mardi 4 octobre 2011

L'image d'Alstom dégradée en Chine après l'accident du métro de Shanghai

La Tribune (France), no. 4820 - Industrie & services, lundi 3 octobre 2011, p. 15

Même si la responsabilité du groupe français a été écartée, la presse chinoise persiste à le pointer du doigt.

La tâche ne va pas être facile pour Alstom. Même si l'opérateur du métro de Shanghai a dédouané la responsabilité du groupe français dans l'accident du métro intervenu la semaine dernière (il proviendrait d'une coupure d'électricité et d'une erreur humaine), le mal est fait. Ses accusations la veille ont fait mouche. Pour la presse chinoise et l'opinion publique, le groupe - à travers son joint-venture chinois, Casco spécialisé dans les systèmes de signalisations ferroviaires - est lié d'une manière ou d'une autre à l'accident du métro de Shanghai mais aussi et celui du TGV en juillet sur la ligne Wenzhou-Ningbo qui a fait 40 morts. Cela après qu'une agence de presse chinoise a dévoilé cette information alors qu'Alstom n'est pas concerné par la signalisation de TGV. Casco a bien diffusé un communiqué pour démentir, rien n'y fait. Vendredi, la position du joint-venture n'est pas mentionnée et dans les principaux quotidiens chinois, Casco est toujours considéré comme le responsable de l'accident du TGV.

Le sujet est particulièrement sensible en Chine. Au-delà des victimes, les deux accidents ferroviaires remettent en cause le modèle de croissance de la Chine qui s'est continuellement vantée d'avoir le réseau TGV le plus important du monde.

Dans la mesure où la confiance dans l'enquête qui devrait déjà être rendue publique, est extrêmement limitée - personne ne croit aux promesses de transparence -, le terrain est donc libre pour que la rumeur coure.

" Notre image est sérieusement atteinte ", s'inquiétait Dominique Pouliquen, président d'Alstom, en Chine vendredi matin. Et les dégâts dépassent largement les frontières de la Chine. La presse internationale a relayé les informations. Dominique Pouliquen avoue recevoir des interpellations des clients du monde entier.

Jugé trop émotif

Pour l'instant, Alstom élabore encore son plan de communication. Sur le terrain, l'entreprise est déjà en contact avec ses clients dans les différentes provinces. Et Casco gère le rapport avec la presse chinoise. Cette dernière était cependant absente lors d'un briefing presse vendredi matin dans les locaux d'Alstom.

Si le groupe français n'exclut pas d'organiser une conférence de presse, le sujet est pour l'heure jugé trop émotif pour une confrontation directe avec la presse chinoise. C'est bien là le problème pour Alstom : comment convaincre rationnellement dans un contexte aussi sensible.

Virginie Mangin, à Pékin

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