vendredi 30 septembre 2011

La Chine touchée par le ralentissement de l'économie mondiale - Aline Robert

La Tribune (France), no. 4819 - Économie | International, vendredi 30 septembre 2011, p. 10

Après avoir crû à un rythme de 10 % ces dernières années, l'économie devrait ralentir à 7 % voire à 5 % en 2016.

Deux chocs de demande extérieure menacent actuellement l'économie chinoise, ce qui pourrait se traduire par un ralentissement de son rythme de croissance. Le malaise de l'économie américaine pose un problème de débouché majeur pour les exportateurs chinois; mais les déboires des économies européennes étouffées par leur dette risquent également d'obscurcir l'horizon du " made in China ". La Bourse de Shangai reflète cette équation en enregistrant déjà une chute de 14 % sur le trimestre en cours. Une baisse liée au problème de la dette européenne si l'on en croit la presse chinoise, qui suit le sujet avec passion. Pour autant, le pays n'est pas prêt à voler au secours du Vieux Continent.

Le président du China Investment Corp, le fonds d'investissement souverain chinois, qui s'exprimait jeudi à l'occasion d'un congrès à Londres, l'a confirmé. " La Chine ne peut acheter de la dette risquée si les membres de la zone euro ne présentent pas une image claire des solutions apportées à leurs problèmes ", a-t-il argumenté. Pékin se montre prudent en matière d'investissements au regard de la conjoncture actuelle. " Mieux vaut laisser ralentir la croissance sans trop utiliser ses capacités de relance, pour éviter de chuter trop rapidement par la suite ", note Bei Xu, économiste chez Natixis.

Car le ralentissement conjoncturel auquel est confronté le pays - relatif, la croissance devrait atteindre 9,5 % selon le FMI cette année - s'inscrit dans une tendance de fond. Alors qu'une transition politique majeure s'annonce, puisque les leaders du Parti communiste, le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao doivent être remplacés d'ici un an, l'économie chinoise devra elle même s'adapter à une vraie mutation après sept ans de taux de croissance annuel supérieur à 10 %.

L'administration a révisé à la baisse - de 8 % à 7 % - ce taux dans son plan quinquennal (2011-2015). Mais selon l'agence Bloomberg, l'avenir de l'Empire du Milieu serait moins rutilant. Si l'on en croit les projections d'investisseurs qu'elle a interrogés, la croissance devrait plafonner à 5 % en 2016, ce qui pourrait ébranler la mécanique actuelle qui permet à cette économie de créer un nombre élevé d'emplois pour satisfaire la demande, et d'élargir régulièrement la taille de la classe moyenne. Ce mouvement ne devrait pas empêcher le pays de dépasser les États-Unis en 2016, selon l'économiste américain Angus Maddison, en terme de parité de pouvoir d'achat. En revanche, en terme de PIB, l'oncle Sam reste largement devant la république populaire. En 2010, il s'élevait à 14.500 milliards de dollars pour le premier contre 5.900 milliards de dollars pour la seconde.

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