lundi 12 septembre 2011

Pékin reconnaît le CNT comme la nouvelle autorité en Libye

AFP Infos Mondiales - Lundi 12 septembre 2011 - 16:40:10 GMT

La Chine a formellement reconnu lundi le Conseil national de transition (CNT) comme la nouvelle autorité en Libye, a annoncé l'agence de presse Chine nouvelle, citant un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Prenant acte de la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Chine, qui avait demandé la semaine dernière au CNT de "garantir réellement les intérêts des entreprises chinoises en Libye", devient ainsi le dernier membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU à reconnaître officiellement l'organe politique de la rébellion.

"La Chine respecte le choix du peuple libyen et attache une grande importance au statut et au rôle du CNT, et elle a constamment été en étroit contact avec lui", a déclaré Mao Zhaoxu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par Chine nouvelle.

Pékin va travailler avec le CNT pour garantir une transition en douceur en Libye, a dit M. Ma, selon l'agence.

La Chine espère que tous les traités et accords qu'elle a signés dans le passé avec la Libye resteront en vigueur et seront appliqués avec sérieux, a ajouté le porte-parole chinois.

Pékin avait évacué de Libye en février et en mars, lors d'une opération de grande envergure, quelque 36.000 de ses ressortissants employés dans les hydrocarbures, la construction, les chemins de fer ou les télécommunications.

La deuxième économie mondiale avait mis en oeuvre environ 50 grands projets en Libye pour une valeur estimée à au moins 18,8 milliards de dollars (13,1 milliards d'euros), selon le ministère chinois du Commerce.

Pékin, qui a effectué des investissements massifs en Libye dans les chemins de fer, les hydrocarbures et les télécommunications, a longtemps contribué à la stabilité du régime du colonel Kadhafi.

La Chine, qui a des raisons stratégiques et commerciales de ne pas vouloir que les pays occidentaux exercent une trop grande influence en Libye, s'est opposée aux frappes aériennes effectuées par l'Otan pour soutenir la rébellion, et elle a déclaré pendant le conflit que la reconstruction devrait être dirigée par l'ONU.

Les nouvelles autorités libyennes ont indiqué récemment qu'elles examinaient des documents semblant montrer l'existence de démarches chinoises secrètes pour vendre de grandes quantités d'armements au régime du colonel Kadhafi alors que la guerre civile faisait rage, malgré l'embargo sur les armes décidé par l'ONU.

Le quotidien canadien The Globe and Mail a affirmé le 4 septembre que la Chine avait proposé en juillet d'importantes quantités d'armes à Mouammar Kadhafi et avait eu des conversations secrètes sur leur livraison via l'Algérie et l'Afrique du Sud, sans que les armes n'aient été effectivement livrées.

Pékin a démenti ces allégations. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré le 5 septembre que le régime du colonel Kadhafi avait effectivement pris contact avec des sociétés chinoises "à l'insu du gouvernement chinois", mais a affirmé que la Chine ne lui avait pas fourni d'armes de manière directe ou indirecte pendant le conflit.

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