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vendredi 24 juin 2011

Après la sécheresse, la Chine est frappée par des inondations

Le Monde - Environnement & Sciences, mercredi 22 juin 2011, p. 10

De nouvelles précipitations sont attendues, mercredi 22 juin, sur le centre et le sud de la Chine, déjà touchés par d'importantes inondations. Depuis le début juin, plus de 1,6 million de personnes ont dû être évacuées, selon un bilan rendu public lundi par les autorités. Treize provinces ont été touchées par ces pluies torrentielles dont l'effet a été aggravé par la récente sécheresse, qui a rendu les sols imperméables.

Le bilan provisoire des victimes se situait, lundi, à près de 175 morts et 86 disparus, selon le ministère chinois des affaires civiles. Les médias chinois ont diffusé de nombreuses photos de villageois évacués par bateaux, ainsi que les images des rues complètement immergées de Wuhan, la capitale de la province du Hubei. Dans la province orientale du Zhejiang, les digues menacent de céder le long de la rivière Lan, qui a atteint son niveau le plus haut depuis 1966.

vendredi 3 juin 2011

En Chine, une sécheresse exceptionnelle aggrave la crise de l'eau

Le Monde - Environnement & Sciences, vendredi 3 juin 2011, p. 8

Ce sont les deux plus grands lacs de Chine, mais sur des centaines de kilomètres carrés, ils ne donnent plus à voir qu'une plaine craquelée, parsemée de bateaux de pêche échoués. En leur centre, les eaux encerclent ce que les habitants décrivent comme une sorte de steppe.

Le Poyang Hu, dans le Jiangxi, et le Dongting Hu, dans le Hunan, lacs immenses et peu profonds qui jouent un rôle-clé dans le système hydrographique du fleuve Yangzi, " rétrécissent " chaque hiver - la saison sèche en Chine - comme une peau de chagrin. Mais, cette année, leur superficie est inférieure de 30 % à 80 %, selon les estimations, à ce qu'elle est habituellement en cette fin de printemps, quand les précipitations sont en principe fréquentes et quand ces régions se préparent à subir les inondations du début de la saison des pluies.

Les deux provinces comptent parmi les plus touchées par la sécheresse qui sévit depuis la fin de l'hiver dans le bassin médian et inférieur du Yangzi, le plus long et le plus généreux fleuve de Chine. Le Hunan n'aurait jamais connu pareille sécheresse depuis 1910. La province du Hubei, au nord du lac Dongting et en aval de l'immense retenue du barrage des Trois-Gorges, est généralement épargnée par le manque d'eau. Cette fois, la " région aux milles lacs " est durement touchée. Dans l'Anhui, 269 cours d'eau et 266 petits réservoirs seraient à sec, selon le Bureau de contrôle des inondations et de la sécheresse de la province.

Quelque 35 millions de personnes sont touchées par la sécheresse dans ces trois provinces, ainsi que dans celle du Jiangsu, au nord de Shanghaï, selon le ministère des affaires civiles.

Le désastre n'affecterait toutefois que 5 % des terres agricoles chinoises, et l'alerte n'a pour l'instant pas dépassé le niveau jaune, deux crans en dessous du degré d'urgence maximal. Des pluies sont attendues du vendredi 3 au lundi 6 juin. Elles ne devraient pas inverser radicalement la tendance, même si certaines autorités locales s'inquiètent des risques accrus d'inondation et de glissement de terrain en raison de l'état des sols, trop secs.

Les surplus céréaliers, issus notamment de la récolte d'hiver, sont suffisants cette année, ont prévenu les autorités. Toutefois, des tensions sont attendues sur les marchés mondiaux, la Chine étant importatrice de maïs depuis 2010. En Chine, la plupart des économistes s'attendent à une reprise de l'inflation sur les produits alimentaires - surtout les légumes et les poissons - en mai, après un fléchissement en avril. Cinquante villes chinoises auraient enregistré des " augmentations significatives " de prix en mai pour certains produits alimentaires, a prévenu le Bureau national des statistiques.

Une combinaison de facteurs explique la situation actuelle : le changement climatique et les effets du phénomène météorologique La Niña sont invoqués, mais aussi la retenue des Trois-Gorges, dont l'impact provoque un débat depuis la reconnaissance par le gouvernement, il y a deux semaines, que toute une série de variables environnementales et hydrographiques étaient affectées en aval. Les vannes du barrage ont été ouvertes plus rapidement que prévu : le niveau d'eau, qui atteint 175 mètres en hiver, s'établissait à 150 mètres mardi. Il atteint en principe le niveau minimal de 145 mètres autour du 10 juin, quand le barrage se prépare à absorber les surplus de la mousson.

L'explosion de la consommation en eau, suite au développement industriel et à la hausse du niveau de vie dans des régions à très forte croissance, a fragilisé bien plus vite que prévu, selon les écologistes, le système hydrographique du bassin du Yangzi.

Dans les zones industrielles du Hunan ou du Jiangsu, la pollution a également exacerbé la crise de l'eau, structurelle dans les régions du nord et du nord-est. Au lac Taihu, troisième plus grand lac de Chine et le plus en aval des grands lacs du Yangzi, " la pollution existe toujours, rien n'est résolu ", affirme Wu Lihong, autrefois emprisonné pour avoir défendu le lac, qui a subi une marée verte désastreuse en 2007.

Le Yangzi, sollicité pour réhydrater le nord-est de la Chine par le moyen de deux canaux de diversion des eaux du sud vers le nord, est-il surexploité et en péril ? " Ces sécheresses fréquentes tirent la sonnette d'alarme. On a fait trop d'erreurs dans la gestion des fleuves, que l'on barre ou que l'on détourne selon nos caprices ", estime Wang Yongchen, fondatrice de l'organisation non gouvernementale Green Earth Volonteers.

" Avec une telle quantité de barrages en amont, les conséquences ne sont pas seulement localisées, elles se généralisent très loin en aval, explique cette ancienne journaliste. Il y aura 356 centrales hydroélectriques sur la rivière Dadu - un affluent indirect du Yangzi, dans le Sichuan - . Douze barrages géants sont prévus sur le haut Yangzi; huit barrent déjà le fleuve, et certains chantiers ont commencé sans évaluation d'impact environnemental. "

Brice Pedroletti

PHOTO - Withered wheat plants are seen in a dry field on the outskirts of Luanchen County, Hebei province February 18, 2011. Most of China will see rain or snow in the next few days, which could help to relieve the severe drought that has hit many of China's wheat growing provinces, the Xinhua news agency reported on Wednesday, citing the country's weather bureau. Picture taken February 18, 2011.

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

mercredi 1 juin 2011

Pékin relève le prix de l'électricité - Gabriel Grésillon

Les Echos, no. 20945 - International, mercredi 1 juin 2011, p. 7

Après des semaines d'hésitation, Pékin semble s'être finalement résolu à l'inévitable : augmenter les tarifs de l'électricité. Citant un haut responsable de la Commission nationale pour le développement et la réforme (NDRC) tenu à l'anonymat, l'agence Bloomberg affirme que les prix du courant vont être revus à la hausse dans une quinzaine de provinces chinoises à partir d'aujourd'hui. Les particuliers ne seront pas concernés par ces changements de tarifs réservés aux industriels, aux agriculteurs et aux commerçants. D'après l'agence chinoise Xinhua, le kilowattheure va passer en moyenne, pour ces derniers, de, 0,47 à 0,49 yuan.

Les prix n'avaient pas bougé depuis novembre 2009. Or ceux du charbon, qui fournit presque quatre cinquièmes de l'électricité en Chine, se sont, eux, appréciés. Ils sont actuellement au plus haut depuis octobre 2008. Si bien que les producteurs d'électricité chinois ont vu leurs profits s'effondrer, jusqu'à déboucher sur une situation économiquement aberrante : produire à perte du courant. D'où le peu d'empressement dont ils ont témoigné, ces derniers mois, pour installer de nouvelles capacités de production, alors même que la demande ne cessait d'augmenter. Hier, l'annonce des nouveaux tarifs de l'électricité a fait bondir leurs actions à la Bourse de Hong Kong.

Sécheresse

Pékin n'avait plus réellement le choix. Car l'été s'annonce critique en matière d'approvisionnement électrique. Non seulement les centrales thermiques tournent au ralenti du fait du coût du charbon, mais il faut y ajouter une sécheresse considérée comme la plus grave depuis cinquante ans, qui pénalise la production hydroélectrique. D'après la société qui gère le réseau électrique chinois, on peut s'attendre, dans les mois qui viennent, à une différence de 40 gigawatts entre production et consommation, ce qui serait la pire pénurie jamais constatée en Chine.

Pour autant, la décision n'a pas été facile à prendre : elle risque d'abord d'accélérer la disparition des entreprises les plus vulnérables, qui subissent déjà de fortes pressions inflationnistes (main-d'oeuvre et hausse du yuan pour ce qui concerne les exportateurs) en même temps qu'une raréfaction du crédit. Surtout, augmenter le prix du courant va à l'encontre de l'objectif de Pékin de freiner la valse des étiquettes. D'où la décision d'épargner les ménages.

Gabriel Grésillon

© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.

jeudi 17 février 2011

Sécheresse : Pékin inquiet pour sa production de blé

Les Echos, no. 20872 - International, jeudi, 17 février 2011, p. 6

Ces derniers mois, les précipitations ont été quasi inexistantes dans le nord du pays. Les autorités se mobilisent pour tenter de soutenir la production agricole et de limiter les risques inflationnistes.

La sécheresse qui sévit actuellement dans le nord de la Chine risque-t-elle d'avoir de graves répercussions sur la production nationale de blé ? Cette hypothèse, de plus en plus ouvertement avancée, se répercute sur les cours mondiaux, déjà affectés par les inondations sans précédent en Australie et les incendies en Russie au cours de l'été dernier. Hier, un météorologue de la société British Weather Services, Jim Dale, a ajouté à l'inquiétude ambiante, en jugeant qu'il était peut-être « trop tard » pour sauver la production chinoise de blé. Evoquant l'hypothèse de précipitations n'intervenant pas avant le mois de mars, il a estimé que « les dégâts risquent d'être alors déjà faits, si ce n'est pas le cas aujourd'hui ».

En tête des priorités

Dans tout le nord du pays, les précipitations ont en effet été exceptionnellement rares ces derniers mois. Selon l'agence Xinhua, 2,8 millions de personnes seraient actuellement privées d'eau potable. A Pékin, il a fallu attendre le mois de février pour voir les premiers flocons de neige, ce qui ne s'était pas produit depuis six décennies. Les provinces du Hebei, du Shandong, du Shanxi, du Jiangsu ou de l'Anhui, toutes productrices de céréales, sont dans des situations similaires. Et les récentes précipitations ont été si limitées qu'elles ne suffiront pas à résoudre le problème. D'après le ministère de l'Agriculture, environ 36 % des plantations de blé d'hiver seraient en situation de sécheresse.

Le dossier est en tout cas en tête des priorités affichées par les autorités chinoises. Celles-ci sont en effet engagées dans un combat contre l'inflation, dans un pays où les denrées alimentaires représentent un tiers de l'indice des prix. La récente vague de froid dans le Sud, qui a nui aux productions agricoles, complique encore les choses. Le président, Hu Jintao ,et le Premier ministre, Wen Jiabao, ont donc tous deux effectué des tournées dans des zones touchées par la sécheresse. Une enveloppe de 1,4 milliard d'euros a été débloquée. En particulier, une subvention de l'équivalent d'une dizaine de dollars par hectare est proposée aux agriculteurs pour mettre en place des systèmes d'irrigation. Un mécanisme d'incitation à la production de blé est également envisagé, afin d'augmenter les surfaces agricoles consacrées à cette céréale. Il est également probable qu'une partie des stocks, qui représentent environ la moitié d'une année de récoltes, vont être mobilisés. Enfin, la Banque centrale, qui tente actuellement de freiner la propension excessive des banques à octroyer des crédits, a annoncé une exception pour le secteur agricole, promettant, hier, d'encourager les institutions financières à prêter aux agriculteurs.

Gabriel Grésillon

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