vendredi 18 février 2011

La nouvelle A6, une pure Audi - Alain Constant


Le Monde - Rendez-vous, vendredi, 18 février 2011, p. 23

Et maintenant, le plus dur commence. Ces quelques mots résument l'état d'esprit des responsables d'Audi en ce début d'année. Depuis une décennie, la marque aux anneaux accumule bonnes nouvelles et nouveaux modèles. Sur le marché " premium ", autrement dit le haut de gamme, l'image d'Audi est aujourd'hui au zénith. Ses berlines, chics et onéreuses, se vendent bien. Ses véhicules de loisirs également. Même la froideur du slogan officiel (" Vorsprung durch Technik ", le progrès par la technique) n'empêche pas le constructeur d'Ingolstadt en Bavière de séduire une clientèle plus jeune (47 ans en moyenne) que celle de ses deux rivaux historiques : BMW (53 ans) et Mercedes (59 ans).

Présent depuis 1984 sur le marché chinois, devenu le plus dynamique au monde, Audi y fait un tabac. Aux Etats-Unis, les ventes sont bonnes. Et en France, la firme bavaroise a créé la surprise en 2010, en dépassant pour la première fois BMW et Mercedes en volume de ventes. En commercialisant, coup sur coup, trois nouveaux modèles à forte personnalité (la citadine A1, l'élégant coupé quatre portes A7 et l'imposante A8 D4), Audi a frappé fort en 2010. " C'est maintenant que le plus dur commence ", résume l'un des responsables.

Comment faire de 2011 une nouvelle année de conquête en continuant de proposer des modèles sur un rythme soutenu ? En attendant le nouveau Q3 et le Q5 hybride, Audi propose sa nouvelle A6, sa grande routière emblématique. Depuis 1968 et l'apparition de l'Audi 100, ancêtre de l'A6, ce segment a toujours été l'un des points forts de la marque.

En 1997, la première A6 voit le jour. Délaissant les formes carrées de l'Audi 100 pour une silhouette plus affinée, la marque réussit son pari stylistique. En 2004, la deuxième mouture d'A6 améliore le confort de conduite, arrondit un peu plus sa silhouette et connaît le succès, notamment en Chine. Aujourd'hui, avec l'arrivée de cette nouvelle génération d'A6, les responsables se heurtent de nouveau à un problème de riches : comment améliorer un modèle qui est déjà le plus vendu de sa catégorie ? La réponse est dans les détails. Visuellement, la nouvelle A6 ne révolutionne pas le design maison : solide, rassurant et plutôt sobre. Plus basse, plus courte (4,92 m) et surtout plus légère que son aînée grâce à l'emploi de l'aluminium, dotée de phares avant plus effilés, la nouvelle A6 est truffée de technologies (optique intelligente, connexions multiples, affichage tête haute, signaux d'alerte...) qui, comme d'habitude, se paient au prix fort. Les motorisations essayées (le V6 FSI essence de 204 ch et le 4 cylindres V6 diesel TDI de 245 ch) sont très agréables, privilégiant le confort à une conduite plus sportive et bénéficiant de la souplesse de la boîte de vitesses Multitronic.

Si le prix d'appel est à 39 900 euros, il faut en ajouter quelques milliers pour profiter d'un tas d'innovations technologiques qui font la réputation de la marque. Encore un peu plus confortable, toujours aussi bien finie et bénéficiant d'une insonorisation frisant la perfection, cette nouvelle A6 devrait connaître une belle carrière face aux BMW Série 5 et Mercedes Classe E, ses rivales de toujours.

Alain Constant

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