vendredi 15 mai 2015

ENQUÊTE - Délinquants sexuels à 12 ans - Marie Huret

Chaque année, près de 1 500 préadolescents (moins de 13 ans) sont impliqués dans des viols ou des agressions sexuelles. Ils ont entre 11 et 14 ans. Pour eux, le sexe est un "passe-temps", un "moyen d'échange". Ils ne réalisent pas la violence de leur comportement. Les parents, mais aussi les policiers et les juges, sont de plus en plus désemparés.


Leurs mots d'adultes si crus - si «cul» - détonnent dans le bureau de la juge où l'on aperçoit les réminiscences de l'enfance. Sur le tapis, un bac rempli de jouets. Sur les murs, une mosaïque de cartes colorées par des gamins. Sur un meuble, la candeur d'un bouquet de fleurs. Dans ce décor chaleureux, les mots lâchés par des mômes de 12-13 ans tombent comme des petites bombes : ils disent «bite», ils disent «sucer», ils disent «pute». Ainsi s'expriment les plus précoces des ados reçus chez Sylviane Wallraf-Reuter, juge des enfants à Metz, quinze ans de métier. En ce moment, elle suit une fille qui fugue tout le temps. «A 13 ans, elle faisait déjà des fellations : "Pour faire plaisir aux copains", confie la magistrate. Au même âge, les garçons s'intéressent à la sodomie, mais quand je leur parle d'amour, de sentiments, ils me regardent avec de grands yeux ! Pourtant, nous ne sommes pas dans le 9-3.» Mais loin des halls de Montfermeil et des cités d'Aubervilliers, à plus de 300 bornes de la Seine-Saint-Denis : à Metz, la préfecture de Lorraine (124 000 habitants).

La juge Wallraf-Reuter dit que «tout ce qui vient de Paris ou de sa banlieue finit par arriver en province». Elle observe le même phénomène que ses collègues parisiens, préoccupés par la sexualité de plus en plus débridée, désinhibée, de préadolescents qui se retrouvent convoqués devant la justice dès 12, 13 ou 14 ans pour des histoires de viols, d'agressions sexuelles, d'incestes... «Bien souvent, les parents tombent des nues : leur première réaction consiste à nier, à contester, à m'envoyer balader, poursuit Sylviane Wallraf-Reuter. Ils n'arrivent pas à imaginer que leur enfant ait une sexualité.» Inimaginable, pour eux, que leur petit macho de fils traite sur Facebook une copine de «traînée». Inimaginable qu'à 13 ans leur fille ait subi une IVG. Des dossiers suivis par la juge de Metz qui tente de sauver ces gamins grandis trop vite : «Ce n'est pas facile chez les filles qui ont découvert la sexualité tellement violemment, on y va sans les brusquer, on les laisse parler.» Pas facile non plus de rattraper les familles en dérive éducative. A Metz, situé pas très loin de la frontière allemande, il arrive que des mères seules paient à leurs fils aînés de 15 ou 16 ans une virée au paradis du sexe tarifé, dans les maisons closes de Sarrebruck. «Combien de fois ai-je dû expliquer aux mamans que ça n'était pas la priorité !» raconte la juge désemparée...

Porno en libre accès sur Internet

Cette jeune génération du X, biberonnée au porno en libre accès sur Internet, préoccupe la chaîne des professionnels - juge des enfants, éducateurs ou équipes de psys - qui, en France, se chargent de sanctionner les mineurs mais aussi de protéger leurs victimes. Selon un rapport inquiétant publié début mars par l'association Stop au déni et l'Unicef (1) dénonçant les conséquences des violences sexuelles de l'enfance à l'âge adulte (tentative de suicide, stress posttraumatique, isolement...), près d'un quart des auteurs de violences sexuelles sur mineurs étaient eux-mêmes mineurs au moment des faits. Et leur victime avait moins de 10 ans dans 62 % des cas. «Ce phénomène de précocité est extrêmement préoccupant pour l'avenir, qu'il s'agisse des jeunes auteurs ou de leurs victimes. Que deviendront ces enfants à l'âge adulte ? Comment vont-ils nouer des relations amoureuses apaisées ?» s'interroge la présidente de l'Association des magistrats de la jeunesse et de la famille (AMJF), Marie-Pierre-Hourcade, dans son petit bureau du Palais de justice de Paris.

Toujours plus jeune, plus "trash"

En 2013, les viols ont représenté 60 % des condamnations pour crimes chez les moins de 18 ans, un chiffre qui s'élève à 91 % chez les moins de 13 ans. Chaque année, près de 1 500 préadolescents (moins de 13 ans) sont impliqués dans des affaires de viols ou d'agressions sexuelles : 322 ont été condamnés en 2013 sur un total de 1 645 mineurs (moins de 18 ans). Tous les milieux sociaux sont concernés, populaires comme privilégiés. «Les relations sexuelles entre jeunes mineurs se passent dehors, dans les cages d'escalier, ou à la maison quand les parents sont absents», poursuit Marie-Pierre Hourcade, qui trouve, en se plongeant dans les nombreuses procédures, des mots trash dans la bouche de gamins ayant accès à la sexualité de plus en plus tôt sur Internet : «Vers 12 ou 13 ans, les filles veulent faire comme dans les films porno. La fellation, la sodomie, elles le vivent de manière banalisée sans prendre conscience de ce que cela représente, souligne la magistrate. C'est toute la difficulté pour nous, juges des enfants, qui cherchons à comprendre si la relation a été subie ou non : comment parler de consentement libre quand une gamine n'a que 11 ans ?»

Tous ceux qui ont vu le film Polisse, réalisé par Maïwenn en 2011, se souviennent de cette scène effarante où une jeune adolescente avoue avoir fait des fellations à plusieurs garçons de son école pour récupérer son téléphone : «C'était un beau portable quand même !» se justifie-t-elle face aux enquêteurs nerveusement hilares de la brigade des mineurs. Du cinéma inspiré du réel, de la sidérante banalité de la «BDM», la brigade des mineurs. «Le sexe chez les jeunes, c'est comme on joue aux cartes, ça sert à passer le temps», a lancé un enquêteur à la romancière Claire Berest, qui a passé plusieurs mois à suivre les enquêteurs parisiens, une immersion dont elle a tiré en 2014 un récit édifiant : Enfants perdus, enquête à la brigade des mineurs (éd. Plein jour). «C'est toujours plus jeune, plus trash, plus violent, à 12 ans, là ça ne me fait plus rire», lui a confié un enquêteur. «Là, on en est à gérer régulièrement des gamins qui sont en cinquième ou sixième», soupire une collègue. «A quatre avec une fille pour eux, c'est la normalité», poursuit une autre, désarçonnée par cette génération éduquée sur YouPorn qui lui est devenue étrangère. Comment distinguer l'agression sexuelle du jeu trash entre pré-adolescents qui tourne mal ? Quel traitement réserver à ce type d'affaires ?

A la brigade de la protection des familles (BPF) des Yvelines, située au coeur d'une zone pavillonnaire de maisons en meulière à Viroflay, sept enquêteurs se chargent de recueillir la parole des victimes et auteurs de violences sexuelles. Leur spécialité, «l'intrafamilial». C'est le frère qui s'en est pris à sa petite soeur, à sa petite cousine, plus rarement à son cadet. A 13 ans, la garde à vue n'est pas autorisée, l'agresseur présumé est convoqué en «retenue». Dans les locaux de la BPF, des affiches de films d'animation - Cendrillon, Sammy 2 - tapissent les murs. Dans le bureau du capitaine Marie Drot se côtoient les cartes postales paradisiaques et l'affiche de Polisse, fiction qu'elle juge «tout à fait réaliste». «C'est vrai qu'on observe une banalisation du sexe à tous points de vue chez les mineurs. Avant, quand on demandait à un jeune s'il avait déjà une vie sexuelle, il nous répondait oui à 15 ou 16 ans, aujourd'hui, des gamins de 12 ou 13 ans ont une vie sexuelle, physiquement parlant, comme si c'était un passage obligé», relève l'enquêtrice, jolie brune de 37 ans, arme à la ceinture et lacets fluo aux baskets, qui a passé cinq ans à la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis avant d'arriver dans les Yvelines en 2009. «Tant pis si mon propos peut paraître vieux jeu, mais, à mon époque, on "sortait" avec un garçon. Aujourd'hui, des filles au collège peuvent faire une fellation comme nous, à l'époque, on se faisait un bisou, poursuit-elle. Les réseaux sociaux n'arrangent rien, il est devenu fréquent pour les ados de se masturber ou de se déshabiller devant une webcam.»

Comment leur expliquer que c'est mal

Dans ce monde virtuel, bon nombre de garçons convoqués à la BPF qui ont imposé des pratiques sexuelles à leur petite soeur pendant des semaines, voire des mois, n'ont pas conscience de l'extrême gravité de leur acte. Dans les histoires de violences sexuelles commises vers 12-13 ans, la victime se trouve presque toujours dans l'entourage, en famille, au collège ou chez les voisins. Un moment d'intimité - baby-sitting, week-end entre potes - permet de passer à l'acte. «Le lien familial, affectif, leur donne l'impression que la victime est consentante. Pour eux, une petite soeur représente une relation facile, "disponible", à volonté. Cela peut commencer par une caresse puis monter en puissance. Ce genre d'affaires arrive dans les milieux tout à fait bien, sans carence éducative. Pour les parents, c'est une déflagration, ils se retrouvent devant une situation compliquée : protéger leur fille, mais ne pas lâcher leur fils.» Durant la «retenue» (une douzaine d'heures au maximum), les enquêteurs de la BPF tentent d'expliquer à des ados immatures trépignant sur leurs chaises le mal infligé à leur victime : «Si on leur met trop la pression morale, on les perd : ils regardent ailleurs, lèvent les yeux au ciel, s'impatientent. Mais notre rôle consiste bien à leur expliquer les conséquences de leurs actes, la réalité des choses, l'importance des sentiments, c'est primordial de leur tenir ce discours-là. Avec des jeunes de cet âge, on est sur de l'éducatif.» En France, la loi est très claire : un mineur de moins de 13 ans ne peut être envoyé en prison puisqu'il n'est pas un délinquant comme les autres, selon l'esprit fondateur de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante. Pour l'éduquer, le punir, le surveiller, le code pénal tient donc à la disposition des juges des enfants un panel d'alternatives à l'incarcération. D'abord des «mesures éducatives» : l'avertissement, le placement, la liberté surveillée, c'est-à-dire le suivi par un service de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Ensuite, les «sanctions éducatives» : l'interdiction de rencontrer la victime, l'interdiction de rencontrer les coauteurs, la mesure de réparation... Enfin, les peines : le suivi sociojudiciaire, l'emprisonnement avec sursis simple ou assorti d'un travail d'intérêt général...

Il a 13 ans, elle en a 4...

En 2013, le tribunal pour enfants de Nice a condamné David (2) à cinq ans de prison avec sursis et à huit de suivi sociojudiciaire avec obligation de soins. Il n'avait pas 13 ans au moment des faits, en juillet 2010. Cet été-là, les vacances s'étirent entre barbecues et balades en Dordogne, où deux familles ont pris l'habitude de se retrouver. Les parents sont amis, leurs enfants sont amis, la vie est belle, jusqu'à ce que l'un des couples découvre que sa petite dernière, Carla, 4 ans, a subi un viol dans la cabane au fond du jardin. L'auteur n'est autre que David, le fils de leurs amis. «Le monde leur est tombé dessus», résume Me Pascale Lascaray, l'avocate des parents de la petite, un couple d'artisans maroquiniers installé dans le Sud-Ouest. Premier réflexe, le couple tente de discuter avec l'ado, accompagné de son père. Le gamin, qui n'a pas l'air de réaliser, affiche juste la gueule renfrognée de celui qui va se faire engueuler. Une attitude déchirant le coeur du père de Carla, qui lui donne une gifle et dégaine un fusil pour lui ficher la trouille. La chronologie de la vie judiciaire se montre alors d'une maladresse infinie : en mai 2012, le père de Carla est convoqué par le tribunal de Bergerac pour coups et blessures sur le violeur présumé de sa fille avant même que ce dernier n'ait été jugé à Nice, où sa famille réside. Meurtri d'avoir été traité comme un voyou, le père condamné à une sanction de 300 € d'amende avec sursis n'aura de cesse de rappeler que la vraie victime, c'est sa fille. Pas son violeur. «C'est l'une des affaires les plus difficiles que j'ai connues», poursuit Me Lascaray, qui en a pourtant vu passer en vingt ans de barreau... A propos des parents de Carla, dont elle prend régulièrement des nouvelles, elle se souvient «de clients magnifiques de dignité, soudés, quand l'un pleurait, l'autre lui donnait la main. Des gens intelligents à qui j'ai dû expliquer que le violeur de leur fille n'irait pas en prison. Aujourd'hui la fillette va bien, même si je me méfie des bombes à retardement. Le couple, lui, n'y a pas survécu...»

Le travail des juges et des thérapeutes

Comment expliquer à des parents de victimes que l'agresseur ne sera pas détenu parce qu'il bénéficie de l'excuse de minorité ? Comment décider de la sanction la plus juste ? En trente ans de métier, la juge des enfants Laurence Bellon, longtemps à Lille avant de partir pour Lyon, s'est forgée un credo : le temps. Du temps pour les auditions, du temps pour les familles, du temps pour le procès. Plus que la durée de la peine, c'est le travail d'accompagnement qui s'avère, selon elle, déterminant : «Il faut marquer le coup, quand je reçois les adolescents et leurs parents, c'est une heure d'audition, pas dix minutes. Ce qui compte pour moi, ce n'est pas tant la fin du procès - à combien les auteurs ont été condamnés - que la qualité de l'audience. Le procès doit être l'occasion de transmettre aux jeunes accusés et à leur victime les valeurs de notre société en matière de respect de l'autre, et de respect de sa sexualité.»

Comme dans cette affaire dont s'est occupée la juge Bellon : une fête entre collégiens de bonne famille qui a mal tourné. Hugo, 13 ans, abuse d'une camarade, mais comme les deux sont trop ivres, trop de vodka, la jeune fille n'a pas su dire non. Le jeune agresseur est condamné à plusieurs années de prison avec sursis assorti d'un travail d'intérêt général. A l'audience, face à lui, sa victime a exprimé sa tristesse : «Ma première fois est gâchée pour toujours.» Autre affaire, autre week-end qui tourne mal dans un milieu moins favorisé : cinq ados, de 13 à 17 ans, invitent une camarade de classe chez l'un d'eux. Le vendredi soir, en balade le long du canal, les deux plus âgés l'emmènent dans un garage désaffecté et lui demandent des fellations. Elle n'ose dire non, de peur d'être exclue de la bande. Le samedi, les cinq continuent à la bousculer, à lui réclamer des fellations ou des attouchements. Le week-end s'entrecoupe de scènes banales entre copains : jeux vidéo, films à la télé, menthe à l'eau. Sur l'enregistrement de leur forfait, filmé par l'un d'eux avec son téléphone portable, on les voit déshabiller la jeune fille et découvrir, l'air dégoûté, qu'elle n'est pas épilée comme une actrice porno ! «Ils ne connaissaient la sexualité qu'à travers ce qu'ils en ont vu dans les films X, raconte Laurence Bellon. Le procès a duré une journée et demie, chaque fois, j'ai demandé à la victime de réagir à ce que disaient les accusés. Les cinq ados ont été condamnés à des peines de prison ferme, ou pour les plus jeunes ou les moins impliqués à du sursis et mise à l'épreuve. A la fin, ils lui ont demandé pardon. Elle l'a accordé à certains.»

Statistiquement, sur 100 préados jugés pour agressions sexuelles, de 90 à 95 % des actes commis relèvent du dérapage ou de la découverte de la sexualité, selon Laurence Bellon : «Pour les 5 à 10 % restants, l'agression sexuelle peut marquer l'entrée dans la perversion ou dans une période de crise grave et ils présentent alors un réel risque de récidive. C'est sur cette tranche-là qu'il ne faut pas se tromper de diagnostic. Pour la majorité, il faut rassurer les parents, persuadés qu'ils ont mis au monde des pédophiles. Ne pas lâcher prise pour ramener ces jeunes sur la rive.» C'est ce que tentent de faire les thérapeutes sollicités par les juges. Comme à La Roche-sur-Yon, où l'équipe de l'association Rapav (Réflexion et aide pour les auteurs de violences) menée par la psychiatre Marie Réveillaud et la psychologue Barbara Smaniotto, maître de conférence, à l'université Lyon-II, suit de jeunes ados accusés de violences sexuelles. Une douzaine de séances s'organisent par groupe de quatre à six. «S'il y a un jugement et un soin adaptés, nous pouvons sauver un adolescent et l'aider à retrouver une sexualité structurée, relève le Dr Réveillaud. La plupart sont conscients d'avoir eu une proie. Ils ont été poussés par quelque chose en lien avec leur histoire, peut-être une revanche par rapport à l'impression d'avoir été étouffé, non reconnu.» Le dispositif thérapeutique - baptisé «Conduite accompagnée» - s'inspire d'un jeu de société : le joueur avance son pion sur un parcours jalonné de questions abordant la sexualité, la transgression, la place des victimes, etc. Par exemple, à l'étape 2 : «A quoi ça sert, d'aller voir des scènes porno ?» Etape 5 : «Ils ont obligé un enfant à se déshabiller, que risquent-ils ?» Etape 6 : «Quel genre de père voudrais-tu être ?» «L'objectif premier, c'est de prévenir la répétition et d'éviter l'amorce d'une carrière dramatique car on sait que les agresseurs sexuels ont commencé dans leur jeunesse. Il s'agit d'engager le jeune sur un travail sur soi, sur la sexualité, les désirs ou la relation aux autres», souligne la psychologue Barbara Smaniotto. L'effet groupe joue à fond. Comme lors de cette séance où un jeune, accusé d'avoir agressé son petit frère, a confié qu'il avait autrefois été abusé par son père. Encore un qui va jouer la victime, l'irresponsable, s'est dit l'équipe. Sauf que, ce jour-là, un autre ado accusé d'agression sur son jeune voisin a pris la parole : «Ça m'intéresse, ce que tu racontes, car c'est peut-être ce que ressent celui que j'ai violé...» Pour la première fois, ça n'était plus du jeu, ni une réplique de film. M.H.

Enquête réalisée auprès de 1 210 victimes âgées de 15 à 72 ans.

Les prénoms des mineurs ont été modifiés.

Marianne, no. 943 - Reportage, vendredi 15 mai 2015, p. 60,61,62,63,64,65

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