jeudi 22 septembre 2011

Les groupes du S&P 500 s'acheminent vers des bénéfices records

La Tribune (France), no. 4813 - Sur les marchés, jeudi 22 septembre 2011, p. 14

Les plus grosses capitalisations américaines ont engrangé plus de 200 milliards de dollars de profits au deuxième trimestre. Du jamais vu.

Les entreprises du S&P 500 semblent, à moins d'un revirement brutal de tendance, en bonne voie pour dépasser, cette année, leur dernier pic bénéficiaire de 2007. C'est du moins ce qu'il ressort des statistiques consolidées établies sur la base des dernières publications de résultats trimestriels des poids lourds de Wall Street.

Entre avril et juin 2011, ces derniers ont engrangé plus de 200 milliards de dollars de bénéfices nets et près de 230 milliards de dollars de résultats opérationnels. Un record historique qui contraste avec la morosité conjoncturelle ambiante. À cela deux raisons : d'un côté, la nette hausse de la contribution des pays émergents à la croissance des bénéfices au cours des cinq dernières années, de l'autre, l'effet des diminutions de coûts drastiques consécutives à la crise economico-financière de 2008. Pour autant, cette relative solidité financière affichée par les grandes entreprises américaines ne se reflète pas dans leurs cours de Bourse. Au contraire, actuellement, les prix des actions intègrent implicitement une croissance quasi-nulle des résultats en 2011. Et cela, alors que l'indice S&P 500 cote plus de 20 % en-dessous de son plus haut historique atteint le 9 octobre 2007 à 1.565,15 points. Cette situation est visiblement jugée opportune par les groupes, qui se reposent sur d'abondantes ressources pour acquérir leurs propres titres à moindre coût.

Ainsi fortes d'une trésorerie brute, elle-aussi historiquement élevée, de 976 milliards de dollars à fin juin, les sociétés du S&P 500 ont consacré, au cours du deuxième trimestre, une enveloppe de plus de 100 milliards de dollars à des rachats d'actions. Une première depuis le premier trimestre 2008. Malgré cela, les experts restent prudents.

Ralentissement économique

" Le secteur privé fait face à plusieurs obstacles qui doivent nous inciter à la prudence sur la poursuite de la croissance des profits. De nombreuses entreprises ont récemment exprimé leurs inquiétudes sur une menace de ralentissement économique global, ainsi que sur un possible resserrement fiscal en Chine ", nuance Edward Marrinan chez RBS. D'autres comme Kenneth Polcari, directeur général de ICAP Securities, ne voient pas forcément au travers de ces opérations de rachats de titres, un signal d'achat fort sur le compartiment des actions américaines.

" Au vu de la situation économique globale, je ne suis pas certain que les actions sont sous-évaluées, comme beaucoup le pensent. Nous ne pouvons pas le savoir avant la prochaine saison des résultats ", estime-t-il. Et d'ajouter : " Les investisseurs surveilleront davantage les prévisions que les chiffres du troisième trimestre, dont les estimations ont déjà été ajustées à la baisse à plusieurs reprises ".

Par Fabio Marquetty avec Jérôme Marin, à New York

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