mardi 2 juin 2015

Premiers cas mortels de coronavirus MERS en Corée du Sud

La Corée du Sud a fait état mardi des deux premiers décès dus à une épidémie du coronavirus MERS qui a contaminé 25 personnes et suscité la mise en place de mesures de surveillance chez ses voisins asiatiques.


Il s'agit des premiers cas mortels du coronavirus en Asie depuis le décès en avril 2014 d'un homme en Malaisie.

La propagation du MERS, un virus plus mortifère mais moins contagieux que celui du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait fait près de 800 morts dans le monde en 2003, a déclenché l'inquiétude générale dans la quatrième économie d'Asie.

Les voisins de Séoul sont également préoccupés. En Chine, les médias officiels ont rapporté que des centaines de personnes avaient annulé leur voyage en Corée du Sud.

La Thaïlande et le Vietnam ont annoncé qu'ils renforçaient la surveillance des passagers débarquant dans leurs aéroports en provenance de Corée du Sud.

L'ancienne colonie britannique de Hong Kong a également intensifié ses mesures de veille et placé en quarantaine 18 personnes qui étaient assises à côté d'un Sud-Coréen infecté la semaine dernière.

Le ministère sud-coréen de la Santé a annoncé la mort d'une femme de 58 ans et d'un homme de 71 ans. Le nombre total de personnes infectées s'élevait à 25 lundi soir, dont les deux personnes décédées.

Le premier cas avéré de coronavirus MERS avait été constaté le 20 mai chez un patient de retour du Moyen-Orient.

Environ 750 personnes, exposées directement ou indirectement au virus, ont été placées en quarantaine, que ce soit de manière volontaire ou contrainte.

- Appel à la coopération -

Celles-ci "subissent certainement beaucoup de contraintes dans leur vie quotidienne mais s'il vous plaît, coopérez, pour votre propre sécurité, celle de votre famille et de vos voisins", a plaidé le ministre de la Santé Moon Hyung-Pyo. La période d'incubation est de 15 jours.

Les habitants ont été invités à se laver les mains fréquemment et à porter des masques chirurgicaux dans les lieux publics. Les commerçants en ligne ont signalé une hausse de 700% des ventes de ces protections pendant le weekend.

A la Bourse de Séoul, les actions de certains groupes pharmaceutiques ont grimpé de 15% mais les titres de compagnies aériennes et de voyagistes ont dévissé.

Dans la province de Gyeonggi, où la patiente de 58 ans est décédée, une quarantaine d'écoles maternelles et primaires ont fermé provisoirement leurs portes, les parents inquiets préférant garder leurs enfants à la maison.

L'origine de cette épidémie est imputée à un homme de 68 ans diagnostiqué deux semaines après son retour d'un séjour au Moyen-Orient lors duquel il a passé deux jours en Arabie saoudite, premier foyer de la maladie.

Les premières contaminations concernaient des personnes directement en contact avec le premier patient mais les autorités ont signalé deux cas de contamination tertiaire, ce qui ne devrait pas manquer d'ajouter à l'inquiétude.

Parmi les malades, trois sont dans un état critique, a expliqué Kwon Jun-Wook, un haut fonctionnaire du ministère de la Santé. Environ 240 personnes ont été interdites de voyage à l'étranger.

- 'Panique naissante' -

Le Premier ministre par intérim Choi Kyung-Hwan a promis des "efforts tous azimuts" pour limiter la propagation de la maladie et tenter de calmer "la panique naissante" de la population.

Les autorités sud-coréennes sont accusées d'avoir tardé à prendre des mesures pour identifier les porteurs potentiels après le diagnostic du premier infecté. Elles sont aussi critiquées pour n'avoir pas empêché un porteur probable de se rendre en Chine.

Cet homme de 44 ans, dont le père était porteur du virus, avait passé outre les consignes de prudence et pris l'avion pour Hong Kong et la Chine continentale avant d'être déclaré contaminé vendredi. L'homme est sous quarantaine dans la ville chinoise de Huizhou.

Plus de 20 pays ont été touchés par le virus, pour lequel il n'existe aucun vaccin ou traitement. La plupart des cas ont été recensés en Arabie saoudite (plus de 400 cas mortels depuis 2012).

Comme le virus responsable du SRAS, le coronavirus MERS provoque une infection des poumons, et les personnes touchées souffrent de fièvre, de toux et de difficultés respiratoires. A la différence du SRAS, il génère aussi une défaillance rénale. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, 36% des malades connus sont décédés.

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