jeudi 2 juin 2011

Smalto voit grand sur le marché chinois - Florentin Collomp


Le Figaro, no. 20786 - Le Figaro Économie, mercredi 1 juin 2011, p. 21

La marque masculine française, tout juste redressée, prévoit d'ouvrir 135 magasins en Chine.

La griffe masculine Smalto part à l'assaut du vaste marché chinois. Elle vient de signer un accord de distribution avec un groupe local, Shanshan, qui prévoit d'ouvrir pas moins de 135 magasins à son enseigne dans le pays en six ans. Un peu tard, la marque suit les traces du leader du prêt-à-porter de luxe masculin, l'italien Zegna, très implanté en Chine depuis 1991.

Smalto cherche à prendre son essor hors des frontières de l'Hexagone. Pour l'heure, moins de 20 % de son activité vient de l'étranger. La marque a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros et sort de deux ans de réorganisation après des années de pertes.

La maison fondée en 1962 par le couturier d'origine italienne Francesco Smalto est, depuis 2001, entre les mains de l'homme d'affaires Alain Duménil. Alors que les Arnault et les Pinault se battaient pour acquérir les plus beaux fleurons du luxe, ce financier se prit à rêver de constituer lui aussi un groupe de luxe en rachetant des entreprises mal en point. Après Smalto, il met la main sur Stéphane Kélian, Jean-Louis Scherrer et le joaillier Poiray. À l'exception de ce dernier, ces affaires finissent par capoter. Pendant ce temps, il investit pour relancer Smalto et le replacer dans la mode contemporaine, avec la styliste Youn Chong Bak. Mais l'entreprise ne parvient pas à atteindre la rentabilité.

« Partenariat au Moyen-Orient »

En 2008, l'affaire est recapitalisée à hauteur de 32 millions d'euros, introduite en Bourse au marché libre et change de patron. Thierry Le Guénic lance une restructuration couronnée par un retour à l'équilibre l'an dernier.

Le projet chinois devrait servir d'exemple à une montée en puissance internationale. « Nous devrions développer ce modèle de partenariat au Moyen-Orient et dans les pays de l'Est », annonce Thierry Le Guénic. En propre, la marque ne possède que quatre boutiques en France, l'essentiel de ses ventes étant réalisées avec des détaillants multimarques et de grands magasins. Elle mise aussi sur son atelier de costumes sur mesure, qui emploie 28 ouvriers à Paris.

Un savoir-faire grâce auquel Smalto cherche désormais à conquérir aussi les femmes. Il leur propose depuis peu une collection de tailleurs et smokings.

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