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jeudi 22 septembre 2011

CONTREFAÇON - Des fausses huîtres Gillardeau en Chine - Agnès Marroncle

Charente Libre - Toutes - Région, jeudi 22 septembre 2011, p. 5

C'est l'une des marques les plus prestigieuses du bassin de Marennes-Oléron en Charente-Maritime. Produite à Bourcefranc, la Gillardeau est une huître spéciale de claire qui fait saliver tous les amateurs. En France, mais visiblement en Chine aussi.

Sur ce marché d'exportation que l'entreprise s'efforce de pénétrer depuis deux ans, des bourriches frappées du logo Gillardeau se sont révélées pleines de mollusques indignes du nom, selon Laurent Vedrenne, directeur du site de production à Bourcefranc. «À l'occasion d'un voyage en Chine, nous nous sommes aperçus qu'il y avait contrefaçon. Ces bourriches étaient bien comme les nôtres, mais pas leur contenu. Nos huîtres, nous les connaissons parfaitement! La couleur, la forme de la coquille... Nous sommes capables de dire de quel site de production vient tel ou tel lot. Là, il s'agissait de produits de moins bonne qualité, d'Australie ou d'on ne sait trop où.»

Atteinte à l'image

Les poissonniers chinois commercialisant la Gillardeau n'étant pas encore légion, la famille est parvenue à remonter jusqu'au client indélicat qui s'autorisait cette usurpation d'identité pour vendre ses coquillages. «Nous ne travaillerons plus avec lui.»

Produisant environ 2 000 tonnes d'huîtres chaque année, Gillardeau est l'une des entreprises ostréicoles les plus importantes du bassin de Marennes-Oléron. Elle travaille à 45% à l'exportation, majoritairement en Europe: Espagne, Italie, Pays-Bas, Russie. Son commerce avec la Chine ne représente qu'un petit pourcentage. «Mais l'incidence de la contrefaçon n'est pas tant un préjudice économique qu'une atteinte à notre image, estime Laurent Vedrenne. Ici comme ailleurs, nous ne voulons pas que des gens soient déçus en croyant consommer des Gillardeau qui n'en sont pas.»

La contrefaçon n'est en rien une spécialité chinoise. En France aussi, la société est confrontée régulièrement à ce genre de situation. «Nous faisons faire des constats d'huissier et s'il le faut, ça se termine au tribunal.»

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vendredi 5 août 2011

Quand le porc flambe, la Chine tousse - David Gourhan


Libération - Économie, vendredi 5 août 2011, p. 13

Alimentation . Pékin peine à juguler la forte hausse des prix de la viande la plus populaire du pays.

Sur les étals des marchés frais de Chine, le porc ne fait plus recette. Alors qu'il constitue un des aliments de base de la population et représente 65% de la viande consommée, les clients se font rares. En cause, des prix qui affichent une flambée de plus de 70% sur un an, et placent le gouvernement chinois face à un double défi, social et économique. Economique, parce que, le Bureau des statistiques chinois à dû le reconnaître, la hausse du porc entre pour 20% dans la croissance de l'indice des prix à la consommation (CPI), qui atteint 6,4% en juin et 11,7% pour l'alimentation.

Social, car le gouvernement est largement jugé sur sa capacité à juguler l'envolée des prix de la nourriture, et que la chute de 55% des ventes de porc dans certaines villes montre qu'une grande partie de la population ne peut plus se l'offrir. Même si le Premier ministre, Wen Jiabao, s'est engagé à «considérer la stabilisation générale des prix comme la priorité absolue de nos manoeuvres macroéconomiques», il y a urgence : la récente revalorisation des salaires les plus bas a déjà été largement annulée par l'inflation, et la grogne sociale est actuellement un danger bien plus grand que la dissidence politique.

Myriade. En réalité, le prix du porc connaît des flambées et des rechutes cycliques, car cette immense filière est portée par une myriade de très petits éleveurs qui ne disposent chacun que de quelques animaux. Une filière extrêmement sensible aux crises que ce marché a traversées ces dernières années, depuis un pic d'inflation en 2008, suivi par l'épidémie de H1N1, jusqu'aux affaires récentes de porc aux hormones. Or, si beaucoup de producteurs se lancent dans l'élevage porcin pendant l'envolée des cours, nombre d'entre eux ne survivent pas à la chute des prix et préfèrent abandonner l'élevage pour migrer en ville.

Pour apaiser les tensions, le gouvernement avait choisi ces dernières années de jouer sur l'offre en devenant le premier importateur mondial de viande de porc, principalement en provenance des Etats-Unis, du Canada, de l'UE. Mais le problème persiste : la demande croît du fait de la progression démographique, mais aussi de par la consommation individuelle, qui augmente proportionnellement au pouvoir d'achat. En 1990, un Chinois consommait en moyenne 19 kg de porc par an, en 2010, 39 kg.

Après les promesses de Wen Jiabao, les gouvernements provinciaux ont commencé à se délester des 220 000 tonnes de stocks qu'ils avaient constitués. Là encore, le résultat n'est pas à la hauteur des espérances, et les prix restent désespérément hauts. Les spécialistes invoquent la flambée des cours du maïs, qui sert à nourrir les cochons. Décision a donc été prise par le Conseil des affaires d'Etat de donner une subvention de 100 yuans (11 euros) par truie pour susciter des vocations d'éleveurs porcins, augmenter l'offre et mécaniquement faire baisser les prix.

Ambiguïtés. Les critiques pourtant ne désarment pas. Dans le Journal agricole du Sud, Li Changping, expert des questions rurales, explique que «c'est l'intervention de l'Etat qui a amplifié les fluctuations de prix», appelant à laisser le marché se réguler, tandis que Wang Jimin, de l'Académie d'agriculture, écrit qu'il serait temps que l'Etat «tire les leçons de ses erreurs». Ou comment la crise du porc est en train de devenir le révélateur des ambiguïtés du gouvernement, coincé entre son rôle autoproclamé de protecteur du petit peuple et de leader masqué d'une nouvelle économie de marché.

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vendredi 24 juin 2011

Les groupes japonais veulent nourrir les Chinois - Yann Rousseau

Les Echos, no. 20959 - Industrie, jeudi 23 juin 2011, p. 23

Mitsubishi Corp. et deux de ses filiales spécialisées dans la production de viande vont investir plus de 1 milliard d'euros avec le géant chinois d'Etat Cofco dans une coentreprise d'élevage et de transformation de porcs et de volailles.

L'essor de la consommation alimentaire des Chinois suscite l'appétit des industriels japonais. Témoin, l'opération annoncée hier par la plus grande maison de négoce japonaise, Mitsubishi Corp. Avec deux de ses filiales, Itoham Foods et Yonekyu Corp., Mitsubishi Corp. va acquérir 33 % des activités dans la viande du géant chinois de l'agroalimentaire Cofco.

Ensemble, les partenaires prévoient de dépenser dans les cinq ans qui viennent 10 milliards de yens (1,1 milliard d'euros) pour lancer de nouveaux élevages de porcs et de volailles en Chine et bâtir sept usines de transformation de viande. Ils comptent également importer plus de viande de boeuf de l'étranger et monter de nouveaux réseaux de distribution. La nouvelle coentreprise vise un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros en 2017.

En 1998, lorsqu'il inaugurait son premier élevage de porcs et une usine de transformation de viande dans la province du Jiangsu en Chine, le japonais Yonekyu cherchait surtout à profiter des faibles coûts de production locaux pour alimenter le marché nippon. Aujourd'hui, l'objectif de Mitsubishi est tout autre : il s'agit de s'imposer dans une industrie chinoise encore très fragmentée, dominée par des producteurs de petite ou moyenne taille et, surtout, en plein essor. La population chinoise consomme déjà 28 % de la viande mondiale et sa demande devrait encore progresser dans les prochaines années. En moyenne, un Chinois ne mange actuellement que 53 kilos de viande par an quand un Américain en consomme, lui, 125 kilos.

Montée en gamme

En échange de cet accès privilégié au marché chinois, Mitsubishi et ses filiales prévoient d'offrir au groupe d'Etat Cofco les technologies et les procédures de contrôle d'hygiène qui peuvent encore lui manquer : le marché chinois est régulièrement secoué par des scandales d'intoxication alimentaire.

« L'une des missions de Cofco est de fournir des viandes et des produits transformés de plus haute qualité », expliquait, hier, Mitsubishi Corporation, qui avait établi dès 2004 un partenariat avec le groupe chinois, auquel il fournit 5 millions de tonnes de soja par an.

Conscient de leurs limites, les géants de l'agroalimentaire chinois cherchent actuellement tous à monter en gamme en s'associant souvent à des entreprises étrangères bénéficiant de savoir-faire pointus ou de marques reconnues à l'international. S'il a raté en mars dernier la prise de contrôle de Yoplait, le shanghaïen Bright Food laisse ainsi entendre qu'il est toujours à l'affût d'une grosse acquisition en Europe.

Yann Rousseau

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lundi 25 avril 2011

EXPLICATION - Les vaches chinoises produiront du lait contenant des protéines humaines

La Croix, no. 38953 - Explication, vendredi, 22 avril 2011

La Chine compte commercialiser d'ici à deux ans du lait de vache contenant des protéines humaines. Le ministère de l'agriculture a donné son feu vert pour des tests de production de lait enrichi en lactalbumine, en lactoferrine et en lysozyme, par des vaches génétiquement modifiées.

Où en sont les recherches ?

Le lait de vache contient déjà ces trois protéines, mais en faible quantité. Pour l'enrichir, les chercheurs modifient le code génétique des vaches. Au stade embryonnaire, ils introduisent des morceaux de chromosomes humains capables de déclencher une production abondante des protéines souhaitées. En Chine, ces recherches sont menées par l'université agricole de Pékin, sous la direction du chercheur Li Ning.

Les Chinois ont été précédés par les Pays-Bas et la Californie. « Depuis quinze ans, les Hollandais modifient des vaches qui produisent du lait enrichi en lactoferrine, indique Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche honoraire à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Mais ils ont dû freiner, face à une forte opposition des anti-OGM. » De leur côté, les Californiens enrichissent du lait de chèvre en lysozyme depuis environ six ans. « La Chine s'y est mise depuis trois ou quatre ans, assure le généticien. L'équipe de Li Ning fait du bon travail mais ne s'embarrasse pas des anti-OGM » et surtout des questions éthiques que ces recherches soulèvent.

Quelles sont les vertus de ce lait ?

La lactoferrine et le lysozyme sont antibactériens. « Ils peuvent empêcher certaines épidémies », précise Louis-Marie Houdebine. Par ailleurs, des études confèrent à la lactalbumine des propriétés anticancéreuses.

La lactoferrine d'origine bovine est déjà commercialisée en comprimés mais son extraction nécessite de grandes quantités de lait. « Avec le lait chinois enrichi, l'extraction ne sera sans doute plus nécessaire. Les quantités présentes dans le lait suffiront », anticipe Louis-Marie Houdebine. Selon Li Ning, les ventes annuelles de lactoferrine pourraient atteindre 5 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) dans le monde.

Sera-t-il commercialisé en France ?

Ce lait de vache chinois n'arrivera pas en France à moyen terme. Il devra d'abord être examiné par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) en France, et par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa) à l'échelle continentale. « Cela peut durer très longtemps », prédit Louis-Marie Houdebine.

Depuis le scandale du lait frelaté en 2008, les produits laitiers chinois n'ont pas la cote. « Le lait chinois enrichi en protéines humaines ne présente pas de danger », estime toutefois le chercheur français, tout en préconisant d'observer ses conséquences à long terme sur la flore intestinale.

Jean-Philippe CHOGNOT

© 2011 la Croix. Tous droits réservés.

mardi 19 avril 2011

Nestlé rachète la marque chinoise Yinlu - Julie Desné

Le Figaro, no. 20749 - Le Figaro Économie, mardi, 19 avril 2011, p. 20

Le géant suisse de l'agroalimentaire a pris 60 % de la société familiale, connue localement pour son porridge de riz et son lait d'arachide.

Du porridge de riz en conserve pour le petit déjeuner, du lait d'arachide prêt à boire pour accompagner les repas... Ces produits vendus sous le label Yinlu rejoignent le portefeuille de Nestlé. Le leader mondial de l'agroalimentaire, déjà présent en Chine avec ses principales marques internationales et deux spécialement créées pour les Chinois, les soupes et sauces Haoji et Totole, poursuit sa conquête de l'empire du Milieu. Il s'offre une des rares marques locales de l'agroalimentaire, en rachetant 60 % du capital de la société familiale Yinlu, spécialisée dans les conserves, pour un montant non communiqué.

Marché en hausse de 25 %

Yinlu, qui a réalisé l'an passé 587 millions d'euros de chiffre d'affaires, était le partenaire de Nestlé en Chine, où elle fabrique Nescafé, ici vendu prêt à boire en bouteille en plastique. Basée dans le sud-est de la Chine, Yinlu produit aussi des surgelés, des boissons, des biscuits ou encore des nouilles instantanées. Cette opération « témoigne de notre investissement à long terme en Chine et de notre engagement à développer davantage les marques locales », assure Paul Bulcke, administrateur délégué de Nestlé.

Avec ses 23 usines et 14 000 employés, le groupe suisse a réalisé l'an passé dans la région Chine, son neuvième marché, 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit moins de 3 % de ses ventes totales. Outre ses marques chinoises, il est surtout connu dans le pays pour ses laits infantiles sous la marque Nan, ses gaufres chocolatées Nestlé Shark ou encore son eau Pure Life, la marque d'eau la plus vendue au monde. La quasi-totalité des produits vendus par le groupe en Chine sont fabriqués sur place, où la première usine, de lait infantile, date de 1990.

Le marché agroalimentaire chinois, dont la croissance avoisine 25 %, aiguise les appétits. Les acteurs locaux se taillent la part du lion, comme la société d'État Cofco, le shanghaïen Bright Food, puissant dans les produits laitiers avec sa marque Bright, Wahaha dans les eaux ou encore Shuang Hui (viande transformée).

Avec l'acquisition de Yinlu, Nestlé marque des points à contre-courant. Ces dernières années ont plutôt été marquées par les déboires des entreprises étrangères en Chine, avec l'échec du rachat du producteur de jus de fruits Huiyuan par Coca-Cola et la fin mouvementée du partenariat entre Danone et Wahaha dans les eaux et sodas.

© 2011 Le Figaro. Tous droits réservés.

jeudi 14 avril 2011

Les consommateurs chinois exaspérés par les scandales alimentaires

Le Monde - Environnement & Sciences, vendredi, 15 avril 2011, p. 5

C'est le printemps des scandales alimentaires en Chine : dernier en date, des petits pains (mantou) à la vapeur vendus dans les supermarchés à Shanghai, et dont le fabricant avait altéré la composition : de la teinture jaune avait été ajoutée pour que les petits pains aient la couleur du maïs, et toutes sortes de composants chimiques n'étaient pas indiqués sur le paquet.

Enfin, une grande partie des 300 000 mantou livrés depuis janvier avaient été recyclés dans de nouveaux emballages alors que leur date d'expiration était dépassée. C'est un programme de la télévision qui a révélé le subterfuge.

Quelques jours auparavant, un cas de lait frais empoisonné dans la province du Gansu, qui a provoqué la mort de trois enfants et en a rendu malade 36 autres, a d'abord ravivé la psychose de la contamination à la mélamine. L'enquête de la police a révélé qu'un couple de fermiers s'était vengé de son voisin en introduisant du nitrite dans sa production laitière.

Fin mars, du porc au clenbutérol, un additif à usage vétérinaire, aussi utilisé par les culturistes, a de nouveau été découvert, cette fois dans les produits d'une marque qui appartient au premier producteur de porc chinois, le groupe Shanghui. Des centaines de personnes étaient déjà tombées malades après avoir mangé du porc contenant du clenbutérol à Shanghai en 2006, puis dans la province du Guangdong en 2009.

Ces scandales exaspèrent les consommateurs chinois, qui se considèrent déjà pénalisés par l'inflation. Les internautes et la presse mettent en doute l'efficacité des mesures prises par les autorités. " Les failles de la supervision, auxquelles s'ajoute une culture d'entreprise qui privilégie le profit à court terme sur la réputation à long terme, sont la cause de ces scandales récurrents du secteur alimentaire. Ne pas pouvoir apporter de solution immédiate n'est pas une réponse acceptable. Le problème de la sûreté alimentaire a érodé la confiance du public dans le gouvernement ", tance un éditorial du quotidien Global Times du 13 avril.

Conscientes de la grogne populaire, les autorités chinoises font montre de diligence : Han Zheng, le maire de Shanghai, a promis de traquer les coupables dans l'affaire des mantou. Une quinzaine de fonctionnaires, dont des inspecteurs chargés des contrôles vétérinaires, font l'objet d'enquête dans le Henan et le Jiangsu, où a été identifiée la viande de porc toxique.

Dans l'industrie du lait, le traumatisme de la contamination à la mélamine (six nouveau-nés ont péri, mais 300 000 enfants ont été affectés) avait conduit le gouvernement à mettre en place une base de données nationale des producteurs de lait et un système de certification. En outre, tout achat de mélamine est désormais répertorié.

Début avril, une tournée d'inspection des autorités sanitaires a révélé que 45 % des producteurs de lait n'avaient pas pu obtenir de licence car ils ne possédaient pas l'équipement nécessaire pour contrôler la présence de mélamine et de résidus d'antibiotiques dans leur production. Ces producteurs ne représenteraient toutefois que 5 % de l'industrie laitière chinoise, selon la presse.

D'autres obstacles ont empêché la Chine de tirer toutes les leçons du scandale de la mélamine. Pour retentissant qu'il fut, celui-ci a fini par être étouffé : les parents d'enfants qui se sont retrouvés avec des calculs rénaux n'ont pas pu intenter de procès - les tribunaux les ont rejetés, et les avocats ont été intimidés. Forcés d'accepter le système de compensations mis en place par le gouvernement, ils dénoncent aujourd'hui sa rigidité. Et beaucoup se plaignent de ne pouvoir se faire rembourser les frais médicaux. " Souvent, il est difficile de prouver qu'une maladie est la conséquence des calculs rénaux, dit un avocat qui s'était mobilisé pour aider les parents en 2008. En outre, les hôpitaux proposent de moins en moins d'examens gratuits, et ce sont très souvent les familles qui doivent payer. "

En novembre 2010, Zhao Lianhai, le père d'un enfant contaminé qui avait représenté les parents dans les négociations avec le gouvernement, et créé un site Internet pour les informer, a été condamné à deux ans et demi de prison pour trouble à l'ordre public, puis libéré pour raison médicale. Il est sorti de son silence le 5 avril. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, il parle de cas d'enfants dont l'état se serait détérioré, mais qui font face à l'indifférence des gouvernements locaux et des départements concernés.

Brice Pedroletti

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

mercredi 30 mars 2011

Bruxelles obtient de Pékin un début de protection de ses produits régionaux

Les Echos, no. 20898 - International, vendredi, 25 mars 2011, p. 7

Roquefort ou saumon d'Ecosse contre thé Long Jing et porcelaines chinoises : les deux partenaires commerciaux sont désormais prêts à reconnaître et à protéger certaines de leurs productions.

Comment interdire la vente sur le territoire chinois de vins produits localement mais étiquetés « Tokay » ou de fromages autoproclamés « comté » mais affinés à des milliers de kilomètres du Jura ? La question est épineuse, car ces appellations ne sont pas des marques et ne peuvent donc pas être protégées par les moyens habituels. Pour y répondre, l'Union européenne a lancé avec Pékin, en 2006, un dialogue qui vient d'aboutir.

Le commissaire à l'Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos (PHOTO), en visite en Chine, a en effet annoncé hier que la Chine et l'Union européenne s'étaient mis d'accord sur une liste de vingt indications géographiques (dix chinoises et dix européennes) qui seraient désormais reconnues comme telles dans les échanges bilatéraux. Côté européen, on trouve par exemple le pruneau d'Agen, le roquefort, le comté, le saumon d'Ecosse ou encore le cheddar. La Chine, elle, va protéger son thé Long Jing, certains fruits et des porcelaines. Mais l'objectif est bien d'étoffer ces deux listes, pour dépasser la centaine d'indications géographiques reconnues.

Boom des produits plus raffinés

La bataille est loin d'être anecdotique. En 2010, les exportations agroalimentaires de l'Europe vers la Chine ont augmenté de 50 % pour s'établir à 3,3 milliards d'euros. « En Chine, c'est la demande de produits élaborés qui augmente de façon exponentielle », note Dacian Ciolos. Plus riches, les Chinois veulent des produits plus raffinés : la consommation de vins et de spiritueux s'envole. Et les fromages ou les viandes connaissent un début de succès.

La question est de savoir si le processus lancé par Bruxelles va assez vite. Les producteurs de Bordeaux en doutent. Ils font partie de la délégation qui accompagne le commissaire en Chine, mais ils souhaitent négocier directement avec les autorités chinoises, à l'image de ce qu'a fait le groupement pour le cognac. Comme l'explique Georges Haushalter, qui préside leur conseil interprofessionnel, « le boom des ventes de bordeaux en Chine est allé si vite que nous étions loin d'imaginer en 2006 à quel point il serait nécessaire, aujourd'hui, de nous protéger ». Combien de fausses bouteilles de Bordeaux sur le sol chinois ? Il n'en a pas la moindre idée mais exhibe volontiers des photos de « Médoc » et autres « Saint-Emilion » made in China.

Gabriel Grésillon

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lundi 21 mars 2011

Scandale en Chine après la découverte dans l'alimentation des porcs d'un produit interdit

Le Monde - Environnement & Sciences, mardi, 22 mars 2011, p. 16

Trois hauts responsables des services de l'agriculture de la province du Henan, dans le centre de la Chine, ont été suspendus après la découverte d'un nouveau scandale concernant l'alimentation animale, selon une enquête diffusée par la chaîne d'Etat chinoise CCTV, vendredi 18 mars. Vingt-sept autres responsables locaux ont été placés en détention, démis de leurs fonctions ou suspendus, d'après CCTV. Ces mesures ont été prises après la découverte de l'administration de clenbutérol à des porcs élevés dans plusieurs fermes du Henan. Le clenbutérol, qui peut être dangereux pour l'homme en cas de surdosage, est interdit en Chine. Il était introduit dans la nourriture des porcs afin que la viande de ceux-ci soit moins grasse et d'un aspect plus engageant.

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mardi 15 mars 2011

Un Chinois à l'offensive pour racheter Yoplait

Le Figaro, no. 20717 - Le Figaro Économie, samedi, 12 mars 2011, p. 22

Bright Food, leader chinois des produits laitiers, est candidat au rachat des 50 % de Yoplait détenus par PAI. Ses dirigeants mènent campagne auprès des autorités françaises pour défendre leur projet. Ils répondent au « Figaro ».

Pas moins de cinq hauts dirigeants de Bright Food ont passé la semaine en France pour défendre leur projet de rachat des 50 % de Yoplait détenus par le fonds PAI. Même si ce géant de l'agroalimentaire, propriété de l'État chinois, a déposé la plus élevée des neuf offres de reprise, la complexité du dossier, très politique, l'oblige à de multiples démarches pour convaincre. Pas tant le vendeur, étonnamment, que les autres parties prenantes. Après avoir été reçue à l'Élysée, à Bercy et au ministère de l'Agriculture, la délégation de Shanghaï a longuement discuté avec les dirigeants de la coopérative Sodiaal, qui veut garder sa participation de 50 % dans Yoplait. Elle a aussi planché avec les managers de Yoplait, visité l'usine et le centre de recherche du Mans. La semaine prochaine sera consacrée à des rencontres avec les élus et la presse des régions où Yoplait est implanté. Cao Xiao Feng, directeur financier de Bright Food, et Gui Ben Heng, patron de la branche produits laitiers, répondent au Figaro.

LE FIGARO. Pourquoi voulez-vous racheter Yoplait?

CAO XIAO FENG. - Nous sommes le troisième groupe alimentaire chinois, et le premier sur le yaourt et le lait frais avec notre filiale Bright Dairy. D'ici 5 à 10 ans, la Chine deviendra le troisième marché mondial pour les produits laitiers. Les ventes de yaourts augmentent de 20 % par an. Les ventes de Yoplait en Chine pourraient atteindre 220 millions d'euros d'ici à 5 ans.

Comment comptez-vous convaincre le vendeur?

CXF. - Nous avons proposé à Sodiaal un plan commercial, qu'ils considèrent comme très bon. Ce projet gagnant gagnant permet d'accentuer l'internationalisation de Yoplait et de Bright Food. Nous partageons avec Sodiaal la même expérience des relations avec les éleveurs et les mêmes problèmes. Bright Food est le Sodiaal chinois. Yoplait est la première étape d'une coopération plus large avec Sodiaal. Nous sommes intéressés par le fromage, le beurre, la poudre de lait et le sérum. Ce sont des produits dont nous avons besoin, et que nous importons jusqu'à maintenant.

Quels sont vos projets pour Yoplait hors de Chine?

GUO BEN HENG. - En Europe, nous voulons faire croître la production pour protéger l'intérêt des producteurs laitiers et des employés. Pour y parvenir, nous réinvestirons en France et en Europe, et nous coopérerons en profondeur sur nos gammes de produits. J'ai visité Yoplait. Nous avons chacun des avantages dans la recherche. Bright Dairy est en pointe sur les produits laitiers fonctionnels. L'Europe est une base pour internationaliser Yoplait. Nous allons progressivement remplacer le système de franchise par un modèle d'exploitation direct. L'Inde et l'Indonésie ressemblent à la Chine il y a 20 ans. Nous avons confiance dans notre capacité à y promouvoir la marque.

Le gouvernement français semble privilégier un repreneur français. Cela vous apparaît-il comme un handicap pour votre offre?

CXF. - Nos interlocuteurs au gouvernement nous ont fait part de leur préoccupation de protéger l'intérêt des producteurs de lait et des salariés de Yoplait, en précisant qu'ils n'interviendraient pas dans les négociations. Notre plan commercial répond aux préoccupations du gouvernement. Nous allons créer des emplois.

Danone a eu des déboires en Chine avec Wahaha, son ex-associé dans l'eau en bouteille. Ne craignez-vous pas que cela dissuade Yoplait?

GBH. - La coopération entre Danone et Bright Food pour les produits laitiers a été un succès. Peng Qin, le président de Danone Chine, en a d'ailleurs témoigné auprès de Sodiaal. En cinq ans, nous avons fait de Danone la deuxième marque de yaourt en Chine, derrière Bright. Nous nous sommes séparés en 2007 parce que Danone (qui possédait 20 % des actions) voulait racheter la totalité du capital de Bright Dairy. Nous sommes une entreprise très ouverte au marché, avec une réputation de transparence. Carrefour est notre premier partenaire distributeur, et Wang Zong Nan, le président de Bright Food, a été le premier patron de Carrefour en Chine.

Vous avez rompu il y a quelques mois les négociations engagées avec PAI pour lui racheter United Biscuits. Ne craigniez-vous pas que le fonds vous écarte des négociations?

CXF. - Dans le dossier United Biscuits, nous nous sommes rendu compte pendant les négociations d'un problème de financement de leur fonds de pension. Yoplait n'a pas ce genre de contrainte. Nous n'avons pas trouvé d'élément qui puisse entraver notre coopération avec Sodiaal. Nous avons eu beaucoup de contacts avec PAI. PAI va respecter le choix de Sodiaal. Bright Food est le meilleur candidat pour Yoplait. Yoplait sera la priorité de notre groupe et nous avons le soutien du gouvernement chinois.

Pourriez-vous augmenter votre prix? Vous allier à un groupe français ou au FSI?

CXF. - Le prix n'est pas le facteur décisif. Si nous payons un prix juste, nous aurons les capacités d'investir pour plus tard. Pour Sodiaal, l'important, c'est de choisir son partenaire. Nous nous entendons très bien avec Sodiaal et nous n'avons pas l'intention, pour le moment, de nous allier avec Bel ou le FSI.

Propos recueillis par Isabelle Chaperon et Ivan Letessier

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mardi 8 février 2011

OPINION - La spéculation n'explique pas seule l'inflation

Le Figaro, no. 20689 - Le Figaro, mardi, 8 février 2011, p. 14

L'auteur, président du cabinet de conseil Global Warning, trouve anormal que les prix de l'énergie et des produits alimentaires soient généralement exclus du calcul de l'inflation.

L'inflation est un indicateur phare de l'économie. Une panoplie d'outils est utilisée par les économistes pour l'estimer et l'anticiper. Le principal, la « core inflation », consiste à exclure de l'inflation l'énergie et les produits alimentaires, considérés comme trop volatils. C'est une grave erreur conceptuelle, qui a masqué son retour en force partout : le malaise grandissant outre-Manche, les troubles géopolitiques récents autour de la Méditerranée, la surchauffe des prix dans les Bric et les émeutes qu'elle entraîne sont là pour le rappeler. Contre toute prévision, elle s'élève à 2,4 % dans la zone euro.

Le phénomène actuel nous rappelle les hausses - trop vite oubliées - des matières premières de 2007-2008. Il a deux causes. Le prix des matières premières agricoles participe largement de cette résurgence imprévue, dans les pays en développement. Leurs prix ont grimpé de 30 % en un an, alarmant la FAO.

L'autre cause mondiale est la hausse des prix de l'énergie, avec le baril de pétrole qui franchit les 100 dollars et inquiète l'Agence internationale de l'énergie.

Cette « core inflation » est une erreur de fond, un concept biaisé d'« inflation hors inflation », couteau sans lame auquel il manque le manche. Le récent rapport du Conseil d'analyse économique sur les prix du pétrole reconnaît son extrême volatilité; mais aussi sa hausse tendancielle. Donc ne considérer que la première, c'est nier implicitement les contraintes de ressources physiques sur les énergies fossiles - et en particulier le pétrole - qui induisent la seconde. Aussi, effacer la volatilité du prix de l'énergie dans la « core inflation », c'est gommer la tendance de long terme à la hausse de cette composante cruciale.

Pour le prix des matières premières agricoles, on peut incriminer le climat dans leur volatilité depuis quelques années. En Russie, mi-2010; en Australie, il y a peu... À l'échelle du monde, de telles catastrophes climatiques (et peut-on encore les qualifier de « naturelles »?) et les tensions qu'elles entraînent ne relèvent peut-être plus dorénavant de l'exception, mais du récurrent; et avec une fréquence et une intensité peut-être croissante.

Aussi, vouloir effacer leur volatilité, c'est gommer la tendance de long terme à la hausse de celles-ci. Alors que cette volatilité croissante devient probablement un élément fondamental et pérenne de l'inflation.

On va en fait assister à une inflation d'inflations. La voilà soudain partout alors qu'on l'avait oubliée depuis quinze ans! Elle sera au centre du débat économique, social et financier. Économique : les propos du président de la BCE indiquent qu'elle réagira fermement à cette menace. Mais quel sens donner à une hausse des taux dans une économie convalescente, sans prise sur le prix du pétrole? Et l'inflation mondiale va-t-elle s'arrêter par magie à nos portes?

Social : dans certains pays, l'inflation des prix à la consommation ne pourra pas s'accompagner de contreparties salariales du fait de leur situation budgétaire. Et, dans les pays émergents, l'éventuelle survenance de nouveaux aléas climatiques attisera la hausse des prix, facteur de troubles sociaux et de spirales inflationnistes. Et quid en France des indexations automatiques des minima sociaux, des loyers et des retraites?

Financier : l'indexation du taux du livret A sur l'inflation a justifié son récent relèvement à 2 %. Que se passera-t-il si la règle rapproche le rendement des 170 milliards d'euros de l'épargne liquide du livret A de celui des 1 000 milliards d'euros des fonds généraux d'assurance-vie? Certains diront que la dynamique démographique mondiale explique ces tensions. D'autres accuseront la spéculation. C'est juste, mais un peu court.

Le vice-président chinois Li Keqiang (PHOTO) a été clair récemment, avant même les derniers événements géopolitiques : « La Chine s'engage à oeuvrer avec les autres pays à une solution au défi mondial de l'énergie et des ressources. »

Après l'amnésie qui a suivi le traumatisme du krach financier de 2008, le retour de l'inflation impose une réévaluation des deux risques physiques majeurs pour l'économie et la finance que sont l'énergie et le climat.

On va en fait assister à une inflation d'inflations. La voilà soudain partout alors qu'on l'avait oubliée depuis quinze ans! Elle sera au centre du débat économique, social et financier

MICHEL LEPETIT

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vendredi 4 février 2011

OPINION - Yoplait peut-il être chinois ? - David Barroux

Les Echos, no. 20863 - Idées, vendredi, 4 février 2011, p. 14

A l'heure où s'ouvre le bal des prétendants intéressés par Yoplait, il serait tentant d'en appeler au patriotisme économique du fonds PAI en exigeant que l'ex-bras armé de BNP Paribas dans le « private equity » cède sa part du capital de ce prince du yaourt à un acteur français. Adosser « la petite fleur » à la Vache Qui Rit de Bel ou au camembert Président de Lactalis permettrait théoriquement de créer, derrière Danone, un deuxième acteur tricolore de poids sur le marché du lait fermenté.

Mais le yoghourt est-il à ce point stratégique ? La France a-t-elle besoin de deux champions d'envergure internationale dans ce domaine ? Les pouvoirs publics doivent-ils faire pression sur le vendeur et l'inciter à ne pas vendre au plus offrant si le passeport de ce dernier n'est pas français ?

Yoplait est certes une entreprise très respectable. Mais ce producteur qui pèse deux fois moins que Danone dans le yaourt n'est pas un actif vital pour l'Hexagone. Qu'il reste français serait sans doute une bonne chose. Qu'il ne le soit plus n'en serait pas forcément une mauvaise. Mais pourrait-on aller jusqu'à imaginer qu'il devienne chinois ?

Vouloir à tout prix et par principe que son prochain actionnaire de référence soit français pourrait paradoxalement être contre-productif. Car ce n'est pas en France que Yoplait a besoin d'être plus fort. Ce n'est pas aux Français qu'il faut faire manger plus de yaourts, mais aux Chinois ou aux Sud-Américains. Et quoi de plus utile pour partir à l'assaut d'un marché comme la Chine que de pouvoir s'adosser à un partenaire y disposant d'une expertise domestique. Yoplait et les salariés français qui y travaillent resteront de toutes les façons sans doute pendant encore longtemps les experts de cette activité. Et sur le marché français, le risque de voir demain un propriétaire chinois ou mexicain imposer que les Yoplait soient fabriqués à l'étranger ou « made in France » à base de lait en poudre chinois est nul. Dans l'ultrafrais, l'industriel s'approvisionne auprès de fournisseurs locaux. Pas à l'autre bout de la planète.

Evidemment, pour le gouvernement, il sera plus difficile de faire pression en cas de tensions sur les prix du lait sur un actionnaire chinois que sur un français. Mais on ne bâtit pas une politique industrielle sur de tels raisonnements.


Mis en vente, Yoplait attire les convoitises jusqu'en Chine
MARIE-JOSEE COUGARD

C'est l'un des grands dossiers industriels de l'année. Décidé à céder ses 50 % de Yoplait, le fonds PAI doit recevoir aujourd'hui les premières offres d'achat. Avec la coopérative Sodiaal, qui détient l'autre moitié du capital, le fonds devrait sélectionner quelques candidats sous deux semaines. Yoplait, qui totalise des ventes de 4 milliards d'euros, est la deuxième plus grande marque mondiale de yaourts après Danone. Une quinzaine de groupes s'intéressent au dossier. PAI et Sodiaal semblent préférer les offres des industriels, parmi lesquels l'américain General Mills, Nestlé et Lactalis.

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mercredi 15 décembre 2010

Auchan en route vers la Bourse de Hongkong - Alexandre Debouté

Le Figaro, no. 20643 - Le Figaro Économie, mardi, 14 décembre 2010, p. 26

Le distributeur et son associé taïwanais veulent accélérer leur développement en Chine.

Gérard Mulliez, le fondateur d'Auchan, s'est toujours farouchement opposé à l'appel au marché pour le financement de son expansion. Le distributeur nordiste va faire une exception pour se développer en Chine. Auchan et son partenaire taïwanais Ruentex ont annoncé hier qu'ils préparaient l'introduction à la Bourse de Hongkong de leur coentreprise chinoise afin d'accélérer le développement de leurs deux enseignes (Auchan et RT Mart). L'opération doit avoir lieu au dernier trimestre 2011.

Associés depuis dix ans dans l'empire du Milieu, Auchan et Ruentex ont renforcé leur leadership. RT Mart réalise un chiffre d'affaires de 3,75 milliards d'euros, soit une part de marché de près de 11 %. Auchan China frôle le milliard d'euros de ventes, en hausse de 25 % en 2010. À la fin de l'année, le premier détiendra un parc de 150 hypermarchés (29 ouvertures en 2010) surtout présent dans les villes moyennes, et le second 41 hypermarchés (6 ouvertures), principalement dans les grandes agglomérations. Bien qu'alliés, les deux distributeurs se font parfois concurrence. Ensemble ils devancent le français Carrefour (9,2 % de part de marché) et l'américain Wal-Mart (8,6 %). Le rythme de 35 ouvertures par an pour les deux enseignes pourrait être rapidement dépassé.

Les deux entreprises vont réunir toutes leurs participations dans le pays au sein d'un holding commun déjà existant, Sun Holding.

Un « maximum de 20 % » du capital

Jusqu'à présent, Sun Holding, qui était détenu en totalité et à parts égales par le groupe Auchan et Ruentex, contrôlait 67,2 % de RT Mart China et 65,6 % d'Auchan China. Le nouveau schéma prévoit que tous les actionnaires des deux enseignes apportent leurs participations directes dans les deux enseignes à Sun Holding en échange de nouvelles actions émises par ce dernier. Il n'y aura donc qu'un seul actionnaire, Sun Holding, qui fera l'objet de l'introduction en Bourse.

Auchan refuse de chiffrer les sommes qu'il espère lever à l'occasion de cette introduction en Bourse. En juin dernier, le bloc de 30 % évoqué alors pour une levée de fonds avait été valorisé entre 500 et 670 millions d'euros. Les deux partenaires vont limiter l'augmentation de capital à un « maximum de 20 % ».

Après l'introduction en Bourse, Auchan et Ruentex détiendront, via un nouveau holding, environ 51 % de Sun Holding. Le solde, autour de 29 %, « sera détenu par Auchan, Ruentex et par les fondateurs et managers d'Auchan China et RT Mart China », selon le groupe Auchan.

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vendredi 26 novembre 2010

Huile de palme : pourquoi faut-il s'en méfier ?

Marianne, no. 710 - Savoir Vivre, samedi, 27 novembre 2010, p. 100

Economique, facile à utiliser, stable à la cuisson et résistante aux changements de température, l'huile de palme a tout pour séduire les industriels. Surtout dans l'agroalimentaire, où on apprécie sa texture onctueuse qui donne du moelleux aux aliments et son goût neutre. Résultat, on la retrouve dans les plats préparés, les biscuits, les pâtes, les tartes, mais aussi les produits cosmétiques. Pourtant, l'huile de palme a mauvaise presse. A tel point que, sous la pression des médias, des consommateurs et des associations, de plus en plus d'entreprises, tels Findus ou le groupe Casino, la suppriment de leurs produits. Car elle est nocive pour le coeur et les artères. "L'acide palmitique, présent en très grande quantité dans cette huile, est athérogène. En d'autres termes, c'est un facteur de risque cardiovasculaire", explique le Pr Irène Margaritis, chef de l'unité d'évaluation sur la nutrition et ses risques à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Il contribuerait également à l'apparition du diabète de type II. Mais pas d'affolement, insiste Irène Margaritis, "comme toujours, c'est l'excès qui pose problème. Le mot d'ordre est ni trop, ni trop peu". Or, c'est là que le bât blesse. Difficile de savoir quelle quantité on ingurgite quand les étiquettes restent muettes. Et quand, la plupart du temps, l'huile de palme se cache derrière des noms scientifiques (Elaeis guineensis, sodium palmate, sodium palm kernelate) ou le terme "huile végétale".

En revanche, "il n'y a aucune contre-indication en cosmétique", affirme Laurence Wittner, de l'Observatoire des cosmétiques, qui note principalement sa présence dans les gels douche et les crèmes.

Opter pour l'huile "durable"

Mais l'autre gros défaut de l'huile de palme, c'est son mauvais bilan environnemental. Et son rôle important dans la déforestation, surtout en Asie. "Pour planter des palmiers, on abat chaque année des hectares entiers de forêt tropicale. En termes de biodiversité, c'est dramatique", s'alarme Jérôme Frignet, chargé de mission pour la forêt à Greenpeace. La solution : opter pour de l'huile de palme "durable". L'organisme certificateur Roundtable On Sustainable Palm Oil (RSPO) vient de dévoiler un label qui apparaîtra en rayons début 2011. Un premier pas dans la bonne direction. Pour l'instant, seulement de 5 à 7 % des tonnages vendus sont certifiés RSPO, mais de nombreux industriels (Nestlé, Unilever...) se sont engagés à substituer tout ou partie de l'huile de palme classique pour de l'huile "durable" d'ici à 2015.

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mercredi 3 novembre 2010

Génétique animale : Orvia accélère sur le marché chinois

Les Echos, no. 20797 - Entreprises et régions, mercredi, 3 novembre 2010, p. 18

Pays de la loire

Spécialisé dans la génétique du canard et de l'oie, le groupe vendéen accroît ses capacités de production en Chine et cherche à renforcer par croissance externe ses capacités d'accouvage en France.

C'est à Vieillevigne, dans le bocage vendéen, que se trouve Orvia, l'un des leaders mondiaux de la génétique palmipède. Ce groupe, détenu par Benoît Gourmaud, aborde une nouvelle étape de son expansion internationale avec, pour projet phare, la construction, près de Pékin, d'un complexe de production de 10.000 m2, d'un coût de 4,5 millions de dollars. Orvia y développera son savoir-faire en matière d'assemblage génétique débouchant sur la production de « grands-parents et de grands-grands-parents » de reproducteurs pour le marché asiatique, où il envisage d'étendre son réseau de distributeurs. Orvia a déjà établi deux joint-ventures en Chine et fondé deux filiales qu'il contrôle à 100 %. Le groupe se confronte en Asie à son grand concurrent, le britannique Cherry Valley, détenant 95 % du marché sur le canard de Pékin, celui que l'on cuisine en canard laqué.

Présent dans 40 pays, Orvia revendique, en revanche, une position dominante en Europe, avec 70 % du marché de la génétique sur le canard Mular, destiné au foie gras, et 50 % sur le Barbarie, pour la viande. Le marché du palmipède représente 400 millions de têtes par an en Europe et 5 milliards en Asie.

Deux métiers complémentaires

L'histoire d'Orvia démarre en 1976 avec Le Couvoir de la Seigneurtière. Par croissance externe, un groupe se constitue et Benoît Gourmaud, quarante-neuf ans, qui en a désormais le contrôle, l'oriente vers deux métiers complémentaires : l'accouvage industriel, c'est-à-dire la production d'animaux d'un jour, et surtout la génétique, en amont de la filière. Cette activité de recherche et développement porte sur la sélection et la définition des critères caractérisant une lignée. Orvia l'effectue en lien avec des laboratoires de génétique privés ou publics, en Allemagne et en France, dont celui du Syndicat des sélectionneurs avicoles aquacoles français (Sysaaf). C'est avec une gamme de services et d'équipements associés qu'Orvia commercialise ces lignées auprès d'une clientèle de filières agro-industrielles. « Il s'agit d'optimiser, d'exprimer au mieux le potentiel génétique et pour cela de maîtriser des critères génétiques, physiologiques, zootechniques, nutritionnels ou de résistance aux maladies », décrypte Benoît Gourmaud.

Orvia, qui emploie 300 personnes, est passé de 28,3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006 à 55 millions cette année, le groupe ayant dans le même temps investi 3 millions d'euros par an. Le rachat de couvoirs en France et à l'étranger a contribué à ce développement. Le groupe, qui possède quatre sites de production en France et un cinquième en Hongrie, montre un fort appétit de croissance externe, notamment en France. « Nous cherchons à consolider nos capacités d'accouvage en achetant de petites sociétés, pour acquérir une dimension assurant des débouchés à notre activité génétique. Nous sommes en fait nos propres clients. Cela crée de la rentabilité générant les moyens d'un développement à l'international », poursuit le dirigeant, qui défend le dogme de l'autofinancement, la capacité du groupe sur ce point ressortant à 10,1% du chiffre d'affaires en 2009.

EMMANUEL GUIMARD

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mardi 2 novembre 2010

Rougié tente de convertir les Chinois au foie gras - Ivan Letessier

Le Figaro, no. 20607 - Le Figaro Économie, mardi, 2 novembre 2010, p. 28

Euralis veut décupler la production de sa ferme située au pied de la Muraille de Chine. Pour vendre ses produits dans les restaurants de Pékin et Shanghaï, elle forme les chefs du pays.

L'envie de mieux gagner sa vie pour « bien marier » son fils a poussé Feng Zhou Yu, originaire de la province de Hebei, dans le nord de la Chine, à déménager pour Yanqing. Depuis l'ouverture, en 2007, de la ferme Rougié à 80 kilomètres au nord de Pékin, au pied de la Grande Muraille, elle gave des canards destinés à la production de foie gras.

Comme elles, les 53 employés de la ferme Rougié sont chinois. Mais les méthodes restent celles de la coopérative Euralis, leader mondial du foie gras. La responsable de l'élevage et de l'engraissage, Mme Wang, est ainsi une ancienne comptable proche du Parti communiste local. Mais elle a été formée à Lescar (Béarn), au siège de la coopérative. À Yanqing, les canetons arrivent chaque semaine en avion, âgés d'un jour. Comme ceux de l'Hexagone, ce sont des canards mulards, sélectionnés génétiquement par le français Grimaud, implanté au sud de la Chine.

Depuis quatre ans, la réglementation chinoise interdit l'exportation de foie gras cru dans le pays. Euralis, premier producteur mondial de foie gras - vendu sous ses marques Montfort en France en grande distribution et Rougié à l'international - a investi 3,5 millions d'euros pour s'implanter sur place.

Avant lui, deux Chinois (San Rougey, Jilin Zhengfang) se sont attelés au foie gras. Ils produisent environ 120 tonnes par an, contre 30 pour Rougié. Soit à peine 2 % des ventes de la marque, qui a réalisé l'an passé 77 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais le français, qui vend son foie gras 40 % plus cher que ses concurrents chinois, est confiant. « Nous allons doubler la production l'an prochain et nous espérons atteindre 500 tonnes d'ici à dix ans », confie Pierre Couderc, directeur général d'Euralis, qui rassemble 15 000 agriculteurs (1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires).

Bientôt une autre ferme

La coopérative pourrait bientôt ouvrir une deuxième ferme entre Pékin et Shanghaï, où sont situés la plupart des 200 restaurants qui utilisent ses produits. Elle prévoit de recruter trois conseillers culinaires pour les promouvoir dans le pays.

Euralis a entrepris un travail de fourmi pour s'imposer en Chine. « Notre force est le contact que nous établissons avec chacun des chefs, explique Brieuc Fruchon, patron de la marque Rougié. Nous devons faire en sorte qu'un maximum de plats à base de foie gras figure sur leur carte. » Les riches Chinois n'en consomment que depuis une dizaine d'années, uniquement au restaurant. Grands amateurs de volaille, ils aiment le foie gras cuit à Pékin, en escalopes ou en terrine à Shanghaï, et poché dans la soupe à Canton. « Le consommateur chinois vient chercher un produit de luxe, associé à la gastronomie française, comme il le fait avec le vin », explique Jean-Marie Vallier, responsable de Rougié en Chine.

Chez Maison Boulud, à Pékin, c'est un must de la cuisine française au côté des cuisses de grenouille et du steak tartare. Après avoir séduit Da Dong, la star de la cuisine chinoise, Rougié s'attaque désormais aux grands chefs de nationalité chinoise pour promouvoir son foie gras et parie sur l'essor de la gastronomie.

Mais pas seulement. « Rougié peut devenir une marque de cadeau pour les Chinois, férus de cadeaux souvenirs, à la place des chocolats », parie Pierre Couderc, ancien responsable des produits frais de Danone en Asie. Le groupe espère répéter en Chine le succès de sa marque au Japon, son premier marché à l'export en dehors de l'Europe, où il réalise 7 millions d'euros de chiffre d'affaires. En Asie, il n'exclut pas à terme d'exporter en Inde. « L'internationalisation du groupe, notamment celle de Rougié dont nous souhaitons tripler le chiffre d'affaires d'ici à dix ans, fait partie de nos priorités », confirme Pierre Couderc.

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jeudi 28 octobre 2010

Ladurée veut vendre ses macarons jusqu'en Chine


Le Monde - Economie, vendredi, 29 octobre 2010, p. 15

Le producteur de macarons Ladurée a indiqué, mercredi 27 octobre, qu'il allait installer à Enney, dans l'ouest de la Suisse, un site de production et de recherche pour assurer une production de son produit phare au grand export. Ce site opérationnel d'ici un ou deux ans, fournira des futures boutiques en Chine, au Japon, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, a précisé le président du groupe David Holder.

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jeudi 24 juin 2010

DERNIER CHIFFRE - Le bio séduit la Chine

Le Monde - Environnement & Sciences, vendredi, 25 juin 2010, p. 4

Même si les produits bio restent en Chine cinq fois plus chers que les légumes communs, le marché, évalué aujourd'hui à près de 600 millions d'euro, progresse de 20 % à 30 % par an. Les Chinois, dont le pouvoir d'achat progresse, sont attirés par une meilleure qualité de vie.

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mercredi 16 juin 2010

Grèce : Pékin investit au Pirée et dans l'huile d'olive - Alexandrine Bouilhet

Le Figaro, no. 20488 - Le Figaro Économie, mercredi, 16 juin 2010, p. 19

La Chine profite de la crise financière en Grèce pour renforcer son emprise sur le secteur maritime, l'un des fleurons de l'économie grecque. La Chine a déjà racheté une partie du port du Pirée en 2009 pour débarquer ses marchandises à destination du sud de l'Europe. Hier, à l'occasion de la visite, à Athènes, du vice-premier ministre chinois Zhang Dejiand, treize contrats d'un montant total de « plusieurs centaines de millions d'euros » ont été signés, dont sept entre le géant chinois Cosco et des armateurs grecs pour la construction et l'affrètement d'une dizaine de cargos. Les Chinois vont également construire un vaste complexe hôtelier au Pirée. Des groupes alimentaires ont également signé des contrats pour importer de l'huile d'olive.

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vendredi 4 juin 2010

La Chine et la Russie tirent le marché mondial du lait

Les Echos, no. 20691 - Industrie, vendredi, 4 juin 2010, p. 25

Après des mois de marasme et un effondrement des prix, le marché mondial du lait a retrouvé son dynamisme grâce à la demande des pays émergents.

Les acteurs de l'industrie laitière mondiale ont pour nombre d'entre eux retrouvé le sourire. Le retour en force de la demande des pays émergents a complètement rebattu les cartes du marché après des mois de marasme. En quelques mois, la face du marché mondial du lait a changé, tournant la page après une crise historique. Plusieurs facteurs l'expliquent, dont la baisse de production de certains gros acteurs, comme l'Australie (- 4 %) et le manque de disponibilités de la Nouvelle-Zélande. Une mousson défavorable en Inde a créé un déficit de production important dans ce pays, de l'ordre de 10 à 15 % de la consommation, si bien que New Delhi « opère des achats massifs de poudre de lait », précise l'Association de la transformation laitière française (Atla).

La Chine a oublié la crise de la mélamine qui l'avait détournée de la consommation de produits laitiers et a repris l'importation. Bien qu'il produise beaucoup, l'ancien empire du Milieu est très loin de l'autosuffisance. « Individuellement, les Chinois consomment peu de lait, mais ils sont très nombreux », commente l'Atla. Les banques russes ont, quant à elles, rouvert en partie l'accès au crédit, favorisant le retour aux achats des opérateurs. Résultat, l'Union européenne a « considérablement accru » ses exportations de matières premières laitières depuis janvier. Les ventes de poudre écrémée ont doublé. Celles de fromages, tels que l'édam et le gouda, ont augmenté de 20 %.

Des prix en hausse de 30 à 40 %

Quant aux prix, ils ont fait un bond de 30 à 40 % par rapport au mois de mai 2009, en plein marasme laitier. A cette date, les entreprises livraient massivement, faute de clients privés, leur production de beurre et de poudre à l'Union européenne via le système de l'intervention publique déclenchée par la Bruxelles en cas de grandes difficultés.

Toutes les grandes régions industrielles européennes, Allemagne, France, Pays-Bas, Danemark et Irlande, profitent de l'embellie. A la faveur de cette conjoncture, la Commission européenne a commencé à mettre sur le marché les stocks accumulés dans les frigos communautaires en 2009. Elle vient ainsi de vendre pour 3.500 euros la tonne - « un très bon prix » selon les experts du secteur -13.000 tonnes de beurre, soit la moitié des quantités accumulées dans le cadre de l'intervention publique. Bruxelles a également proposé 80.000 tonnes (sur un stock de 200.000 tonnes) de poudre de lait à la vente. Les prix n'ayant pas atteint un niveau satisfaisant, l'exécutif européen a refusé les transactions. Les offres se situaient autour de 2.000 euros la tonne, alors que le marché valorise aujourd'hui ce produit à 2.500 euros.

Après avoir souffert de surproduction et d'un commerce atone, l'Europe, surtout dans sa partie orientale, manque aujourd'hui de lait. « Et ce sera pire au second semestre », prévoit l'Atla, en raison du caractère saisonnier de la production.

MARIE-JOSEE COUGARD

PHOTO - Children milk a fake cow at the Shanghai World Expo in Shanghai on May 7, 2010. Hundreds of thousands of people flooded into Shanghai's World Expo at the start of a six-month showcase of culture and technology seen as the latest sign of China's growing economic might.

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vendredi 28 mai 2010

Le cours du maïs soutenu par la demande industrielle et la Chine - Massimo Prandi

Les Echos, no. 20686 - Marchés, vendredi, 28 mai 2010, p. 38

Porté par l'éthanol et par des volumes élevés d'importations chinoises, le prix du maïs a interrompu sa chute, qui durait depuis l'été 2008.

Parmi les céréales, c'est sans conteste le maïs qui jouit aujourd'hui des faveurs des opérateurs et des analystes. La longue chute des cours initiée depuis le dernier pic en clôture du 2 juillet 2008 (7,15 dollars le boisseau de 25 kg) du contrat les plus traités ces temps-ci à Chicago, celui pour livraison en juillet, est enrayée. La dégringolade a cessé fin mars. Depuis, les prix oscillent dans une bande relativement étroite comprise entre les 3,5 et les 3,8 dollars le boisseau. Le marché devrait finir par intégrer l'amélioration progressive des fondamentaux de cette céréale.

D'après le dernier rapport du Conseil international des céréales (CIC), la saison 2010-2011 devrait se solder par une production de 822 millions de tonnes de maïs et une consommation de 826 millions de tonnes. Les stocks de report, les réserves de produit vouées à l'exportation excédant les besoins d'un pays producteur en année normale, devraient décroître de 4 millions de tonnes, à 142 millions, alors même que le commerce international de ces grains est attendu en progression de 3 millions de tonnes d'une moisson à l'autre. Cela dresse donc un environnement de marché opposé à celui du blé, propice aux arbitrages favorables au maïs.

Plus gros achat depuis 14 ans

La demande chinoise contribue à tendre les conditions de marché de cette céréale. L'ancien empire du Milieu, le deuxième pays consommateur de maïs au monde, va procéder en 2010 à des importations de maïs américain pour un million de tonnes ou plus, a indiqué le Conseil des céréales des Etats-Unis. Il s'agit de l'achat le plus volumineux depuis quatorze ans. Le département américain de l'Agriculture (USDA) a d'ores et déjà enregistré des exportations vers la Chine de l'ordre de 600.000 tonnes au mois d'avril. Cette transaction a alimenté les rumeurs d'une raréfaction imminente de l'offre. Certains spécialistes, dont le japonais Ruan Wei, analyste senior chez Norinchukin Research Institute, avancent que la Chine pourrait importer cette année jusqu'à 3 millions de tonnes de maïs. Ce tournant s'accompagne de la montée en puissance de la demande industrielle de ce grain tirée par les producteurs américains d'éthanol. Le CIC table sur une augmentation de 4 % en 2010-2011 de ce segment de la demande globale, qui représente désormais 27 % de la consommation totale de maïs.

A ces deux facteurs de soutien des cours, Goldman Sachs ajoute celui de rendements en repli des terres américaines plantées en maïs. Si l'USDA mise sur un rendement des champs américains identique à celui de la moisson 2009-2010, à 10,3 tonnes par hectare, la banque d'affaires, elle, émet une prévision à 9,8 tonnes par hectare. Forte de ces considérations, elle anticipe une moyenne de prix de 3,75 dollars le boisseau à 3 mois. Un objectif de cours conforme à la courbe actuelle des contrats à terme. Goldman Sachs prédit 4 dollars le boisseau à 6 mois et 4,50 dollars à 12 mois.

PHOTO - PENGZHOU, CHINA - SEPTEMBER 6: A farmer processes corn cobs on September 6, 2008 in Pengzhou of Sichuan Province, China. The Chengdu Region got a bumper harvest this year despite the earthquake's influence on the agriculture. According to the National Wenchuan Earthquake Expert Committee, over 87,000 feared dead in May 12 earthquake centered in Wenchuan County of Sichuan Province.

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