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lundi 22 août 2011

ESPACE - Deuxième espace pour la Chine - Thomas Baïetto


Les Echos, no. 20999 - Industrie, lundi 22 août 2011, p. 20

Il ne faisait pas bon lancer des satellites jeudi dernier. Alors que les ingénieurs de Baïkonour perdaient contact avec l'Express-AM4, leurs homologues chinois ne parvenaient pas à mettre en orbite le satellite Shijian 11-04.

L'engin, lancé depuis le site de Jiaquan, dans l'ouest du pays, a été victime d'un « dysfonctionnement de la fusée » Longue Marche II-C a indiqué l'agence officielle Xinhua, sans apporter plus de précisions.

Selon le site spécialisé NASASpaceflight.com, c'est le premier échec pour ce lanceur, et le deuxième seulement pour l'industrie spatiale chinoise après le crash d'une fusée sur une ville voisine en 1996.

Il s'agissait du troisième lancement en une semaine sur le site de la province du Gansu. Cette frénésie témoigne de l'accélération de l'ambitieux programme spatial chinois depuis sa première mission habitée en 2003.

Dans cette conquête de l'espace, les Chinois se sont associés aux Russes pour combler leur retard. Début novembre, les deux pays projettent d'envoyer une sonde d'exploration sur Mars.

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vendredi 12 mars 2010

La Chine booste son programme spatial - Alain Perez

Les Echos, no. 20633 - Les stratégies, jeudi, 11 mars 2010, p. 11

Un mois après l'abandon par Barack Obama du programme d'exploration lunaire Constellation, la Chine vient de présenter son programme destiné à se poser sur la Lune dans les quinze ou vingt ans qui viennent. Pékin a présenté cette semaine le calendrier de développement de cette politique qui comprend plusieurs lanceurs adaptés aux différentes missions. Au sommet de la famille figure un lanceur lourd de la classe Saturn 5, le lanceur américain qui a déposé les astronautes américains sur notre satellite dans les années 1970. Parallèlement, l'Académie chinoise des technologies spatiales qui pilote les travaux poursuit le développement du lanceur Longue Marche 5 destiné à desservir la future station spatiale chinoise prévue pour graviter en orbite autour de la Terre vers 2020. Ce lanceur de la classe Ariane 5 sera capable de satelliser des charges utiles de l'ordre de 20 à 25 tonnes en orbite basse (moins de 1.000 kilomètres). Ce lanceur de nouvelle génération pourrait être disponible vers 2014 et sera qualifié pour emporter des astronautes. Les Chinois sont actuellement en train de construire une nouvelle base au nord de la ville de Tianjin, qui servira de port spatial pour toutes ces missions. Selon les autorités chinoises, ce projet nécessitera la construction d'une douzaine de fusées LM5 par an. D'après les responsables de Pékin, le module de base de la future station sera opérationnel avant 2020. Depuis des années, les Chinois ont fait de l'espace une de leurs priorités. Un académicien a rappelé cette semaine qu'une mission lunaire donnerait un « coup de fouet aux développements scientifiques et aux technologies du pays ».

PHOTO - People walk past a China's space program decoration setup as part of the up-coming 60th National Day celebration in Beijing Monday, Sept. 14, 2009. China broke ground Monday on the country's fourth space center that will launches of communications satellites as well as components for a future space station and deep space exploration.

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lundi 11 janvier 2010

Bernard Deflesselles : « La Chine pourrait brouiller les fréquences de Galileo »

Les Echos, no. 20589 - Industrie, vendredi, 8 janvier 2010, p. 21

Bernard Deflesselles, député UMP des Bouches-du-Rhône

Dans un rapport d'information présenté à l'Assemblée nationale, vous soulignez les risques de préemption par la Chine des fréquences accordées à Galileo. Que voulez-vous dire ?

Galileo est un projet emblématique d'une Europe spatiale indépendante. Cet outil ne sert pas qu'à se repérer, il est utile dans bien des domaines comme la recherche de ressources énergétiques, les transports, les transactions bancaires ou le guidage des missiles. Or la Chine s'est lancée dans la construction de son propre système, baptisé « Beidou », qui doit être mis en service en 2015 et comporte plus de 30 satellites. Cinq d'entre eux ont déjà été lancés. Ce qui est préoccupant, c'est que la Chine est en train de préempter la fréquence accordée à l'Union européenne par l'Union internationale des télécommunications, prétextant le retard pris par Galileo. Elle a publié des fréquences et des signaux superposés à ceux de Galileo. Or le signal le plus puissant « écrasant » les autres, il se pourrait qu'une partie des signaux émis par Galileo soit brouillée par les satellites chinois et ne puisse pas fonctionner, en particulier les signaux cryptés réservés entre autres à la défense.

L'Europe a-t-elle réagi ?

Le président Barroso a écrit au Premier ministre chinois le 10 juillet dernier pour souligner l'urgence qu'il y avait à régler la question de l'incompatibilité des systèmes européen et chinois. A ma connaissance, il n'a reçu aucune réponse. Cette question mérite d'être réglée par la voie diplomatique et doit être soumise au Conseil européen.

Pourtant, l'Union européenne avait mis en place un programme de coopération avec la Chine ?

Oui. Pékin a participé au financement du développement de Galileo à hauteur de 65 millions d'euros et une partie des travaux a été confiée à des entreprises chinoises. En dépit de cette coopération, le gouvernement chinois a développé un système concurrent. Cette situation a entraîné une restriction de la coopération européenne devant les risques représentés par les transferts de technologie voulus ou subis, du fait d'actes d'espionnage.

Vous soupçonnez d'ailleurs Pékin d'utiliser les technologies européennes...

Des scientifiques européens nous ont dit avoir la conviction que certaines techniques développées par la Chine comme celles des horloges atomiques s'inspiraient étroitement de la technologie européenne. La Chine entend être une puissance mondiale de premier plan et est devenue un compétiteur féroce au besoin au détriment des intérêts européens ! Ce n'est que sur la base d'une stratégie claire et ferme que l'Europe pourra développer ses relations avec elle. Arrêtons de faire de l'angélisme.

La Chine n'est pas la seule à s'être lancée dans la navigation par satellite.

C'est vrai, la compétition fait rage. La Russie et l'Inde ont démarré des systèmes de positionnement par satellite, tandis que les Américains travaillent sur une version modernisée de leur GPS. C'est pourquoi il nous faut faire vite. Cela dit, malgré les difficultés passées de financement et de gouvernance, le projet européen est cette fois bien engagé. N'oublions pas qu'il a un avantage de taille sur le GPS : une précision de 1 à 2 mètres, contre 17 pour le système américain.

PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE CHATIGNOUX

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