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mercredi 24 août 2011

Le marché chinois des PC détrône celui des États-Unis - Éric Chalmet

La Tribune (France), no. 4792 - Marchés émergents, mercredi 24 août 2011, p. 9

La Chine a été le premier marché mondial de PC au deuxième trimestre, tant en volumes qu'en valeur. Elle devrait conserver ce leadership face aux États-Unis en 2012.

Une page se tourne dans l'histoire de l'industrie et de la consommation. En 2009, le marché automobile américain avait été relégué au deuxième rang mondial derrière la Chine. Au deuxième trimestre de 2011, l'ex-empire du Milieu est devenu le premier marché mondial du PC. Les ventes de micro-ordinateurs ont alors grimpé de 14 % à 18,5 millions d'unités en Chine, alors qu'elles ont, dans le même temps, reculé de 4,8 %, à 17,7 millions d'unités aux États-Unis, selon IDC.

Analyste auprès de ce cabinet de recherche respecté, Bryan Ma estime que pour l'ensemble de l'année 2011, le marché américain conservera son leadership. Mais il prévient qu'en 2012, la Chine le détrônera pour de bon. Bryan Ma a indiqué à l'agence Bloomberg qu'au trimestre dernier, le marché s'était aussi imposé en valeur, les ventes de PC s'étant élevées à 11,9 milliards de dollars, contre 11,7 milliards de dollars aux États-Unis. La Chine a représenté 22 % du marché mondial contre 21 % pour les États-Unis.

IDC dresse ces perspectives alors que Hewlett-Packard a récemment annoncé son intention de céder sa division PC. Elle pourrait intéresser un industriel chinois comme Lenovo, qui a déjà racheté la branche PC d'IBM en 2005. Les taïwanais Acer et Asustek pourraient se porter acquéreurs de certaines activités de la division mais ne disposent pas, selon les analystes, des moyens financiers pour racheter un ensemble dont la valeur est estimée entre 10 et 12 milliards de dollars.

" En dépit de l'actuelle volatilité sur les marchés financiers, susceptible d'avoir un impact sur l'économie mondiale, nous restons confiants dans le fait que nous continuerons à afficher une performance supérieure à celle du marché international ", a garanti la semaine dernière Wong Wai, le directeur financier de Lenovo. Le troisième fabricant mondial de PC a alors annoncé que son bénéfice net a quasiment doublé au premier trimestre achevé en juin, à 108,8 millions de dollars, contre 54,9 millions un an plus tôt. Lenovo réalise 48 % de ses ventes en Chine, où il est le leader du secteur avec une part de marché de 31,7 %. Dans le monde, la part de marché du groupe a bondi à 12,2 % contre 9,9 % sur les trois premiers mois de l'année.

Ces résultats ont été présentés dans un contexte extrêmement porteur pour le marché chinois de la micro-informatique. " Dans le secteur des PC, le marché chinois est loin d'avoir atteint le niveau de saturation constaté en Europe et aux États-Unis ", note Ben Cavender, associé du cabinet China Market Research (CMR), à Shanghai. " Que ce soit dans les villes de province reculées ou dans les campagnes, les gens commencent à peine à acheter leur premier ordinateur, n'oubliez pas que moins de la moitié de la population est connectée à Internet ", ajoute Ben Cavender.

La pénétration du PC dans les provinces rurales est soutenue depuis deux ans par Pékin. En février 2009, le gouvernement central a retenu 14 fabricants, dont Lenovo, Acer et Dell pour participer à un programme visant, non seulement à équiper à coups de subventions les habitants des villages, des petites villes et leurs administrations, mais aussi à soutenir l'industrie informatique du pays.

À terme, le marché chinois n'échappera pas à la déferlante des tablettes qui, comme en Occident, se fera au détriment des micro-ordinateurs. " Pour l'instant, les tablettes sont surtout achetées car elles représentent un signe extérieur de richesse, mais à terme, la migration des PC vers les tablettes est inéluctable ", avertit Ben Cavender. Lenovo se tient prêt, qui a lancé trois nouvelles tablettes en juillet et compte accaparer 20 % du marché chinois sur ce segment.

(c) 2011 La Tribune. Tous droits réservés.

mercredi 16 février 2011

Acer : « Les mini-PC ne sont pas menacés par les tablettes »


Le Figaro, no. 20696 - Le Figaro Économie, mercredi, 16 février 2011, p. 23

Gianfranco Lanci, le PDG du fabricant taïwanais de PC, veut détenir 15 % du marché mondial des tablettes et 10 % de celui des smartphones.

À Barcelone, Le champion mondial des mini-PC présente ses trois nouvelles tablettes. Acer espère aussi être un acteur majeur de ce marché émergent face à Apple et Samsung.

LE FIGARO. - Le mini-PC portable, ou netbook, est-il en train de mourir à cause de l'arrivée des tablettes?

Gianfranco LANCI. - La plupart des analystes industriels estiment que les États-Unis sont le centre du monde. Alors, comme le marché américain des netbooks est en déclin, ils arrivent à la conclusion que la demande mondiale recule. Mais ce n'est pas le cas. En dehors de l'Amérique du Nord, les netbooks poursuivent une croissance dynamique dans les autres régions, en Asie, notamment en Chine, en Europe et en Amérique latine. Le marché mondial des mini-PC devrait enregistrer une croissance comprise entre 15 % et 20 % cette année, avec la livraison de 50 à 60 millions de netbooks. C'est une croissance en volume et en valeur. Car le prix de ces petits ordinateurs, entre 199 et 399 euros, est relativement stable. Selon nous, les tablettes ne vont pas prendre une part de marché du netbook mais plutôt empiéter sur celui des PC portables. Les tablettes sont utilisées pour d'autres applications que celles du netbook.

Quelle est votre part de marché sur le marché du netbook?

Nous sommes numéro un mondial, avec 25 % et 30 % du marché, devant Asus et Samsung. Cette année, nous devrions livrer plus de 10 millions de netbooks dans le monde, soit environ 3 millions de plus que notre premier concurrent.

Pensez-vous prendre la place du numéro un mondial des PC?

Nous devrions passer HP, cette année, sur le marché des PC portables. C'est là que se joue la concurrence, plus que sur le marché des PC de bureau.

Avez-vous perdu votre première position en Europe sur les PC?

Au dernier trimestre de 2010, en effet, nous avons perdu la position de leader au profit de HP. Mais sur l'ensemble de l'année nous sommes restés le numéro un. Nous restons le numéro un auprès du grand public, mais nous avons moins progressé auprès des entreprises que HP. Nous avons pris des mesures pour reprendre la place de numéro un dès ce trimestre. Dès mars, nous allons renforcer notre gamme de PC portables pour les entreprises. Ce n'est pas la première fois que nous sommes au coude-à-coude avec HP sur le marché européen des PC.

Qu'en est-il de votre stratégie dans les tablettes Internet?

Nous allons lancer à partir de la fin du mois une gamme de trois tablettes, baptisée « Iconia Tab ». La première sera équipée du système d'exploitation de Microsoft et sera disponible en mars. Les deux suivantes utiliseront la dernière version du système d'exploitation Android de Google. Ces deux dernières, dont la taille de l'écran sera comprise entre 18 et 25,6 cm de diagonale, devraient être disponibles à l'achat entre avril et mai. La gamme de prix sera comprise entre 399 et 599 euros, selon la capacité de stockage et la possibilité d'avoir ou non une connexion 3G. Nous sommes en retard sur les tablettes Android car nous voulions proposer la dernière version du système d'exploitation de Google, mieux adaptée à ces équipements. Nous discutons avec plusieurs opérateurs mobiles pour proposer nos tablettes Internet 3G. Nous espérons annoncer ces accords dans deux semaines.

Quelles sont vos ambitions dans les tablettes?

Nous voulons prendre entre 15 % et 20 % du marché mondial des tablettes Internet, qui devrait se situer autour de 42 millions d'unités. Nous avons pour objectif de maintenir une part de 20 %, après les 5 à 7 millions de tablettes Internet que nous espérons commercialiser.

Ou en êtes-vous dans les smartphones?

Deux ans après notre lancement, nous sommes toujours tout petits, avec seulement 5 millions de smartphones vendus l'an dernier pour un marché mondial de 300 millions d'unités. Cette année, nous devrions maintenir notre niveau de ventes. Notre objectif est toujours d'atteindre 10 % de ce marché dans trois à cinq ans. Les smartphones et les tablettes Internet sont les deux domaines où nous réalisons l'essentiel de nos investissements. Dans ces deux domaines, l'an dernier, nos équipes d'ingénieurs sont passées de 300 à 800 personnes.

L'accord entre Nokia et Microsoft va-t-il vous inciter à opter davantage pour Google que pour Microsoft dans les smartphones?

Non, car nous voulons continuer d'offrir le choix aux consommateurs. Cet accord témoigne surtout du fait que le marché reste très dynamique. Le jeu n'est pas fini. Il y aura d'autres accords majeurs dans les douze prochains mois.

PROPOS RECUEILLIS PAR Marc Cherki

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