mercredi 9 février 2011

Les marchés boursiers tiennent bon après le tour de vis sur les taux en Chine

Les Echos, no. 20866 - Marchés, mercredi, 9 février 2011, p. 30

La Chine a décidé de relever ses taux d'intérêt. Une décision qui était attendue par les marchés, mais pas aussi rapidement. Les places boursières n'ont pas été déstabilisées par cette annonce. L'inflation est devenue le plus grand sujet d'inquiétude.

Les autorités chinoises ont décidé, hier, de relever leur taux d'intérêt pour la troisième fois depuis la mi-octobre. Alors que, d'ordinaire, les marchés réagissent mal à ce type d'initiative, qui risque de freiner la croissance, ils ont cette fois plutôt bien résisté. En Europe, l'indice Euro Stoxx 50 a clôturé sur un gain de 0,37 %, à 3.042,50 points. Le CAC 40 a pour sa part progressé de 0,43 %, à 4.108,27 points, et le DAX de 0,54 %, à 7.323,24 points. Outre-Atlantique, les indices boursiers ont enchaîné une nouvelle séance de hausse. A la cloche, le Dow Jones s'est octroyé 0,59 % et le Nasdaq 0,47 %.

Hier, la banque centrale chinoise a donc relevé le taux auquel elle prête à un an de 5,81 % à 6,06 % et le taux de dépôt à un an de 2,75 % à 3 %. « Ce geste était tout à fait attendu, compte tenu des poussées inflationnistes en Chine ; mais le moment choisi est surprenant, puisqu'il s'agit du dernier jour des congés de printemps », souligne Bei Xu, économiste chez Natixis. La Chine a agi une semaine avant la publication du rapport sur les prix à la consommation. D'après le consensus des économistes, les prix ont augmenté de 5,3 % en janvier.

« La Chine fait partie de ces pays asiatiques qui risquent de se retrouver piégés dans leur politique parce qu'ils n'auront pas monté leur taux suffisamment vite pour contenir les pressions inflationnistes », avait déclaré Stephen Roach, de Morgan Stanley, lundi. Cité par Bloomberg, le spécialiste avait affirmé que la politique chinoise devait « changer de manière beaucoup plus décisive dans le sens d'un resserrement monétaire, d'autant qu'avec une croissance annuelle toujours proche de 10 %, le gouvernement pouvait facilement prendre un peu plus de risques à court terme. »

Pression sur la Fed

L'inflation est devenue la hantise des marchés financiers, aussi bien dans les pays émergents qu'en Europe et aux Etats-Unis. Jeffrey Lacker, un des dirigeants de la Réserve fédérale américaine (Fed), a d'ailleurs indiqué que la Fed allait devoir « sérieusement » réévaluer son programme de rachat d'obligations du Trésor pour tenir compte de l'amélioration de l'économie. Le président de la Fed de Richmond s'était opposé au lancement de ce programme d'assouplissement quantitatif, jugeant que celui-ci risquait d'engendrer une inflation incontrôlable et qu'il compliquerait la tâche de la banque centrale lorsqu'il s'agira de reprendre les liquidités injectées dans le système financier.

ISABELLE COUET

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