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mardi 4 octobre 2011

Vincent Perrin : « Des technologies françaises intéressent la Chine »


Les Echos, no. 21030 - International, mardi 4 octobre 2011, p. 8

Vincent Perrin, Le directeur du bureau Ubifrance de Pékin

La Chine va-t-elle réellement augmenter son efficacité énergétique ?

J'ai eu la conviction que les choses changeaient, il y a un an, lorsque le maire de la ville de Wuxi (près de Shanghai) m'a spontanément parlé du bilan carbone de sa ville. Les officiels ne sont plus seulement évalués sur le PIB de leur territoire mais aussi sur l'efficacité énergétique de leurs industries. Et sur le terrain nous rencontrons des opérateurs qui savent très bien ce qu'ils veulent. Car la pénurie d'énergie devient un frein énorme à la poursuite du développement du pays. Mais cela traduit aussi un phénomène de ressenti des populations des grandes villes qu'il faut traiter politiquement.

Pékin a-t-il réellement l'intention de faire appel au savoir-faire étranger ?

Je crois que oui. Cela a été clair sur le plan politique lorsque la Commission nationale pour le développement et la réforme a demandé d'inclure un dialogue spécifique sur cette question dans le cadre du partenariat stratégique entre la France et la Chine. Pour les administrations chinoises, faire appel à l'expertise européenne, c'est se doter de moyens forts dans le dialogue avec les industriels. Les autorités que nous rencontrons veulent également changer les règles de gouvernance, afin notamment de mieux intégrer le calcul des coûts environnementaux. Or la France n'a pas seulement des bons ingénieurs : elle a aussi inventé les concessions de service public, qui, en faisant travailler ensemble le public et le privé, permettent à la population de bénéficier des technologies meilleures pour un prix acceptable.

Quel est l'objectif des rencontres professionnelles de France-Chine Ecocités ?

Nous pensons que la filière verte française pâtit de son manque de structuration. Les PME françaises ne sont pas assez souvent emmenées dans les bagages des grands groupes. Or, pour une PME, venir seule sur le marché chinois est coûteux. Il faut bien compter deux ou trois ans avant d'acquérir des références. Pourtant, la France regorge de petites sociétés extrêmement innovantes. Elles regardent souvent vers le Maghreb ou d'autres destinations proches alors que leur expertise pourrait intéresser fortement les Chinois. De l'éolien offshore aux couches minces de silicium, en passant par les instruments de mesure ultraprécis qui se développent autour de la faculté d'Orsay, la France a des technologies à vendre. Même si l'on fait l'hypothèse que 75 % du marché seront réservés aux entreprises chinoises, les 25 % restants devraient suffire à offrir de belles opportunités au savoir-faire made in France.

Propos recueillis par GABRIEL GRESILLON

© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.

lundi 3 octobre 2011

Ecologie : la France compte saisir sa chance en Chine

Les Echos, no. 21030 - International, mardi 4 octobre 2011, p. 8

Lorsque Wen Jiabao, le Premier ministre, a présenté les grandes lignes du douzième plan quinquennal (allant de 2011 à 2015), il était logique d'opposer un certain scepticisme à ses promesses concernant le développement d'une économie plus verte au regard de ce qui avait été promis dans le cadre du plan quinquennal précédent. Cette fois, il s'agit de diminuer l'intensité énergétique de 16 % et l'intensité carbone de 17 %. Ce qui implique de réorienter la croissance économique vers un modèle plus qualitatif et moins intensif : le PIB est censé croître, en moyenne, de 7 % par an.

Six mois plus tard, la mue est peut-être en train de s'amorcer. L'assagissement de la croissance économique est en cours, même si l'objectif des 7 % semble encore hors d'atteinte. En matière énergétique, la Chine a lancé un vaste chantier pour diminuer la déperdition d'énergie sur son réseau électrique. Devant la perspective d'un doublement de la demande de courant entre 2010 et 2020, elle met les bouchées doubles pour développer des technologies de « réseau intelligent », et prévoit d'investir sur cinq ans l'équivalent de 270 milliards d'euros dans ce seul secteur. Ce qui fait aujourd'hui du marché chinois le nouveau centre du monde pour tous les industriels de ce qu'on appelle le « smart grid ».

Wen Jiabao vient par ailleurs d'effectuer des déclarations pour mettre la pression sur les gouvernements locaux, afin que ceux-ci convertissent réellement en actes les lignes stratégiques décidées par Pékin. Sur le terrain, les industriels qui rencontrent des fonctionnaires locaux sont unanimes : le message est en train de passer. Chaque commission pour le développement et la réforme locale se voit fixer des objectifs propres, déclinaisons du plan national. Et l'avancement de carrière des fonctionnaires chinois tient désormais compte de leur politique environnementale.

Opportunité

Dans ce contexte, la France compte bien pousser ses pions. Dans la production ou l'acheminement d'énergie, le traitement de l'eau ou des déchets, ses grands groupes se positionnent. A l'image d'Alstom, qui vient d'annoncer un partenariat avec le groupe chinois Datang pour développer, sur deux sites dans le nord du pays, des technologies de capture et de stockage du dioxyde de carbone. Chacun devra récupérer un million de tonnes métriques de gaz carbonique par an. Quant aux PME, elles devraient également pouvoir saisir cette opportunité. C'est en tout cas le pari que fait Ubifrance, en organisant pour elles, début décembre, des rencontres d'affaires dans trois villes chinoises (Shenyang, Chongqing et Chengdu). En espérant créer un effet d'entraînement dans toute la filière.

Gabriel Grésillon

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mardi 23 novembre 2010

Ubifrance choisit la Chine pour présenter sa réflexion stratégique


Les Echos, no. 20810 - International, mardi, 23 novembre 2010, p. 8

Après la quantité, la qualité. C'est ainsi que l'on peut résumer le chantier qu'Ubifrance envisage de mettre en oeuvre, selon son directeur général, Christophe Lecourtier, présent hier à Pékin. Dans un pays où « l'équipe de France de l'export » a pour principal motif de satisfaction de ne pas voir sa part de marché reculer - elle stagne à 1,4 %, quand l'Allemagne fait près de quatre fois plus -, Christophe Lecourtier a présenté les grandes lignes de la future feuille de route de son agence.

Principale innovation de ce projet qui reste à avaliser par le gouvernement : une logique de résultat. Jusqu'ici, l'agence était tenue, par engagement, d'inciter au moins 20.000 entreprises tricolores à se rendre à l'étranger, entre 2009 et 2011. Un objectif atteint dès la première année, dans un contexte de crise qui a poussé nombre de PME à chercher de nouveaux débouchés. Christophe Lecourtier accueille ce mouvement avec réserve, car qui trop embrasse mal étreint. Ubifrance va désormais chercher à faire progresser le nombre d'entreprises qui finissent effectivement par faire des affaires à l'étranger. Ce qui nécessite de créer des incitations fortes pour l'agence à « transformer l'essai » lorsqu'une PME tricolore fait le premier pas vers l'étranger. Un scénario qui concerne aujourd'hui un peu moins d'un cas sur trois, en moyenne, dans le monde. « Nous réfléchissons à partager le risque avec les entreprises », explique le directeur général, qui envisage des mécanismes de rémunération, pour Ubifrance, conditionnés par la réussite de chaque projet. Le but, à terme, serait de devenir une sorte de consultant. Avec un écueil bien identifié : lorsqu'on présente des tarifs environ dix fois moins chers que les prestataires privés, il est essentiel de ne pas sortir de son rôle.

Accroître les implantations

Ubifrance cherche également à s'attaquer au problème des trop grandes fluctuations des exportations françaises d'une année sur l'autre. Christophe Lecourtier remarque que, dans le cas de la Chine, la moitié de la hausse de 40 % constatée cette année découle de l'aéronautique. Il importe donc de se diversifier, en travaillant avec des secteurs comme la pharmacie, les nouvelles technologies ou les équipementiers automobiles, mais aussi d'augmenter le nombre d'implantations d'entreprise à l'étranger. « L'an dernier, nos exportations en Chine ont atteint de 8 à 9 milliards d'euros, tandis que nos entreprises implantées sur place généraient plus de 21 milliards de chiffre d'affaires », relève Christophe Lecourtier.

Gabriel Grésillon

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