mercredi 28 septembre 2011

De l'Amérique à l'Asie, le monde entier prend peur pour l'euro


Le Figaro, no. 20887 - Le Figaro Économie, mercredi 28 septembre 2011, p. 20

Après la Chine qui a volé au secours de la Grèce dès le début de la crise, Tokyo s'est dit prêt hier à acheter davantage d'obligations du fonds de secours européen.

L'Archipel est le deuxième plus important détenteur mondial de devises après la Chine, avec 1 140 milliards de dollars de réserves de change. Et s'il veut aider l'Europe alors qu'il est plongé dans la récession et endetté à plus de 200 % de son PIB (produit intérieur brut), c'est qu'il est inquiet pour sa propre économie. Il souffre directement de la crise européenne qui provoque notamment une flambée du yen. Et avec lui c' est non seulement l'Asie, mais le monde entier qui prend peur. « La crise commence à nuire à la croissance partout, dans des pays aussi éloignés que la Chine, le Brésil, l'Inde et la Corée », affirme le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner. Son épicentre « est aujourd'hui l'Union européenne », renchérit le ministre des Finances brésilien, Guido Mantega. Et celui-ci de s'agacer au nom des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) du fait que l'Europe « traîne à trouver des solutions ».

En Chine, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance pour 2011 et 2012 à 9,5 % et 9 %, en raison des difficultés des États-Unis et de l'Europe. « La crise de la dette a besoin d'une solution rapide pour stabiliser la confiance des marchés », s'impatiente le gouverneur de la Banque centrale, Zhou Xiaochuan. En Corée du Sud, le Parlement vote vendredi un budget axé sur la création de plus de 560 000 emplois. Une priorité pour Séoul qui veut « minimiser l'impact de la crise mondiale sur l'économie réelle ».

De leur côté, les Brics sont assis sur 4 300 milliards de dollars de réserves de change. Eux aussi peuvent acheter de la dette des États de la zone euro. C'est dans leur intérêt pour ne pas dépendre entièrement du dollar. Mais c'est surtout dans leur intérêt de ne pas voir leur propre développement obéré par la crise des pays occidentaux.

Tel est également le message envoyé hier par le Japon, troisième puissance économique mondiale derrière les États-Unis et la Chine.

BERLIN, GERMANY - SEPTEMBER 27: In this photo illustration a Lego shark chomps down on a Lego figure holding a Greek flag as other figures holding an Italian (L), Portuguese (C) and Spanish flag look on over a sea of Euro coins on September 27, 2011 in Berlin, Germany. Europe is continuing to wrestle with the ominous prospect of a Greek debt default that many fear could spread panic and push the already fragile economies of Italy, Portugal and Spain into a Eurozone crisis with global repercussions.

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