vendredi 29 octobre 2010

Henri de Castries : « Cet accord nous permet de changer d'échelle en Chine »

Les Echos, no. 20795 - Finance, vendredi, 29 octobre 2010, p. 28

Henri de castries, pdg d'AXA

Ce nouveau partenariat est-il une façon de reconnaître que votre coentreprise avec Minmetals ne vous a pas donné satisfaction jusqu'à présent ?

Absolument pas. J'en veux pour preuve le fait que nos affaires nouvelles ont encore augmenté de 54 % au premier semestre et que nous venons de battre, ce mois-ci, notre record historique de ventes en Chine. Par ailleurs, je suis convaincu que c'est parce que nous avons eu ce joint-venture avec Minmetals qu'ICBC a souhaité travailler avec nous aujourd'hui. Il nous a permis de faire nos preuves sur ce marché. Il y a 28 assureurs étrangers en Chine, ICBC avait donc 27 autres possibilités. En Chine, il faut savoir s'inscrire dans la durée, et c'est ce que nous a permis de faire notre joint-venture avec Minmetals. Simplement, c'était un partenariat qui ne nous apportait pas suffisamment sur le plan de la capacité de distribution et de pénétration de ce marché au regard de notre ambition.

N'avez-vous pas eu un sérieux dilemme avant d'accepter de renoncer à la majorité du capital ?

D'abord, il est gravé dans le marbre que le directeur opérationnel de ce joint-venture sera nommé par AXA. Surtout, il n'y a pas à avoir le moindre dilemme lorsqu'on vous demande de choisir entre 51 % d'une petite assiette et 27,5 % d'une très grosse. Il faut bien réaliser que l'accord avec ICBC nous permet tout simplement de changer d'échelle, et que de ce fait il n'y avait pas à hésiter. ICBC n'est ni plus ni moins que l'acteur bancaire le plus puissant de Chine, avec quelque 16.000 agences, 235 millions de consommateurs, 70 millions de titulaires de cartes de crédit, ce qui en fait la deuxième banque au monde sur ce plan. C'est surtout le réseau de distribution le plus puissant et nous allons donc avoir un accès sans précédent aux consommateurs.

ICBC pourra nouer des accords commerciaux avec d'autres assureurs. N'était-ce pas négociable ?

ICBC a déjà des accords commerciaux avec une cinquantaine de partenaires ici. Il nous semble naturel de maintenir cette possibilité, car il existe des produits que nous ne souhaitons pas commercialiser, par exemple parce que que nous ne les trouvons pas assez rentables, mais qu'ICBC souhaite pouvoir proposer à ses clients. Il est donc nécessaire qu'il puisse se fournir ailleurs. En revanche, nous avons l'exclusivité d'un partenariat capitalistique avec ICBC.

Quels sont vos objectifs ?

Nous pensons que les choses vont démarrer très vite et que dès 2011, ce partenariat aura un impact significatif sur les résultats d'AXA en Chine. Mais notre but est d'être là à long terme. Car la Chine nous semble être un marché en plein développement en matière d'assurance et qui, par conséquent, devrait croître très rapidement dans les prochaines années. Nous avons donc pour objectif de devenir la première coentreprise dans le secteur de l'assurance et un des tout premiers joueurs sur le marché chinois. ICBC a les moyens de se mesurer à un géant de l'assurance local comme China Life.

Propos recueillis par gabriel gresillon

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