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lundi 2 mai 2011

Le marché chinois des médicaments va progresser de plus de 20 % par an d'ici à 2015

Les Echos, no. 20923 - Industrie, lundi 2 mai 2011, p. 22

La réforme du système de santé chinois et le vieillissement de la population devraient se traduire par un triplement des dépenses de santé d'ici à l'horizon de 2020.

Même dans un secteur aussi réglementé que celui de la santé, la Chine fait figure d'eldorado pour les groupes étrangers. Estimé à 50 milliards de dollars, le marché chinois des médicaments a progressé d'un peu plus de 20 % par an entre 2000 et 2010, et une croissance annuelle de 23 % est prévue pour les cinq prochaines années, selon l'Association des entreprises pharmaceutiques chinoises. Au total, le marché de la santé au sens large doit dépasser les 600 milliards de dollars en 2015 (contre 345 milliards cette année) et tendre vers 1.000 milliards en 2020, d'après les consultants de McKinsey. La première explication est démographique : la population chinoise vieillit de manière accélérée, sous l'effet d'une fertilité devenue extrêmement faible (« Les Echos » du 29 avril 2011). En 2020, le pays doit compter plus de 170 millions de personnes de plus de 50 ans supplémentaires, futurs clients des laboratoires.

Médecine traditionnelle

A ce phénomène s'ajoute la réforme du système de santé, qui vise à donner un accès aux soins à la totalité de la population. Car sur 1,3 milliard d'habitants, seuls 400 millions bénéficient actuellement de traitements. « La réforme a ouvert un marché aux laboratoires. Il est même grandissant puisque le gouvernement donne cette année 200 yuans à chaque habitant des régions rurales pour se soigner, contre 120 en 2010, le paysan ajoutant 30 yuans de sa poche. Imaginez le potentiel si chacun des 830 millions d'habitants de ces régions prend ne serait-ce qu'un comprimé par jour ! » détaille Yu Mingde, président de l'Association des entreprises pharmaceutiques chinoises.

Le nouveau plan à cinq ans, approuvé en mars, fournit également des opportunités aux industriels puisqu'il fixe par exemple un objectif d'espérance de vie de 74,5 ans en 2015, contre 73,5 ans en 2010. Moins favorable aux groupes occidentaux est sa promotion de la médecine traditionnelle chinoise, clairement exposée (chapitre 34, section 6). Or cette médecine reste très répandue : sa part de marché est estimée à 70 % en volume (contre 30 % pour la médecine occidentale) et à 30 % en valeur.

« Les projets du gouvernement peuvent paraître contradictoires du point de vue des multinationales de la pharmacie : par exemple, comment concilier couverture universelle de traitements à bas coûts et promotion de l'innovation ? Comment continuer à convaincre les multinationales d'investir et bâtir des champions nationaux ? », avertit Franck Le Deu, associé chez McKinsey.

Législation perfectible

La réforme du système de santé peut ainsi être ambivalente : en établissant une « liste des médicaments essentiels », elle crée un marché de volume, mais oblige les laboratoires qui répondent aux appels d'offres à consentir des baisses de prix pouvant excéder les 50 %. Dans le cas du Smecta, Ipsen aurait dû accepter de voir le prix tomber de 23 à 16 yuans. « A ce stade, nous avons préféré ne pas faire figurer notre produit sur la liste », indique Eric Bouteiller, le responsable de la Chine chez Ipsen.

Par ailleurs, même s'il existe une liste nationale, chacune des 31 provinces du pays dispose d'une grande autonomie en matière de santé et les industriels doivent aussi négocier les prix au niveau de chaque région, voire de chaque hôpital. La législation est également perfectible. « Les licences nécessaires au démarrage d'une activité sont deux à trois fois plus longues à obtenir pour un industriel étranger que pour un chinois. Globalement, les critères d'évaluation ne sont pas très clairs et les procédures d'appel insuffisantes », pointe Dirk Moens, secrétaire général de la Chambre de commerce européenne en Chine.

Enfin, même si plusieurs sources font état de progrès réels, la corruption perdure. « L'un de nos clients a mis longtemps à enregistrer l'un de ses produits, un simple désinfectant, auprès du ministère de la Santé. Et avant qu'il n'accède au marché, on lui a demandé de payer un bakchich important, ce qu'il a refusé », témoigne un consultant.

Mais, confrontés à des croissances nulles ou limitées sur leurs marchés traditionnels, les laboratoires occidentaux ne peuvent que voir dans la Chine une immense opportunité : la progression des ventes de Pfizer dans le pays est par exemple estimée à 30 % cette année.

BRUNO TREVIDIC

© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.

mardi 19 octobre 2010

Tout sur la médecine traditionnelle chinoise

Le Point, no. 1987 - Société, jeudi, 14 octobre 2010, p. 78

Le guide des méthodes qui ont fait leurs preuves

Elle serait apparue plus de trois mille ans avant notre ère. C'est une médecine dite holistique (voir le documentaire par ARTE), parce qu'elle prend en compte le patient comme un tout, au-delà des symptômes. Energétique, elle considère que le yin et le yang mènent le monde et donc chaque personne grâce à l'énergie (qi). Surtout consacrée au maintien en bonne santé, elle s'appuie sur l'acupuncture, la pharmacopée, les massages traditionnels, la diététique et des gymnastiques comme le qi gong. Les médecins chinois utilisent plus de 4 000 plantes et substances animales.

- Indications : renforcer le corps pour prévenir les maladies. Lutter contre le vieillissement. Utile pour traiter certains maux chroniques (infections urinaires à répétition, eczéma, allergies, insomnies, règles douloureuses, anxiété...).

- Ce qu'en dit la science : l'acupuncture et la phytothérapie, qui tiennent une large place au sein de la médecine chinoise, ont prouvé une certaine efficacité, indépendamment l'une de l'autre. Cependant, l'évaluation scientifique de la médecine chinoise dans sa globalité reste impossible.

- Quel praticien : la pratique n'est pas reconnue. Les seuls praticiens compétents - peu nombreux - ont suivi un enseignement en Chine, au Vietnam ou en Corée. Pour les trouver : Fédération nationale de médecine traditionnelle chinoise (www.fnmtc.fr) et Union française des professionnels de médecine traditionnelle chinoise (www.ufpmtc.com).

- Contre-indications : la médecine chinoise à elle seule ne soigne aucune maladie grave, il faut l'utiliser en complément des soins classiques et avec l'accord du médecin traitant. Certaines plantes sont formellement contre-indiquées.

- Effets indésirables : importants pour la pharmacopée. Parfois graves : l'utilisation de l'aristoloche au cours de régimes amaigrissants a entraîné de nombreux cas de fibrose rénale. Certains remèdes provoquent en début de traitement des troubles digestifs (diarrhées, vomissements, nausées, ballonnements...). Arrêtez leur prise et consultez un médecin s'ils ne disparaissent pas très vite.

- Nos conseils : les remèdes de la pharmacopée chinoise étant personnalisés et établis à un moment donné, il est formellement déconseillé de les utiliser ultérieurement sans avis ou de les proposer à quelqu'un d'autre. N'achetez pas de remèdes tout prêts, approvisionnez-vous chez les revendeurs conseillés par votre médecin. Respectez les doses prescrites. Informez votre médecin habituel des traitements suivis, car ils peuvent être incompatibles avec certains médicaments allopathiques.

- Coût : 60 à 80 euros la séance.

Guide réalisé avec les conseils du docteur Eric Lorrain

Gwendoline Dos Santos

© 2010 Le Point. Tous droits réservés.

vendredi 4 juin 2010

SANTÉ - Sauvés par le qi gong ? - Éliane Patriarca

Libération, no. 9037 - Page_Vous, jeudi, 3 juin 2010, p. 21

Antistress . Cette gymnastique chinoise ancestrale est de plus en plus utilisée en milieu hospitalier.

Respiration, énergie, concentration, automassages... C'est la base du qi gong. Une gymnastique chinoise millénaire qui a conquis 40 000 Français (un nombre qui a triplé depuis 2002) et fait son entrée dans les services hospitaliers, les maisons de retraite ou des associations post-maladies. «En Chine, le qi gong fait partie de la médecine, il est destiné à optimiser la santé et à la réparer s'il y a maladie, Précise Yves Réquenna, généraliste acupuncteur et médecin référent de la Fédération de qi gong et arts énergétiques, qui organise dimanche une journée de découverte de ces techniques de santé (1). En France, il ne s'agit pas d'un qi gong médical mais thérapeutique, destiné à apporter un mieux-être, à limiter le stress. Il est de plus en plus utilisé en gérontologie pour améliorer la mobilité, réduire les douleurs rhumatismales et les inflammations articulaires, renforcer concentration et vigilance, et prévenir ainsi les chutes.»

«Mieux-être». A Bavilliers, le centre hospitalier de soins de longue durée du Territoire de Belfort propose depuis quatre ans un cours de qi gong à ses résidents - des patients âgés de 60 à 97 ans, atteints de polypathologies ou souffrant de la maladie d'Alzheimer. «Cela les aide à reprendre conscience de leur schéma corporel, Explique Colette Tenisci, cadre de santé. Le qi gong ne remplace évidemment pas les traitements, mais en apportant un mieux-être par les automassages, un apaisement, en réduisant l'agitation, il permet de limiter le nombre de médicaments.»

A Ussel (Corrèze), c'est le chef du service de cardiologie de l'hôpital, Alain Berenfeld, qui a pris l'initiative de proposer un cours à ses patients - ceux qui ont été opérés et ceux qui présentent de forts risques. L'intérêt ?«Aider à combattre le stress, un facteur important de risque cardiovasculaire. Les mouvements lents aident à relâcher corps et esprit, le travail sur la respiration à se relaxer. En favorisant la concentration, le Qi gongAide aussi à ressentir un corps que trop souvent on oublie jusqu'à ce que la maladie nous le rappelle.»

A Tours, depuis 2007, la Ligue contre le cancer propose deux cours aux personnes fragilisées par la maladie, «après une opération, une chimiothérapie...». «C'est une activité physique mais douce et adaptée, selon Roger Blanchard, président de la Ligue d'Indre-et-Loire. LE cours est un moment de reconstruction de l'image du corps, détériorée par la maladie, de restitution de la conscience momentanément perdue de ce corps, d'échange avec les autres patients.»

Cancer. Adepte convaincue, Jocelyne Rousseau a été opérée il y a trois ans d'un cancer du côlon puis a subi une chimiothérapie. «J'étais lessivée, vidée», se souvient-elle. Quand le traitement s'achève, elle se sent «Déboussolée, mal dans [sa] peau». «Au début, quand J'ai commencé le qi gong, j'ai eu du mal à entrer dans ces mouvements si lents. Mais peu à peu, je suis entrée dans l'introspection, le corps s'est imprégné de quelque chose de nouveau, s'est délesté du négatif.» Aujourd'hui, elle pratique aussi seule, chez elle, «dès qu'[elle] sent quelque chose d'anormal dans [son] corps».

© 2010 SA Libération. Tous droits réservés.

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samedi 29 mai 2010

Le qi gong, la dernière gymnastique de santé chinoise qui séduit les Français

Le Monde - Rendez-vous, lundi, 31 mai 2010, p. 23

Sur l'estrade, Ke Wen, professeur de qi gong (prononcer " tchi kong "), effectue avec lenteur des mouvements dans l'espace. " Libérez vos tensions, ouvrez les mains. Inspirez en levant les bras, expirez en les baissant ", explique-t-elle. Devant elle, une vingtaine de personnes copient ses gestes. Les poings sur les hanches, chacun effectue des rotations du bassin. Sur fond de musique douce, les exercices s'enchaînent. Comme ondulent les vagues bercées par le ressac, les bras dessinent de gracieuses arabesques. Nous sommes au centre de culture chinoise, Les Temps du corps, à Paris, dont Ke Wen, la quarantaine, est la directrice pédagogique.

Développé en France à partir des années 1990, le qi gong est un peu à la Chine ce que le yoga est à l'Inde. Ni danse ni art martial, il s'agit d'une gymnastique traditionnelle de santé chinoise, fondée sur la connaissance et la maîtrise de l'" énergie vitale " et associant mouvements lents, exercices de respiration, de concentration et automassages. Le 6 juin se tiendra la 16e Journée nationale de cette discipline millénaire, à l'initiative de la Fédération de qi gong et arts énergétiques (Feqgae).

Depuis trois ans, Sandie Servot, 33 ans, se rend tous les mardis aux Temps du corps. Cadre dans l'assurance, elle explique que ces cours lui ont permis " d'être moins stressée, de prendre de la distance par rapport aux critiques ". " Je suis beaucoup plus calme et ma stabilité physique agit sur ma stabilité mentale. Mes douleurs de dos ont disparu, assure-t-elle. On voit les effets bénéfiques au bout d'environ trois mois de pratique. "

On estime à 40 000 le nombre de pratiquants du qi gong en France - on en compte quelque 200 000 pour le tai-chi-chuan, un art martial chinois dit " interne ", qui travaille aussi sur l'énergie à partir d'enchaînements de mouvements. Mais le qi gong se développe à vive allure. Entre 2002 et 2007, le nombre de pratiquants a triplé, selon la Feqgae. La pratique se rajeunit et la proportion d'hommes, 20 % il y a peu, atteindrait désormais un tiers.

Le qi gong (" qi " pour énergie, " gong " pour travail) constitue une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, à côté de l'acupuncture, des massages, de la pharmacopée et de la diététique. En Chine, il est surtout utilisé dans un but préventif pour rester en bonne santé, mais aussi à des fins curatives. " Un des grands principes est que les maladies se produisent à cause du blocage de l'énergie qui circule dans le corps selon des canaux spécifiques appelés méridiens ", explique Ke Wen, qui a étudié la médecine dans le Yunnan. La pratique du qi gong et du tai-chi-chuan est censée libérer ces canaux lorsqu'ils sont obstrués.

En France, toutefois, prétendre soigner des maladies par le qi gong relèverait de l'exercice illégal de la médecine. Il se pratique avant tout pour améliorer le bien-être physique et émotionnel. Gymnastique douce, le qi gong, comme le tai-chi-chuan, a fait son entrée dans des maisons de retraite aux Etats-Unis et timidement en France. " Les exercices sont d'une simplicité telle que des personnes à mobilité réduite peuvent les faire, explique le docteur Yves Réquéna, médecin référent de la Feqgae. Pratiquer régulièrement agit favorablement sur le sommeil, réduit les douleurs articulaires, restitue une certaine agilité. Et rend plus serein. Des études ont même montré que le qi gong diminuait la tension artérielle et le mauvais cholestérol, et il aurait une activité antioxydante. "

Andrée Audebert, 83 ans, retraitée de l'éducation nationale, fait du qi gong depuis 1995. Le regard vif, alerte, elle est assise bien droite sur sa chaise, les mains posées sur les genoux. Tous les matins, elle fait une série d'exercices durant ving minutes qui se termine par la posture " embrasser l'arbre ". Les exercices de qi gong ont des noms très poétiques : " les huit pièces de soie ", " les six sons ", " les huit trésors ", " les cinq animaux ". Pour Andrée, le qi gong est une philosophie, " une façon de sentir la vie, de sentir qu'il y a une énergie cosmique et que vous en êtes partie prenante ".

Soignée pour un cancer du sein en 2008, ses exercices quotidiens l'ont aidée " à rester sereine et calme à la fois, à supporter l'opération et la radiothérapie ". Quand elle le peut, elle va pratiquer dans le jardin public près de chez elle. " Je me régénère dans la nature ", explique-t-elle avec le sourire. Ce que lui a appris le qi gong : " A rester calme y compris quand on m'agresse. " Ancien professeur de philosophie, son mari reconnaît que le qi gong est bénéfique pour sa femme, même si, dit-il, " il y a derrière cette pratique une philosophie qui m'est complètement étrangère et que je refuse totalement ".

Mais, pour faire du qi gong, nul besoin d'adhérer à cette philosophie d'inspiration taoïste. Des coordonnées d'enseignants sont disponibles sur le site de la Fédération française de wushu, arts énergétiques et martiaux chinois et de la Fédération de qi gong. Cette dernière s'engage " à ne pas égarer ni abuser les élèves quant aux buts et aux effets de la pratique du qi gong (...) particulièrement dans le domaine de la santé " et s'interdit " toute attitude ou influence sectaire vis-à-vis des élèves et du public ".

Martine Laronche

Le Qui Gong Anti-Age, Yves Réquéna, Guy Trédaniel Editeur, 223 p., 26 Euros.

Entrez dans la pratique du Qi Gong : Découvrez les bases et la philosophie du Qi Gong (1DVD), Ke Wen, Le Courrier du livre, 2009.

Federationqigong.com; Ffwushu.fr

PHOTO - BEIJING, CHINA - MARCH 18: Qigong practitioners perform to promote the 2008 Olympic Games on March 18, 2007 in Beijing, China. Qigong is a combination of two ideas: 'Qi' meaning air, breath of life or vital energy of the body, and 'gong' meaning the skill of working with, or cultivating self-discipline and self-healing. The art of Qigong consists primarily of meditation, relaxation, physical movement, mind-body integration, and breathing exercises.

© 2010 SA Le Monde. Tous droits réservés.

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mardi 24 novembre 2009

EXPOSITION - Erasme invite la médecine chinoise

Le Soir - 1E - SCIENCES SANTE, mardi, 24 novembre 2009, p. 27

BELGIQUE - Le yin, le yang et le qi sont à découvrir au musée de la médecine.

Le yin et le yang, le principe de vie qi (on prononce « tchi »), les méridiens qui traversent le corps et dont certains points sont utilisés par les acupuncteurs, une pharmacopée à base de plantes, de suc, de mucus... A deux pas de l'hôpital Erasme, à Anderlecht, sur le campus universitaire, l'exposition consacrée à la médecine traditionnelle chinoise interpelle. L'Université libre de Bruxelles bifurquerait-elle vers les médecines parallèles ?

« Certainement pas », s'exclame le Pr Danielle Balériaux, commissaire de l'exposition. « Si nous détaillons ici quelques grands principes de la médecine traditionnelle chinoise, c'est avant tout dans un but culturel, dans le cadre des manifestations d'Europalia Chine. »

Au fil des trois salles réservées à l'exposition des pièces prêtées par le musée de Suzhou, on découvre diverses photographies de la gestuelle du taï-chi, des estampes relatant les faits et gestes de fameux praticiens traduisant la philosophie qui sous-tend ce type de médecine, des extraits de textes fondateurs, mais aussi quelques instruments servant à la chirurgie ou à la préparation des potions, décoction et autres poudres formant la pharmacopée traditionnelle.

« L'approche de cette médecine est holistique, indique le Pr Balériaux. Une histoire d'équilibre entre l'homme et son environnement, une affaire de bien-être que le savoir médical traditionnel tente de préserver ou de rétablir quand un problème se pose. »

En Chine, la tradition n'éclipse pas les progrès engrangés par la médecine occidentale. « Au cours de notre formation de médecin, dans les universités chinoises, nous suivons cependant aussi un bref cours de médecine traditionnelle », précise le Dr Yan Liu. Originaire de Shanghai, le Dr Liu est médecin visiteur à l'hôpital Erasme. « Cela nous permet de nous familiariser avec ces techniques, mais c'est tout. Pour le reste, nos études se concentrent sur la médecine occidentale. »

Après un accouchement, les jeunes mères avaient l'habitude de prendre du Yi Mu Cao, une préparation à base de plantes, nous apprend l'expo. Et le Dr Liu, dont les rondeurs trahissent une future maternité, prendra ce type de préparation à base d'agripaume une fois son bébé né : « C'est bon pour lutter contre les oedèmes et pour activer la microcirculation artérielle. »

CHRISTIAN DU BRULLE

© Rossel & Cie S.A. - LE SOIR Bruxelles, 2009

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samedi 7 novembre 2009

VIDÉO - La Médecine Chinoise par Arte


Dans la conception chinoise de la médecine, la base d'une bonne santé repose sur l'équilibre entre les douze organes vitaux et dépend de leur harmonie avec les substances vitales. De cette manière, les fonctions essentielles du corps humain sont préservées.




Ceci signifie concrètement que l'énergie est stockée et diffusée, préservée et transformée, assimilée et éliminée de la même manière qu'un organe peut être stimulé et apaisé. S'il règne un équilibre, l'homme sera dans un état de parfaite santé non seulement physique mais aussi mentale. On retrouve ici à nouveau la recherche de l'harmonie dont le principe est omniprésent dans la philosophie chinoise.
En opposition a la conception occidentale, il n'existe pas dans la médecine traditionnelle chinoise de système anatomique qui détermine la localisation, la position et la fonction des organes. C'est pourquoi il est important de les différencier des organes que nous connaissons. Ainsi, on trouve d'une part dans la médecine chinoise des organes que nous ne connaissons pas comme le " triple réchauffeur ", d'autre part certains organes dont la fonction est considérée comme essentielle en occident, par exemple le pancréas, n'y sont pas pris en compte. Nous ne pourrons livrer ici qu'une esquisse de la fonction de ces douze organes vitaux car un examen détaillé nous mènerait trop loin et exigerait une connaissance plus approfondie de la médecine chinoise et de ses influences philosophiques.
Le but de cet ouvrage est d'expliquer les fondements de la médecine chinoise et d'éveiller l'intérêt pour cette médecine dont la structure est si différente de la nôtre.

On y compte six organes Yin (le coeur, le péricarde, les poumons, la rate, le foie et les reins) et six organes Yang ( la vésicule biliaire, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin, la vessie et le triple réchauffeur ).
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dimanche 17 mai 2009

VIDÉO - Qi, l'énergie qui guérit

La médecine traditionnelle chinoise repose sur le qi (prononcer « chi ») qui signifie « fluide », « énergie ». Les thérapies, qui en découlent comme l'acupuncture, l'usage des plantes médicinales ou la naturathérapie, sont très pratiquées en Chine. Mais résisteront-elles à l'économie libérale et aux bouleversements des modes de vie ? A 23 h 15, sur Arte




mercredi 14 mai 2008

La médecine chinoise est arrivée à Montpellier - Louis de Courcy

La Croix, no. 38052 - Monde, mercredi, 14 mai 2008, p. 24
Vingt-sept ans de jumelage avec la ville de Chengdu ont fait de Montpellier une cité où passent de nombreux Chinois, intéressés notamment par le secteur médical et sanitaire. Montpellier, de notre envoyé spécial.
Impossible d'évoquer la présence des Chinois à Montpellier sans connaître la longue et récente histoire du jumelage de cette ville avec Chengdu, « ville moyenne » de Chine, peuplée de 3 millions et demi d'habitants, à l'est du plateau du Sichuan, l'une des plus importantes zones industrielles et agricoles du pays (110 millions d'habitants). Car si l'on compte aujourd'hui environ 700 étudiants chinois à Montpellier, c'est bien parce que là-bas, dans le Sichuan, la huitième ville de France - Montpellier avec ses 245 000 habitants (450 000 pour l'agglomération) - n'est pas tout à fait une inconnue.

En 1981, donc, à l'initiative, côté français, de Georges Frêche, alors maire PS de Montpellier, était signé le premier jumelage d'une ville française avec une ville chinoise. C'était à une période où la Chine commençait à s'ouvrir au monde occidental. L'équipe municipale de Montpellier souhaitait, pour sa part, donner à la ville une dimension internationale. On ne compte plus aujourd'hui le nombre d'échanges, d'initiatives dans tous les domaines, qui eurent lieu depuis avec Chengdu : « Ce n'est pas seulement un jumelage sur le papier, comme il en existe tant d'autres. Il y a un réel effort pour que ce jumelage ait un contenu », affirme Jacques Touchon, doyen de la faculté de médecine, et depuis peu quatrième adjoint au maire socialiste actuel, Hélène Mandroux.

Enthousiaste lorsqu'il évoque les liens avec la Chine, Jacques Touchon est un témoin actif du jumelage. C'est lui, avec la direction générale du CHU de Montpellier, qui a mis en oeuvre un protocole portant notamment sur la création d'un diplôme d'études supérieures de médecine traditionnelle chinoise à la faculté de médecine montpelliéraine. Ce protocole a été signé il y a un an à Chengdu : « Ce qui m'intéressait, dans l'approche de cette médecine, c'était une conception holistique de l'homme malade, c'est-à-dire une manière de considérer l'organe malade dans l'ensemble de l'organisme de la personne et d'envisager celle-ci dans son environnement. » À Montpellier comme ailleurs en Occident, l'hyperspécialisation en médecine a mis à mal la prise en considération globale du patient. Sans nier les avantages des pratiques occidentales, sans doute était-il temps de revenir à une certaine sagesse, et la médecine chinoise dont Chengdu est d'ailleurs un haut lieu pourrait y contribuer fortement. Le protocole prévoit qu'en échange de la création de ce diplôme qui a déjà entraîné la contribution de médecins chinois - lesquels sont récemment venus durant trois mois organiser à Montpellier une consultation de médecine chinoise - Montpellier exporte son savoir-faire sur le sida, la fécondation in vitro, la dermatologie ou la chirurgie de la main, mais aussi la gestion hospitalière.

Les Chinois, attablés aux terrasses des cafés ou que l'on croise dans les rues de cette somptueuse ville du sud de la France, sont-ils conscients du long processus d'un jumelage qui ne fut évidemment pas pour rien dans le fait de leur présence ? Pas si sûr ! Le jeune Chen Xin, 23 ans, et sa camarade de promotion, Xin Ying, 22 ans, tous deux en stage à Montpellier comme visiteurs médicaux et qui passent ici leur troisième année d'étude à la faculté de pharmacie, ne connaissent pas les raisons historiques pour lesquelles, un beau jour, ils ont entendu parler de Montpellier. Ils sont là, voilà tout, plutôt heureux d'être tombés sur une si belle cité au climat tellement agréable : « On s'est fait plein de copains français. Depuis huit mois qu'on est là, chaque semaine on est allés dans des bars, des discothèques. Ici, la vie est vraiment plus tranquille qu'en Chine, on est beaucoup moins stressés », juge Xin Ying. « Pour nous, Montpellier, c'est un peu comme un village. Là-bas, il y a beaucoup plus de monde, ça grouille, c'est très bruyant », lance Chen Xin en souriant.

Pourtant, la place de la Comédie où ils sont en train de boire un verre est l'un des espaces les plus fréquentés de Montpellier. C'est d'ailleurs là, dans un appartement qui donne sur la place, qu'habite Wang Lin, 24 ans, arrivé il y a bientôt deux ans ici, vice-président de l'Union des chercheurs et étudiants chinois. Sortant de l'école de chimie de Montpellier, il est en train de perfectionner son français à l'Université Paul-Valéry qui a signé des accords interuniversitaires avec l'Université de Sichuan. « Après, j'aimerais bien me spécialiser dans le cosmétique français », explique-t-il. Ce qui devrait le retenir en France encore quelques années, et peut-être, qui sait, pour très longtemps. Haibo Alonzo-he, 28 ans, présidente de la même association, mariée avec un Français, et qui attend un bébé pour bientôt, a choisi une intégration plus radicale, bien qu'elle s'en défende : « Je n'ai pas décidé de rester », dit-elle. Haibo est pourtant là depuis 2003, l'année où elle a rencontré son mari. Professeur de chinois, à la tête de son association, elle s'ingénie à aider ses compatriotes à s'intégrer... comme elle semble si bien l'être.

© 2008 la Croix. Tous droits réservés.