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jeudi 11 novembre 2010

La Chine préfère le Bordeaux - Catherine Cochard

Le Temps - Culture & Societe, jeudi, 11 novembre 2010

Le 16 novembre prochain, Christie's met en vente des millésimes rares, dont un Impérial de Cheval-Blanc 1947 estimé entre 150 et 250,000 dollars. L'acheteur pourrait bien être chinois.

Picasso, Warhol, Lichtenstein, Patek Philippe mais aussi Romanée-Conti ou Montrachet. Depuis quelques années, les noms des grands crus ont rejoint ceux des artistes et marques de montres dans les catalogues de vente aux enchères. Avec un département consacré aux vins, Christie's fait figure de leader dans ce domaine et s'apprête à adjuger à Genève les trésors récoltés par ses experts.

Lors de cette vente en trois sessions (le matin, l'après-midi et le soir), mille lots passeront sous le marteau. Des lots rares par leurs formats - Impérial, Jeroboam, Marie-Jeanne, Magnum -, l'ancienneté des millésimes et leur provenance. «Nous avons rassemblé 460 bouteilles de Romanée-Conti, ce qui est exceptionnel vu la taille du domaine», explique Michael Ganne, spécialiste du département vin de Christie's. A titre comparatif, le vignoble de la Romanée-Conti en Bourgogne fait un hectare alors que celui du Château Lafite Rothschild dans la région de Bordeaux s'étale sur 80 hectares... «La plus ancienne bouteille de l'enchère date de 1937 et la plus récente de 2007. Une collection de cette ampleur prend énormément de temps à être constituée.»

En plus de cet argument, l'expert a d'autres atouts dans ses manches pour rassurer les potentiels acheteurs et exciter leur convoitise. «Nous mettons également en vente des Cheval-Blanc 1947, des grands crus dont on peut garantir la qualité.» Chaque bouteille a été goûtée puis reconditionnée. «Un bouchon n'est pas fait pour durer aussi longtemps. Il devenait donc urgent de les remplacer. Tous les Châteaux (le terme consacré pour parler d'un vignoble dans le Bordelais, ndlr) le font régulièrement avec leur stock. Je peux donc affirmer que ce vin est d'une qualité supérieure et qu'il n'est pas bouchonné.» Un sacré avantage. Reste un point déterminant pour les enchérisseurs: que la traçabilité des millésimes de la vente soit établie. «Les collectionneurs qui se séparent d'une partie de leur cave sont tous connus de nos services. Si le vendeur ne peut pas nous apporter de preuves suffisantes nous contactons le Château ou le Domaine qui a mis en bouteille le vin pour s'assurer de son authenticité.»

Depuis les années 2000, le marché des enchères de vins n'a cessé d'évoluer. «Une première hausse est intervenue en 2005, lorsque les producteurs ont décidé d'augmenter leurs prix, ce qui a eu pour conséquence de faire grimper tous les tarifs, reprend Michael Ganne. Puis une seconde hausse est survenue en 2009, avec les mêmes effets.» Historiquement, c'est en Angleterre que ces enchères ont vu le jour, avec la création en 1966 du département spécialisé de Christie's. «Les Américains ont toujours fait partie des importants collectionneurs de grands crus. Mais aujourd'hui, on constate surtout que l'épicentre du marché s'est clairement déplacé en Asie.» L'Empire du Milieu en pole position. «Depuis environ trois ans, la Chine et Hong Kong se passionnent pour les vins. Auparavant, les taxes d'importation y étaient très élevées, ce qui freinait énormément le développement des enchères. Puis cette taxation a été abolie, ouvrant nettement le marché aux enchérisseurs de ce coin du monde.»

Néanmoins, les maisons de ventes aux enchères européennes n'ont toujours pas le droit d'établir leurs salles de vente en Chine continentale, seulement des bureaux. Du coup, elles se rabattent sur Hong Kong, où le système légal différent de celui en place dans le reste du pays leur permet - en s'associant à un partenaire local - d'y faire des affaires. «Après un recul de 20 à 25% des prix à fin 2008 en raison de la crise, nous sommes revenus aujourd'hui à des niveaux de 2007. Ceci grâce aux Chinois qui achètent en quantité et à des prix très élevés. C'est un marché clé pour nous» Des amateurs riches et nombreux qui ont une préférence marquée pour les bordeaux. «C''est un vin plus simple à comprendre pour commencer qu'un Bourgogne qui nécessite une culture plus pointue.»

S'il y a de fortes chances que les acquéreurs des lots-phares de la vente du 16 novembre viennent d'Asie, les profils des potentiels acheteurs - toutes nationalités confondues - sont connus. L'expert en identifie quatre. Le collectionneur semblable à celui de montres ou de voitures, qui achète beaucoup de bouteilles mais n'a pas pour but de les ouvrir. Celui qui s'intéresse au caractère rare d'un objet comme l'Impérial de Cheval-Blanc 1947. A l'opposé de ce dernier, le connaisseur qui achète pour déguster et va s'intéresser à des formats faciles à ouvrir. Enfin l'amateur qui mise sur des bouteilles à 400 francs, pour se faire plaisir avec un vin de qualité, payé moins cher que dans le commerce.

Mais pour l'heure, le spécialiste prie pour que parmi ces différents enchérisseurs il s'en trouve un pour acquérir la bouteille de vin la plus chère jamais mise en vente: le fameux Impérial de Cheval-Blanc 1947, un flacon d'une contenance de 6 litres qu'il a estimée entre 150 et 250?000 dollars. «Pour ce lot extraordinaire, les acheteurs potentiels se comptent sur les doigts d'une seule main...»

PHOTO - Geneva, SWITZERLAND: Picture taken 11 May 2007 shows a Christie's employee displaying a rare bottle of 1945 vintage Romanee-Conti wine of France during a preview in Geneva. Christie's announced 15 May 2007 that the bottle have been sold 35.000 euros (USD 48.000) among several hundred lots of grand crus during a Christie's sale to support the charitable foundation 'Children Action'. Only 600 bottles of this legendary Burgundy wine were produced.

© 2010 Le Temps SA. Tous droits réservés.

mardi 19 octobre 2010

Le marché international de l'art s'installe à Hongkong - Florence de Changy

Le Monde - Culture, vendredi, 15 octobre 2010, p. 25

Les ventes ont atteint 32 millions d'euros lors du Salon Fine Art Asia, 40 % de plus qu'en 2009

La maison de ventes Sotheby's avait fait du tableau Naissance de la république populaire de Chine (1992), du peintre chinois Zhang Xiaogang, son porte-étendard pour la catégorie « Art asiatique contemporain » de sa grande vente d'automne, début octobre à Hongkong.

L'estimation haute pour l'oeuvre était de 2,1 millions d'euros. Le tableau a finalement été adjugé pour plus du double (4, 7 millions d'euros), signe de l'engouement dont bénéficie à nouveau l'art contemporain chinois, après une année 2009 d'accalmie.

Le lendemain, dans une vente aux enchères voisine Bestiaire et musique, une oeuvre de Marc Chagall se vendait près de 3 millions d'euros. Il n'est plus rare de voir les prix d'artistes chinois jeunes ou contemporains dépasser ceux des « vieux » maîtres occidentaux.

Pourtant, en 1998, quand Christie's avait monté une vente à Londres sur les artistes asiatiques d'avant-garde, à peine 20 % des lots avaient été vendus. « Les prix étaient en moyenne quarante fois inférieurs au marché actuel. Pour certains cas particuliers, on arrive à des prix multipliés par cent depuis ! », indique Eric Chang, l'expert en chef des tableaux contemporains chinois chez Christie's.

C'est donc avec un optimisme certain que de nombreux galeristes occidentaux ont tenté leur chance au Salon Fine Art Asia, qui s'est tenu du 3 au 6 octobre. Malgré le calme qui régnait dans les allées, les ventes ont atteint environ 32 millions d'euros, soit 40 % de plus qu'en 2009.

« Peu de visiteurs, mais une très forte proportion de collectionneurs, c'est l'inverse de la HKArt [Salon d'art contemporain qui a lieu en mai] », constate Edouard Malingue qui vient d'ouvrir une galerie à Hong-kong avec une exposition Picasso de 17 tableaux et 23 dessins. « A Londres ou à New York, j'aurais été parmi les derniers. Ici, je suis parmi les premiers. Mais le public n'est pas encore préparé... », dit-il.

Quelques grands noms du marché de l'art, comme Sundaram Tagore ou Ben Brown, ont déjà pignon sur rue. D'autres y arrivent à grands pas : l'Américain Larry Gagosian, le plus grand marchand d'art contemporain du monde, ouvre une galerie prochainement.

Pourtant bien que les affaires soient bonnes, très bonnes même, à Hongkong, les grands marchands trépignent aux portes de la « vraie » Chine. « Je cherche la clé qui m'ouvrira les portes de la «Cité interdite» », nous déclare François Curiel, président de Christie's pour l'Asie.

Selon un classement du Conseil des ventes, neuf des vingt plus grandes maisons d'enchères sont déjà chinoises. Et pour les ventes Asie, China Guardian et Beijing Poly ont déjà surpassé Christie's et Sotheby's. Autant dire que le duopole Sotheby's-Christie's, qui pour le moment a la main sur 80 % des ventes mondiales d'oeuvres d'art, est menacé.

En novembre 2009, un rouleau de 8 mètres de long de Wu Bin, de la dynastie Ming (1368-1644) s'est vendu pour le prix record de 17 millions d'euros. A la vente de juin, c'est un rouleau de 15 mètres de long de la période Song (960-1279) qui s'est vendu pour plus de 42 millions d'euros...

Reste que l'aventure en Chine continentale peut s'avérer un parcours d'obstacles. La Shanghai Art Fair a été un cauchemar pour certains galeristes, qui ont juré de ne plus s'y faire prendre : non seulement toutes leurs oeuvres ont été taxées à 35 %, mais certains tableaux sont restés sous douane pendant toute la durée du Salon. On parle aussi d'un contrôle très arbitraire du « contenu politique » des oeuvres...

En comparaison, Hongkong est un paradis. C'est un port franc, une ville marchande, où aucun recoin de la ville ne se prétend « artistique », étiquette désordonnée et vaguement subversive qui pourrait nuire au libéralisme qui y régit tous les marchés, y compris celui de l'art.

Il est néanmoins tristement ironique qu'une calligraphie sur coton d'un vieil excentrique graffitiste hongkongais, Tsang Tsou-choi, surnommé le « Roi de Kowloon », se soit vendue 44 000 euros pendant la récente vente Sotheby's, alors que la ville n'a pas su conserver dignement un seul des milliers de graffitis que l'homme a passé une vie entière à peindre « gratuitement » sur les murs, les poubelles ou les ferrys de la ville. L'un de ses derniers écrits a été recouvert par mégarde par un peintre de la municipalité..., qui pensait bien faire.

PHOTO - A man walks past a painting by Shen Jingdong titled 'March in Goose Step' at the Fine Art Asia 2010 show in Hong Kong on October 4, 2010. Fine Art Asia 2010, which is now recognised as one of Asia's premier annual showcases of art and antiques, is presenting over 5,000 works of art from 60 leading Asian and European galleries with an estimated total value of around 64 million USD from October 3 to 6.

© 2010 SA Le Monde. Tous droits réservés.

jeudi 17 juin 2010

L'art asiatique en plein boom - Béatrice de Rochebouet

Le Figaro, no. 20489 - Le Figaro et vous, jeudi, 17 juin 2010, p. 33

L'art asiatique en plein boom Le 8 juin, Christie's, qui a totalisé 7,97 millions d'euros (302 lots vendus sur 423), comptait 47 % d'acheteurs asiatiques venus de Chine continentale, de Hongkong et de Tapei. La salle, comble, s'est arrachée les objets de provenance française et européenne. Parmi les bronzes sino-tibétains de la collection de M. H. J. Silva, 4 statuettes de Jamhala en bronze doré du Tibet se sont envolées à 1,4 million d'euros. Même constat chez Sotheby's, le lendemain, qui a réalisé 13,2 Meur, le plus haut montant pour une vente d'art d'Asie en France, soit 106 % d'augmentation par rapport à juin 2009. Ainsi, 71 % des lots ont dépassé leur estimation haute, tel ce Bouddha de la vie éternelle du règne de l'empereur Kangxi (1662-1722) de la dynastie Qing, vendu 1,016 million d'euro, plus de trois fois son estimation haute.

PHOTO - An octagonal inlaid mother-of-pearl lacquer box and cover from China's Yuan dynasty (1279AD-1368AD) is displayed during Christie's auction preview in Hong Kong October 22, 2009. The item is expected to fetch around $2,500,000 at the auction house's Fall sale in the territory between November and December.

© 2010 Le Figaro. Tous droits réservés.

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jeudi 11 mars 2010

Christie's à la conquête de l'Asie - Lorette Coen

Le Temps - Culture & Societe, jeudi, 11 mars 2010

Touchées par le déclin des affaires, les maisons d'enchères misent sur l'Orient. Difficile mais exaltante mission pour le nouvel homme lige de Christie's à Hongkong.

A peine rentré d'un saut à Pékin et à Shanghai, François Curiel se prête aux questions d'une journaliste. Situation de routine pour le célèbre commissaire-priseur français, à ceci près que son décor personnel a radicalement changé. En effet, c'est à Hongkong que ce très Parisien siège et règne maintenant. On le croisera moins le long de l'élégante avenue Matignon, moins aussi place de la Taconnerie, en vieille ville de Genève. Ce sont les aéroports chinois, indiens ou thaïlandais qui verront passer en coup de vent sa silhouette alerte et toujours pressée. A 61?ans, François Curiel part à la conquête d'un nouveau et immense territoire. Lui est désormais dévolue la présidence de Christie's Asie. Autrement dit: c'est à lui qu'incombe de réussir l'expansion vers l'Asie du mammouth des enchères propriété d'un seul homme, François Pinault.

Quelle est la portée de ce changement et de la redistribution des cartes au sein de l'entreprise? François de Ricqlès devient le «chairman» de Christie's France. Promotion pour l'homme qui a orchestré la vente Pierre Bergé Yves Saint-Laurent en 2009, une opération qui a rapporté près de 450 millions de dollars et permis de franchir l'année 2009 tête haute, avec un résultat total de 612,2 millions de dollars. Jonathan Rendell, expert fortement impliqué lui aussi dans cette vente, vient renforcer l'équipe des stratèges internationaux de la maison à Paris. Marc Porter assume la présidence de Christie's Amériques à New York. A François Curiel, qui compte 40 ans de maison à son actif, qui a contribué à son ancrage aux Etats-Unis et oeuvré pour sa prépondérance en France, la charge d'impulser les affaires d'Asie.

Après le tremblement de terre financier de l'automne 2008, dont les répliques mineures ou majeures se font sentir encore, l'économie mondiale, dans son ensemble, bascule vers l'Extrême-Orient. Durement frappé, le marché des enchères prend la même direction. «La troisième salle de vente de notre groupe, après New York et Londres, se trouve à Hongkong, fait observer François Curiel. L'Asie fournit 12% des revenus de Christie's.» Ce qui représente plus du double des résultats parisiens annuels habituels, c'est-à-dire sans événement Pierre Bergé Yves Saint-Laurent. Si, l'an passé, on a observé un déclin sévère des ventes aux enchères aux Etats-Unis et en Europe, en Asie on constatait un rebond.

Or, ajoute François Curiel, tout laisse prévoir que, dans notre branche, la croissance se poursuivra dans cette partie du monde. C'est donc ici qu'il faut agir. Pour ce faire, l'homme de Christie's dispose d'une centaine de collaborateurs à Hongkong, ainsi que des bureaux à Pékin et à Shanghai. Plusieurs marchés encore «petits» comme l'Inde, la Thaïlande ou l'Indonésie relèvent de sa responsabilité. Mais c'est la Chine continentale qui recèle le plus gros potentiel. Et c'est surtout vers elle qu'il oriente ses ambitions.

Signal clair: les dépenses des acheteurs chinois ont augmenté de 94% en valeur entre 2008 et 2009. On remarque chez eux un intérêt accru - et un goût de plus en plus affiné - pour l'art impressionniste et moderne, l'art contemporain, la joaillerie, les arts décoratifs du XXe siècle et l'art asiatique, bien entendu. D'où la décision de renforcer la présence de Christie's sur place pour répondre au mieux à cette tendance. «Il s'agit non seulement de développer le nombre des acheteurs chinois, mais encore de leur faciliter l'accès aux salles de vente du monde entier», ajoute François Curiel. Autrement dit, favoriser et augmenter la participation active au marché mondialisé de ces nouveaux acteurs encore insuffisamment familiers du système occidental.

Seulement, loin de trouver une «tabula rasa», Christie's rencontre sur place une scène des enchères compétitive: 450 maisons enregistrées dont une quinzaine extrêmement actives. Dont deux, Poly Auction et China Guardian Auctions réalisent des chiffres d'affaires qui oscillent entre 150 et 200?millions de dollars. Rien de comparable à celui de Christie's - 3,3 milliards de dollars en 2009. Mais tout de même, des concurrentes solides, avec lesquelles il faut compter et se mesurer. Et qui rêvent, elles, de décoller de Chine pour conquérir le monde...

Fort d'une expérience éprouvée, François Curiel s'engage donc sur plusieurs fronts. Il lui faut ancrer Christie's plus profondément et l'installer plus largement sur place, ouvrir les amateurs asiatiques à de nouveaux intérêts et à d'autres horizons. Tout en livrant bataille à son rival de toujours, Sotheby's, l'autre géant des enchères, qui ne manque pas de développer une politique également dynamique à Hongkong et vers l'Asie.

«Sur le plan mondial, nous détenons 54% de parts de marché, par rapport à notre challenger, affirme François Curiel. Et, s'agissant de joaillerie, 60%.» Que disent les résultats annuels proprement dits? En 2007, Christie's réalisait 6,3 milliards de dollars, mais 5,1?milliards en 2008 et seulement 3,3 milliards en 2009. ­Evolution analogue du côté de Sotheby's qui engrangeait 6,18?milliards en 2007, mais 5,3 milliards en 2008 et 2,8 petits milliards en 2009. Chiffres inexorables qui décrivent un affaiblissement progressif, aggravé par l'affaissement du dollar, et révèlent l'ampleur du défi à relever.

PHOTO - A journalist takes a closer look at a painting by Chinese artist Zeng Fanzhi during a Christie's press preview in Hong Kong on October 20, 2008. The painting titled "Mao I: From the Masses, To the Masses" is valued at over 30 million Hong Kong dollars (over 3.8 million USD) and is to be auctioned on November 30, 2008 during Christies' Asian Contemporary Art Evening Sale.

© 2010 Le Temps SA. Tous droits réservés.

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