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lundi 13 avril 2015
jeudi 3 novembre 2011
Les vignerons des côtes à la fête à Hong Kong
Sud Ouest - Haute Gironde Jeudi 3 novembre 2011, p. Haute Gironde-C2_6
Le marché asiatique rassure les vignerons du Bourgeais et du Blayais
Même Montaigne y perdrait son latin. Car si les voyages forment la jeunesse, les responsables viticoles des Côtes de Bourg et des Blaye Côtes de Bordeaux sont en route vers l'éternelle jeunesse !
Que l'on en juge : à peine rentré de Nouvelle-Zélande où il accompagnait une mission du Rugby- Club d'Aquitaine dont il est l'un des membres, le directeur du syndicat viticole des Côtes de Bourg, Didier Gontier, s'envolait pour Hong Kong où se déroulait du 27 au 30 octobre le célèbre Wine and Dine Festival. Un festival auquel les Côtes de Bourg participent pour la deuxième année consécutive. Et où a lieu du 3 au 5 novembre le salon « Wine Fair ».
Premier marché export
De la même manière, après sa tournée parisienne des brasseries, bars à vin et restaurants partenaires de l'opération « Blaye au comptoir », les 18, 19 et 20 octobre dernier, le directeur du syndicat viticole des Blaye Côtes de Bordeaux, Jean Lissague, validait dans la foulée son billet pour... Hong Kong !
Une destination chinoise décidément très courue. Et pour cause : « Ce rendez-vous a été un grand succès pour nos vins », constatait hier Jean Lissague. « Et ce succès est surtout très rassurant pour l'avenir de nos affaires. En effet, la Chine et Hong Kong sont en passe de devenir le premier marché export des vins de Blaye Côtes de Bordeaux, et les perspectives qui s'ouvrent sont gigantesques ».
Salons et missions
Même satisfaction pour les Côtes de Bourg qui animaient un stand de dégustation et de promotion dans le cadre du Village Bordeaux : « Le grand public a répondu massivement sur les premiers jours. Mais c'était également l'occasion pour les professionnels importateurs d'approfondir leurs connaissances des vins de Bordeaux. Et en particulier du positionnement de notre appellation en termes de rapport qualité-prix-plaisir, qui séduit de plus en plus », notait pour sa part Didier Gontier.
Et si ce dernier profitait de sa présence en territoire chinois pour assurer la présence des Côtes de Bourg au salon Wine Fair auprès des 14 000 professionnels attendus, son collègue blayais Jean Lissague attendait beaucoup de la mission de prospection montée avec la CCI de Bordeaux sur Hong Kong, Shenzhen et Macao, à laquelle participaient une dizaine de vignerons blayais.
SYLVAIN VIAUT
© 2011 Sud Ouest. Tous droits réservés.
Le marché asiatique rassure les vignerons du Bourgeais et du Blayais
Même Montaigne y perdrait son latin. Car si les voyages forment la jeunesse, les responsables viticoles des Côtes de Bourg et des Blaye Côtes de Bordeaux sont en route vers l'éternelle jeunesse !
Que l'on en juge : à peine rentré de Nouvelle-Zélande où il accompagnait une mission du Rugby- Club d'Aquitaine dont il est l'un des membres, le directeur du syndicat viticole des Côtes de Bourg, Didier Gontier, s'envolait pour Hong Kong où se déroulait du 27 au 30 octobre le célèbre Wine and Dine Festival. Un festival auquel les Côtes de Bourg participent pour la deuxième année consécutive. Et où a lieu du 3 au 5 novembre le salon « Wine Fair ».
Premier marché export
De la même manière, après sa tournée parisienne des brasseries, bars à vin et restaurants partenaires de l'opération « Blaye au comptoir », les 18, 19 et 20 octobre dernier, le directeur du syndicat viticole des Blaye Côtes de Bordeaux, Jean Lissague, validait dans la foulée son billet pour... Hong Kong !
Une destination chinoise décidément très courue. Et pour cause : « Ce rendez-vous a été un grand succès pour nos vins », constatait hier Jean Lissague. « Et ce succès est surtout très rassurant pour l'avenir de nos affaires. En effet, la Chine et Hong Kong sont en passe de devenir le premier marché export des vins de Blaye Côtes de Bordeaux, et les perspectives qui s'ouvrent sont gigantesques ».
Salons et missions
Même satisfaction pour les Côtes de Bourg qui animaient un stand de dégustation et de promotion dans le cadre du Village Bordeaux : « Le grand public a répondu massivement sur les premiers jours. Mais c'était également l'occasion pour les professionnels importateurs d'approfondir leurs connaissances des vins de Bordeaux. Et en particulier du positionnement de notre appellation en termes de rapport qualité-prix-plaisir, qui séduit de plus en plus », notait pour sa part Didier Gontier.
Et si ce dernier profitait de sa présence en territoire chinois pour assurer la présence des Côtes de Bourg au salon Wine Fair auprès des 14 000 professionnels attendus, son collègue blayais Jean Lissague attendait beaucoup de la mission de prospection montée avec la CCI de Bordeaux sur Hong Kong, Shenzhen et Macao, à laquelle participaient une dizaine de vignerons blayais.
SYLVAIN VIAUT
© 2011 Sud Ouest. Tous droits réservés.
Pékin entend rester maître du yuan
La Tribune (France), no. 4842 - Dossiers, jeudi 3 novembre 2011, p. 7
« En novembre 2008, la Chine n'a accepté de participer au G20 de Washington qu'à la condition expresse que la réévaluation du yuan ne figure jamais dans l'agenda du G20 », rappelle l'économiste Antoine Brunet. Pas question pour elle de renforcer une monnaie qui lui donne un avantage compétitif décisif pour ses industries exportatrices, moteur de son économie. Ce faisant, poursuit Antoine Brunet, elle ruinait la possibilité même que le G20 résolve les causes profondes de la crise. Pourtant, lorsque ses partenaires lui demandent de participer au rééquilibrage de l'économie mondiale, Pékin accepte de dynamiser sa demande intérieure. « Devant la crise qui frappe ses exportations, rappelle Françoise Lemoine, chercheuse au Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), la Chine se lance dans un gigantesque plan de relance monétaire et budgétaire pour relancer son économie. Elle finance des projets d'infrastructures très ambitieux et relâche le crédit bancaire.
Inflation
Mais le rééquilibrage de l'économie chinoise vers la consommation ne s'est pas encore produit, et c'est l'investissement qui est devenu son premier moteur, représentant 46 % du PIB. » La relance chinoise contribue surtout à faire repartir à la hausse les prix de l'énergie et des matières premières, ce qui empêche les pays du G7 de redémarrer. Car les déséquilibres chinois, à l'origine de la crise, sont toujours là : 126 milliards de dollars d'excédent vis-à-vis des États-Unis sur les huit premiers mois de 2011 et 96 milliards de dollars vis-à-vis de l'Europe. Malgré une lente réévaluation du yuan depuis juillet 2010 pour refroidir l'inflation, la sous-évaluation de la monnaie chinoise pénalise toujours fortement les économies européennes et américaine, la priorité de la Chine étant d'éviter un freinage trop brutal de son économie.
Si la Chine n'a pas pris au G 20 la place qui devrait revenir à la deuxième puissance mondiale, ni Washington ni Bruxelles ne sont aujourd'hui en position d'exiger - et d'obtenir - de Pékin une réévaluation de sa monnaie. Tout au plus devront-ils étudier de près sa proposition de 2009 : faire entrer le yuan dans les droits de tirage spéciaux, pour réduire la dépendance de Pékin vis-à-vis du dollar.
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mercredi 2 novembre 2011
A Shanghai, la région Rhône-Alpes renforce sa base d'appui aux PME qui veulent s'implanter en Chine
Les Echos, no. 21050 - Collectivités locales, mercredi 2 novembre 2011, p. 5
La principale antenne en Chine de l'agence de développement de la région réinvestit l'ex-pavillon de Rhône-Alpes à l'Expo de Shanghai. Le soutien de cette collectivité aux PME implantées en République populaire change d'envergure.
Le pavillon de Rhône-Alpes à Shanghai reprend du service. Un an après la clôture de l'Exposition universelle 2010, le lieu a renoué officiellement vendredi avec sa mission d'origine : porter en Chine les couleurs des entreprises de la deuxième région de France, mais encore plus haut et plus longtemps. Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI), bras armé du conseil régional, a repris le flambeau. Plus précisément, sa représentation chinoise, créée il y a vingt ans et qui concentre plus du tiers des experts et conseillers (une centaine) de cette structure d'aide au développement extra-hexagonal des PME implantée dans 25 pays.
Les 20 collaborateurs du bureau d'ERAI à Shanghai, « véritable "task-force" de notre présence en Chine », selon Jean-Jack Queyranne, le président PS du conseil régional, occupent déjà deux étages de l'ancien pavillon, réaménagé sur 3.257 m2 et rebaptisé « Espace Rhône-Alpes ». ERAI Chine a signé un bail de dix ans renouvelable avec la ville de Shanghai, propriétaire de l'édifice. Montant du loyer : 75.000 euros par mois. « C'est 30 % moins cher qu'à Lyon Confluence », fait observer Daniel Gouffé, le président d'ERAI, confiant sur les capacités de son antenne chinoise à honorer ses échéances.
Un incubateur appelé Implantis
D'après lui, Espace Rhône-Alpes générera un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros l'an prochain. Plus spacieux, les nouveaux locaux d'ERAI Chine lui permettront de développer ses services aux entreprises dont elle tire 80 % de ses ressources. Cette structure recrute et emploie sous contrat de travail chinois les chargés d'affaires qu'elle met à disposition des PME dans son incubateur, le tout moyennant rétribution. Ce dispositif, baptisé Implantis, leur fait bénéficier à moindres frais d'une plate-forme commerciale à l'export. ERAI Chine a réalisé plus de 1.200 prestations de ce type auprès de 800 sociétés. « Près de 40 % des entreprises rhône-alpines implantées en Chine le sont grâce à ERAI », indique Jean-Jack Queyranne.
Vingt-cinq ans de jumelage
Ce score ne devrait pas faiblir. La croissance économique de la Chine, en dépit d'un léger retrait attendu cette année (9,4 % contre 10,4 % en 2010), reste exceptionnelle. Jumelée avec Shanghai depuis vingt-cinq ans, la région Rhône-Alpes a su développer des actions de coopération impliquant ses secteurs d'excellence (biotechnologies et santé, développement durable, gastronomie, tourisme...) via notamment ses nombreux clusters et pôles de compétitivité.
Le site se veut aussi une vitrine des savoir-faire rhône-alpins. Il se prépare à accueillir un espace de vente des produits régionaux et innovants, doublé d'un espace de dégustation, notamment des vins. L'école de l'institut Paul Bocuse, logée au dernier étage, donne déjà un avant-goût de cette politique de promotion. Cet établissement vient de fournir une première promotion de 120 jeunes Français et de jeunes Chinois. Les responsables d'ERAI Chine tablent sur une participation financière des autorités chinoises, mais sans certitude. De même, ils n'excluent pas de mettre à contribution l'institut Bocuse dont le restaurant, attenant à l'école, n'a pas désempli durant l'Expo. Il doit profiter de la mutation déjà à l'oeuvre de tout ce secteur du « Bund » qui se prépare à abriter des équipements culturels majeurs et à voir surgir les tours de bureaux et bientôt des milliers de cols blancs.
JOËL COSSARDEAUX
© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.
La principale antenne en Chine de l'agence de développement de la région réinvestit l'ex-pavillon de Rhône-Alpes à l'Expo de Shanghai. Le soutien de cette collectivité aux PME implantées en République populaire change d'envergure.
Le pavillon de Rhône-Alpes à Shanghai reprend du service. Un an après la clôture de l'Exposition universelle 2010, le lieu a renoué officiellement vendredi avec sa mission d'origine : porter en Chine les couleurs des entreprises de la deuxième région de France, mais encore plus haut et plus longtemps. Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI), bras armé du conseil régional, a repris le flambeau. Plus précisément, sa représentation chinoise, créée il y a vingt ans et qui concentre plus du tiers des experts et conseillers (une centaine) de cette structure d'aide au développement extra-hexagonal des PME implantée dans 25 pays.
Les 20 collaborateurs du bureau d'ERAI à Shanghai, « véritable "task-force" de notre présence en Chine », selon Jean-Jack Queyranne, le président PS du conseil régional, occupent déjà deux étages de l'ancien pavillon, réaménagé sur 3.257 m2 et rebaptisé « Espace Rhône-Alpes ». ERAI Chine a signé un bail de dix ans renouvelable avec la ville de Shanghai, propriétaire de l'édifice. Montant du loyer : 75.000 euros par mois. « C'est 30 % moins cher qu'à Lyon Confluence », fait observer Daniel Gouffé, le président d'ERAI, confiant sur les capacités de son antenne chinoise à honorer ses échéances.
Un incubateur appelé Implantis
D'après lui, Espace Rhône-Alpes générera un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros l'an prochain. Plus spacieux, les nouveaux locaux d'ERAI Chine lui permettront de développer ses services aux entreprises dont elle tire 80 % de ses ressources. Cette structure recrute et emploie sous contrat de travail chinois les chargés d'affaires qu'elle met à disposition des PME dans son incubateur, le tout moyennant rétribution. Ce dispositif, baptisé Implantis, leur fait bénéficier à moindres frais d'une plate-forme commerciale à l'export. ERAI Chine a réalisé plus de 1.200 prestations de ce type auprès de 800 sociétés. « Près de 40 % des entreprises rhône-alpines implantées en Chine le sont grâce à ERAI », indique Jean-Jack Queyranne.
Vingt-cinq ans de jumelage
Ce score ne devrait pas faiblir. La croissance économique de la Chine, en dépit d'un léger retrait attendu cette année (9,4 % contre 10,4 % en 2010), reste exceptionnelle. Jumelée avec Shanghai depuis vingt-cinq ans, la région Rhône-Alpes a su développer des actions de coopération impliquant ses secteurs d'excellence (biotechnologies et santé, développement durable, gastronomie, tourisme...) via notamment ses nombreux clusters et pôles de compétitivité.
Le site se veut aussi une vitrine des savoir-faire rhône-alpins. Il se prépare à accueillir un espace de vente des produits régionaux et innovants, doublé d'un espace de dégustation, notamment des vins. L'école de l'institut Paul Bocuse, logée au dernier étage, donne déjà un avant-goût de cette politique de promotion. Cet établissement vient de fournir une première promotion de 120 jeunes Français et de jeunes Chinois. Les responsables d'ERAI Chine tablent sur une participation financière des autorités chinoises, mais sans certitude. De même, ils n'excluent pas de mettre à contribution l'institut Bocuse dont le restaurant, attenant à l'école, n'a pas désempli durant l'Expo. Il doit profiter de la mutation déjà à l'oeuvre de tout ce secteur du « Bund » qui se prépare à abriter des équipements culturels majeurs et à voir surgir les tours de bureaux et bientôt des milliers de cols blancs.
JOËL COSSARDEAUX
© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.
GDF Suez scelle son alliance avec China Investment Corp
La Tribune (France), no. 4841 - Industrie & services, mercredi 2 novembre 2011, p. 10
Le groupe tricolore compte renforcer sa présence en Asie-Pacifique grâce au fonds souverain chinois.
À l'heure où la Belgique remet en cause les ambitions nucléaires de GDF Suez (lire page 8), son PDG Gérard Mestrallet est parti se consoler hors d'Europe. « Cet accord fait de nous l'ami de la Chine », a-t-il lancé en signant lundi 31 octobre, à Pékin, l'accord cadre annoncé en août avec le fonds souverain chinois China Investment Corp (CIC). Le document prévoit une collaboration à la fois financière, industrielle et commerciale avec le fonds, qui s'est engagé à acquérir 30 % des activités exploration et production de GDF Suez pour 2,3 milliards d'euros dans le cadre d'une augmentation de capital.
L'accord prévoit aussi le rachat pour 600 millions d'euros par CIC des 10 % détenus par l'entreprise française d'une unité de l'usine de liquéfaction Atlantic LNG, située à Trinidad-et-Tobago. Un comité de direction présidé par Gérard Mestrallet et le président du fonds, Lou Jiwei, doit se réunir environ deux fois par an pour décider des investissements et projets potentiels entre les deux partenaires.
C'est la première fois que le fonds souverain chinois, responsable de placer une partie des réserves de changes de la Chine, s'engage ainsi avec une entreprise européenne. « Le fonds avait déjà investi dans plusieurs groupes énergétiques américains et il cherchait des investissements similaires en Europe », a expliqué à la presse Gérard Mestrallet, qui avoue être en contact avec Lou Jiwei depuis 2007.
Interêts multiples
Les intérêts d'un tel accord pour l'entreprise tricolore, qui mise sur une forte croissance de la consommation de gaz dans la région Asie-Pacifique, sont multiples. Il lui donne un accès privilégié aux entreprises chinoises qui cherchent désormais à s'exporter hors de Chine. Il permet également à GDF Suez de financer, avec l'aide de CIC ou des banques chinoises, son expansion dans la région, dans les domaines de l'exploration et de la production mais aussi de la vente et de la distribution. Le projet d'exploration de GDF Suez en Indonésie avec Eni, ainsi que le projet Bonaparte LNG en Australie qui prévoit la construction d'une usine de liquéfaction flottante, sont particulièrement visés.
Pour Gérard Mestrallet, cette alliance a déjà porté ses fruits. Il a conclu en août un accord avec la banque ICBC pour l'obtention de lignes de crédit, et signé mardi la vente d'un terminal de regazification flottant à CNOOC, pour un montant estimé à un peu plus de 250 millions de dollars. D'autres domaines de collaboration sont à l'étude l'étude entre les deux partenaires, que ce soit pour l'importation de gaz, la production d'électricité ou les services d'efficacité énergétique. Virginie Mangin, à Pékin
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Le groupe tricolore compte renforcer sa présence en Asie-Pacifique grâce au fonds souverain chinois.
À l'heure où la Belgique remet en cause les ambitions nucléaires de GDF Suez (lire page 8), son PDG Gérard Mestrallet est parti se consoler hors d'Europe. « Cet accord fait de nous l'ami de la Chine », a-t-il lancé en signant lundi 31 octobre, à Pékin, l'accord cadre annoncé en août avec le fonds souverain chinois China Investment Corp (CIC). Le document prévoit une collaboration à la fois financière, industrielle et commerciale avec le fonds, qui s'est engagé à acquérir 30 % des activités exploration et production de GDF Suez pour 2,3 milliards d'euros dans le cadre d'une augmentation de capital.
L'accord prévoit aussi le rachat pour 600 millions d'euros par CIC des 10 % détenus par l'entreprise française d'une unité de l'usine de liquéfaction Atlantic LNG, située à Trinidad-et-Tobago. Un comité de direction présidé par Gérard Mestrallet et le président du fonds, Lou Jiwei, doit se réunir environ deux fois par an pour décider des investissements et projets potentiels entre les deux partenaires.
C'est la première fois que le fonds souverain chinois, responsable de placer une partie des réserves de changes de la Chine, s'engage ainsi avec une entreprise européenne. « Le fonds avait déjà investi dans plusieurs groupes énergétiques américains et il cherchait des investissements similaires en Europe », a expliqué à la presse Gérard Mestrallet, qui avoue être en contact avec Lou Jiwei depuis 2007.
Interêts multiples
Les intérêts d'un tel accord pour l'entreprise tricolore, qui mise sur une forte croissance de la consommation de gaz dans la région Asie-Pacifique, sont multiples. Il lui donne un accès privilégié aux entreprises chinoises qui cherchent désormais à s'exporter hors de Chine. Il permet également à GDF Suez de financer, avec l'aide de CIC ou des banques chinoises, son expansion dans la région, dans les domaines de l'exploration et de la production mais aussi de la vente et de la distribution. Le projet d'exploration de GDF Suez en Indonésie avec Eni, ainsi que le projet Bonaparte LNG en Australie qui prévoit la construction d'une usine de liquéfaction flottante, sont particulièrement visés.
Pour Gérard Mestrallet, cette alliance a déjà porté ses fruits. Il a conclu en août un accord avec la banque ICBC pour l'obtention de lignes de crédit, et signé mardi la vente d'un terminal de regazification flottant à CNOOC, pour un montant estimé à un peu plus de 250 millions de dollars. D'autres domaines de collaboration sont à l'étude l'étude entre les deux partenaires, que ce soit pour l'importation de gaz, la production d'électricité ou les services d'efficacité énergétique. Virginie Mangin, à Pékin
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mardi 4 octobre 2011
Vincent Perrin : « Des technologies françaises intéressent la Chine »
Les Echos, no. 21030 - International, mardi 4 octobre 2011, p. 8
Vincent Perrin, Le directeur du bureau Ubifrance de Pékin
La Chine va-t-elle réellement augmenter son efficacité énergétique ?
J'ai eu la conviction que les choses changeaient, il y a un an, lorsque le maire de la ville de Wuxi (près de Shanghai) m'a spontanément parlé du bilan carbone de sa ville. Les officiels ne sont plus seulement évalués sur le PIB de leur territoire mais aussi sur l'efficacité énergétique de leurs industries. Et sur le terrain nous rencontrons des opérateurs qui savent très bien ce qu'ils veulent. Car la pénurie d'énergie devient un frein énorme à la poursuite du développement du pays. Mais cela traduit aussi un phénomène de ressenti des populations des grandes villes qu'il faut traiter politiquement.
Pékin a-t-il réellement l'intention de faire appel au savoir-faire étranger ?
Je crois que oui. Cela a été clair sur le plan politique lorsque la Commission nationale pour le développement et la réforme a demandé d'inclure un dialogue spécifique sur cette question dans le cadre du partenariat stratégique entre la France et la Chine. Pour les administrations chinoises, faire appel à l'expertise européenne, c'est se doter de moyens forts dans le dialogue avec les industriels. Les autorités que nous rencontrons veulent également changer les règles de gouvernance, afin notamment de mieux intégrer le calcul des coûts environnementaux. Or la France n'a pas seulement des bons ingénieurs : elle a aussi inventé les concessions de service public, qui, en faisant travailler ensemble le public et le privé, permettent à la population de bénéficier des technologies meilleures pour un prix acceptable.
Quel est l'objectif des rencontres professionnelles de France-Chine Ecocités ?
Nous pensons que la filière verte française pâtit de son manque de structuration. Les PME françaises ne sont pas assez souvent emmenées dans les bagages des grands groupes. Or, pour une PME, venir seule sur le marché chinois est coûteux. Il faut bien compter deux ou trois ans avant d'acquérir des références. Pourtant, la France regorge de petites sociétés extrêmement innovantes. Elles regardent souvent vers le Maghreb ou d'autres destinations proches alors que leur expertise pourrait intéresser fortement les Chinois. De l'éolien offshore aux couches minces de silicium, en passant par les instruments de mesure ultraprécis qui se développent autour de la faculté d'Orsay, la France a des technologies à vendre. Même si l'on fait l'hypothèse que 75 % du marché seront réservés aux entreprises chinoises, les 25 % restants devraient suffire à offrir de belles opportunités au savoir-faire made in France.
Propos recueillis par GABRIEL GRESILLON
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lundi 3 octobre 2011
Ecologie : la France compte saisir sa chance en Chine
Lorsque Wen Jiabao, le Premier ministre, a présenté les grandes lignes du douzième plan quinquennal (allant de 2011 à 2015), il était logique d'opposer un certain scepticisme à ses promesses concernant le développement d'une économie plus verte au regard de ce qui avait été promis dans le cadre du plan quinquennal précédent. Cette fois, il s'agit de diminuer l'intensité énergétique de 16 % et l'intensité carbone de 17 %. Ce qui implique de réorienter la croissance économique vers un modèle plus qualitatif et moins intensif : le PIB est censé croître, en moyenne, de 7 % par an.
Six mois plus tard, la mue est peut-être en train de s'amorcer. L'assagissement de la croissance économique est en cours, même si l'objectif des 7 % semble encore hors d'atteinte. En matière énergétique, la Chine a lancé un vaste chantier pour diminuer la déperdition d'énergie sur son réseau électrique. Devant la perspective d'un doublement de la demande de courant entre 2010 et 2020, elle met les bouchées doubles pour développer des technologies de « réseau intelligent », et prévoit d'investir sur cinq ans l'équivalent de 270 milliards d'euros dans ce seul secteur. Ce qui fait aujourd'hui du marché chinois le nouveau centre du monde pour tous les industriels de ce qu'on appelle le « smart grid ».
Wen Jiabao vient par ailleurs d'effectuer des déclarations pour mettre la pression sur les gouvernements locaux, afin que ceux-ci convertissent réellement en actes les lignes stratégiques décidées par Pékin. Sur le terrain, les industriels qui rencontrent des fonctionnaires locaux sont unanimes : le message est en train de passer. Chaque commission pour le développement et la réforme locale se voit fixer des objectifs propres, déclinaisons du plan national. Et l'avancement de carrière des fonctionnaires chinois tient désormais compte de leur politique environnementale.
Opportunité
Dans ce contexte, la France compte bien pousser ses pions. Dans la production ou l'acheminement d'énergie, le traitement de l'eau ou des déchets, ses grands groupes se positionnent. A l'image d'Alstom, qui vient d'annoncer un partenariat avec le groupe chinois Datang pour développer, sur deux sites dans le nord du pays, des technologies de capture et de stockage du dioxyde de carbone. Chacun devra récupérer un million de tonnes métriques de gaz carbonique par an. Quant aux PME, elles devraient également pouvoir saisir cette opportunité. C'est en tout cas le pari que fait Ubifrance, en organisant pour elles, début décembre, des rencontres d'affaires dans trois villes chinoises (Shenyang, Chongqing et Chengdu). En espérant créer un effet d'entraînement dans toute la filière.
Gabriel Grésillon
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vendredi 30 septembre 2011
Dette, ce que Sarkozy n'ose pas faire - Patrick Bonazza
Tabou. Inventaire des mesures qui fâchent et dont l'Elysée, comme l'opposition, évite de parler.
Mais où est passé le Nicolas Sarkozy qui, en septembre 2008, prononçait à Toulon un discours lyrique sur la moralisation de la finance ? Le Sarkozy qui bousculait Angela Merkel et ses partenaires de l'Europe pour trouver une parade à la grande crise bancaire ? Ou encore celui qui menaçait de quitter le G20 de Londres pour impressionner Obama ? Aujourd'hui, c'est plutôt silence radio. La crise, en dégénérant, est devenue plus profonde, plus complexe et multiforme. Les belles paroles n'ont plus cours.
A sept mois de l'élection présidentielle, les nuages épais et noirs qui planent au-dessus de l'Europe ne partiront pas comme par enchantement. Chaque pays, et pas seulement la Grèce, lutte pour sa survie.« L'Allemagne, dit un haut fonctionnaire bruxellois,veut être convaincue qu'elle ne sera pas seule à payer. Elle s'inquiète pour la France », qui se trouve, comme l'écrivent Jean Peyrelevade et Pierre-Antoine Delhommais, dans un « état critique »(1). Pour François de Closets et Irène Inchauspé, la France est face à l'« échéance »(2) : « Nous allons vivre des années de guerre économique, au mieux conventionnelle, au pire nucléaire. » Trente-sept ans de dérive des finances publiques ont miné le pays.
Ce n'est pas un hasard si les banques françaises sont prises sous la mitraille de la spéculation. Dans ce climat exécrable, que valent les promesses des candidats ? Droite et gauche, en effet, n'auront pas le loisir de distribuer d'improbables cadeaux. Comme l'écrivent les Gracques (3), ce collectif d'hommes de gauche, on « ne promettra pas à la légère la présidence du pouvoir d'achat ». Il va falloir, cette fois, rentrer dans le dur.« Sarkozy a des arguments de campagne tout trouvés, confie un visiteur de l'Elysée.Il doit jouer les Churchill, promettre du sang et des larmes. » D'ici à la présidentielle,« ça va être une boucherie », dit un cacique socialiste qui se console en pestant : « Si Sarkozy n'avait pas autant baissé les impôts, nous n'en serions pas là. »
Il n'empêche, on en est là ! La France a le plus mauvais triple A de la zone euro (5,7 % du PIB de déficit public cette année). La seule grande réforme réalisée durant le mandat de Nicolas Sarkozy est celle des retraites. Mais comme le rappelait récemment le Premier ministre, François Fillon, en prenant l'Allemagne pour référence, elle n'est pas achevée. A l'horizon 2020, la Cour des comptes estime que le déficit du régime vieillesse s'élèvera à 12 milliards d'euros. Il faudra aller plus loin ! En réalité, jusqu'ici, les Français n'ont rien vu. Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, pourquoi pas ? Cela ne concerne que les fonctionnaires d'Etat et nullement ceux des collectivités, dont le nombre ne cesse de croître. Etudier chaque administration à la loupe pour voir où l'on peut faire des économies (la fameuse RGPP), c'est un travail de fourmi, souvent pertinent (on l'a vu pour la carte judiciaire), mais qui tarde à donner des résultats. Quant au plan de 11 milliards d'euros que le gouvernement vient de faire passer, c'est une toute petite tentative. La Cour des comptes estime que, pour stopper la spirale de l'endettement, il faudra trouver 20 milliards d'euros par an pendant cinq ans ! Avec le dernier plan Fillon, on est loin du compte.
Chiche ? Pas grave, laisse-t-on entendre à Bercy,« on en a sous la pédale ». Il suffit de taper dans les niches, aberrantes ristournes, dont on se demande bien pourquoi on les a accordées. 60, 70 milliards. Un rêve pour tout ministre du Budget. Alors, chiche, on les supprime ? Pas si simple. Prenons les 12 milliards d'allégements de charges liés aux 35 heures. Il serait temps d'arrêter de payer pour elles. Mais les entreprises, elles, y trouvent leur compte, et gommer les allégements plomberait le coût du travail. Les niches sur les DOM-TOM (3,5 milliards) ? Sur le terrain, à la Martinique, à La Réunion ou ailleurs, elles sont sources de véritables gâchis. Mais les supprimer mettrait les îles à feu et à sang. Sauf à les remplacer par des subventions. Mais tel n'est pas le but de l'opération. Où seraient alors les économies recherchées ? En cherchant bien, c'est sûr, on trouvera de quoi gratter. Dans les services à domicile, les abattements sur les grosses retraites, le taux (trop ?) réduit de TVA sur la restauration ou même la niche bénéficiant aux journalistes. On peut encore transférer certaines charges qui pèsent sur les entreprises (on évoque les allocations familiales) vers une TVA sociale pour redonner du nerf à l'industrie française. C'est tentant : 1 point de TVA, cela rapporte entre 6 et 8 milliards. Mais attention aux illusions ! Le gisement des niches n'est pas aussi prometteur qu'il y paraît.« La France,écrit Peyrelevade,n'a pas de trésor caché. » Les supprimer revient ni plus ni moins à augmenter les prélèvements. Ce qui n'est pas forcément une bonne idée.
Viser les dépenses publiques. Déjà, la France, de tous les grands pays industrialisés, est celui qui prélève le plus d'impôts et de charges (49,3 % du PIB quand l'Allemagne est à 42,5 %). Rien n'empêche, bien au contraire, de redéployer les recettes pour des motifs de justice et d'efficacité, mais les augmenter globalement... Suède, Finlande, Danemark, Canada, voire Allemagne, tous les pays qui ont réussi un rétablissement massif de leurs finances publiques l'ont fait non pas en augmentant leurs recettes (sauf à la marge), mais en taillant dans les dépenses. Plus que jamais, il faut réduire les frais généraux de la maison France.
Et, dans ce domaine, la France part de très haut. Là encore, de tous les grands pays industrialisés, c'est celui dont les dépenses publiques (59,6 % du PIB) sont les plus élevées. S'attaquer à la montagne de la dette publique (84,7 % du PIB, cette année) n'est pas une mince affaire. Car réduire les dépenses n'est pas un simple exercice mathématique. Cela passe par des réformes. A commencer par celle de l'Etat et des collectivités locales : 27 régions, 101 départements, 2 400 communautés de communes, 16 communautés urbaines et 174 communautés d'agglomération, sans compter nos 36 000 communes, record mondial battu ! La France est suradministrée.« L'empilement des niveaux de collectivités locales provoque l'enchevêtrement des compétences et favorise donc le gaspillage », explique la commission Attali, qui avait suggéré de supprimer le département et de regrouper les communes au niveau de la communauté urbaine ou du canton (ce qui en supprimerait presque 90 %). Solutions vite écartées par l'Elysée. Qui oserait affronter les 500 000 élus français ? Enlever quelques couches au mille-feuille administratif permettrait pourtant, à service égal, de gagner des milliards d'euros.
Arsenal suédois. Mais, pour se lancer dans pareille opération, il faut désarmer les syndicats et savoir résister aux « guérilleros » portant l'écharpe tricolore... Car, au bout des réformes, il y a forcément une réduction du nombre de fonctionnaires.
Le Canada a diminué ses effectifs publics de 15 % en quatre ans. Ça fait mal. La Suède a eu recours à un arsenal très riche pour reprendre le contrôle de son administration : création d'agences autonomes, alignement du statut des fonctionnaires sur le privé, plafonds de dépenses, gestion au résultat... Mais, en Suède, il n'y a qu'un seul syndicat et les consensus sont possibles. Appliquée à la France, la méthode provoquerait un Fukushima politique. Sans compter qu'il faudra dans la foulée s'attaquer à la Sécurité sociale (ce sont les dépenses qui croissent le plus vite), ce qui signifie soigner les hôpitaux publics qui absorbent le gros du coût de l'assurance-maladie. L'une des pistes consiste à renforcer l'autonomie des établissements, à laisser à leurs patrons la responsabilité d'embaucher, de licencier, etc. Les gains peuvent se compter en milliards, mais il faudra des années et endurer de longs défilés de blouses blanches... En attendant, la Sécu collectionne des déficits accablants (40 milliards d'euros ces deux dernières années) sans que personne s'en émeuve.
Arrêter la course folle. Ne pas devenir une grande Grèce. La France, qui prétend sauver l'euro, n'a d'autre choix que de donner l'exemple. Sinon, le futur président pris à la gorge comme un Georges Papandréou ou comme un José Luis Zapatero devra tailler dans le vif, improviser, en baissant le niveau des retraites, le traitement des fonctionnaires, en diminuant les allocations, en augmentant la TVA, en privatisant à la va-vite... Le pire, c'est qu'assainir les finances publiques ne sert à rien si, dans le même temps, on ne rétablit pas la compétitivité de l'industrie. Cela passe par une autre grande réforme, celle de la fiscalité. Comment l'éviter ? Depuis dix ans, le commerce extérieur de la Francen'a cessé de se dégrader (75 milliards d'euros de déficit cette année, un record). Bonne chance, Monsieur le (futur) président !.
1. « France, état critique » (Plon, 18 E).
2. « L'échéance » (Fayard, 20,90 E). 3. « Ce qui ne peut plus durer » (Albin Michel, 19 E).
Et s'il fallait (encore) sauver les banques ?
Mélanie Delattre
Pas de files de déposants paniqués devant les agences, pas de problème de liquidités, des fonds propres solides... En principe, les banques ne devraient pas être un sujet d'inquiétude pour le chef de l'Etat. Et pourtant, le sujet est suivi de très près par le gouvernement, inquiet de voir les plus beaux fleurons tricolores attaqués sur les marchés. D'après le JDD, une réunion de crise aurait eu lieu le 11 septembre à Bercy. Au menu de ce discret entretien réunissant, selon le quotidien du dimanche, le directeur du Trésor, Ramon Fernandez, et les dirigeants des cinq grandes banques françaises : une possible intervention de l'Etat en leur faveur sur le modèle de ce qui s'était fait en 2008. Avec, cette fois, une force de frappe prévue de 10 ou 15 milliards d'euros, contre 40 milliards en 2008.« Nous n'avons jamais évoqué l'idée d'un renflouement », se défend l'un des patrons de banque concernés, qui précise que de telles rencontres avec les autorités ont lieu régulièrement sans que cela signifie que de grands projets soient en cours. Pour lui,« le problème de la France n'est pas bancaire, c'est celui des doutes sur la dette souveraine. On souffre de la réputation de l'Etat ». En clair, les banques françaises sont en bon état, mais elles paient l'incapacité des Européens à se mettre d'accord sur le problème grec, ce qui alimente la méfiance et la spéculation. Mais alors, pourquoi cette déclaration de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, indiquant qu'il a demandé aux banques d'accélérer le mouvement de renforcement de leurs fonds propres par rapport au calendrier prévu ? Le matelas de sécurité sur lequel elles sont assises est-il trop mince ?« Alors que les banques ont eu l'occasion de mettre de côté pour les jours difficiles à la fin d'un exercice 2010 plutôt prospère, elles ont préféré distribuer des dividendes à leurs actionnaires », rappelle un spécialiste. Une autre pierre dans le jardin du président, qui, en 2009, s'était engagé à« moraliser le capitalisme »
Chiffres clès
2,5 % du PIB
C'est le déficit primaire du budget de la France. Ce qui signifie, pour les non-initiés, que même sans avoir servi les intérêts de sa dette, le budget est dans le rouge. Et qu'il faut donc emprunter à nouveau.
36 %
C'est l'augmentation du nombre de fonctionnaires depuis 1980, bien plus rapide que celle du nombre d'administrés (18 %).
20 milliards d'euros
C'est, selon une mission parlementaire, le coût de la fraude sociale. Peut-être exagéré, mais la Sécu ne se préoccupe de ce problème que depuis trois ou quatre ans
4,2 points
C'est la perte de parts de marché (13,5 % aujourd'hui) de la France au cours de la dernière décennie.
31 milliards d'euros
C'est la perte qu'encourrait le Trésor français si la Grèce venait à faire défaut.
18,2 milliards d'euros
C'est le déficit des comptes de la Sécurité sociale prévu pour 2011, dont 9,6 milliards pour la branche maladie et 6 milliards pour la vieillesse.
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jeudi 29 septembre 2011
La Cité interdite au Louvre, un financement 100 % privé
Les Echos, no. 21027 - Services, jeudi 29 septembre 2011, p. 28
L'exposition qui s'ouvre aujourd'hui s'inscrit dans le cadre d'une vaste coopération engagée entre la Cité interdite et le Louvre.
L'exposition « La Cité interdite au Louvre - Empereurs de Chine et rois de France », qui ouvre ses portes aujourd'hui, constitue un événement autant diplomatique que culturel et économique. C'est grâce à la coopération engagée entre le Louvre et la Cité interdite que ces 130 oeuvres prêtées par Pékin sont présentées à Paris.
Même si l'art asiatique est la spécialité du musée Guimet, le Louvre ne pouvait faire l'impasse sur un pays qui recèle un énorme potentiel de touristes, même si, pour l'instant, les Chinois ne représentent que 4 % des visiteurs. En outre, « le musée, qui a déjà des donateurs américains, japonais, moyen-orientaux, espère développer le mécénat des Chinois », avance Christophe Monin, chef du service mécénat.
Le Louvre et la Cité interdite ont conclu un accord comprenant un échange d'expertise et l'organisation d'expositions : Napoléon a ainsi fait son entrée à Pékin il y a trois ans. Le coût de cette manifestation avait été pris en charge par le gouvernement chinois, contrairement à l'exposition proposée au Louvre, financée à 100 % par le privé. Un pari osé, tant le temps nécessaire à la conception d'un tel événement (trois ans) n'a rien à voir avec celui de la recherche de mécènes, lesquels se décident trois à six mois avant l'inauguration. « Le budget s'élève à 1,8 million d'euros, dont 1,2 million financés par des entreprises françaises et le reste par des firmes chinoises. La Chine n'avait pas jusqu'ici de tradition de mécénat », poursuit Christophe Monin.
Fondation culturelle chinoise
Lundi dernier, à l'occasion du vernissage, c'est au Louvre qu'a été annoncée la création de la Fondation de la conservation de l'héritage de la Cité interdite, en présence d'acteurs économiques. « Nous sommes venus observer la Société des amis du Louvre car nous n'avons pas de fondation culturelle en Chine », précisent Wang Jie, patron d'Artron Enterprises, consortium opérant dans la culture, et Chen Dongsheng, fondateur de l'assureur Taikang et de la maison de vente aux enchères Guardian.
Parmi les autres mécènes chinois figurent notamment Air China, Fosun (actionnaire du Club Med) et Haier (constructeur d'appareils électroménagers). Côté français, outre Louis Vuitton et le cabinet Gide Loyrette Nouel, le gros contributeur n'est autre que Schneider Electric.
« La Chine est notre second marché et même le premier par le nombre de nos collaborateurs, soit 10.000 personnes. Il était donc naturel de soutenir cet événement », commente Jean-Pascal Tricoire, président du directoire. Celui qui préside aussi le Comité France-Chine n'a donc pas eu à se faire prier par l'ambassadeur de Chine en France, qui avait appuyé la demande du Louvre.
MARTINE ROBERT
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mardi 27 septembre 2011
L'aéronautique française exporte ses formations en Chine
Un institut, sur le modèle des écoles françaises d'ingénieurs, vient d'être inauguré à Tianjin. Un soutien-clé pour les industriels du secteur.
Des carnets de commandes pleins à craquer, des cadences de production revues à la hausse, des perspectives prometteuses dans le monde entier : jamais l'industrie aéronautique n'avait connu période aussi faste. C'est dans ce contexte qu'il faut restituer l'inauguration, il y a dix jours, à Tianjin, près de Pékin, de l'Institut sino-européen d'ingénierie de l'aviation (SIAE). Pour vendre des avions, il faut en effet disposer d'un environnement adapté et de compétences de haut niveau - pour le pilotage, la gestion des aéroports, la navigation, la maintenance, les liaisons air-sol... Autant de profils qui font cruellement défaut en Chine et que vise à former le SIAE. Installé sur le campus de l'université aéronautique de Tianjin (Cauc), l'institut associe 3 écoles françaises : l'Ecole nationale de l'aviation civile (Enac), l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (Isae), issu de la fusion de Sup'aéro et de l'Ensica, et l'Ecole nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique (Ensma) de Poitiers. Il dispose d'un bâtiment flambant neuf de 5 étages et 13.000 m2, aux normes environnementales les plus récentes.
Particularité du SIAE, son cursus est entièrement en français, calqué sur le modèle hexagonal d'école d'ingénieurs : deux années de classes préparatoires et trois de « cycle ingénieur », le tout précédé par une année de formation à la langue française et complété par des stages en entreprise. C'est d'ailleurs la troisième école de ce type dans le pays, après Centrale-Pékin et l'Institut franco-chinois de l'énergie nucléaire (Ifcen), inauguré récemment par François Fillon.
Les industriels impliqués
Lancé en 2007, l'institut accueille 100 élèves par promotion - la première sortira en 2013. La partie française assure 43 % du budget de fonctionnement, la Chine fournissant le reste. Les industriels (EADS, Safran, Thales...) apportent leur soutien, ainsi que la Direction générale de l'aviation civile et le ministère de l'Enseignement supérieur (plus de détails sur le montage financier sur ). Les élèves ne paient que les frais de scolarité chinois - autour de 600 euros par an. La moitié des cours est assurée par des professeurs venus de France. En parallèle, des enseignants chinois viennent se former dans l'Hexagone sur un semestre. Pour les diplômés, les débouchés ne devraient pas manquer, tant chez les industriels locaux (compagnies aériennes, constructeurs...) qu'au sein de firmes françaises présentes en Chine. Pour Safran par exemple, qui doit fournir en moteurs le futur C919 chinois (l'équivalent de l'Airbus A320 Neo), il s'agit d'un enjeu majeur. La partie est plus délicate pour Airbus, qui a installé une usine de montage d'A320 à Tianjin mais voit surgir un concurrent redoutable dans le pays.
« C'est une opération exemplaire, estime pour sa part Thierry Mariani, le ministre des Transports, présent à Tianjin pour l'occasion. Elle procure un soutien important à la filière aéronautique hexagonale et permet de former des cadres chinois francophones et, je l'espère, francophiles. Quant à son coût, il n'est pas énorme, rapporté aux enjeux. » Thierry Mariani plaide d'ailleurs pour une prolongation de l'accord actuel, portant sur la période 2007-2013, pour cinq années supplémentaires.
Vitrine pour les Chinois
En outre, le SIAE pourrait prendre de la carrure. Ses promotions pourraient passer à 150 étudiants. Et deux nouvelles options de troisième année devraient s'ajouter aux deux déjà existantes. « Les Chinois voient dans l'institut une vitrine susceptible de renforcer l'attractivité de l'université de Tianjin », note Michel Martin, ancien directeur de l'école.
L'Enac, en tout cas, compte bien transformer l'essai. « Nous allons faire du SIAE un modèle d'excellence pour la Chine - quitte à proposer certaines formations en version trilingue », indique Marc Houala, le directeur de l'Enac. Dans la foulée, l'école entend mettre sur pied une série de programmes répondant aux besoins de la partie chinoise. L'Enac a ainsi répondu à un appel d'offres européen, toujours avec la Cauc de Tianjin, pour monter deux mastères spécialisés en gestion du trafic (ATM) et aéroports, pour une quarantaine d'étudiants chacun. Avec l'université de Tsinghua, l'une des plus cotées de Chine, l'Enac prévoit aussi de lancer deux autres mastères (transport aérien et management aéroportuaire), ainsi qu'un « executive MBA » dédié à l'aéronautique. Des programmes qui seront financés cette fois par les droits de scolarité.
Ce n'est pas tout. L'Enac possède dans ses cartons une série d'autres projets, plus ou moins aboutis. « Nous avons en Chine un vrai champ d'exploration, souligne Marc Houala. Dans quelques années, nous aurons peut-être autant d'étudiants chinois que de français. » L'Enac pourrait ainsi former des contrôleurs de navigation, sur le modèle européen, et même des pilotes. L'ensemble de ces projets représente environ 4 millions d'euros par an, qui seraient financés par la Cauc et l'UE. L'Enac, qui compte quelque 1.800 élèves, pourrait ainsi accroître sensiblement ses effectifs. Et s'imposer comme un acteur incontournable à l'échelle internationale.
JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI
PHOTO - French Secretary of State for Transport for the Minister of Ecology, Sustainable development, Transport and Housing Thierry Mariani (C) cuts ribbon as Cambodian Deputy Prime Minister Sok An (C-R) looks on during the ceremonial welcome for the inaugural flight Paris to Phnom Penh International Airport on March 31, 2011. Air France resumed flights between Paris and Phnom Penh after 36 years. Air France started flying to Cambodia in 1947 and stopped in 1974.
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Li-Ning, le « Nike » chinois, veut s'implanter en France - Ivan Letessier
La marque vient de débaucher un dirigeant de son concurrent pour débuter dans l'Hexagone.
Une nouvelle marque de chaussures et vêtements de sport s'apprête à débarquer en France en provenance de Chine.
À la différence de ses principaux concurrents (Nike, Adidas et Puma), fabriqués là-bas mais conçus aux États-Unis et en Allemagne, Li-Ning est une authentique marque chinoise. Fondée en 1990 par Li Ning, un gymnaste chinois qui a remporté six médailles aux JO de Los Angeles en 1984, elle se veut le « Nike » chinois. Son logo semble nettement inspiré du « swoosh », l'emblème du leader mondial. Coté à la Bourse de Hongkong depuis 2004, Li-Ning, qui a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires proche d'1 milliard d'euros, a signé en janvier un accord avec le finlandais L-Fashion Group. Ce dernier concevra des collections Li-Ning spécifiques pour l'Europe et les y distribuera. Selon fashionmag.com, L-Fashion vient de débaucher le directeur national des ventes de Nike France, Alexandre Rolland, afin de lui confier ce projet pour l'Hexagone. Ouverture d'un flagship, présence de corners dans des distributeurs multimarques ou des boutiques branchées, la stratégie reste secrète. La commercialisation débutera au printemps 2012.
Ce n'est pas la première fois que le chinois, qui réalise 98 % de ses ventes dans l'empire du Milieu, où il compte 8 000 magasins, marche sur les plates-bandes du leader mondial. En 2007, il a ouvert un laboratoire de recherche aux États-Unis, à Portland (Oregon), berceau de Nike. Outre-Atlantique, il est distribué chez Champs Sports et Eastbay (groupe Foot Locker).
Sponsor de Shaquille O'Neal
Si les Chinois n'ont pas encore imposé de marques de luxe, ils ont réussi dans les vêtements de sports, avec Anta et surtout Li-Ning. Cette dernière a bénéficié d'un coup de pouce lors des JO de Pékin. Président et détenteur de 30 % du capital du groupe, Li Ning a été le dernier porteur de la flamme olympique lors de la cérémonie d'ouverture.
Le groupe, par ailleurs franchisé d'Aigle et Lotto en Chine, a connu alors son apogée. Depuis, victime de sa croissance rapide et de ses hausses de prix, il a du mal à écouler ses stocks. Du coup, ses ventes en Chine augmentent moins vite que celles de Nike et ont même baissé depuis janvier.
D'où le besoin de s'internationaliser et d'aller se battre contre ses concurrents occidentaux sur leurs terrains de jeux traditionnels. Comme eux, Li-Ning sous-traite sa production en Chine et se concentre sur la conception et la commercialisation. Comme eux, il embauche des stars de l'athlétisme (Asafa Powell), du basket (Shaquille O'Neal) et du tennis (Ivan Ljubicic) pour faire sa promo. Mais face à un géant comme Nike, dont les ventes dépassent les 20 milliards de dollars, les capacités d'investissement publicitaires sont encore faibles.
PHOTO - NEW YORK, NY - SEPTEMBER 13: Yoga enthusiast wear the latest in fashions at the Vivienne Tam & Li Ning Spring 2012 presentation during Mercedes Benz Fashion Week at Barclays Capital Grove - Lincoln Center on September 13, 2011 in New York City.
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vendredi 23 septembre 2011
Le ministre François Baroin fait la tournée des banques américaines à Wall Street
Il y a le programme officiel, l'initiative de Nicolas Sarkozy pour la paix au Proche-Orient et la rencontre bilatérale avec Barack Obama, mercredi 21 septembre. Et puis l'agenda caché, le seul décisif, celui qui vise à sauver l'euro.
Ainsi, le ministre des finances, François Baroin, a fait discrètement mardi la tournée des banques et des fonds d'investissement américains à New York. Il a expliqué aux groupes Blackstone, Morgan Stanley, Citigroup et autre Citadel la stratégie de la France pour sauver la Grèce et l'euro, et tenté de rassurer sur la santé des banques françaises.
Bref, une tournée de Wall Street pour corriger l'effet désastreux laissé par son prédécesseur, Christine Lagarde, nommée entre-temps directrice générale du FMI, et qui a appelé à recapitaliser les banques européennes, jetant la suspicion sur les banques françaises. Pas tellement à tort, puisqu'elles avaient des problèmes de liquidités, notamment en dollars, en passe, selon l'Elysée, d'être résolus, et qu'elles vont renforcer leurs fonds propres plus rapidement que ne l'exigent les règles de Bâle III censées entrer en vigueur d'ici à 2019.
L'affaire était si sérieuse que Xavier Musca, le secrétaire général de l'Elysée et ordonnateur du sauvetage de l'euro, avait lui aussi traversé l'Atlantique pour trente-six heures. Mercredi matin, il rencontrait avec M. Baroin la presse économique américaine au cours d'un petit déjeuner. Ils ont ensuite participé à la réunion entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, en présence de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain.
L'euro était aussi au menu. Devant les drapeaux américain et français - exceptionnellement, celui de l'Europe n'était pas dressé -, les deux dirigeants ont évoqué le sauvetage de la Grèce et le vote décisif du Bundestag allemand, le 29 septembre. M. Sarkozy veut éviter une défaillance de la Grèce, M. Obama une contagion si telle devait être l'issue de la crise. Tout peut arriver, alors que le monde traverse une crise jugée gravissime.
Dans ce contexte, les deux dirigeants ont évoqué le G20, qui réunira début novembre les principaux dirigeants de la planète. Mais l'échéance semble bien lointaine. Le leitmotiv de la réunion doit être la croissance mondiale, a expliqué M. Sarkozy. La croissance, mais pas la relance. Certes, le président a salué le plan de 447 milliards de dollars (330 milliards d'euros) de son homologue pour relancer l'économie. Mais ce qui est bon pour l'Amérique ne l'est pas pour le monde. Il est hors de question de se lancer dans une relance keynésienne de l'économie comme l'avait décidé le G20 de Washington, en novembre 2008, poussé par Nicolas Sarkozy, George Bush, le FMI de Dominique Strauss-Kahn et contre l'avis de l'Allemagne. Les Etats n'en ont plus les moyens.
" Nous ne pensons pas que nous sommes confrontés au risque d'une récession, a expliqué l'Elysée. Donc nous ne pensons pas qu'il faut mettre en place des politiques de relance, d'autant moins que la situation budgétaire et la situation de la dette des pays développés sont extrêmement fragiles. " L'idée est de rester sur une ligne de crête, entre consolidation budgétaire et volonté de ne pas casser la croissance... ni le moral des électeurs à quelques mois des élections, en France et aux Etats-Unis.
Dans ce contexte, à la veille d'une réunion des ministres des finances du G20, rien de plus pratique que d'en appeler aux émergents, dont la Chine, invités à augmenter leur consommation intérieure et leurs importations. M. Sarkozy a réitéré son souhait de voir le yuan devenir convertible, mais on est bien loin des propos du président qui voulait, il y a un an, refonder le système monétaire mondial, proposer un nouveau Bretton Woods sous sa présidence du G20. L'urgence est ailleurs. Il faut sauver l'euro.
Arnaud Leparmentier
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jeudi 22 septembre 2011
Bank of China s'inquiète du climat bancaire français - Virginie Mangin
La banque chinoise a stoppé plusieurs opérations avec trois banques françaises.
La dégradation de la note des banques françaises la semaine dernière a eu des répercussions jusqu'en Chine. Mardi, Bank of China, une des quatre grandes banques chinoises et important teneur de marché sur les devises en Chine continentale, a interrompu ses contrats à terme sur les changes (forward) et les swaps de changes avec plusieurs banques européennes dont BNP Paribas, le Crédit Agricole, La Société Générale et l'UBS. Il n'est pas sûr, à ce stade, que d'autres banques aient été touchées.
L'information, d'abord publiée dans un journal chinois, a été confirmée à " La Tribune " par une source proche du dossier. L'initiative de Bank of China aurait été isolée et serait intervenue suite à la dégradation des notes du Crédit Agricole et de la Société Générale par l'agence Moody's. La source confirme que les régulateurs -- le CBRC et la Banque centrale -- ne sont en aucun cas derrière l'initiative. Mais selon l'agence Reuters, une autre banque chinoise, non identifiée, aurait aussi indiqué avoir interrompu ses transactions de swap avec plusieurs banques européennes.
En 2008, suite à la faillite de Lehman Brothers, la Banque centrale avait effectivement ordonné l'arrêt du refinancement des banques françaises en Chine ce qui avait largement gêné leurs activités à l'époque.
Pour l'instant l'initiative ne porte que sur certains produits dérivés et sur les contrats à termes. Les lignes de crédit sont utilisées pour financer le besoin des banques étrangères en Chine pour les opérations de changes et pour les swaps de taux d'intérêt.
Aucunes données publiques n'existent sur les volumes que représentent ces transactions, mais selon les analystes, il est peu probable que les opérations des banques soient affectées. La Bank of China n'est qu'un acteur mineur sur les marchés financiers internationaux et les banques françaises n'auront sans doute pas de difficulté à se financer auprès d'autres acteurs en Chine.
Contactées hier par " La Tribune ", aucune des banques concernées n'a souhaité réagir.
(c) 2011 La Tribune. Tous droits réservés.
CONTREFAÇON - Des fausses huîtres Gillardeau en Chine - Agnès Marroncle
C'est l'une des marques les plus prestigieuses du bassin de Marennes-Oléron en Charente-Maritime. Produite à Bourcefranc, la Gillardeau est une huître spéciale de claire qui fait saliver tous les amateurs. En France, mais visiblement en Chine aussi.
Sur ce marché d'exportation que l'entreprise s'efforce de pénétrer depuis deux ans, des bourriches frappées du logo Gillardeau se sont révélées pleines de mollusques indignes du nom, selon Laurent Vedrenne, directeur du site de production à Bourcefranc. «À l'occasion d'un voyage en Chine, nous nous sommes aperçus qu'il y avait contrefaçon. Ces bourriches étaient bien comme les nôtres, mais pas leur contenu. Nos huîtres, nous les connaissons parfaitement! La couleur, la forme de la coquille... Nous sommes capables de dire de quel site de production vient tel ou tel lot. Là, il s'agissait de produits de moins bonne qualité, d'Australie ou d'on ne sait trop où.»
Atteinte à l'image
Les poissonniers chinois commercialisant la Gillardeau n'étant pas encore légion, la famille est parvenue à remonter jusqu'au client indélicat qui s'autorisait cette usurpation d'identité pour vendre ses coquillages. «Nous ne travaillerons plus avec lui.»
Produisant environ 2 000 tonnes d'huîtres chaque année, Gillardeau est l'une des entreprises ostréicoles les plus importantes du bassin de Marennes-Oléron. Elle travaille à 45% à l'exportation, majoritairement en Europe: Espagne, Italie, Pays-Bas, Russie. Son commerce avec la Chine ne représente qu'un petit pourcentage. «Mais l'incidence de la contrefaçon n'est pas tant un préjudice économique qu'une atteinte à notre image, estime Laurent Vedrenne. Ici comme ailleurs, nous ne voulons pas que des gens soient déçus en croyant consommer des Gillardeau qui n'en sont pas.»
La contrefaçon n'est en rien une spécialité chinoise. En France aussi, la société est confrontée régulièrement à ce genre de situation. «Nous faisons faire des constats d'huissier et s'il le faut, ça se termine au tribunal.»
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mercredi 7 septembre 2011
Un Chinois rachète une partie du port du Havre - Jean-Yves Guérin
Sa PME, installée en France, va créer un centre d'import-export avec la Chine.
Pour l'instant, c'est une zone sans âme avec des entrepôts désespérément vides. Demain, ces 14 hectares reprendront vie ; les bâtiments seront réhabilités et cette partie du port du Havre deviendra un centre d'import-export avec la Chine, principalement pour les produits de la maison (meubles, sanitaires...). La première tranche, qui compte 40 000 m² d'entrepôts, ouvrira mi-2013. La deuxième un an plus tard. Avec des surfaces équivalentes. Un compromis de vente a été signé en mai, et la vente devrait être définitive en octobre.
« En tout, nous investirons 22 millions d'euros dans cette opération ; 8 millions pour acheter le terrain et les entrepôts, 14 millions pour rénover le tout », explique Hsueh Sheng Wang, le PDG d'Eurasia, qui est à l'initiative du projet. Cette PME, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros pour un résultat net de 1,5 million l'année dernière, a beau être cotée sur Alternext, sa notoriété est très faible. On peut donc s'étonner qu'elle ait été retenue pour transformer une zone non négligeable du cinquième port européen. « Au terme de l'appel d'offres que nous avions lancé, nous avions des propositions de grands noms, comme BNP Paribas Real Estate ou AMB, le numéro deux mondial de la logistique, reconnaît Gérard Mercher, directeur général de Le Havre développement. Mais la proposition d'Eurasia centré sur la Chine nous a davantage séduits. » En fait, au port du Havre, presqu'un tiers du trafic se fait déjà avec l'empire du Milieu. Et cette nouvelle plate-forme pourrait permettre de rafler des parts de marché au port d'Anvers très bien positionné sur le commerce de meubles avec la Chine.
Une ascension continue
Et puis, si Hsueh Sheng Wang est un entrepreneur discret, son histoire, digne d'un roman, inspire plutôt confiance. Arrivé en France à 13 ans, ce Chinois n'en finit pas de développer des entreprises de plus en plus grosses : un restaurant chinois d'abord, un atelier de confection ensuite, des solderies dans le nord de la France... « Nous avons pu nous développer grâce au soutien financier de ma famille restée à Wenzhou qui a des usines en Chine », souligne M. Wang.
Aujourd'hui, Eurasia gère 300 000 m² d'entrepôts en région parisienne. Et le groupe a une idée précise de ce qu'il veut faire au Havre. « Canapés, chaises, armoires, lavabos, douches... Les acheteurs des grandes enseignes trouveront tout sur place, ce qui leur permettra de gagner du temps », explique M. Wang. Côté fabricants, certains sont déjà prêts à louer des showrooms. 30 % de surfaces seraient déjà préréservées. Ainsi, Jiamei, « l'Ikea chinois », a donné son accord pour s'implanter ici.
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mardi 6 septembre 2011
Ces groupes dont le coeur bat désormais en Asie - Laurence Bollack
Schneider et PSA installent en Chine une partie de leurs dirigeants, Prada et L'Occitane choisissent Hong Kong pour entrer en Bourse... L'essor de l'Asie amène de plus en plus d'entreprises à revoir leur organisation pour bénéficier au maximum de la croissance régionale.
Hong Kong. C'est la place que, après L'Occitane en 2010, l'italien Prada a choisie pour entrer en Bourse, en juin dernier. C'est aussi là que trois cadres dirigeants de Schneider Electric vont bientôt poser leurs valises. Son patron, Jean-Pascal Tricoire, va s'installer avec sa famille dans l'ancienne colonie britannique, de même que les deux dirigeants en charge des ressources humaines et de la stratégie. Il y a un an, PSA Peugeot Citroën avait déjà installé un membre de son directoire, Grégoire Olivier, à Shanghai.
A mesure que le centre de gravité de l'économie mondiale se déplace vers l'est, les entreprises européennes revoient leur organisation. Après avoir implanté en Asie des filiales commerciales, puis des usines, certains groupes y localisent maintenant une partie de leur direction ou viennent y chercher des fonds. Parfois, tout cela est fait en même temps, à l'instar du Club Med, qui, pour accélérer son offensive asiatique, a noué une grande alliance avec le chinois Fosun. En juin 2010, ce dernier a pris 7,1 % du groupe français. Ce qui a eu pour conséquence la nomination de deux Chinois au conseil d'administration de Club Med.
Le phénomène ne se cantonne pas aux groupes tricolores. Dès 2007, BASF avait installé un membre de son comité de direction à Hong Kong. En 2009, c'est la banque HSBC qui lançait un pavé dans la mare en annonçant que son siège mondial serait désormais établi dans la même ville.
Derrière tous ces choix, un même phénomène : l'explosion des marchés asiatiques. D'après les calculs de la Société Générale, les pays émergents représentent 31 % du chiffre d'affaires des grands groupes européens et français, contre 18 % en 2002. « Si vous voulez générer de la croissance, ce n'est plus sur les marchés matures, dont l'expansion est nulle, que vous pouvez le faire, mais bien ici », constate, à Pékin, un cadre de Schneider.
Se rapprocher du client pour mieux le connaître. Surtout en Chine, où les mésaventures ne sont pas rares. Schneider comme PSA en savent quelque chose. En 2007, le premier s'est vu infliger une amende sans précédent dans l'empire du Milieu dans une affaire de propriété intellectuelle qui avait alors choqué les milieux d'affaires occidentaux. Préférant l'action à l'amertume, le très sinophile Jean-Pascal Tricoire a manifestement décidé de faire table rase du passé pour « travailler sur la durée et en profondeur » dans le pays, comme il l'expliquait aux « Echos » lors d'un récent passage à Pékin.
Quant à PSA, ses débuts en Chine ont été complexes et il peine à monter en puissance. S'il veut atteindre son objectif de détenir de 8 % à 10 % du marché d'ici à une dizaine d'années (contre moins de 3,5 % aujourd'hui), il lui faut à tout prix mieux intégrer dans ses véhicules les spécificités du marché et les goûts des consommateurs locaux. Le groupe a donc ouvert un centre de design à Shanghai. Pour Pierre Lebelle, qui le dirige, l'arrivée d'un membre du directoire à Shanghai a permis « d'accélérer de façon fantastique le processus de décision ». « L'Asie est désormais au quotidien du vécu du groupe », estime-t-il.
Même constat chez le spécialiste britannique du matériel médical Smith & Nephew. « Je crois beaucoup à la décentralisation du management. Elle permet de prendre plus de risques et de contrer la tendance naturelle d'un patron de zone à affecter ses investissements dans des pays où il est sûr d'avoir une rentabilité à court terme », explique Olivier Bohuon, le nouveau directeur général. Désormais, ajoute-t-il, « les décisions concernant les pays émergents seront prises à Shanghai ou a Mumbai, et non plus depuis Memphis, Andover ou Hull ».
D'autant que, derrière la nécessité de vendre sur ces marchés, il y a parfois l'impératif de rester dans la course technologique. Dans la distribution d'électricité, en pleine effervescence du fait de l'arrivée de systèmes « intelligents » de gestion des réseaux, « c'est en Chine que se dessinent les technologies et les normes de demain », prévient Patrick Schuler, qui évalue pour Alstom le potentiel de ce secteur en Chine.
Enfin, comme le note Charles-Edouard Bouée, le président Asie du cabinet Roland Berger, « le business dans cette région du monde va beaucoup plus vite ». Il est donc essentiel de « piloter au plus près du manche pour s'adapter à cette vélocité », analyse-t-il. C'est valable pour les décisions stratégiques comme en matière de ressources humaines. « Il faut être extrêmement vif pour recruter les talents locaux », note le consultant. Avant de prévenir qu'il va toutefois falloir que ces groupes trouvent un équilibre entre leurs racines et les nouveaux marchés : « En valeur absolue, il s'écoulera du temps avant que les marchés développés soient réellement dépassés par l'Asie émergente. »
Gabriel Grésillon (à Pékin)
avec Laurence bollack
Danone : L'année du basculement
Chez Danone aussi, l'essor des pays émergents remet en question les anciens équilibres. En la matière, « 2011 est l'année du basculement, confie Laurent Sacchi, l'un des dirigeants. Cette année, la Russie sera notre premier pays, tous produits confondus. Et dans la seule nutrition infantile, ce sera la Chine ».Une montée en puissance loin d'être achevée. « En ce qui concerne l'eau, notre principal marché sera dans quelques années le Mexique », prédit Laurent Sacchi.Dans ces conditions, la direction s'interroge depuis longtemps sur le possible transfert de certains dirigeants vers ces pays, comme vient de le décider Schneider. « A partir du moment où l'essentiel du marché est quelque part, où l'essentiel de la croissance vient de cette zone, est-ce que ce n'est pas là qu'il faut être ? »
© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.
vendredi 26 août 2011
En Chine, Sarkozy sort la carte de la Libye - Éric Meyer
Sud Ouest - Vendredi 26 août 2011, p. Périgueux-C1_5
Et par là même de faire oublier le soutien sans faille apporté jusqu'alors par la Chine à Kadhafi.
En route vers Nouméa, Nicolas Sarkozy faisait hier escale à Pékin pour inviter à Paris Xi Jinping, futur numéro un chinois après octobre 2012, et faire avancer un des grands chantiers de sa fin de mandat - la réforme financière mondiale, au sommet du G20 de Cannes en novembre. Mais, hasard de l'actualité, la Libye occupa un terrain plus important. Depuis le début de la guerre, en février, la Chine a misé sur Kadhafi. À présent mal aimée en Libye, elle veut redorer son image et surtout avoir sa part de la reconstruction du pays ruiné - peut-être avec l'aide de la France, son alliée, qui, elle, jouit en Libye de l'aura du libérateur.
Réconciliation
À l'issue de son entretien et d'un dîner avec Hu Jintao, son homologue, Sarkozy a expliqué à « Sud Ouest » la manière dont il espère aider la Chine : en l'invitant à la conférence de Paris du 1er septembre pour la reconstruction. « La parenthèse de l'intervention militaire sous contrôle de l'ONU est refermée, ajoutait-il. À présent, il faut préparer l'avenir d'une Libye libre de demain; dans ce processus, la Chine a naturellement sa place. » Présentée hier par Jean-David Levitte, conseiller spécial, la conférence des nations ouvrira des chantiers, un plan de reconstruction : avec sa main-d'oeuvre à bas prix et ses réserves monétaires, la Chine pourra, si elle le veut, faire au nouveau régime des conditions de nature à ramener le sourire...
La réconciliation Chine-Libye est impensable sans la reconnaissance par Pékin du CNT, gouvernement des forces rebelles. Mais, martèle Sarkozy, elle est « inéluctable », vu le pragmatisme d'une Chine toujours rapide à reconnaître où est son intérêt.
Une autre question probablement discutée, n'a pas été évoquée par le président, du fait de son caractère sensible : le monde devrait-il laisser la nouvelle Libye juger seule Kadhafi, ou bien arracher celui-ci à une justice expéditive pour le présenter au Tribunal international de La Haye, qui l'attend avec un mandat d'inculpation ?
Quid de la Syrie ?
Enfin, de l'échec de sa gestion de la crise libyenne, Pékin va-t-elle profiter de la leçon et l'appliquer au conflit en cours en Syrie, où elle soutient toujours al-Assad, l'autre dictateur aux mains sanglantes ? « Le partenaire chinois, répond Sarkozy, nous a paru partager davantage notre préoccupation par rapport à une évolution que nous avons de notre côté condamnée, la non-tenue des engagements de réforme. » Ici, le président suggère sa stratégie : d'abord, « terminer la Libye », consolider sa renaissance démocratique, puis s'attaquer au tableau syrien. Mais, précise-t-il, « avec la disparition de Kadhafi, la pression psychologique sur Damas est immense » - et la Chine, à l'en croire, s'en détache à petits pas...
© 2011 Sud Ouest. Tous droits réservés.
jeudi 25 août 2011
DERNIÈRES IMAGES - Sarkozy en visite express à Pékin
Le Point.fr - Monde, jeudi 25 août 2011
Au menu de cette rencontre bilatérale entre le chef de l'État et Hu Jintao : les dettes, le G20, la Libye.
De la crise des dettes souveraines aux chantiers du G20 en passant par la Libye et la Syrie, les dossiers les plus chauds de l'actualité internationale seront abordés lors de la visite de quelques heures du président français Nicolas Sarkozy à Pékin jeudi en fin de journée. Le sixième déplacement en Chine du chef de l'État français - mais le plus bref, cinq heures seulement - doit être l'occasion pour la France d'échanges sur ces grands dossiers internationaux avec la Chine, autre membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et deuxième économie mondiale.
Mardi, c'est avec le président américain Barack Obama que Nicolas Sarkozy a fait "le point de la situation économique et financière mondiale" en pleine crise des dettes souveraines, lors d'un entretien téléphonique, selon l'Élysée. Nicolas Sarkozy doit s'entretenir avec son homologue chinois Hu Jintao à 17 h 15 (9 h 15 GMT) pendant une heure au palais du Peuple, place Tiananmen. Il le retrouvera ensuite pour un dîner de travail à 18 h 30, avant de reprendre l'avion pour la Nouvelle-Calédonie où il doit ouvrir samedi les XIVe Jeux du Pacifique, a-t-on indiqué de source française.
Dettes souveraines
"Le président a souhaité rencontrer son homologue chinois pour faire avec lui un point des priorités de la présidence française du G20 en vue du sommet de Cannes en novembre, et bien sûr s'entretenir avec lui de la crise des dettes souveraines", a déclaré l'Élysée. Les présidents Sarkozy et Hu devraient parler en priorité du problème des dettes souveraines en Europe qui ébranlent les marchés boursiers.
"Sarkozy vient pour demander à la Chine de racheter de la dette des pays d'Europe du Sud", avance Jin Cangrong, de l'université du Peuple. "La Chine rachète en permanence de la dette européenne, aujourd'hui elle en détient environ 600 milliards d'euros", dit-il, alors que Pékin ne publie pas ses chiffres. La Chine, qui dispose d'un énorme matelas de réserves, a en effet réaffirmé sa confiance dans la zone euro en dépit des crises des dettes, tout en étant préoccupée par la fragilité de certaines économies.
Transactions financières
Lundi, le très officiel Quotidien du peuple appelait les pays de la zone euro à prendre des "mesures concrètes" pour réformer leurs institutions économiques et rétablir la confiance. Pour Hu Xingdou, de l'Institut de Technologie de Pékin, Nicolas Sarkozy devrait "probablement" évoquer également la proposition franco-allemande de taxation des transactions financières, mais "cette question n'est pas essentielle".
La Libye, où le régime du colonel Muammar Kadhafi est sur le point de tomber, devrait être aussi évoquée. "Sarkozy va essayer de persuader la Chine de participer à la reconstruction de la Libye" après six mois de combats, estime Jin Cangrong. Sur la Syrie, c'est sans le soutien de la Chine que l'Europe, France en tête, a présenté cette semaine un projet de résolution infligeant de nouvelles sanctions au régime de Bachar el-Assad.
© 2011 Le Point.fr. Tous droits réservés.
lundi 22 août 2011
Sarkozy fera escale jeudi à Pékin en se rendant en Nouvelle-Calédonie
Le président Nicolas Sarkozy fera escale jeudi à Pékin, en se rendant en Nouvelle-Calédonie, où il aura un entretien suivi d'un dîner avec le président chinois Hu Jintao, a indiqué dimanche l'Elysée à l'AFP.
Cette rencontre entre le chef de l'Etat, qui préside également les G8 et G20 cette année, et son homologue chinois intervient sur fond de grave crise financière en Occident. Elle se déroulera jeudi à partir de 17h00 (heure de Pékin), sur le chemin du président vers la Nouvelle-Calédonie, selon l'Elysée, qui confirme ainsi une information du Parisien.
M. Sarkozy se rend en Nouvelle-Calédonie à l'occasion des XIVe Jeux du Pacifique.
C'est la deuxième fois cette année que le président du G20 se rend en Chine, après sa visite à Pékin le 30 mars dernier dans le cadre d'une tournée asiatique qui l'avait également amené à Nankin puis au Japon pour une visite de "solidarité" après la catastrophe de Fukushima.
L'Elysée n'a pas donné de précisions sur l'objectif de la rencontre entre MM. Sarkozy et Hu mais la crise financière actuelle devrait être au centre des discussions.
Comme il l'avait fait le 30 mars, M. Sarkozy pourrait de nouveau évoquer la sous-évaluation du yuan, question particulièrement délicate en période de crise puisqu'elle dope les exportations de la Chine en pénalisant les balances commerciales de ses concurrents.
La Chine, qui détient une grosse partie de la dette américaine, avec 1.700 milliards de dollars (1.190 milliards d'euros) de bons du trésor américain dans ses caisses, pourrait de son côté exprimer ses inquiétudes face à la dégradation de la note des Etats-Unis.
Autre question pouvant être abordée: la taxation des transactions financières, de nouveau proposée par le président français et la chancelière allemande Angela Merkel, lors de leur rencontre à Paris le 16 août, laquelle pour être réellement efficace, nécessite d'être adoptée au niveau mondial.
Par ailleurs, les deux chefs d'Etat pourraient également évoquer, comme le 30 mars, la situation de la Libye, alors que les rebelles se rapprochent de la capitale Tripoli.
Le président Sarkozy avait réussi à persuader la Chine, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, à ne pas opposer son droit de veto à l'action de l'Otan en Libye (débutée le 19 mars) mais depuis, Pékin a exprimé de vives critiques envers les attaques aériennes de l'Alliance atlantique, estimant notamment que ces frappes outrepassaient le mandat des résolutions de l'ONU sur la Libye.
© 2011 AFP - Journal Internet AFP. Tous droits réservés.
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