lundi 25 mai 2015

Mystérieuse série noire à la Bourse de Hong Kong

Jeudi, trois valeurs ont brutalement plongé. Un milliardaire a perdu 15 milliards de dollars en 24 minutes.


La concomitance est troublante. Les actions de trois sociétés, détenues par deux actionnaires majoritaires distincts, viennent de connaître, à Hong Kong, une dégringolade sans précédent, sans que l'on sache précisément les raisons de cette chute. Jeudi, ce sont Goldin Financial et Goldin Properties, toutes deux contrôlées par le milliardaire Pan Sutong, qui ont violemment décroché, perdant plus de 50 % de leur valeur. Chacune de ces deux actions avait connu depuis le début de l'année une ascension fulgurante de plus de 300 %!

La veille, Hanergy, une société spécialisée dans l'énergie solaire, s'était effondrée de 47 % en seulement 24 minutes, ce qui a valu à son patron Li Hejun de perdre 15 milliards de dollars. La chute du titre a coïncidé avec l'assemblée générale annuelle des actionnaires, à laquelle Li Hejun n'a pas assisté, lui qui détient environ 80 % de l'entreprise et figure parmi les hommes les plus riches de Chine. Avant cette journée noire, l'action de Hanergy avait grimpé de 162 % depuis le début de l'année à la Bourse de Hong Kong et sa valeur avait même été multipliée par 6 en un an. Sa cotation a été suspendue mercredi, mais il a fallu que le groupe le demande car il n'existe pas de coupe-circuit automatique pour stopper des mouvements brutaux au cours d'une séance à Hong Kong.

L'opérateur de marché n'a pour l'instant donné aucune explication, pas plus que le régulateur (Securities and Futures Commission), si bien que le plus grand mystère règne. Si rien n'est fait, cet épisode risque de nuire à l'image de la place de Hong Kong.

En attendant, l'attention se focalise sur les similarités troublantes qui existent entre les sociétés touchées : toutes les trois avaient connu un parcours boursier spectaculaire avant de sentir subitement le soufre. Positionnées sur des industries en difficulté (en Chine, le solaire et l'immobilier sont à la peine), il est possible que des soupçons se portent sur la fiabilité des comptabilités qu'elles avaient présentées jusqu'à présent.


Les Echos, no. 21943 - Finance & Marchés, vendredi 22 mai 2015, p. 26
GABRIEL GRESILLON

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