jeudi 13 janvier 2011

Les tentatives pour freiner la hausse de l'immobilier chinois se multiplient

Les Echos, no. 20847 - International, jeudi, 13 janvier 2011, p. 7

Taxes sur les transactions, mise sur le marché de nouveaux terrains constructibles : la Chine veut à tout prix casser une spirale de hausse socialement épineuse.

Comment casser la spéculation immobilière ? Devant une hausse vertigineuse du prix du mètre carré, les autorités chinoises ont manifestement décidé de tester un mécanisme de taxation des transactions immobilières. Hier, on a appris que les municipalités de Chongqing et Shanghai, qui ont respectivement vu le mètre carré s'apprécier de 29 % et 26 % en 2010, allaient mettre en place un tel système. A Chongqing, la mégapole du Sud-Ouest, il s'agit d'une taxe s'élevant à 1 % de la transaction, mais uniquement pour les propriétés de luxe. A Shanghai, il s'agirait de taxer les bâtiments neufs.

Un avant-goût de réforme

Ces deux expériences apparaissent comme un avant-goût d'une réforme que beaucoup anticipent au niveau national pour 2011. Alors que les économistes peinent à s'accorder sur l'existence ou non d'une bulle immobilière, il ne fait pas de doute que les prix ont atteint des niveaux intenables dans certaines villes. A Pékin, championne toutes catégories, le mètre carré aurait augmenté de 42 % sur un an, à en croire la société « China real estate information corporation ». Ce mouvement ne fait pas que des mécontents : les transactions immobilières sont en hausse de 70 % sur un an. D'après des chiffres publiés par le « China Daily », les cessions de terres constructibles sont si lucratives pour les gouvernements locaux qu'elles sont devenues leur première source de revenus. En 2009, elles représentaient en moyenne 46 % de leurs rentrées d'argent, avec un montant estimé à 1.500 milliards de yuans, soit 226 milliards de dollars. Acheter un appartement dans les grandes villes devient de plus en plus difficile pour les classes moyennes. En dépit de mesures prises l'année passée par les autorités pour limiter la spéculation, la hausse des prix ne s'arrête pas.

GABRIEL GRESILLON

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