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mercredi 2 juin 2010

Alain Delon, beauté rebelle - Catherine Saint-Jean


Le Figaro, no. 20476 - Le Figaro et vous, mercredi, 2 juin 2010, p. 31

« Eux, c'est l'eau. Moi, je suis le sauvage.
» C'est ainsi qu'Alain Delon résumait son partenariat avec Dior, devant un parterre de journalistes russes, d'emblée conquises par la star française, auxquelles la griffe de luxe présentait son best-seller masculin : Eau Sauvage. Depuis l'année dernière, l'acteur est l'image du célèbre parfum, créé en 1966 par Edmond Roudnitska. Les Russes, elles, l'ont découvert, il y a quelques mois seulement. Mais Delon, elles connaissaient déjà. Dans l'ex-URSS, les seuls films étrangers projetés étaient allemands ou français.

Il a raison le beau brun ténébreux, sur la photo de la pub - un cliché de 1966, aussi... -, son insolente beauté est pimentée d'un je-ne-sais-quoi de rebelle dans le regard qui colle à 100 % avec le choc olfactif engendré par Eau Sauvage lors de son lancement : un hespéridé boosté à l'hédione. Rebelle lui aussi, et chic. On n'est pas près d'oublier l'affiche imaginée alors par René Gruau pour vanter les mérites de cette eau virile : les mollets poilus d'un homme en peignoir.

Et maintenant, le film»

Autant dire que la rencontre entre les deux monstres sacrés relevait de l'évidence, et que leur histoire commune n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. À partir de dimanche, lever de rideau, via les écrans de télévision et de cinéma, sur la saison 2 des aventures de Delon et Eau Sauvage. Au programme, quelques secondes de pur bonheur : Delon torse nu dans le film culte La Piscine. Une vision dont plusieurs générations de filles ne se sont pas encore remises. « Quand on rencontre Delon, on côtoie un mythe. C'est l'une des rares stars françaises à jouir d'une reconnaissance mondiale, rappelle Claude Martinez, PDG des parfums Christian Dior. En Chine, on le vénère. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a accompagné Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration du pavillon français de l'Exposition universelle, à Shanghaï. Delon, en chinois, cela signifie bel homme. Dans La Piscine, il incarne aussi tout un style de vie, élégant et facile. De la villa où se déroule l'intrigue on devine les collines de Ramatuelle, la mer, le Saint-Tropez de la bonne époque. »

Et quand on s'étonne qu'ait été choisi un acteur que la jeune génération connaît mal, Claude Martinez balaie l'objection d'une phrase : « Delon est transgénérationnel. Et puis, c'est le miracle de cette photo de 1966, elle a donné envie aux jeunes de découvrir l'acteur, ses films. »

Pendant ce temps, le parfum, lui, en rajoute dans la sauvagerie. François Demachy, directeur olfactif du groupe LVMH, a planché sur une version extrême d'Eau Sauvage. « Son accord de tête fuse avec un éclat démesuré et, en fond, l'accent est mis sur des notes boisées, radicalement masculines. (...) Eau Sauvage Extrême n'est pas une déclinaison intense de l'accord original. Toutes les notes sont réinterprétées et poussées à leur maximum », explique le parfumeur dans le dossier de presse. Résultat? Encore plus de fraîcheur, plus de puissance. Mais toujours la même élégance.

© 2010 Le Figaro. Tous droits réservés.

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lundi 26 avril 2010

EXPO 2010 - La France est prête à sortir le grand jeu de la « sensualité »

Le Figaro, no. 20443 - Le Figaro, vendredi, 23 avril 2010, p. 6

Julie Desné

Une petite dizaine d'ouvriers en casque orange dépiaute des plantes vertes. Dans le patio du Pavillon France, les jardins à la française verticaux imaginés par les paysagistes de l'agence Ter attendent les dernières finitions. Une petite centaine d'hôtes et d'hôtesses suivent religieusement la visite d'une instructrice qui leur explique le fonctionnement du bâtiment.

Comme d'autres pays, la France participe à certaines des journées tests de l'Expo et ouvre les portes aujourd'hui sur sa « ville sensuelle » avec un pavillon placé sous le signe des cinq sens. Paris a cassé la tirelire pour offrir un parcours d'une dizaine de minutes aux 10 millions de Chinois attendus pendant les six mois de l'Expo autour d'une rampe descendante imaginée par l'architecte français Jacques Ferrier.

Ambiances audiovisuelles et olfactives accueilleront les visiteurs pour une opération séduction minutée du public chinois. « Il est important que l'on soit là. Ce n'est pas une opportunité qui va se représenter dans les dix ans à venir », souligne Franck Serrano, représentant de la Compagnie française pour l'Exposition de Shanghaï 2010 (Cofres) en Chine.

Alain Delon en parrain

Aucun risque n'a été pris pour ce qui va être la vitrine de la France sur un marché toujours prometteur. La Cofres a misé sur les classiques. Le parrain du pavillon n'est autre qu'Alain Delon. Les organisateurs ont ensuite profité de la réputation française en la matière pour proposer des « mariages romantiques ».

Tous les couples vêtus d'habits de noces pourront prononcer leurs voeux d'union au pavillon. L'opération n'est pas passée inaperçue sur le Web chinois, où nombre de forums se sont emparés du sujet. Ce qui vaut sans doute au pavillon français d'être, après celui des États-Unis, le pavillon étranger que les Chinois ont l'intention de visiter, selon un classement établi par l'agence de relations publiques Ogilvy PR.

La scénographie a taillé la part belle à Paris. De nombreuses vidéos mettent la Ville Lumière en scène, des toiles impressionnistes ont été prêtées par le Musée d'Orsay, dont un Gauguin, et Louis Vuitton - sponsor du pavillon - a aménagé un coin inspiré par l'esthétique des stations de métro dessinées par Guimard. Étendard de la culture française, la gastronomie sera représentée par les frères Pourcel, chefs étoilés de Montpellier, au restaurant 6e Sens sur le toit du bâtiment.

Un outil diplomatique

Ce cadre glamour sert aussi à vendre un peu du savoir-faire industriel français, avec la présentation d'une voiture du futur imaginée par Citroën, un espace dédié à Michelin ou encore à Lafarge - tous sponsors du pavillon.

Fière d'avoir été le premier pays étranger à confirmer sa participation, la France espère faire de sa présence à l'Expo un outil diplomatique. « Nous avons une coopération dense, diversifiée, mais parfois éparpillée. L'Expo a été pour nous un fil d'Ariane, l'occasion de créer des synergies », souligne Thierry Mathou, consul général de France à Shanghaï.

La venue de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture de l'Exposition universelle de Shanghaï la semaine prochaine coïncide avec une visite d'État à Pékin le jour précédent au cours de laquelle il rencontrera son homologue chinois Hu Jintao. De nombreuses personnalités politiques, dont les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, sont attendues d'ici à la fin octobre.

Les régions ont également sorti le grand jeu. L'Alsace, l'Ile-de-France et Rhône-Alpes feront la promotion de leur expérience en matière de développement urbain dans leur propre pavillon sur le site de l'Expo - du côté de la zone dédiée aux meilleures pratiques urbaines. Quant à Lille, la ville installera une ambassade hors les murs, pendant quatre mois, dans un petit temple de la rue de Nankin en centre-ville.

Après des années de relations tendues entre Paris et Pékin, la France n'est pas mécontente de profiter de l'accalmie pour rappeler que ses ressortissants représentent la première communauté européenne de Shanghaï.

Shanghaï teste son Exposition universelle

Dix jours avant le coup d'envoi de ce qui promet déjà d'être la plus grande Exposition universelle de l'histoire, Shanghaï teste son site grandeur nature. Des dizaines de milliers d'employés, de retraités ont eu des tickets d'avant-première pour découvrir le site de l'« Expo » entre le 20 et le 26 avril. Et, mercredi matin, 50 000 personnes étaient attendues sur le site. Une petite journée, quand on sait que les pics d'affluence attendus devraient atteindre près d'un million de personnes par jour.

Les Chinois veulent surtout tester leur capacité à gérer cette foule quotidienne sans heurts. Aux portes d'entrée, chacun se prête aux contrôles de sécurité. Les fanions des guides s'agitent déjà au-dessus des têtes et certains groupes sont identifiables à leur casquette monochrome. Pour M. Wang c'est le rouge. « Nous sommes tous retraités et nous avons eu des tickets par notre comité de quartier », explique le septuagénaire, avant de se glisser docilement dans la file.

Depuis plusieurs mois, le bureau d'organisation de l'exposition de Shanghaï annonçait ces tests. À l'intérieur, les pays n'ont pas tous suivi le même calendrier et les casques jaune et orange des ouvriers croisent les casquettes rouges ou bleues de M. Wang et de milliers de ses comparses.

Si l'allée principale, baptisée « boulevard de l'Expo », et les principaux bâtiments chinois comme le centre de conférence, le pavillon thématique consacré au slogan de l'exposition « Meilleure ville, meilleure vie » ou encore le pavillon chinois affichent des façades rutilantes, d'autres participants courent après les pinceaux de peinture et les escabeaux. À la porte du pavillon thaïlandais, des ouvriers s'appliquent sur le ciment du parvis. Entrée dans la course il y a un mois et demi, la Lettonie n'a posé qu'un quart de sa façade de mosaïque argentée. En face, la Petite Sirène du pavillon danois - qui a quitté Copenhague pour la première fois - attend sagement sous un drap de velours rouge pendant que des peintres terminent la façade.

Au détour de certains pavillons s'entassent des planches de bois et des pots de peinture vides en attente d'être débarrassés, tandis qu'à quelques mètres, des files d'attente se forment devant des bornes de réservation disséminées partout sur le site de 5,3 kilomètres carrés. Elles servent à réserver un ticket supplémentaire - et gratuit - pour le pavillon chinois, clou national de l'Expo dont le trafic est savamment régulé.

Des visiteurs s'alignent progressivement dans un ruban de béton qui fait office d'entrée pour le pavillon tchèque. « Nous pensons qu'il est très important de tester le pavillon et la façon dont l'exposition fonctionne avec le public », explique Martina Honcikova, responsable des événements du pavillon de la République tchèque, le seul à participer à toutes les journées d'essai. Un test grandeur nature dès le premier jour, puisque le bâtiment a accueilli 30 000 personnes mardi, soit sa capacité maximale.

Éviter les émeutes

Dans la zone européenne, tout le monde n'a pas la sérénité des Slaves. Certains pavillons attendaient en milieu de semaine une partie de leurs équipes, encore bloquées par le nuage islandais. « L'exposition multimédia ne fonctionne pas encore, nos techniciens ne sont pas arrivés, à cause du nuage », explique une responsable du pavillon autrichien, qui n'a pu ouvrir.

La première journée d'essai avec 200 000 visiteurs invités mardi a mis plus d'un exposant sur les rotules. Les machines de réservation pour le pavillon chinois ont rendu l'âme au bout d'une demi-heure et le bâtiment est resté fermé jusque dans l'après-midi. Résultats : des dizaines de milliers de badauds se sont rabattus sur les quelques pavillons ouverts.

« C'était incroyable. La queue ne cessait de s'allonger. Au bout d'un moment les gens sont devenus fous », raconte un visiteur du pavillon du Luxembourg, qui a dû fermer ses portes à 15 heures pour éviter l'émeute, à l'instar des pavillons de Grande-Bretagne, d'Italie et d'Allemagne.

Le calme était revenu mercredi avec une affluence réduite. Mais, malgré les contrôles de bagages au rayon X dans les stations de métro, les portiques à l'entrée de l'Expo et des règles de sécurité aussi strictes que sur un aéroport, les organisateurs craignent les débordements face à une foule quotidienne, dans un pays qui a horreur des rassemblements de masse. En ville, aucun risque n'est pris. Début avril, la police de Shanghaï a mené une opération spéciale de douze jours, au cours de laquelle plus de 6 000 délinquants présumés ont été arrêtés.

PHOTO - French actor Alain Delon arrives at the Grevin wax museum in Paris, on October 13, 2009 to attend the inauguration of the wax statue of French eurodeputy and former Justice Minister Rachida Dati.

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