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mardi 27 septembre 2011

Li-Ning, le « Nike » chinois, veut s'implanter en France - Ivan Letessier

Le Figaro, no. 20886 - Le Figaro Économie, mardi 27 septembre 2011, p. 26

La marque vient de débaucher un dirigeant de son concurrent pour débuter dans l'Hexagone.

Une nouvelle marque de chaussures et vêtements de sport s'apprête à débarquer en France en provenance de Chine.

À la différence de ses principaux concurrents (Nike, Adidas et Puma), fabriqués là-bas mais conçus aux États-Unis et en Allemagne, Li-Ning est une authentique marque chinoise. Fondée en 1990 par Li Ning, un gymnaste chinois qui a remporté six médailles aux JO de Los Angeles en 1984, elle se veut le « Nike » chinois. Son logo semble nettement inspiré du « swoosh », l'emblème du leader mondial. Coté à la Bourse de Hongkong depuis 2004, Li-Ning, qui a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires proche d'1 milliard d'euros, a signé en janvier un accord avec le finlandais L-Fashion Group. Ce dernier concevra des collections Li-Ning spécifiques pour l'Europe et les y distribuera. Selon fashionmag.com, L-Fashion vient de débaucher le directeur national des ventes de Nike France, Alexandre Rolland, afin de lui confier ce projet pour l'Hexagone. Ouverture d'un flagship, présence de corners dans des distributeurs multimarques ou des boutiques branchées, la stratégie reste secrète. La commercialisation débutera au printemps 2012.

Ce n'est pas la première fois que le chinois, qui réalise 98 % de ses ventes dans l'empire du Milieu, où il compte 8 000 magasins, marche sur les plates-bandes du leader mondial. En 2007, il a ouvert un laboratoire de recherche aux États-Unis, à Portland (Oregon), berceau de Nike. Outre-Atlantique, il est distribué chez Champs Sports et Eastbay (groupe Foot Locker).

Sponsor de Shaquille O'Neal

Si les Chinois n'ont pas encore imposé de marques de luxe, ils ont réussi dans les vêtements de sports, avec Anta et surtout Li-Ning. Cette dernière a bénéficié d'un coup de pouce lors des JO de Pékin. Président et détenteur de 30 % du capital du groupe, Li Ning a été le dernier porteur de la flamme olympique lors de la cérémonie d'ouverture.

Le groupe, par ailleurs franchisé d'Aigle et Lotto en Chine, a connu alors son apogée. Depuis, victime de sa croissance rapide et de ses hausses de prix, il a du mal à écouler ses stocks. Du coup, ses ventes en Chine augmentent moins vite que celles de Nike et ont même baissé depuis janvier.

D'où le besoin de s'internationaliser et d'aller se battre contre ses concurrents occidentaux sur leurs terrains de jeux traditionnels. Comme eux, Li-Ning sous-traite sa production en Chine et se concentre sur la conception et la commercialisation. Comme eux, il embauche des stars de l'athlétisme (Asafa Powell), du basket (Shaquille O'Neal) et du tennis (Ivan Ljubicic) pour faire sa promo. Mais face à un géant comme Nike, dont les ventes dépassent les 20 milliards de dollars, les capacités d'investissement publicitaires sont encore faibles.

PHOTO - NEW YORK, NY - SEPTEMBER 13: Yoga enthusiast wear the latest in fashions at the Vivienne Tam & Li Ning Spring 2012 presentation during Mercedes Benz Fashion Week at Barclays Capital Grove - Lincoln Center on September 13, 2011 in New York City.

© 2011 Le Figaro. Tous droits réservés.

samedi 20 août 2011

Un match de basket entre Chinois et Américains dégénère, en pleine visite de Joe Biden


Le Monde.fr - Samedi 20 août 2011

Le ping-pong avait adouci les relations sino-américaines, le basket-ball semble avoir tendance à les tendre. Jeudi, à Pékin, un match d'exhibition entre l'équipe américaine universitaire de Georgetown et l'équipe chinoise de Bayi Rockets a tourné à la bagarre générale.

Ce déchaînement de violence ternit la visite diplomatique en Chine du vice-président américain, Joe Biden. Ce dernier n'a pas assisté à cette rencontre, mais il était présent mercredi lors de la victoire des universitaires américains face à l'équipe des Shanxi Zhongyu Brave Dragons (98-81).

Les basketteurs de Georgetown participaient à une tournée de dix jours en Chine, qui avait été citée par le département d'Etat américain comme "un exemple de diplomatie sportive qui renforce les liens entre les peuples des deux pays".

Le pugilat a débuté après une simple action de jeu entre deux joueurs. Les coéquipiers des deux allumeurs de mèche se sont, dès lors, jetés dans la mêlée. L'entraîneur de Georgetown, John Thompson III, a regretté laconiquement l'incident : "Ce soir, deux excellentes équipes ont disputé une rencontre très acharnée qui s'est malheureusement terminée par de violents échanges. Nous regrettons sincèrement que la situation ait dégénéré."

L'entraîneur, très diplomatiquement, a néanmoins relativisé l'incident : "Nous sommes reconnaissants pour cette occasion qui a été donnée à nos étudiants de jouer à un sport qu'ils adorent ici, en Chine. Tout cela a renforcé leur compréhension d'une nation que nous respectons et que nous admirons à l'université de Georgetown."

Un officiel de l'ambassade américaine a qualifié l'incident de "malencontreux" avant d'ajouter : "Le but de ces échanges est normalement de promouvoir un bon comportement sportif et de renforcer les contacts humains avec la Chine."

LEMONDE.FR avec AP

© 2011 Le Monde.fr. Tous droits réservés.

lundi 15 août 2011

Li Chengpeng : Le sport sans tabou en Chine


Le Monde - 24 heures dans le monde, mardi 16 août 2011, p. 2

Longtemps journaliste dans une revue consacrée au ballon rond, Li Chengpeng a mis fin à sa carrière de commentateur sportif après avoir écrit en 2010 un livre qui dénonçait les tricheries dans le monde du football chinois. Il se retrouva avec des menaces de mort, un procès sur le dos, et de telles pressions au sein de son journal qu'il préféra se consacrer à l'écriture. De son blog, mais aussi de fictions qui dérangent. Comme Li Kele contre les démolitions, son dernier livre, paru début 2011 : il s'inspire de l'immolation par le feu, un an plus tôt, d'une femme dont la maison était cernée par les démolisseurs, à dix minutes du domicile de Li Chengpeng, dans la ville de Chengdu. Il avait entrepris de raconter la tragédie sur son blog, mais le billet fut à chaque fois supprimé par la censure. Il décida alors d'écrire un roman. Qui s'est vendu à 200 000 exemplaires.

Citoyen-actionnaire de la Chine

Hébergé par le portail Sina et ouvert en 2000, le blog de Li Chengpeng compte à ce jour 286 millions de visites cumulées. Tandis que 3,5 millions de personnes le suivent sur Weibo, le Twitter chinois. De quoi ne pas passer inaperçu. Comme par exemple quand il annonça, en mai dernier, qu'il se présenterait aux élections locales de députés du peuple en candidat indépendant. Le 2 juin, il sondait ses motivations dans un long billet, concluant ainsi : "... Ça me rappelle la question tordue des journalistes : comment définir l'identité de Li Chengpeng ? Je ne suis même pas sûr de connaître la réponse. Mère patrie, maman, qui suis-je, en vérité ? Ma mère est entrée à ce moment, et d'une voix calme, elle m'a dit : "Tu es mon fils, et tu es actionnaire de ce pays, tu en détiens 1,3 milliardième." Elle est géniale, ma mère ! Malgré toutes les critiques à mon égard, comme quoi je suis un investisseur raté qui ne reçoit jamais aucun dividende, je réalise maintenant, et j'aimerais vous le faire comprendre à tous, que nous sommes tous actionnaires de notre pays ! "

L'aventure de la participation citoyenne est semée d'embûches : les autorités tentent de dissuader les candidats indépendants par tous les moyens. Ainsi, a-t-il raconté, le 18 juin sur son blog, l'entreprise qui sponsorisait son fiston de 10 ans dans le tennis professionnel, s'est rétractée à la suite de pressions. Or, elle avait déjà fait publier une série de photos autour du thème de l'éducation familiale, où l'on voit Li Chengpeng et son fils étendus côte à côte sur une pelouse jonchée de balles de tennis. " Je leur ai suggéré d'utiliser Photoshop et d'effacer mon image ", explique-t-il sur son blog. Il montre la série de photos truquées qu'il a proposée au sponsor : on y voit son fils étendu seul dans l'herbe à côté d'une pompe à incendie, puis d'une raquette de tennis, d'un tronc d'arbre...

L'entreprise a refusé tout net, lui disant qu'aucune photo ni texte ayant le moindre lien avec lui ne pouvait plus être publiés. L'affaire a ému Han Han, un autre blogueur célèbre, par ailleurs pilote de rallye, qui a convaincu une société de sport automobile de soutenir le jeune tennisman. Par solidarité entre blogueurs.

Brice Pedroletti (à Pékin)

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

jeudi 11 août 2011

SPORT - Et si la Chine s'offrait la NBA ?

Le Matin - Sports, jeudi 11 août 2011, p. 38

La saison 2011-2012 de la NBA est remise en question par le déclenchement du lock-out. Les propriétaires des teams et l'association des joueurs n'ont pas trouvé d'accord financier. Corollaire: des franchises chinoises proposent des salaires étourdissants aux stars.

LeBron James en Chine, c'est pour cette semaine! Que les fans du basket nord-américain se rassurent, la star de Miami s'en va en voyage promotionnel. Rien de plus, pour le moment tout au moins: «C'est une opportunité pour moi de continuer de suivre le développement du basket dans cet immense pays. A chaque voyage, je suis un peu plus époustouflé, notamment par le nombre de terrains en plein air, où des gars et des filles jouent toute la journée. Cela me rappelle mon enfance. »

Parce que la Chine est un immense marché pour les partenaires des principales franchises de la NBA, les allers-retours New York-Pékin ou Los Angeles-Shanghai sont désormais légion. Pour le simple plaisir du tourisme? Pas si sûr. Car c'est bien de l'Empire du Milieu que pourrait venir le salut pour les stars américaines, actuellement forcées au chômage technique par le lock-out (grève des propriétaires) général qui vient de commencer son second mois: «Je jouerai au basket cette saison. Je ne sais pas encore où, mais je jouerai. » Alors que LeBron James arrivait en Chine, Dwyane Wade, son équipier au Miama Heat, quittait le pays, entouré des bruits les plus fous, qui font notamment état d'une offre de salaire mensuel de 2 millions de dollars par un club de Pékin. Wade a immédiatement apporté un démenti à un éventuel contact, tout en rappelant ce qu'il avait déclaré au déclenchement de la grève: «J'étudierai toutes les offres que je recevrai. Et j'ai été très impressionné par l'accueil des fans chinois. » Comme quoi, il n'y a décidément pas de fumée sans feu. Alors, la Chine qui pallie les difficultés actuelles de la NBA? Le scénario est tortueux, mais pas impossible.

1 - LE POURQUOI DE LA CRISE

A l'heure de négocier les accords qui lient les propriétaires des franchises de la NBA et les joueurs, via leurs représentants, les deux parties se sont retrouvées face à un mur, pour le moment infranchissable. La NBA estime l'ensemble de ses pertes, pour la saison 2010-2011, à près de 300 millions de dollars. Corollaire: pour rééquilibrer la situation, les propriétaires veulent fixer un plafond pour l'ensemble des salaires de chaque franchise à 62 millions. «Nous n'avons pas d'autre choix», explique David Stern, patron de la NBA. Les joueurs, eux, demandent au contraire que leur salaire moyen soit augmenté (de 5 à 7 millions par an). L'incompatibilité est donc totale.

2 - QUELS SONT LES VRAIS CHIFFRES?

Comme c'est toujours le cas dans ce genre de conflits, la lecture des chiffres est différente, que l'on soit dans un camp ou dans l'autre. Une chose est avérée: le basket est devenu le parent pauvre des quatre grands sports professionnels nord-américains. En vingt ans, le rendement financier de la NBA a passé de 21,3 à 4,8% (chiffres valables pour la saison 2009-2010, les suivants ne sont pas encore disponibles). Moins de 5% de rendement, c'est proche, pour la même période, de la NHL (hockey sur glace, 5,5%), loin de la MLB (baseball, 8,1%) et très loin de la NFL (football américain, 13,7%). La pierre d'achoppement actuelle se situe d'ailleurs au niveau des chiffres articulés; pour reprendre l'exemple de la saison 2009-2010, le magazine économiqueForbesparlait d'un bénéfice de 183 millions pour la NBA, pendant que les données diffusées par la ligue montraient une perte de 340 millions.

3 - LA MENACE CHINOISE

On le voit, le fossé entre les deux parties est profond. Et, alors que certains agitent déjà la menace d'un championnat parallèle - «Voilà qui rendrait nerveux les propriétaires», rigole un confrère nord-américain -, des transferts en masse de stars de la NBA en Chine vont-ils se produire ces prochains jours? Difficile de l'imaginer, puisque Kobe Bryant and Co. s'empresseront de rejoindre l'Amérique à la fin de la grève. D'ailleurs, la FIBA, la Fédération internationale de basketball, vient de rappeler qu'un «éventuel transfert d'un joueur de la NBA ne sera valable que jusqu'à la fin du lock-out». La question, à laquelle personne n'est capable de répondre ce matin, c'est de savoir jusqu'à quand durera le bras de fer.

© 2011 Le Matin. Tous droits réservés.

mardi 2 août 2011

Sun Yang, étoile chinoise trop brillante - Simon Roger

Le Monde - Sports, mardi 2 août 2011, p. 23

Bonne et mauvaise nouvelle pour la natation chinoise : Sun Yang a confirmé, dimanche 31 juillet à Shanghaï, qu'il faudrait le compter désormais parmi les stars de la discipline. La victoire du nageur de 19 ans au 1 500 m, doublée d'un record historique sur cette distance, consolide la place de la Chine aux Mondiaux de natation. Avec 14 médailles, dont 5 en or, elle se classe deuxième derrière les Etats-Unis (29 médailles, dont 16 en or). Mais cette nouvelle breloque en or pourrait permettre au jeune homme de s'émanciper de la fédération chinoise de natation, peu décidée à le laisser nager dans le grand bain de la notoriété.

Dans un Oriental Sports Center surchauffé pour le dernier jour des épreuves, Sun Yang a assuré le spectacle : une course dominée dès les premières longueurs, un chrono jamais réalisé sur la distance, une médaille d'or qui vient s'ajouter à ses trois autres podiums (or au 800 m, argent au 400 m, bronze au relais 4×200 m). Le public a adoré. Les spectateurs ont aussi aimé le comportement détendu de l'athlète, qui jette dans les tribunes la mascotte remise avec son titre ou porte un casque audio digne d'une star du rap !

Ces petits gestes tranchent avec la retenue des filles de l'équipe nationale de natation, elles aussi couvertes d'or. Lundi 25 juillet, Ye Shiwen, 15 ans, plus ado donc que Sun Yang, a ouvert la série en s'imposant sur 200 m quatre nages. Le lendemain, Zhao Jing décrochait sa première médaille d'or sur 100 m dos. Deux jours après, Jiao Liuyang gagnait la finale du 200 m papillon. Sun Yang est le seul à s'être réellement illustré côté garçons. " Les filles obtiennent en effet de meilleurs résultats. Mais pourquoi ? C'est un sujet d'interrogation ", confie Xu Qi, manager de l'équipe chinoise de natation. " Elles sont très assidues à l'entraînement, très solides mentalement ", argumente le responsable, qui déplore le manque de maturité du quadruple médaillé. " S'il se comporte en star, cela donnerait un mauvais signal à l'équipe, menace Xu Qi. Ce qui compte, c'est l'émulation qu'il peut créer à l'intérieur de l'équipe, pas ce qui se passe à l'extérieur. "

La politique d'ouverture vers l'extérieur n'a pas eu que des effets néfastes. Elle a permis à la natation chinoise de rattraper une partie de son retard sur les sports les plus populaires du pays, le badminton, le tennis de table ou la gymnastique. Xu Qi en convient : " L'organisation des Jeux de Pékin en 2008 a donné un coup d'accélérateur à la natation chinoise. Mais les progrès de nos nageurs sont dus aussi aux échanges que nous entretenons avec l'étranger, plus précisément l'Australie, les Etats-Unis et l'Angleterre. " Filles et garçons partent régulièrement s'entraîner dans ces pays et bénéficient en Chine de l'expérience de cinq coaches occidentaux, deux Australiens, deux Britanniques et un Américain.

Sun Yang est encadré par Denis Cotterell, l'entraîneur le plus expérimenté d'Australie, dont l'un des disciples a été Grant Hackett, qui détenait, jusqu'à dimanche, la marque mondiale sur 1 500 m. Cette année, la star chinoise a participé à un stage de préparation de deux mois, avec Cotterell, sur le sol australien. " L'atmosphère là-bas est totalement différente de celle que je connais à la maison. Les séances ont porté notamment sur la musculation. J'y retourne en décembre ", expliquait récemment l'athlète. " Des gens comme Sun Yang ou Zhang Lin - champion du monde 2009 du 800 m - vont en Australie, d'autres aux Etats-Unis. Ils y apprennent une foule de choses qu'ils ne connaissaient pas avant ", racontait au China Daily, avant le début des Mondiaux, David Lyles, l'entraîneur britannique chargé de l'équipe de natation de Shanghaï.

La natation chinoise, portée par un millier d'athlètes et près de 40 000 jeunes, n'est pas pour autant un phénomène nouveau. " Elle était déjà populaire dans les années 1950, rappelle Wen Yuhong, professeur à l'université des sports de Pékin. La Chine avait obtenu en 1992 quatre médailles d'or dans cette discipline. " Soit le premier gros effort d'organisation d'une filière de haut niveau, autour des villes de Pékin et Shanghaï et de la province du Zhejiang, dont Sun Yang est natif.

Les allers-retours autorisés aujourd'hui entre ces sites et les bases d'entraînement à l'étranger permettent à la Chine d'envisager sereinement l'avenir. L'entraîneur national chinois Yao Zhengjie avait fait des Mondiaux de Shanghaï " une bonne occasion de préparer les nageurs " avant les Jeux de Londres en 2012. La deuxième place de la Chine au tableau des médailles doit pleinement le satisfaire. La popularité planétaire de Sun Yang un peu moins.

Simon Roger

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

mardi 7 juin 2011

SPORT - Et Li Na s'éveilla...


Le Soir - 1E - SPORTS, lundi 6 juin 2011, p. 12

Elle s'est laissée tomber sur le dos, les yeux rivés au ciel. Fin janvier, en Australie, face à Kim Clijsters, elle était déjà passée tout près. Samedi, un peu plus de quatre mois plus tard, Li Na n'a plus craqué. A 29 ans, elle est devenue la première Chinoise - et même la première Asiatique - à remporter un tournoi du Grand Chelem. En 1 h 48, en s'imposant 6-4, 7-6 (0), elle a empêché Francesca Schiavone de réussir le doublé après son titre de 2010 arraché face à Samantha Stosur.

« Aujourd'hui, c'est un rêve qui devient réalité, a-t-elle dit quand on lui a demandé ses premiers sentiments. Je commence à vieillir et ce rêve n'a pas été facile. Sur le tee-shirt des gens de mon entourage, il y avait, en chinois, l'inscription "Sois toi-même". Je crois qu'ils vont en sortir beaucoup maintenant ! »

Cette fois, Schiavone, habituée aux débuts de rencontre difficiles et aux retournements de situation improbables, n'a pu inverser une tendance qui s'est dessinée très tôt. Li Na, avec ses impeccables spins de fond de court, ses services gênants à défaut d'être puissants (76 % de premières balles) et ses montées au filet souvent redoutables (10 sur 12 se sont terminées par un point gagnant) n'a jamais laisser sa rivale s'installer dans la rencontre. Pendant tout le premier set, on a attendu « la » Schiavone avec ses slices et ses changements de rythme, mais elle n'est pas venue. Breakée au 5e jeu, elle allait perdre la première manche en 39 minutes.

Dans la deuxième, breakée d'entrée, elle allait refaire surface pour égaliser à 4-4. Mais, alors qu'elle semblait filer vers le gain de la manche à 6-5, 40-40, une erreur d'arbitrage - une balle de Li Na clairement out mais « overrulée » bonne par l'arbitre de chaise - offrait une balle d'égalisation à la Chinoise qui ne la manquait pas. Et qui, dans la foulée, remportait le tie-break sans perdre un point.

« Elle méritait sa victoire et ce n'est pas un point qui a fait la différence, a admis sportivement Schiavone. Mais quand on vérifie une balle à cet instant de la partie, il faut le faire correctement. C'est tout ce que je conteste. »

Arrivée en outsider à Paris, Li Na en est donc repartie en ayant marqué l'histoire de son sport. Même si son parcours atypique doit sans doute tempérer ceux qui voient en elle le modèle de l'explosion future du tennis dans l'Empire du Milieu. Car Li Na, au départ une joueuse de badminton manquée, qui a même un moment renoncé au sport pour se consacrer, de 2002 à 2004, à des études de journalisme parce qu'elle restait coincée au-delà de la 120e place mondiale et devait se contenter de tournois secondaires, s'est plus construite toute seule qu'à l'aide du système étatique chinois qui a tellement fait ses preuves dans beaucoup d'autres disciplines.

Dans un sport jusqu'ici peu populaire chez elle, Li Na s'est affranchie du système après les Jeux de Pékin. Et ce côté rebelle, doublée d'une éternelle bonne humeur, lui a permis de devenir l'une des figures favorites du circuit où elle se déplace depuis 2006 en compagnie de son mari Jiang Shan, plutôt qu'avec les entraîneurs fédéraux de ses débuts. Jiang Shan, un mari ronfleur, comme l'avait révélé lors de son discours à Melbourne, qu'elle a remplacé comme coach juste avant le tournoi de Madrid par le Danois Michael Mortensen. Une certaine lassitude - « être ensemble 24 heures sur 24, sur le court et en dehors, ça fatigue... » - et, surtout, un vrai besoin étaient apparus. Depuis sa victoire face à Clijsters en finale du tournoi de Sydney en tout début d'année et sa finale à Melbourne contre la Limbourgeoise, les choses avaient coincé et les éliminations d'entrée (y compris contre Yanina Wickmayer à Dubaï) à presque chacune de ses sorties, l'avaient persuadée qu'il s'agissait d'un choix nécessaire.

Nécessaire et payant. Avec sa bouille souriante, son art de ne pas avoir l'air d'y toucher, Li Na est repartie à l'assaut d'une surface qu'elle maîtrisait difficilement. En se hissant en demi-finale à Madrid et à Rome avant de débarquer à la porte d'Auteuil.

Emue en entendant son hymne national, elle a appris par des amis l'impact qu'avait eu son succès au pays. Mais elle a modéré l'enthousiasme ambiant.

« J'espère que le tennis va vraiment se développer en Chine. Mais je n'y rentrerai qu'après Wimbledon. Peut-être que si je fais de mauvais résultats sur gazon, on m'aura déjà oubliée à mon retour... »

© 2011 © Rossel & Cie S.A. - LE SOIR Bruxelles, 2011

mardi 23 novembre 2010

SPORT - Liu Xiang y croit toujours

Libération, no. 9185 - Sports, mardi, 23 novembre 2010, p. 15

Après deux ans de galère au cours desquels il n'a quasiment pas mis une pointe devant l'autre, Liu Xiang, 27 ans, veut croire qu'il a toujours sa place parmi les cadors du 100 mètres haies. Pour le Chinois, ancien champion olympique (2004) et du monde (2007), ex-recordman du monde, l'opération reconquête a commencé hier à Canto (Chine), où il a remporté sa série aux Jeux asiatiques en 13"48, à plus d'une demi-seconde de son record de 12"88 (établi en 2006). Héros annoncé des Jeux de Pékin en 2008, Liu Xiang avait plongé tout un pays dans l'affliction en étant contraint de déclarer forfait pour une blessure dont la gravité avait été cachée jusqu'au dernier moment. Depuis, il était aux abonnés absents, ne participant en 2010 qu'au seul meeting de Shanghai. Hier à Canton, ses compatriotes l'ont accueilli par un tonnerre d'applaudissements.

© 2010 SA Libération. Tous droits réservés.

dimanche 21 novembre 2010

SPORT - Un blogger chinois perd un pari de 10 600 $

Libération, no. 9183 - Sports, samedi, 20 novembre 2010, p. 19

C'est la somme, en dollars (7 770 euros), qu'un blogger chinois a pariée sur la défaite de l'équipe de football de Chine face au Kazakhstan. Malheureusement pour lui, la Chine a gagné 2-1. L'homme, identifié sous son seul pseudo, Lin, a ensuite menacé de commettre un attentat à la bombe contre l'équipe nationale avant d'être arrêté à Beihai, dans la région de Canton.

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vendredi 12 novembre 2010

SPORT - La Chine championne du monde de fleuret

Le Monde - Samedi, 13 novembre 2010, p. 2

Les escrimeurs chinois ont remporté, jeudi 11 novembre, aux Mondiaux de Paris, l'épreuve de fleuret par équipe en battant l'Italie en finale. Les Français ne se sont classés qu'à la sixième place.

© 2010 SA Le Monde. Tous droits réservés.

SPORT - Jeux d'Asie, zèle cantonais

Marianne, no. 708 - Repères Monde, samedi, 13 novembre 2010, p. 60

Après "Meilleure vie, meilleure ville", slogan de l'Exposition universelle de Shanghai, voici "Jeux excitants, Asie harmonieuse", pour les Jeux d'Asie, organisés du 12 au 27 novembre à Canton. Dans un élan d'"harmonisation", le gouvernement local a transformé la ville industrielle en manège enchanté. Façades ripolinées, gardiens omniprésents, barbecues interdits, et les 100 000 travailleurs africains locaux harcelés par une police traquant les visas expirés. Comble du cynisme : les dépenses en fleurs décoratives dépassent les indemnités aux familles expropriées.

© 2010 Marianne. Tous droits réservés.

mardi 9 novembre 2010

Adidas mise sur la Chine pour rattraper son retard sur Nike

Les Echos, no. 20801 - Industrie, mardi, 9 novembre 2010, p. 23

Le premier fabricant allemand d'articles de sport veut augmenter de 50 % son chiffre d'affaires d'ici à 2015, pour se rapprocher du leader mondial Nike. Il veut en particulier se doter de 2.500 points de vente supplémentaires en Chine en cinq ans.

Adidas, le numéro deux mondial des articles de sport, veut donner un grand coup d'accélérateur à sa croissance et refaire ainsi une partie de son retard sur l'américain Nike, son principal rival. Le groupe allemand présidé par Herbert Hainer compte porter son chiffre d'affaires à 17 milliards d'euros d'ici à 2015, soit une croissance de 50 % par rapport à cette année, a-t-il annoncé hier.

La marge opérationnelle doit s'améliorer encore davantage, avec une croissance moyenne de 15 % à 17 % par an, en vue d'atteindre 11 % du chiffre d'affaires. Un niveau déjà enregistré en 2005. Mais, depuis, la marge opérationnelle est retombée. L'an dernier, elle n'a pas dépassé 4,9 % des ventes.

En Bourse, l'annonce a fait progresser le titre de 1,57 % hier. Les objectifs sont perçus comme réalistes, quoique pas simples à réaliser, alors que Nike, tout comme le challenger allemand, Puma, ont déjà affiché des objectifs ambitieux. En mai, Nike a annoncé qu'il comptait réaliser des ventes de 27 milliards de dollars (19,4 milliards d'euros) en 2015. Cela représenterait une progression d'environ 40 % par rapport à l'exercice 2009-2010. Puma compte de son côté porter ses ventes de 2,5 à 4 milliards d'euros sur le même horizon de temps.

Les marques Adidas et Reebok devraient assurer 90 % de la croissance des ventes du groupe. La première va viser la clientèle de sportifs assidus comme des adeptes du « lifestyle », la seconde mise sur le marché de masse dans le sport de loisir.

Trois marchés clefs

Au plan géographique, la moitié de la croissance doit provenir de trois marchés clefs, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Adidas fonde de grands espoirs outre-Atlantique, où il va concentrer ses efforts de marketing auprès de la clientèle des lycéens, les « high schools kids ». Il s'agit d'une cible de clientèle forte de 16,3 millions d'acheteurs, bien plus dépensiers que leurs aînés du « college » et dont plus de 7 millions pratiquent au lycée des sports collectifs tels que le football américain, le soccer, le base-ball et le basket-ball. En termes de canaux de distribution, les artères commerciales (« mall ») et les surfaces spécialisées dans le sport doivent connaître une poussée, Adidas voulant en tirer à l'avenir la moitié de ses ventes, contre moins du quart actuellement.

En Chine, la stratégie vise avant tout à améliorer la couverture commerciale dans les moyennes et grandes villes. Adidas compte ouvrir 500 magasins par an d'ici à 2015. Il couvrira ainsi 1.400 villes dans l'empire du Milieu, contre 550 aujour-d'hui.

Enfin, il compte asseoir sa suprématie en Russie, où la marque aux trois bandes détient avec Reebok 60 % du marché des articles de sport, selon ses propres indications. Cette part de marché doit grimper à 70 % dans les cinq ans. De 700 magasins détenus en propre, le parc doit passer dans le même temps à 1.000 points de vente. Adidas compte de la sorte poursuivre ses efforts pour diversifier ses sources de revenus. Alors qu'en 2001 près de 50 % des ventes étaient réalisées en Europe, cette part est déjà revenue aujourd'hui à 43 %. Le reste se répartit entre l'Amérique du Nord (24 %) et le reste du monde (33 %).

JEAN-PHILIPPE LACOUR

« Consolidateur en chef »

La marque aux trois bandes veut continuer de jouer un rôle majeur dans la consolidation du marché des articles de sport, a déclaré hier son président Herbert Hainer : « Adidas va continuer à jouer le rôle de __consolidateur en chef'', en gagnant des parts de marché via la croissance organique ou en explorant des opportunités si elles correspondent aux priorités stratégiques des marques. » Le passé l'a rendu prudent : sa dernière grande acquisition, celle de l'américain Reebook, acheté pour 3,8 milliards de dollars en 2006, s'est avérée un cas difficile de restructuration.Dans le domaine en vogue de l'« outdoor », en revanche, le groupe compte sur ses propres forces. Il n'est pas intéressé par l'achat de l'allemand Jack Wolfskin, que ses fonds propriétaires cherchent à céder, a précisé hier Herbert Hainer.

© 2010 Les Echos. Tous droits réservés.

lundi 1 novembre 2010

Rossignol quitte Taïwan et revient au nid

Libération, no. 9166 - Économie, lundi, 1 novembre 2010, p. 14

Après une délocalisation en 2007, le fabricant de skis devrait rapatrier sa production asiatique en Haute-Savoie d'ici janvier.

C'est une pratique tellement rare que le mot n'est pas dans le dictionnaire. Le fabricant de ski Rossignol a annoncé qu'il allait «relocaliser» des emplois en France. Le geste n'a rien de patriotique. Il est d'abord économique. Et un peu symbolique. Rossignol va rapatrier d'ici janvier la production de 60 000 paires de skis de Taïwan à Sallanches, en Haute-Savoie, dans l'un des sites historiques du groupe, berceau de la marque Dynastar. Cette usine, dernière fabrique de skis en France depuis la fermeture de Salomon l'an dernier, produit 170 000 paires par an (sur 850 000 vendues chaque année par Rossignol).

Le volume rapatrié n'est donc pas anecdotique pour Sallanches. Le nombre de créations d'emplois résultant de cette relocalisation est en revanche plus modeste. Vingt équivalents temps plein, pour la plupart des CDD ou des CDI à temps partiel qui ne compensent pas les suppressions d'emplois ces dernières années chez Rossignol. En cinq ans, le groupe a perdu près la moitié de ses salariés, passant de 2 300 emplois dans le monde en 2005 à 1 200 aujourd'hui.

«Contraignant». En 2009, sur le site de Sallanches, un tiers des emplois ont été supprimés ou transférés au siège de Moirans, en Isère. Un jeu de bascule qui s'inscrit dans le plan de relance initié l'an dernier et que le PDG, Bruno Cercley, appelle «un retournement d'entreprise» (lire ci-contre). En clair : faire de Rossignol, dans le rouge depuis le début des années 2000, une société à nouveau rentable et, si possible, durable. Or, dans cette grande opération de rationalisation des coûts, des moyens et des objectifs, il s'est avéré que les délocalisations n'étaient pas toujours avantageuses. «Nous nous sommes aperçus que produire à Taïwan nous coûtait à peu près la même chose que de produire en France. Sauf que c'est beaucoup plus contraignant pour nous. On a des délais plus longs, on perd en flexibilité», résume Cercley.

Le calcul a été assez simple pour Rossignol. Les matières représentent 70% du coût de la fabrication d'un ski. Or, ces polyéthylènes très spécifiques ne sont fabriquées qu'en Europe. Il fallait donc d'abord les exporter à Taïwan. Première contrainte, premiers surcoûts. Ensuite, le faible coût de la main-d'oeuvre n'était pas aussi intéressant qu'il semblait. Comme l'explique Mimmo Salerno, directeur de l'usine de Sallanches, «le faible taux horaire de la main-d'oeuvre asiatique est à multiplier avec un temps de fabrication plus long en raison d'une moins forte automatisation, ce qui fait qu'on ne gagne que très légèrement au total». D'autant que pour la fabrication de ces skis «entrée de gamme», le coût de la main-d'oeuvre, même en France, représente moins de 20% des coûts de production. Enfin, le temps de transport (six à huit semaines, par bateau), et la rigidité qui en découle, a fini de convaincre Rossignol qu'il valait mieux produire en France. «Cela nous permet de produire plus sur commande et moins par prévision. On a moins de risques de pertes», résume Mimmo Salerno.

Stratégie. Selon Bruno Cercley, maintenir une sous-traitance à Taïwan pourrait avoir un intérêt si Rossignol envisageait de se positionner sur le marché asiatique. Ce qui n'est pas le cas : 60% des ventes se font en Europe. Le reste en Amérique du Nord et en Russie. «Le seul marché qui existait en Asie, c'était le Japon et il s'est effondré. La Chine n'est pas encore prête.» Ce positionnement «au plus près des marchés» explique d'ailleurs que Rossignol n'envisage absolument pas de rapatrier l'ensemble de ses productions délocalisées. Pas question notamment de toucher aux usines d'Europe de l'Est. Le marché russe, qui absorbe à lui seul un tiers des skis vendus chaque année dans le monde, est trop précieux pour que Rossignol commette l'imprudence de s'en éloigner. Un seul site a été relocalisé depuis l'Europe de l'Est : une production de fixations Look, rapatriée début 2010 à l'usine de Nevers, dans la Nièvre. Sans cette relocalisation, le site nivernais aurait dû fermer, générant un coût social trop lourd à supporter pour l'entreprise.

Bruno Cercley a une stratégie, et pas d'états d'âmes : «On n'est pas là pour sauver des usines. S'il fallait en fermer, nous en fermerions. Même s'il est vrai que cela nous fait toujours plaisir de faire revenir des emplois en France.» Fin août, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a annoncé un plan d'aide aux relocalisations de 200 millions d'euros. Rossignol n'en a pas profité. Son PDG ne croit pas à l'utilité du dispositif. «Cela ne sert à rien de relocaliser pour relocaliser. Il faut que cela soit intéressant stratégiquement pour l'entreprise, sinon ça ne marchera pas.»

Maillon faible. A Sallanches, l'annonce de la relocalisation est un symbole fort. Même si chacun sait que la contrepartie en termes d'emplois est très faible. Depuis quelques années, l'usine Dynastar se pensait condamnée. En 2007, une partie de la production était donc délocalisée à Taïwan. En 2008, lorsque le groupe était au plus mal, la marque apparaissait comme le maillon faible et Quicksilver, le propriétaire, avait annoncé son intention de s'en débarrasser, pour finalement décider de revendre tout Rossignol quelques mois plus tard. Après la reprise par la société Chartreuse & Mont-Blanc (détenue en majorité par un groupe australien), l'annonce d'un plan de relance basé sur la suppression d'un tiers des effectifs n'avait pas vraiment remonté le moral des troupes. Et personne ne croyait à ces annonces de relocalisation. Parce que personne n'en avait jamais vu.

Il aura fallu que d'autres projets d'investissement se concrétisent cette année sur le site de Sallanches pour que les salariés retrouvent un semblant de confiance. Plus encore que les relocalisations, l'installation d'un Race center, centre de préparation ultramoderne de skis professionnels, redonne à l'usine l'image positive d'une industrie de pointe. Mais l'image ne suffit pas. Et les salariés restent sur leurs gardes. Comme Marc Rollès, délégué CDFT : «En très peu de temps, on a vu les productions partir en Asie. Aujourd'hui, on est content de les voir revenir. Mais les emplois supprimés, on ne les a pas retrouvés. Et il faudra voir dans quelles conditions vont être fabriqués ces skis.»

Par Alice Géraud envoyée spéciale à Sallanches (Haute-Savoie)

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lundi 19 juillet 2010

Mondial : plus de 5 000 arrestations en Asie pour des paris clandestins

Le Monde - Lundi, 19 juillet 2010, p. 2

Plus de 5 000 personnes, impliquées dans des paris illégaux sur la Coupe du monde de football, ont été interpellées lors d'un coup de filet, les 12 et 13 juillet, à travers l'Asie, a annoncé Interpol, vendredi 16 juillet. Au cours de cette opération, qui a duré près d'un mois, 800 bureaux de paris clandestins ont été identifiés et perquisitionnés et quelque 10 millions de dollars (7,7 millions d'euros) ont été saisis en Chine (Hongkong et Macao compris), en Malaisie, à Singapour et en Thaïlande.

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jeudi 17 juin 2010

SPORT - Nos amis les Nord-Coréens - Pascal Boniface

Le Monde - Sports, vendredi, 18 juin 2010, p. 28

Comment peut-on soutenir l'équipe du pire régime politique du monde ? Les sélections sont les emblèmes de l'identité nationale d'un pays. La Corée du Nord, dernier régime totalitaire, suscite un rejet global tant des gouvernements que des opinions du monde entier. Même la Chine, ancienne alliée, ne veut plus voir son image associée à Kim Jong-il au moment où elle veut se donner une image de puissance responsable. D'ailleurs, Pékin réalise cent fois plus d'échanges commerciaux avec Séoul qu'avec Pyongyang.

Pourtant, même face à l'hyper-populaire Brésil, l'équipe nord-coréenne recueillait encore compréhension et même soutien des amateurs de foot. Ce paradoxe s'explique aisément. Le public, notamment le plus populaire, qui regarde le football, a un éternel réflexe de prendre partie en faveur du faible contre le fort. Entre l'équipe considérée comme la meilleure du monde, classée n° 1 par la FIFA, et celle qui, avec sa 115e place, est la moins bien placée à participer à la Coupe du monde, le public prend naturellement le parti de David contre Goliath. C'est un syndrome, bien connu en Coupe de France, où la tendresse se porte sur le " Petit Poucet ". Un autre élément joue plus encore. Même si le régime nord-coréen va essayer de récupérer à son profit d'éventuels bons résultats de l'équipe, les spectateurs savent faire la différence entre les joueurs et le gouvernement, entre la nation et le régime, et personne ne pense que la population soutient le régime, mais plutôt qu'elle le subit. Les joueurs nord-coréens ne sont pas considérés comme les ambassadeurs du dictateur Kim Jong-il mais, à l'instar du peuple nord-coréen, comme les victimes d'un système d'un autre âge.

Un sondage a été réalisé en Corée du Sud, pays le plus menacé par le régime de Pyongyang. La question était : " Quelle est la nation pour laquelle vous avez le plus grand sentiment d'hostilité ? " La Corée du Nord arrivait en troisième position derrière la Chine et le Japon, dont le système politique et économique est pourtant plus proche de celui de Séoul mais avec qui l'histoire a laissé de vives plaies. Pour les Sud-Coréens, leurs miséreux cousins du Nord (le PIB de la Corée du Nord représente 2 % de celui de la Corée du Sud) sont plus à plaindre qu'à blâmer.

Les matches sont retransmis en Corée du Nord avec 24 heures de décalage. Toujours est-il qu'à Pyongyang, ceux qui ont regardé le match ont vibré pour l'équipe de Corée du Sud après sa victoire contre la Grèce (2-0). Un journal japonais citait un résident de Pyongyang affirmant que s'il n'aimait pas le régime sud-coréen, il aimait son peuple. On a l'effet miroir en Corée du Sud. La nature ultra-dictatoriale du régime nord-coréen exonère la population, et donc son équipe de foot, de ses turpitudes.

L'équipementier italien Legea a conclu un accord de sponsoring pour 5 millions d'euros avec les Nord-Coréens. Il sait que son image sera associée à la Chollimas, pas à Kim Jong-il.

Pascal Boniface

Pascal Boniface est directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)

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lundi 14 juin 2010

INTERVIEW - Pascal Boniface : « Le football est en avance sur la géopolitique »

Le Monde - Spécial, jeudi, 10 juin 2010, p. SPA8

Pour Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, « le monde devient multipolaire, le foot l'est depuis longtemps » Propos recueillis par Simon Roger et Isabelle Talès

La coupe du monde dans tous ses Etats ...

Directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, Pascal Boniface a étendu ses analyses géopolitiques au football et s'attache à étudier les causes et les effets de la mondialisation du sport-roi.

- Le football occupe une position dominante sur l'échiquier du sport mondial. Cette hégémonie peut-elle être remise en cause ?

Pour rester un élément central de la société et le sport numéro un dans le monde, le football ne peut se contenter de reproduire l'existant, il doit aller de l'avant. Il y a des phénomènes dominants qui ont disparu parce que l'adhésion qu'ils suscitaient s'est transformée en méfiance. Un autre sport ou un autre spectacle aura peut-être remplacé le ballon rond au siècle prochain. Le foot n'est pas dans une bulle qui le mettrait à l'abri des dérives de la société.

Il y a vingt ans, l'image des dirigeants des fédérations sportives était celle de dictateurs au petit pied ! Aujourd'hui, notamment parce que la communication a changé, que des contre-pouvoirs se sont développés, on voit que Michel Platini [le patron de l'Union européenne du football, l'UEFA], Sepp Blatter [le président de la Fédération internationale, FIFA] ou Jean-Pierre Escalettes [qui dirige la Fédération française, FFF] ont conscience que pour continuer à être respecté, le football doit continuer d'être respectable. S'il n'est pas assez précautionneux sur sa forme de domination, il va, comme tout empire, périr.

- La FIFA est-elle un cercle de pouvoir politique ?

Clairement. Lorsque la FIFA prend une décision, elle est plus respectée que l'ONU, qui dans certains conflits, empile des résolutions foulées au pied par les protagonistes. C'est une instance internationale de régulation qui dispose d'une vraie autorité sur ses membres. La Fédération internationale de football a accompli deux miracles jusqu'à présent hors de portée des Nations unies : faire cohabiter dans la même organisation Israël et la Palestine, la Chine et Taïwan.

- Ce premier Mondial organisé sur le continent africain est-il un geste politique fort ?

C'est une décision doublement politique. Même si la Coupe du monde 2006 avait été, au dernier moment, attribuée à l'Allemagne, Sepp Blatter affirmait déjà qu'en dépit des problèmes d'infrastructures, de sécurité ou d'organisation, il fallait un Mondial à l'Afrique. Une fois le choix de l'Afrique entériné, désigner l'Afrique du Sud est un autre message politique. Il y a bien sûr un argument économique dans la mesure où c'est le pays le plus développé du continent, mais le Maroc [autre candidat à l'organisation du Mondial 2010] avait un meilleur dossier. C'est Nelson Mandela accompagné de deux autres Prix Nobel de la paix, Frederik De Klerk et Desmond Tutu, qui a fait pencher la balance. Ce choix est la récompense du parcours de Mandela et de l'Afrique du Sud.

- Tout comme était politique l'attribution de la Coupe 2002 au binôme Corée du Sud-Japon ?

Là encore, l'intention politique était claire : choisir l'Asie, nouvelle terre d'expansion du football; miser sur une coorganisation entre la nation la plus riche, le Japon, et celle qui affiche les meilleurs résultats sportifs, la Corée du Sud; forcer ces deux pays entre lesquels l'histoire a laissé des traces douloureuses à travailler ensemble. Le foot n'est pas une baguette magique, le Mondial n'a pas fait disparaître toutes les brûlures de l'Histoire, mais les chants coréens n'ont plus été interdits au Japon, de nombreux préjugés sont tombés. On peut penser que 2002 a été un facteur supplémentaire de rapprochement.

- L'expansion du football en Asie se confirme-t-elle aujourd'hui ?

Elle est phénoménale. Ce sont surtout les Anglais qui en bénéficient, la Premier League étant le championnat le plus riche, celui qui attire les plus grandes stars et du coup, qui se vend le mieux. En Thaïlande, en Malaisie, au Japon, les journaux anglophones publient les résultats de tous les championnats européens.

Au Japon et en Corée du Sud, le foot a déjà remplacé le base-ball. Après les arts martiaux traditionnels (taekwondo, karaté, judo), le base-ball apporté par les Américains après 1945, c'est maintenant le football qui domine, amené par les médias et non par un occupant, et qui s'est donc enraciné de façon plus profonde.

- L'une des singularités du football mondialisé est qu'il échappe à l'influence nord-américaine...

Le football est en avance sur la géopolitique. Le monde devient multipolaire, le foot l'est depuis longtemps. Les sports dominants aux Etats-Unis sont le basket et le base-ball. Le football y a été introduit un peu artificiellement par des championnats professionnels dans les années 1970, puis par le Mondial 1994, et se diffuse surtout par les adolescents, les femmes et les chicanos. Auparavant, émigrés allemands, irlandais, italiens avaient abandonné leurs traditions pour s'intégrer. Pas les chicanos, qui continuent à parler espagnol et à jouer au foot. Autre exception : on dit que la mondialisation efface les identités nationales, alors que le football les renforce. Le 11 juin, en France, tout le monde soutiendra les Bleus. Peu de phénomènes sont capables d'unifier une nation.

- Pays hôte du Mondial 2014, des Jeux olympiques 2016, le Brésil devient-il l'un des poids lourds de la géopolitique du sport ?

Pendant très longtemps, le pays n'a rayonné que par le football. Aujourd'hui, on ne peut même plus parler de puissance émergente. C'est une puissance émergée.

A l'inverse, des pays qui ont perdu de leur puissance conservent un statut grâce au foot. La question du leadership sud-américain est réglée depuis une dizaine d'années en défaveur de l'Argentine, mais le pays peut toujours espérer gagner la Copa America ou la Coupe du monde face au Brésil.

- La France a-t-elle joué un rôle dans le processus de mondialisation du football ?

Elle est à l'origine de la création de la FIFA, de la Coupe du monde de la Ligue des champions, du Ballon d'or [qui récompense chaque année le meilleur joueur mondial]. Cela illustre le travers, ou la qualité française, de la pulsion institutionnelle.

Notre pays cartésien aime bien organiser les choses. Jusqu'à présent, la France a plus organisé les compétitions qu'elle ne les a gagnées. Une seule Coupe du monde remportée dans une compétition organisée à domicile, à égalité avec le pays qui a inventé le football, l'Angleterre.

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vendredi 4 juin 2010

INSOLITE - Le Kung-fu à la rescousse du foot chinois

l'Humanité - Sports, vendredi, 4 juin 2010

Même si la Chine, adversaire des Bleus ce soir, n'a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde, Kong Debao, un homme d'affaires chinois passionné de ballon rond, ne désespère pas d'en faire bientôt un tigre de la planète foot. Pour cela, il compte mettre ses compatriotes au « football kung-fu », persuadé qu'une alliance avec les arts martiaux redonnera du tonus aux footeux de l'empire du Milieu. Pour Kong Debao, ils ne pourront que bénéficier de l'agilité et de la vitesse cultivées par les sports de combat asiatiques. Mais rassurons les articulations des Bleus, pour l'instant Kong est plutôt pris pour un c... et n'est pas vraiment prophète en son pays...

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SPORT - Troisième match de préparation des Bleus

Le Figaro, no. 20478 - Le Figaro, vendredi, 4 juin 2010, p. 11

Dernier examen blanc avant le Mondial. L'équipe de France, qui affronte la Chine, ce soir au stade Michel-Volnay à Saint-Pierre (18 heures sur TF1), doit lever les interrogations sur l'efficience de son nouveau schéma tactique plus offensif. Face à une faible formation chinoise (84e au classement Fifa), la sélection française n'a d'autre choix que de réaliser un carton plein pour se rassurer à une semaine de la rencontre de tous les dangers contre l'Uruguay. Pour Florent Malouda, les objectifs sont clairs : « Monter en puissance, gagner en confiance, gommer nos erreurs. Il faut arriver au Mondial sûr de soi et entamer le premier match en se disant : »on va leur marcher dessus*. » Les Bleus veulent donc profiter de leur premier match à la Réunion dans une ambiance qui s'annonce survoltée pour peaufiner leurs automatismes. Tour d'horizon des problèmes à régler.Une défense fébrilePerpétuellement remaniée en raison des blessures ou des suspensions de ses hommes de base (Gallas et Abidal), la charnière centrale n'a pas été reconduite plus de deux fois de suite depuis l'Euro 2008. « Ce sont des joueurs de talent, d'expérience. Mais pour certains postes, c'est mieux d'avoir fait 40 matchs que 15 ensemble », a reconnu hier Raymond Domenech, qui battra contre la Chine le record de Michel Hidalgo (75 matchs comme sélectionneur). Après avoir cravaché pour se remettre d'une blessure au mollet, William Gallas a été victime de maux de ventre mercredi. Inquiétant? « Il va nettement mieux que s'il allait plus mal, nettement moins bien que s'il allait mieux. Au lieu de faire 1 h 30 il fera peut-être 1 h 28 », a ironisé le sélectionneur qui le titularisera. Reste, la mauvaise habitude de prendre des buts d'entrée de jeu - 11e minute contre le Costa Rica, 6e contre la Tunisie. « On ne peut pas stigmatiser les défenseurs, il y a un problème de communication, c'est un nouveau système. Il faut corriger ça. Il n'est pas question de commencer le Mondial en prenant un but dans le premier quart d'heure », a averti Malouda.

Un équilibre pas encore au pointLe réaménagement tactique opéré par Domenech, qui aligne désormais cinq joueurs à vocation offensive, pose des problèmes d'équilibre et fragilise le bloc défensif. Ce qui implique une compréhension sans faille entre les joueurs dans la phase de replacement. Même problématique au regard du déséquilibre entre un flanc gauche percutant (Evra-Malouda-Ribéry) et un flanc droit atone (Sagna-Gourcuff-Govou). « La bascule doit s'effectuer. Govou apporte ce que j'attends de lui, il pourrait être plus présent devant le but. Mais il doit y avoir un rééquilibrage, on ne peut pas tous partir à l'abordage », a expliqué le sélectionneur avant de faire part de ses certitudes : « Il y a quelque chose de solide, de créatif dans l'animation offensive. Attaquons bien pour obliger nos adversaires à défendre plus que nous. »

Une attaque en manque d'efficacité« Contre la Chine, il faut du jeu, des buts, la victoire et après on sera plus confiants et mieux dans nos têtes », a exhorté Djibril Cissé. Mais pour l'heure, les attaquants pèchent à la finition. Nicolas Anelka éprouve ainsi des difficultés à se créer des occasions (voir ci-dessous). Les autres attaquants (Gignac, Henry, Cissé) n'ont pas non plus marqué lors de leur entrée en jeu. Ce faible rendement offensif s'explique en partie par un schéma de jeu penchant trop à gauche. Ce que les Tunisiens ont parfaitement compris en renforçant leur défense de ce côté.

Des leaders à confirmer : Patrick Vieira écarté, Thierry Henry sur le banc et William Gallas, soucieux de retrouver la grande forme, les Bleus seraient-ils en panne de leadership? Une question sans fondement pour Domenech : « Henry est là, Gallas, Abidal, Evra, Ribéry, Anelka aussi. Il y a encore des joueurs cadres, six-sept joueurs qui ont fait des grandes compétitions, qui jouent dans des grands clubs. » Une réponse convenue suivie d'un avertissement : « Plus que l'expérience, je préfère la forme. » Dans ces conditions, on comprend mieux le choix du sélectionneur de confier le brassard à Patrice Evra qui semble faire l'unanimité. « Un capitaine très impliqué, à l'attitude exemplaire. Il est attentif et n'hésite pas à communiquer, même sur les choses qui fâchent », tranche Malouda.

Cyrille Haddouche

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mardi 1 juin 2010

SPORT - Le canadien Alexandre Despatie est en Chine

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Australian diver Matthew Mitcham (R), Mexican diver Paola Espinosa Sanchez (L2), Chinese diver Chen Ruolin (C) and Canadian diver Alexandre Despatie (R2) attend the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Canadian diver Alexandre Despatie attends the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Mexican diver Paola Espinosa Sanchez attends the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.


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samedi 22 mai 2010

SPORT - Bolt de retour en Chine

Le Soir - 1E - SPORTS, samedi, 22 mai 2010, p. 61

Usain Bolt sera la grosse attraction du meeting de Shanghai, dimanche, où il fera, sur 200 m, ses débuts en Diamond League. C'est la première fois que le Jamaïquain revient en Chine depuis les JO de Pékin, où il avait décroché 3 titres (100 m, 200 m, 4 × 100 m) en battant chaque fois le record du monde. Après ses 19.56 de Kingston, il y a 3 semaines, il est évidemment attendu à la sortie du virage... L'autre vedette sera le Chinois Liu Xiang. Sur ses terres, le champion olympique 2004 du 110 m haies, qui souffre encore du tendon d'Achille, aura l'Américain Oliver comme principal adversaire.

PHOTO - Triple-gold Olympic champion Jamaican sprinter Usain Bolt (L) and Chinese hurdler Liu Xiang pose during a press conference ahead of the IAAF Diamond League in Shanghai on May 21, 2010. Bolt returns to China for the first time since his triple-gold Olympic feat to launch his 200-metre season on while Chinese hurdler Liu Xiang looks for redemption in his hometown.

© 2010 © Rossel & Cie S.A. - LE SOIR Bruxelles, 2010

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jeudi 20 mai 2010

SPORT - Équipe nord-coréenne cherche supporteurs chinois

Le Figaro, no. 20465 - Le Figaro, jeudi, 20 mai 2010, p. 1

L'amitié historique entre la Corée du Nord et la Chine trouve un prolongement inattendu, jusqu'en Afrique du Sud. Selon l'agence Chine nouvelle, des supporteurs de football chinois se sont vu offrir des billets par Pyongyang pour aller encourager l'équipe nord-coréenne participant à la prochaine Coupe du monde. La Chine, en effet, possède moult fans ayant les moyens et des visas pour voyager, mais pas d'équipe qualifiée. La Corée du Nord, elle, s'est qualifiée - comme en 1966, où elle avait même atteint les quarts de finale -, mais elle rechigne à laisser voyager ses ressortissants à travers le monde, à supposer qu'ils en aient les moyens. Le groupe de supporteurs est surnommé la « Fans Volunteer Army ». Le bureau de liaison du ministère nord-coréen des Sports à Pékin a distribué 1 000 tickets d'entrée sur les stades à la Chinese Star Football Team, qui rassemble des personnalités, comme des acteurs ou des chanteurs. Dans un éditorial enflammé du journal chinois Oriental Sports Daily, Qi Ge fait un parallèle avec les soldats chinois partis se battre en Corée il y a soixante ans : « La passion de l'Armée des volontaires du peuple existe encore dans nos coeurs, aussi nous devons soutenir la Corée du Nord lors de la Coupe du monde! » Qui oserait prétendre, après cela, que le football ne ressemble pas quelquefois à la continuation de la guerre par d'autres moyens?

ARNAUD DE LA GRANGE

PHOTO - North Korea players (L-R) Nam Song-chol, goalkeeper Ri Myong-guk, Ri Kwang-chon, Cha Jong-hyok, An Chol-hyok, Pak Nam-chol, Jong Tae-se, Mun In-guk and Pak Chol-in listen to their national anthem before their East Asian soccer championship soccer match against Taiwan in Kaohsiung in this August 27, 2009 file photo. North Korea have nothing to lose at the World Cup and will be playing to "revive the glory" of their dream run to the 1966 quarter-finals, striker Jong Tae-se told Reuters in an interview. Japan-based Jong, dubbed "Asia's Wayne Rooney" by the media but who prefers to be likened to Didier Drogba, has few fears about the North's first World Cup appearance since their astonishing run to the last eight in England 44 years ago.

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