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lundi 25 avril 2011

EXPLICATION - Les vaches chinoises produiront du lait contenant des protéines humaines

La Croix, no. 38953 - Explication, vendredi, 22 avril 2011

La Chine compte commercialiser d'ici à deux ans du lait de vache contenant des protéines humaines. Le ministère de l'agriculture a donné son feu vert pour des tests de production de lait enrichi en lactalbumine, en lactoferrine et en lysozyme, par des vaches génétiquement modifiées.

Où en sont les recherches ?

Le lait de vache contient déjà ces trois protéines, mais en faible quantité. Pour l'enrichir, les chercheurs modifient le code génétique des vaches. Au stade embryonnaire, ils introduisent des morceaux de chromosomes humains capables de déclencher une production abondante des protéines souhaitées. En Chine, ces recherches sont menées par l'université agricole de Pékin, sous la direction du chercheur Li Ning.

Les Chinois ont été précédés par les Pays-Bas et la Californie. « Depuis quinze ans, les Hollandais modifient des vaches qui produisent du lait enrichi en lactoferrine, indique Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche honoraire à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Mais ils ont dû freiner, face à une forte opposition des anti-OGM. » De leur côté, les Californiens enrichissent du lait de chèvre en lysozyme depuis environ six ans. « La Chine s'y est mise depuis trois ou quatre ans, assure le généticien. L'équipe de Li Ning fait du bon travail mais ne s'embarrasse pas des anti-OGM » et surtout des questions éthiques que ces recherches soulèvent.

Quelles sont les vertus de ce lait ?

La lactoferrine et le lysozyme sont antibactériens. « Ils peuvent empêcher certaines épidémies », précise Louis-Marie Houdebine. Par ailleurs, des études confèrent à la lactalbumine des propriétés anticancéreuses.

La lactoferrine d'origine bovine est déjà commercialisée en comprimés mais son extraction nécessite de grandes quantités de lait. « Avec le lait chinois enrichi, l'extraction ne sera sans doute plus nécessaire. Les quantités présentes dans le lait suffiront », anticipe Louis-Marie Houdebine. Selon Li Ning, les ventes annuelles de lactoferrine pourraient atteindre 5 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) dans le monde.

Sera-t-il commercialisé en France ?

Ce lait de vache chinois n'arrivera pas en France à moyen terme. Il devra d'abord être examiné par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) en France, et par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa) à l'échelle continentale. « Cela peut durer très longtemps », prédit Louis-Marie Houdebine.

Depuis le scandale du lait frelaté en 2008, les produits laitiers chinois n'ont pas la cote. « Le lait chinois enrichi en protéines humaines ne présente pas de danger », estime toutefois le chercheur français, tout en préconisant d'observer ses conséquences à long terme sur la flore intestinale.

Jean-Philippe CHOGNOT

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jeudi 17 février 2011

Lait : le chinois Synutra va se fournir en Bretagne

Les Echos, no. 20872 - Entreprises et régions, jeudi, 17 février 2011, p. 18

Le groupe chinois Synutra va construire à Carhaix, en Bretagne, une usine de production de lait infantile. La matière première lui sera fournie par les producteurs de Sodial.

Le groupe, qui possède en Chine six usines de fabrication d'aliments infantiles, est également implanté en Nouvelle-Zélande ainsi qu'en Australie. Pour « sécuriser sa matière première et diversifier ses zones d'approvisionnement », explique-t-on chez Sodial, dont les producteurs de lait vont fournir les volumes nécessaires, Synutra construira une unité industrielle d'une capacité annuelle de 60.000 tonnes de lait infantile. « L'ensemble des produits finis, précise encore Sodial, seront expédiés en Chine, où les besoins sont très importants », compte tenu de l'évolution constante du niveau de vie de la population.

L'investissement annoncé se situe à ce jour dans une enveloppe comprise entre 60 et 80 millions d'euros. L'emprise foncière nécessaire, de 20 hectares, sera acquise auprès de la communauté de communes. Si le calendrier prévu par l'industriel asiatique est respecté, les travaux devraient démarrer d'ici à la fin de l'année 2011 pour une mise en exploitation du site un an plus tard.

Le souci de la traçabilité

Une centaine d'emplois seront créés dans cette usine installée au coeur de la première région laitière européenne. « Synutra a besoin d'un approvisionnement régulier et sur le long terme, c'est également ce qui motive son choix breton », constate encore Sodial. Le rapprochement entre Sodial et Synutra est piloté par Christian Mazuray, qui dirigeait précédemment l'entreprise laitière Entremont Alliance désormais intégrée dans Sodial. Si Synutra n'a pas été touché par le scandale de la mélamine en Chine qui s'est traduit par six décès et 300.000 enfants empoisonnés, ce groupe, coté au Nasdaq à la Bourse de New York, entend préserver sa marque et investir dans des sites « à la parfaite traçabilité ».

Stanislas du Guerny

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