'elle a renforcé de façon diffuse le sentiment de légitimité des petits fonctionnaires lorsqu'ils pénalisent arbitrairement tous les harkis (et leurs enfants) qui se présentent devant leur administration.

Un demi-siècle après l'indépendance, la question des harkis reste un immense tabou en Algérie. « Le pouvoir n'a pas de légitimité démocratique, explique l'historienne Sylvie Thénault. Il a construit sa légitimité sur l'instrumentalisation d'un récit héroïque de la guerre de libération, avec une survalorisation des moudjahidin et le mythe d'un peuple uni sous la bannière du FLN. Dans ce discours, les harkis sont forcément très peu nombreux - ce qui est faux- et tiennent forcément le rôle des traîtres. » Selon Lydia Aït Saadi-Bouras, qui a soutenu une thèse de doctorat sur la façon dont les manuels scolaires algériens racontent l'histoire de la guerre de libération, les harkis y sont systématiquement décrits comme « chargés d'accomplir les sales besognes de l'armée française vis-à-vis des civils ». Elle cite un manuel de neuvième classe (équivalent de la troisième en France) : les harkis « investissaient les villages, qu'ils brûlaient, ils en volaient les biens après avoir tué et torturé la population. Ils emmenaient les jeunes et les vieux dans les centres militaires où ils les torturaient sous les yeux des officiers français (6) ». Résultat : dans les cours de récréation des collèges et lycées algériens, « Hark ! », « Ya harki ! » (Espèce de harki !), « Ould harki ! » (Fils de harki !) sont des insultes courantes, même si le lien avec la guerre n'est pas forcément présent dans l'esprit des jeunes. Chez les adultes, le terme est volontiers employé lorsqu'on veut dévaloriser un responsable politique, ou plus généralement un puissant du régime, que l'on considère comme travaillant pour ses propres intérêts ou pour ceux de « l'étranger », au détriment de ceux de l'Algérie. En 2013, l'ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), M. Saïd Sadi, a ainsi attaqué en justice le maire de la ville de Tazmalt, M. Smaïl Mira, parce que ce dernier avait insinué sur une chaîne de télévision que le père du premier, Amar Sadi, avait été harki (7). Il ne vient pas à l'idée d'un journaliste algérien d'aller rencontrer ces vieux messieurs et de recueillir leurs témoignages. Et, dans les universités, aucun étudiant n'oserait choisir une telle question comme sujet de thèse.

Dans ce contexte de société bloquée, les enfants de harkis ont encore plus envie que les autres de quitter leur pays. A Tazmalt, en Petite Kabylie, M. Smaïl Badji, 80 ans, harki de 1956 à 1962, vit avec ses deux fils, Djamel et Zahir. Depuis 2004, les deux frères ne cessent de multiplier les démarches auprès du consulat français à Alger, espérant que leur statut de fils de harki leur donnera priorité sur les autres. « Il paraît qu'il y a le droit du sol en France, s'exclame Djamel. Moi, en 1960, je suis né sur le sol français ! Alors pourquoi je n'ai pas droit à la nationalité française (8) ? En plus, nous sommes fils d'ancien combattant et petits-fils d'ancien combattant ! Notre grand-père a été décoré de la Légion d'honneur. Nous n'avons rien gagné. Ni du côté algérien, ni du côté français. Pour nous, toutes les portes sont fermées. La porte pour entrer en France et la porte pour entrer en Algérie. »

(1) Pierre Couette, « Lettres d'Algérie » (PDF), http://germaincoupet.fr

(2) Certains harkis ont été affectés à des opérations de déminage sur les frontières marocaine et tunisienne. La plupart y trouvèrent la mort. Cf. Fatima Besnaci-Lancou, Des harkis envoyés à la mort, L'Atelier, Paris, 2014.

(3) Orthographe incertaine, du nom d'un ancien colon parti en France.

(4) Dépêche de l'Agence France-Presse du 4 juin 1963, reprise par Le Monde du 5 juin 1963 : « Les assassins de harkis seront exécutés, déclare M. Ben Bella à Oran ».

(5) Loi n° 99-07 du 5 avril 1999, parue au Journal officiel de la République algérienne le 12 avril 1999.

(6) Lydia Aït Saadi-Bouras, « Les harkis dans les manuels scolaires algériens », dans « Harkis 1962-2012. Les mythes et les faits », Les Temps modernes, n° 666, Paris, 2011.

(7) Liberté, Alger, 22 décembre 2013.

(8) En réalité, le gouvernement du général de Gaulle a retiré la nationalité française à tous les « musulmans » d'Algérie par le décret du 21 juillet 1962.


Le Monde diplomatique
Avril 2015, p. 1 14 15
Cinquante ans dans l'ombre de l'histoire
Enquête sur ces harkis restés en Algérie
Pierre Daum

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