mardi 19 avril 2011

Le Salon de Shanghaï, vitrine de l'automobile européenne

Le Figaro, no. 20749 - Le Figaro et vous, mardi, 19 avril 2011, p. 31

Le marché chinois fait l'objet de toutes les attentions. Les constructeurs internationaux, allemands et français en tête, lui réservent désormais la primeur de nouveautés majeures.

Aujourd'hui, le centre de gravité de l'industrie automobile mondiale a migré vers l'Asie, et plus précisément la Chine. Les salons de Pékin et de Shanghaï sont devenus d'incontournables plates-formes de lancement pour le haut de gamme et les technologies du futur. Cette année, les marques étrangères se sont envolées pour Shanghaï avec, dans leurs bagages, d'excitantes nouveautés qu'elles vont présenter à un public averti du 21 au 28 avril.

La haute technologie allemande obtient là-bas une excellente audience. Fort du succès remporté par le Q5 déjà assemblé sur place, Audi a choisi d'y dévoiler le troisième larron de sa gamme de SUV de luxe, le petit Q3 qui sera, lui, produit en Espagne par Seat. BMW, de son côté, a fait le déplacement avec un prestigieux coupé Série 6 et une ébauche très fidèle de la future M5. La marque à l'hélice profite aussi de ce grand rendez-vous pour démontrer que son alliance avec Brilliance est résolument tournée vers l'avenir. C'est à ce partenaire local que revient le privilège de présenter une inédite version hybride, rechargeable sur secteur, de la nouvelle Série 5 longue.

Changement de format

Autre preuve de l'intérêt croissant des marques premium pour ce marché en constante évolution, le géant Daimler a choisi d'y révéler les contours totalement remodelés de la future Mercedes Classe A, un modèle dont le format est pourtant typiquement européen.

Un changement de format, c'est une idée qui trotte aussi dans les cerveaux du design de PSA. Citroën passe à l'acte avec la DS5, un crossover qui viendra bientôt coiffer sa gamme. Peugeot se contente d'une déclaration d'intention, mais elle est rassurante quant au potentiel de créativité de son bureau de style. Le prototype du Lion fait un pas de plus que la DS5 en direction du grand SUV. Sa motorisation hybride essence-électricité atteste que, pour percer à l'échelon mondial, il faudra que nos constructeurs nationaux sortent de la monoculture du diesel. Nous notons, une fois de plus, la présence on ne peut plus discrète de Renault sur un marché qui mise pourtant beaucoup sur la propulsion électrique. Son partenaire Nissan en profitera seul. Enfin, chez Volkswagen, on se prend à rêver que la Chine contribuera à l'éveil de Seat. Après Skoda, la marque espagnole effectue cette année ses grands débuts sur la scène de Shanghaï.

Thierry Étienne

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