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mercredi 18 mai 2011

Querelle chinoise à l'OMS - Frédéric Koller

Le Temps - International, mardi 17 mai 2011

Décrite comme une province chinoise, Taïwan proteste lors de la 64e Assemblée de l'Organisation mondiale de la santé

Le ministre taïwanais de la Santé, Wen Ta Chiu, a remis lundi une lettre de protestation à la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Hongkongaise Margaret Chan, alors que s'ouvre son assemblée annuelle à Genève. En cause, l'utilisation dans un document interne de l'OMS de l'appellation «Taïwan, province chinoise» pour décrire l'île de 23 millions d'habitants dont le nom officiel est République de Chine. La notion de province est celle que cherche à imposer Pékin dont la souveraineté sur l'île est reconnue par la plupart des autres Etats.

La divulgation il y a quelques jours de ce document a aussitôt déclenché une tempête politique à Taïwan où l'idée d'indépendance reste largement partagée malgré un rapprochement spectaculaire avec Pékin depuis le retour au pouvoir du parti nationaliste (KMT). C'est ce rapprochement qui lui avait permis, en 2009, de rejoindre l'OMS avec un statut d'observateur. Pékin et Taipei s'étaient alors accordés sur l'appellation de «Taipei chinois» pour nommer l'île, comme c'était déjà le cas pour d'autres enceintes internationales comme les Jeux olympiques ou l'OMC.

La description de Taïwan comme une province par l'OMS était en vigueur depuis l'accession à l'ONU de la République populaire de Chine en 1971 en remplacement de Taïwan. «Cette terminologie ne reflète pas la réalité et nous n'acceptons pas d'être étiquetés comme telle», a expliqué lors d'une conférence de presse Wen Ta Chiu, qui a demandé à l'OMS de mettre fin à «l'incohérence et à la confusion créées par un mauvais usage des noms».

La délégation taïwanaise dénonce également les restrictions faites à des membres d'ONG de l'île qui se sont vu refuser l'accès au Palais des Nations sous prétexte de nouvelles mesures de sécurité. Une journaliste taïwanaise a estimé que cela revenait à considérer les Taïwanais comme des terroristes. «Nous n'avons pas de preuve d'une implication directe de Pékin, explique Ching-lon Lu, le représentant de Taipei en France. Mais s'il n'y avait pas de pression cela n'arriverait pas.»

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lundi 26 avril 2010

PORTRAIT - Margaret Chan, une carrière ponctuée d'épidémies

Le Monde - Samedi, 24 avril 2010, p. 5

La pandémie grippale n'est pas sa première épreuve du feu et elle n'est pas près d'abandonner. Directrice exécutive de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis le 9 novembre 2006, le docteur Margaret Chan, 63 ans, défend la ligne qu'elle a toujours tenue : l'OMS n'a pas surréagi face au nouveau virus grippal A(H1N1) et elle n'a pas agi sous influence. Néanmoins, le docteur Chan a dû concéder la mise en place d'un comité d'experts indépendants sur la réponse de l'OMS au virus - entre autres, sur le fonctionnement du comité d'urgence mis en place à partir de l'alerte mondiale devant la flambée épidémique due à la grippe A(H1N1).

Hongkongaise, Margaret Chan a fait ses études de médecine au Canada, pays dont elle possède aussi la nationalité, tout comme son mari, également originaire d'Hongkong. Elle débute sa carrière en 1978 dans les services de santé de l'ancienne colonie britannique, rétrocédée depuis à la Chine populaire. Elle est nommée directrice de la santé du territoire en 1994, un poste qu'elle occupera durant neuf ans. Elle fut, de ce fait, en première ligne en 1997 lors de l'épidémie locale de grippe aviaire due au virus H5N1. Margaret Chan fit abattre plus d'un million et demi de poulets. Une option radicale qui mit un terme à la flambée épidémique.

Elle fut de nouveau la principale décisionnaire face à l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui frappa durement Hongkong en 2003. Sa gestion de la crise fut controversée. En 2004, une commission d'enquête la mit en cause, estimant son action « non satisfaisante » parce qu'elle n'avait pas détecté les signaux précoces de l'épidémie qui couvait depuis novembre 2002 dans la province chinoise voisine du Guangdong. Pour sa défense, Margaret Chan avait alors souligné la difficulté à obtenir des informations de Chine, un point sur lequel elle s'accordait avec l'OMS, dirigée alors par le docteur Lee Wong-jook.

Elle rejoint l'OMS en 2003 comme directeur du département protection de l'environnement humain. Nommée, en juin 2005, directrice pour les « maladies transmissibles : surveillance et action », elle devient aussi représentante du directeur général chargé de la grippe pandémique. Elle obtient par la suite la haute main sur les maladies transmissibles, avec un titre de sous-directrice générale.

Gestion imparfaite

Son élection en 2006, après le décès subit du docteur Lee, constitue la première nomination d'une citoyenne chinoise à la tête d'une institution du système des Nations unies. A l'époque, l'OMS dispose depuis 2005 d'un nouveau règlement sanitaire international, devenu un outil juridiquement plus contraignant à l'égard des Etats.

La décision de Margaret Chan de lancer, le 24 avril 2009, une alerte mondiale devant la flambée épidémique due à un nouveau virus grippal au Mexique et aux Etats-Unis, qui aboutira à la proclamation d'une situation de pandémie le 11 juin 2009, n'en aura que plus de poids. Accueillant, le 12 avril, les vingt-neuf membres du comité d'experts indépendants au siège de l'OMS, Margaret Chan a affirmé : « Nous voulons savoir ce qui a bien fonctionné. Nous voulons savoir ce qui n'a pas bien marché, et dans l'idéal, pour quelles raisons. »

Une manière de reconnaître que tout n'a pas été parfait dans la gestion de cette crise par l'OMS. Le mandat du docteur Chan à la tête de l'OMS court jusqu'en juin 2012.

Paul Benkimoun

PHOTO - World Health Organisation (WHO) chief Margaret Chan delivers her speech before the WHO's annual meeting on May 18, 2009 at the UN Offices in Geneva. The World Health Organisation is keeping its Influenza A (H1N1) pandemic alert level at five, one below the maximum, WHO chief Margaret Chan said today.

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lundi 18 janvier 2010

Pour une bonne étoile, les Chinoises préfèrent la césarienne - Julie Desné

Le Figaro, no. 20359 - Le Figaro, vendredi, 15 janvier 2010, p. 1

Les mères chinoises ne veulent rien laisser au hasard, surtout pas le jour de la naissance de leur rejeton. Après consultation du calendrier lunaire, étude minutieuse des signes astrologiques du zodiaque chinois - aussi bien celui de la mère que celui de l'enfant à venir -, un nombre croissant d'entre elles choisissent de programmer l'heure et le jour de la naissance. C'est ce qu'ont noté des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'inquiètent de l'explosion du nombre d'accouchements par césarienne, ces dernières années. Une véritable « épidémie », selon l'organisation. En Chine, près d'une naissance sur deux passe par le bistouri, soit dix fois plus que dans les années 1970. Et au moins un quart de ces interventions ne sont pas nécessaires d'un point de vue médical, estime l'OMS, qui préconise un taux d'accouchement par césarienne de 15 %. À celles qui veulent assurer une bonne étoile à leur progéniture s'ajoutent les futures mamans contentes d'échapper aux douleurs de l'enfantement. Et dans un pays où la médecine est parfois devenue un véritable business, les médecins n'hésitent pas à abonder dans le sens des patientes, prêtes à payer double tarif pour un accouchement par césarienne. Peu informées, celles-ci minimisent - voire ignorent - les risques que cette intervention comporte, aussi bien pour elles que pour le bébé.

© 2010 Le Figaro. Tous droits réservés.

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