jeudi 7 avril 2011

Luminarc repart à l'offensive dans le monde - Florentin Collomp


Le Figaro, no. 20739 - Le Figaro Économie, jeudi, 7 avril 2011, p. 22

L'inquiétude des consommateurs sur la nocivité du plastique (bisphénol A) fait les affaires de Luminarc. Une nouvelle gamme de récipients de conservation alimentaire en verre vient marcher sur les plates-bandes de Tupperware. Lancée à l'origine en Chine, cette ligne est produite dans les fours d'Arques, dans le Pas-de-Calais, pour le marché européen. Pour la première fois depuis huit ans, la première marque d'arts de la table mondiale (400 millions d'euros de ventes) va relancer une campagne de communication en France, mais aussi en Chine, au Moyen-Orient et en Inde.

Après une année 2009 difficile, le groupe Arc International, qui possède Luminarc, Cristal d'Arques ou Pyrex, reprend des couleurs - à l'image de sa nouvelle ligne de vaisselle Color Vibrance. Après une perte l'année précédente, le groupe a dégagé un résultat opérationnel courant de 41 millions d'euros et un résultat net de 10 millions en 2010. Son chiffre d'affaires a progressé de 8 %, à 1,1 milliard d'euros, tiré par les pays émergents (+26 %). Objectif : accélérer pour faire passer la part de ces pays d'un tiers de l'activité à la moitié d'ici à 2015.

Sureffectif

Arc International est en pleine mutation pour se transformer de fleuron industriel français en leader mondial des arts de la table. Ses fours en Chine et aux Émirats arabes unis tournent à plein régime pour servir ces marchés en forte croissance, qui compensent la morosité économique de l'Europe. Les capacités en Chine ont été augmentées de 50 % l'an dernier et un nouveau four va être inauguré aux Émirats en juin. Par ailleurs, le groupe cherche des opportunités d'investissement dans le reste de l'Asie, en Amérique latine et en Europe de l'Est.

Parallèlement, la restructuration du site historique d'Arques se poursuit. Un nouveau plan d'économies fixe un objectif de réduction des coûts de 20 % d'ici un an. « Ce travail vise à prémunir Arques contre la concurrence des pays émergents et nous permettra d'attaquer les marchés de l'entrée de gamme où nous n'étions pas compétitifs », explique le président Guillaume de Fougières. Après avoir quasiment divisé par deux ses effectifs sans licenciement depuis dix ans, Arc poursuit ses restructurations. Un sureffectif de 451 personnes sur 6 300 personnes à Arques (et 11 700 au total) doit être résorbé d'ici à mars 2012. « Nous souhaitons éviter les licenciements secs », espère le patron, sans pour autant les écarter. Un plan de départs volontaires aidé est en cours, ainsi que des mesures d'externalisation de personnel via la revitalisation du bassin industriel en y attirant d'autres entreprises.

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