dimanche 10 avril 2011

La vie rêvée (et trop bien rangée) des bébés couples - Marie Huret


Marianne, no. 729 - Magazine, samedi, 9 avril 2011, p. 70

Ils ont à peine 25 ans et déjà parfois dix ans de vie commune. Qui sont ces jeunes qui se mettent en ménage de plus en plus tôt, pour mener des existences plus pépères que leurs quinquas de parents ?

Pas fêtards et déjà pantouflards. Pour leurs 20 ans, Jérémy et sa copine* avaient chacun choisi leur cadeau d'anniversaire. Lui, la télé à écran plat, trop grande pour sa chambre d'adolescent ; elle, le service en porcelaine, en prévision de leur vie à deux. "De la vaisselle, à 20 ans !" s'étrangle Paul, le père de Jérémy, un éditeur parisien. Leur maturité, ça devrait le combler, mais ça le plombe. Car son fils de 23 ans sort avec la même fille depuis le lycée. Six ans qu'ils sont scotchés l'un à l'autre. Elle est vendeuse, Jérémy enchaîne les petits boulots. Le couple vient de louer un deux pièces en banlieue parisienne. Ils passent leurs soirées, nichés dans leur cocon Ikea, à regarder les séries américaines. Son môme, Paul l'a pourtant élevé dans une ambiance bohème. "Encore aujourd'hui, à la maison, nous n'avons pas de table digne de ce nom, raconte-t-il. Alors quand je vois mon fils si casanier, j'ai l'impression de voir ses grands-parents, comme si on avait sauté une génération ! Ma crainte, c'est qu'à 35 ans la vie ne le rattrape."

A l'âge où l'on enchaîne les premières fois, où l'on se frotte aux amours lycéennes, ces couples-là restent ficelés, inséparables. Ils font l'inverse de tout le monde. De leurs copains qui alternent les flirts et les râteaux. Des parents divorcés qui se lâchent et papillonnent comme des gamins. A 26 ans, eux célèbrent déjà l'étain, leurs dix ans de relation, et s'offrent le symbole de leur amour : leur premier lave-vaisselle. Ou un chien.

Nos ados sont-ils vieux ?

On les traite de vieux couples ? Ils assument ! "On passe pour des extraterrestres auprès de nos potes, mais on s'en fiche", relève Olivier. A 27 ans, ce cadre dans une ONG vit avec Anne, 27 ans, avocate à Paris. Tous les 24 février, ils se font une soirée romantique pour commémorer leur premier baiser. Ça fait dix ans que ça dure, plus d'un tiers de leur vie... A l'époque, le speed dating n'existait pas, la drague à la chaîne sur Internet non plus, ces deux-là sont de la vieille école. Ils sont "sortis" ensemble. Ce fut leur première histoire, et la seule. "Durant mes études, j'ai changé de fac plein de fois, déménagé tous les ans, raconte Olivier. Ma copine a toujours été là. C'était mon point fixe, ma valeur ajoutée, ma meilleure amie permanente."

La nouvelle tendance émerge, à contre-courant, grignotant le fatalisme ambiant qui prédit le naufrage d'un mariage sur trois et bouleversant le calendrier d'entrée dans la vie adulte : leur mue à peine achevée, les "adulescents" enfilent les oripeaux de la conjugalité. A 25 ans, ils s'aiment et se chamaillent comme de vieux couples. La routine les rassure. Quand leurs amis viennent dîner, c'est blanquette de veau et tout le monde au lit à minuit. Demain, il y a école. Une enquête de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée en 2010 confirme cette tendance à la nidification chez les jeunes. Entre 1982 et 1999, la proportion des 20-24 ans vivant en couple, mariés ou non, n'a cessé de baisser, les premières unions devenant plus tardives, mais aussi plus fragiles. Or, depuis 2000, cette chute s'est arrêtée. La tendance, désormais, se stabilise : 31 % des femmes et 16 % des hommes de 20-24 ans vivent en ménage. Une petite révolution. Rien à voir avec les Tanguy, ces éternels marmots qui s'incrustent chez leurs parents : les petits couples, eux, se protègent ensemble des récifs du dehors. "Ils se sont formés très tôt, installés dans la durée, la fidélité et un amour solide, analyse Michel Fize, sociologue au CNRS et spécialiste de l'adolescence. C'est leur manière de se poser en réaction à l'instabilité ambiante, de répondre à l'inconstance des parents qui se séparent et se recomposent. Pour le coup, ils nous donneraient presque une leçon de morale." Nos ados sont-ils vieux plus tôt ? D'où vient cette constance dans une société où l'on zappe ses partenaires ? Est-ce grave, docteur ?

Ode au ronron domestique

Fabrice n'a connu qu'elle. Elise n'a connu que lui. Ils ont 27 ans, leur relation s'est nouée après le bac. Elle n'a pas eu le diplôme, lui non plus. Ils retapent leur maison, paumée en pleine campagne. Aller au Quick ou au cinéma, c'est l'expédition, 40 km aller-retour jusqu'à Poitiers, la ville la plus proche. Parfois, des amis débarquent de Paris le week-end, le reste du temps, ils vivent tous les deux, dînent tous les deux, dorment tous les deux. Quand Elise, monitrice d'équitation, rentre tard, Fabrice lui prépare à dîner, puis branche un DVD. "Nos potes, même nos parents, disent qu'on est un vieux couple. C'est vrai que nos soirées, ça fait plan-plan, reconnaît-il. Avant, nous sommes beaucoup sortis en boîte de nuit, nous en avons profité, ça nous plaît de rester à la maison." Le mariage ? A l'été 2012. Fabrice a fait sa demande à 20 m du sol, dans une cabane nichée dans les arbres en forêt. Il avait tout prévu, le bouquet, la bague en or, et le oui d'Emilie.

Cette ode au ronron domestique prématuré n'étonne par le sociologue Jean-Claude Kaufmann, spécialiste de la conjugalité, qui a su montrer comment les marmites fabriquent la famille, et la corvée de linge, la vie à deux. "Les moments consacrés à la vaisselle, au petit déjeuner représentent un marqueur d'entrée dans la grande vie, on se comporte comme papa et maman, c'est un rituel de réassurance, souligne-t-il. Ces petits couples n'ont pas l'impression d'être dans quelque chose d'enfermant ou d'asphyxiant. Ils se créent leur petit monde contre le monde."

Les parents, eux, sont vite dépassés par le côté solennel de ces installations qui échappent au déterminisme statistique. En France, comme chez nos voisins européens, on se met en couple plus tard (27 ans pour les hommes et 25 ans pour les femmes) et on se marie plus tard encore (respectivement à 31,6 ans et à 29,7 ans en 2009). Alors, quand la lune de miel survient trop tôt, les mères, accablées, se plaignent : "Mon gamin est étriqué !" Les pères usent de métaphore pour mettre en garde leur progéniture : "Il y a plein de poissons dans la mer, pourquoi tu ne vas pas voir ailleurs ?" En creux se dessine l'angoisse des géniteurs d'encaisser un coup de vieux bien avant l'âge. "Un enfant qui ne le reste plus très longtemps en s'installant en couple, c'est une mère ou un père qui ne peuvent plus rester jeunes, souligne le sociologue Michel Fize. C'est pourquoi les parents freinent des quatre fers."

Le couple, ça tient chaud

Divorcée et ex-baba cool, Helena, 48 ans, travaille dans la publicité. Elle a du mal à digérer que son fils Balthazar, 19 ans, sorte depuis deux ans et demi avec Léa, 18 ans. Ils se sont rencontrés au collège, à Paris. Depuis Léa squatte des nuits à la maison, avec un sans-gêne qui énerve passablement Helena. "A cet âge, notre génération pensait plutôt à s'amuser, dit-elle. Les histoires d'amour, ça ne durait que quelques mois - et encore." Il y a six mois, Balthazar a arrêté ses études et pris une "année sabbatique" : le garçon, parti travailler au pair aux Etats-Unis, devrait rentrer cet été. Il communique avec Léa par Skype et MSN. "Il passe son temps à la tromper, mais lui revient toujours. Il dit qu'elle est la mère de ses futurs enfants. Ça me dépasse d'entendre ça dans la bouche d'un gamin ! Car oui, c'est un gamin, qui fait semblant de vivre une vie d'adulte mais ne s'assume pas encore financièrement, raconte Helena. Ils vivent très repliés sur eux-mêmes, pas du tout tournés vers l'extérieur, vers le militantisme par exemple. Ils ont intégré que la vie allait être difficile, qu'ils allaient "en chier", mais ils ont renoncé à vouloir changer le monde. Ils préfèrent se serrer l'un contre l'autre comme des tourterelles."

Est-ce leur manière de recracher des divorces mal digérés ? De culpabiliser leurs parents qui n'ont pas su rester unis ? Tous les prématurés de la conjugalité ne sont pas des enfants du divorce, ils viennent de tous les milieux, ont connu des pères dragueurs à la vie dissolue ou des foyers cimentés par l'institution du mariage. En pleine explosion des recompositions familiales, ils s'arriment au couple par mimétisme parental ou carrément par rejet. Leur quête existentielle d'une relation sérieuse renvoie dans les cordes l'aventurisme de la génération soixante-huitarde. "L'acte sexuel était perçu à cette époque comme un acte de libération ; aujourd'hui, les jeunes ne rêvent plus du tout de ça : ils considèrent que leurs parents se sont aliénés à une sexualité impossible, multipliant les partenaires sans être heureux, observe Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de Poitiers. Quand un gamin a vu sa mère changer cinq fois de partenaire, passer d'un conflit à l'autre, il préfère privilégier la rencontre sérieuse, le partage d'émotions, de sentiments, de plaisir. Dans ce grand désordre ambiant, chacun choisit le modèle qui lui convient."

Entourée de demi-frères et de demi-soeurs, Louise dit sobrement de ses parents qu'ils ont eu des "relations compliquées" et "différentes vies". A 28 ans, elle, c'est le contraire. Son destin glisse sur des rails. Son futur mari, elle l'a connu au lycée. Ils se sont unis en juin 2010, ont acheté un appartement, et pensent au futur bébé. Elle est professeur d'anglais à la Sorbonne, lui, juriste. Lorsqu'elle était étudiante à Normale sup, les fêtes en ont fait imploser, des couples. Pas le leur. Et l'aventure ? Et la séduction ? Ne passe-t-elle pas à côté de sa vie, Louise ? Sa mère a vécu un passé rock'n'roll, mais Louise, elle, revendique sa rébellion casanière. Son mari l'a branchée sur les émissions politiques, elle l'a en retour initié au théâtre. "Nous avons été adolescents ensemble, nous avons trouvé le premier boulot en même temps, tout ça renforce la relation, explique-t-elle. Ça fait cliché de dire ça, mais c'est mon âme soeur. Quand je préparais Normale sup, une période intense, ça m'a beaucoup aidée de l'avoir comme soutien."

Le tournant s'est produit au début des années 2000 : chez les jeunes surdiplômées aussi, on se met davantage en couple. En 2006, la part des filles de 25 ans ayant un diplôme plus élevé que le bac et vivant à deux est supérieure de 3 points à ce qu'elle était en 1999. En cette période de sinistrose carabinée, où les bac + 8 affrontent un long cortège de difficultés, un couple, ça tient chaud. Jamais l'avenir ne leur a semblé aussi sombre : trois ans après leur sortie, 11 % des diplômés de l'enseignement supérieur pointent encore au chômage. "Si on ne parvient plus à briller sur le plan des études, si on doit se contenter d'un travail moyen, il y a de quoi flipper, souligne Catherine Pugeault-Cicchelli, sociologue à l'université Paris-Descartes, qui a étudié le rituel des fiançailles. Vivre à deux, c'est une façon de se dire : "Je suis normal." Etre un petit couple, ça vous confère un statut social."

Ensemble, c'est tout

Dans leur studio parisien de 20 m2, Estelle, 23 ans, et Mathieu, 24 ans, veillent à ne pas se prendre les pieds dans leurs univers respectifs, les cartons à dessin et les câbles de PlayStation. Il ne joue pas non plus de hard rock quand elle est penchée sur sa machine à coudre. La jolie brune a connu Mathieu au lycée. Ils accumulent tous les diplômes possibles : arts plastiques, master de droit, d'économie, de marketing... Puis les stages, les CDD, puis rien. Mathieu vient d'envoyer une centaine de CV dans le vide, elle s'est trouvé un job alimentaire de vendeuse, il s'est remis au baby-sitting : "On travaille alternativement." Ils se partagent son salaire à elle, 1 250 €, pour un loyer mensuel de 650 €, et s'épaulent comme des coéquipiers : "La discussion, c'est le ciment du couple." Au début, leurs parents ont râlé, débité leur discours de gourous soixante-huitards. Eux, ils les ont faits, les 400 coups ; leur jeunesse, ils l'ont consumée et la consomment aujourd'hui à grand renfort de crèmes antirides, et voilà leurs propres enfants rangés comme des petits vieux. "Ma mère me dit que l'on est une génération fatiguée. Ben oui, à force de cumuler les études et les jobs pour gagner notre vie, nous sommes fatigués, explique Mathieu. Notre génération est beaucoup plus économe, plus fourmi, plus sérieuse que celle de nos parents. Il nous faut quelque chose qui nous sécurise. Le phénomène Tanguy, c'était marrant, mais, maintenant, pour s'en sortir chez les jeunes, il faut être deux."

Dans une société où tout est jetable, les mariés comme les salariés, l'autre redevient une valeur refuge : on s'aime autant qu'on s'aide. Les horaires décalés, le travail de nuit, la multiplication des CDD et de l'intérim ont eu de réels effets sur la vie de famille. "Un certain nombre d'enfants ont dû se prendre en main plus tôt que les autres, leurs parents travaillant à des heures impossibles. A l'adolescence, ils éprouvent moins le besoin de tester leur capacité à être seuls, souligne Pascal Hachet, psychologue et spécialiste des adolescents. Le couple apparaît comme un compagnonnage, au sens de la métaphore guerrière - les poilus fonctionnaient en binôme. Dans une société qui ne leur fait aucun cadeau, les jeunes ont besoin de cheminer par deux, le boulot de l'un, c'est de veiller sur l'autre."

Quand il a débarqué en ZEP à Argenteuil, face à une classe de gamins de CE2 surexcités, Damien, instituteur de 26 ans, en a bavé. Le matin, il partait la boule au ventre, Gaëlle était là. Le soir, il rentrait épuisé, Gaëlle était là. Elle l'a beaucoup soutenu. A 26 ans, sa copine depuis sept ans prépare l'école d'infirmière. "C'est mon tour de la soutenir, dit-il. J'essaie d'en faire plus, de lui libérer du temps." Le couple loue un appartement de 45 m2 en banlieue parisienne. Le mercredi, Damien ne bosse pas, il fait les lessives, passe l'aspirateur. Le soir, ils sortent rarement. Leurs amis sont restés à Paris : "On a la flemme de bouger." D'ailleurs, ils ne se considèrent pas comme des baroudeurs - leur dernier grand voyage, ce fut en Corse - ni comme des "superfestifs". Ils aiment être ensemble, c'est tout. "Quand on a compris que la routine n'a rien d'effrayant, et qu'on peut être bien même si on n'a pas la vie la plus exaltante, confie Gaëlle, alors on ne se pose plus de question et tout se passe naturellement."

La rupture ou... l'ennui !

Plus la relation dure, plus elle exige des réaménagements, car les petits couples, à l'inverse des célibataires casés sur le tard, franchissent toutes les étapes : l'épreuve du bac, le choix des études, le bébé, la carrière... Depuis leur rencontre, il y a treize ans, Delphine et Antoine ont grandi ensemble : "On a beaucoup changé, on n'est plus les mêmes qu'au lycée." Il vient de soutenir sa thèse, elle gagne sa vie dans la communication. Pour leurs 10 ans, ils se sont pacsés. Et après ? Comment réenchanter l'avenir quand on est déjà de vieux routards du couple à 28 ans ? Chacun cultive son cercle d'amis. Il n'aime pas bouger, elle part quinze jours en Inde. Sans lui. Pour éviter l'asphyxie, le couple s'est installé en colocation avec des amis, dans une maison de trois étages, en plein quartier populaire de Paris. Delphine qualifie leur histoire de "très forte" tout en lui reconnaissant un principal inconvénient : "C'est qu'elle est unique." Et si l'un(e) allait voir si l'herbe est plus verte ailleurs ? Ils ont beaucoup parlé de cette tentation-là. Pour Delphine, c'est l'inconnu total, elle ne sait plus comment draguer un mec. "Tout ce qui est drague, séduction, c'est zéro, comme pour les conseils à mes copines en matière de rupture, je ne suis pas compétente, ça ne m'est jamais arrivé, confie-t-elle. Si, demain, mon copain me dit qu'il a rencontré la femme de sa vie, ce serait comme si je perdais un frère. Plein de choses s'écrouleraient."

Les petits couples ne sont pas plus inoxydables que les autres, ils implosent même plus vite au démarrage : les filles s'étant casées avant leurs 20 ans ont deux fois plus de risques de rompre dans l'année que celles installées en couple après leurs 25 ans, selon l'Insee. Et les plus fusionnels finissent par s'ennuyer ferme au bout de vingt ans. "Ils se sont connus quand leur personnalité n'était pas aguerrie, pas formée, relève le sociologue de la famille Eric Donfu. Confrontés à l'extérieur, à leurs collègues, à la vie, ils évoluent et risquent de devenir des étrangers."

Après quinze ans de vie commune, Nathalie et Paul ont bien failli se dissoudre l'un dans l'autre. Aux yeux de leurs amis, ils sont devenus une entité, Nath-et-Paulo, une pub vivante pour Ricoré. Tout le monde se sépare ? Pas Nath-et-Paulo. Lui, expert financier, elle, attachée de presse, deux jolies fillettes de 8 et 6 ans, un bel appartement, c'est le couple qui donne envie d'y croire. Dans sa jeunesse, Nathalie s'imaginait libre comme une amazone. Comme sa mère qui a élevé cinq enfants de trois pères différents. Puis ça a été l'inverse, elle a rencontré Paul, un été, à 23 ans, et ne l'a plus jamais quitté. "Parfois, je me dis qu'on s'est rencontrés trop tôt, dit-elle. Mais je sais que je ne vivrai pas une histoire plus belle que celle-là." Après douze ans, le couple décide de se marier. Les invitations sont lancées, Nathalie n'en dort plus, assaillie de doutes : ça rime à quoi ? A-t-elle trahi ses rêves d'ado ? Nathalie se met à sortir, enchaîne les bringues, picole avec ses copines jusqu'à 5 heures du matin : "Ça a été très libérateur et très violent. J'ai réussi à sortir du Nath-et-Paulo qui m'étouffait, il a fallu qu'il suive lui aussi." Il a suivi, et elle, abdiqué sur certains espoirs, comme le font les gens de 50 ans. Elle sait qu'il ne l'emmènera jamais en week-end surprise. Le jour du mariage, Nathalie n'a pas dit oui. Son oui, elle l'a crié de joie à la mairie. Et les amis ont applaudi le couple si parfait, Nath-et-Paulo. M.H.

* Les prénoms ont été modifiés.

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