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jeudi 3 novembre 2011

Pékin entend rester maître du yuan


La Tribune (France), no. 4842 - Dossiers, jeudi 3 novembre 2011, p. 7

« En novembre 2008, la Chine n'a accepté de participer au G20 de Washington qu'à la condition expresse que la réévaluation du yuan ne figure jamais dans l'agenda du G20 », rappelle l'économiste Antoine Brunet. Pas question pour elle de renforcer une monnaie qui lui donne un avantage compétitif décisif pour ses industries exportatrices, moteur de son économie. Ce faisant, poursuit Antoine Brunet, elle ruinait la possibilité même que le G20 résolve les causes profondes de la crise. Pourtant, lorsque ses partenaires lui demandent de participer au rééquilibrage de l'économie mondiale, Pékin accepte de dynamiser sa demande intérieure. « Devant la crise qui frappe ses exportations, rappelle Françoise Lemoine, chercheuse au Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), la Chine se lance dans un gigantesque plan de relance monétaire et budgétaire pour relancer son économie. Elle finance des projets d'infrastructures très ambitieux et relâche le crédit bancaire.

Inflation

Mais le rééquilibrage de l'économie chinoise vers la consommation ne s'est pas encore produit, et c'est l'investissement qui est devenu son premier moteur, représentant 46 % du PIB. » La relance chinoise contribue surtout à faire repartir à la hausse les prix de l'énergie et des matières premières, ce qui empêche les pays du G7 de redémarrer. Car les déséquilibres chinois, à l'origine de la crise, sont toujours là : 126 milliards de dollars d'excédent vis-à-vis des États-Unis sur les huit premiers mois de 2011 et 96 milliards de dollars vis-à-vis de l'Europe. Malgré une lente réévaluation du yuan depuis juillet 2010 pour refroidir l'inflation, la sous-évaluation de la monnaie chinoise pénalise toujours fortement les économies européennes et américaine, la priorité de la Chine étant d'éviter un freinage trop brutal de son économie.

Si la Chine n'a pas pris au G 20 la place qui devrait revenir à la deuxième puissance mondiale, ni Washington ni Bruxelles ne sont aujourd'hui en position d'exiger - et d'obtenir - de Pékin une réévaluation de sa monnaie. Tout au plus devront-ils étudier de près sa proposition de 2009 : faire entrer le yuan dans les droits de tirage spéciaux, pour réduire la dépendance de Pékin vis-à-vis du dollar.

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mardi 11 octobre 2011

mardi 4 octobre 2011

DOSSIER - Et si le moteur chinois calait lui aussi... - Brice Pedroletti


Le Monde - Economie, mardi 4 octobre 2011, p. MDE1

La presse chinoise l'a baptisé " le bourg aux BMW ". En seulement quelques mois, Shiji, dans la province du Jiangsu, a vu ses rues se remplir de berlines allemandes. Il est vrai qu'un entrepreneur local, revenu de Pékin, avait eu l'idée lumineuse d'emprunter l'épargne des villageois et de leur offrir un rendement de 10 % mensuel; il prêtait alors à son tour à des promoteurs immobiliers de la région, à un taux de... 30 %. Ces derniers investirent dans des terrains constructibles, remplissant les caisses du gouvernement local, et faisant surgir de terre des immeubles.

Et puis certains des emprunteurs ont fait défaut. La pyramide a fini par s'écrouler, laissant sur la paille les 2 000 villageois de Shiji, et les bâtiments vides. Toute ressemblance avec d'autres cités de Chine, voire avec le pays tout entier, ne serait que pure coïncidence.

Les " schémas de Ponzi ", ou encore les tontines aux taux d'usure indécents, n'apparaissent au grand jour que lorsque la chaîne se rompt - comme pour l'escroc américain Bernard Madoff. Si de tels incidents défraient la chronique ces derniers mois en Chine - qu'il s'agisse de groupes d'individus, d'entreprises ou de villes entières -, c'est que les bulles financières (dans l'immobilier, mais aussi l'art, l'ivoire, le jade...) culminent.

Malgré la surabondance de liquidités, les banques chinoises n'ont de cesse de resserrer les crédits. Les autorités de régulation lancent des audits à tous les niveaux. Dans l'immobilier, les mesures mises en oeuvre depuis 2010 pour juguler la surchauffe - là aussi en bridant les prêts et en freinant l'accès à la propriété des non-résidents et de ceux qui possèdent déjà plusieurs logements - font leur effet.

Dans les riches mégalopoles, comme Shanghaï, Pékin et Canton, les prix baissent. Zhang Xin, la patronne du groupe Soho et championne de l'habitat chic pour yuppies, s'est d'ailleurs plainte, mercredi 28 septembre à Shanghaï, lors d'une rencontre avec les journalistes étrangers, que " l'immobilier résidentiel y traversait les pires conditions de marché en dix-sept ans ", avec " zéro transaction ".

En revanche, dans les villes de l'intérieur, où des barres d'immeubles en chantier s'étendent pourtant à perte de vue, les prix continuent d'augmenter. Mais moins vite qu'en 2010. Peuvent-ils s'effondrer ? Ils avaient déjà fléchi brutalement en 2008, après les Jeux olympiques. Les économistes sont confiants et pensent que le marché trouvera plutôt assez vite son plancher : les Chinois n'ont que la pierre pour placer leur épargne abondante, que ronge l'inflation. Les salaires ne cessent d'augmenter, les emplois ne manquent pas et l'urbanisation est rapide. Zhang Xin, de Soho, prédit que Pékin assouplira de nouveau les règles - comme cela avait été le cas en 2008, lors de la crise financière mondiale.

En réalité, le maillon faible se situe à l'autre bout de la chaîne, dans cette " Europe du Sud " à la chinoise que sont un bon nombre de localités de province. L'équation qui relie les épargnants, l'immobilier, les terres disponibles, les gouvernements locaux et les prêteurs, c'est-à-dire les banques, peine à s'équilibrer. La raison ? Les dettes cachées accumulées par les collectivités locales, lancées depuis deux ans dans une frénésie d'investissements à la demande de Pékin. Officiellement estimé à 10 700 milliards de yuans (1 250 milliards d'euros), l'endettement des " plates-formes de financement locales ", des entités ad hoc dotées d'une garantie publique implicite, pourrait atteindre le double, selon Victor Shih, de la Northwestern University à Chicago (Etats-Unis).

" Considérables inconnues "

Selon une étude de la banque Standard Chartered de Shanghaï, publiée en juillet, les bilans des établissements bancaires comportent au bas mot 9 000 milliards de yuans de dettes irrécouvrables, soit 22 % du produit intérieur brut (PIB) chinois - en comptant les plates-formes locales, mais aussi le ministère du chemin de fer, surendetté. L'étude précise que " des inconnues considérables persistent sur l'échelle des mauvaises créances ".

La Chine connaît un " syndrome grec " : des provinces, à l'origine moins développées, sont en faillite virtuelle. " La situation est peut-être plus grave qu'aux Etats-Unis et en Europe : ces problèmes d'endettement sont dus au fait qu'il est facile pour un gouvernement de créer une société, puis pour une banque de lui accorder des fonds. Les capitaux s'accumulent dans les entreprises d'Etat, les grands projets sont d'une qualité et d'une efficacité douteuses ", estime Feng Xingyan, vice-directeur du centre de recherche indépendant Unirule Institute of Economics, à Pékin.

La cession de terrains a financé environ la moitié du méga-plan de relance de 2008 - via les banques. Il s'agissait de construire des routes, des métros, des centres de conférence ou des aéroports...

A Hangzhou, près de Shanghaï, 87 % de l'endettement direct de cette ville, par ailleurs très riche, serait lié au produit des ventes de terres, selon un audit publié par la municipalité début septembre. Or, en 2011, ses revenus tirés du foncier seront inférieurs de 40 % à ce qu'ils étaient en 2010. Car les terres à " liquider " se raréfient et rapportent moins qu'avant aux collectivités locales et aux promoteurs : il est moins aisé " d'expulser au prix du marché d'hier ", pour revendre " au prix du marché de demain ". La multiplication des violences et des suicides dus aux expulsions a conduit à un durcissement des lois.

Depuis que le problème de la dette des plates-formes locales de financement a surgi en 2010, un audit des collectivités locales a été lancé. Huit provinces ont publié leurs taux d'endettement en août. L'île d'Hainan (Sud) - un paradis pour milliardaires qui a déjà subi l'éclatement d'une bulle immobilière dans les années 1990 - arrive en tête, avec 93 %.

En urgence, des actifs sont réinjectés là où manquaient les collatéraux (garanties) aux emprunts contractés. Et des prêts en principe irrécouvrables sont reclassifiés en créances saines.

Mais la situation presse : une étude de la Cour des comptes chinoise signale qu'un quart du principal de la dette contractée, soit 2 600 milliards de yuans, est dû en 2011. Quant au service de la dette, il s'élève, selon l'étude de Standard Chartered, à l'équivalent de 50 à 60 milliards de yuans par mois sur l'ensemble du pays, soit moins que les revenus des ventes de terres, qui ont plafonné cette année à 100 milliards de yuans par mois, et pourraient même baisser de 20 % en 2011 selon la banque. Or, ceux-ci sont la source principale de financement des budgets locaux, la majorité des revenus fiscaux étant transférés à Pékin.

Selon Hu Shuli, la rédactrice en chef du site économique Caixin, connue pour ses prises de position libérales, l'arsenal de réglementation mis en place par les autorités pour tenter d'encadrer les finances des gouvernements locaux ont des résultats limités, tant celles-ci sont opaques. Surtout, elles sont inféodées à une logique politique, et non de marché. " La Chine s'expose à une bulle de la dette qui pourrait avoir des conséquences désastreuses, si elle laisse filer la dette des gouvernements locaux ", écrit-elle.

Des solutions sont à l'étude - un rééquilibrage de la structure fiscale; l'accès des gouvernements locaux au marché obligataire, vieux serpent de mer de la politique économique chinoise. Mais, prévient Hu Shuli, il faut d'abord consolider et nettoyer les dettes existantes. Ce renflouement pourrait être comparable à celui de 2005, quand Pékin avait réinjecté en catimini des liquidités dans ses grandes banques. " La politique des sauvetages bancaires est très complexe ", notent les analystes de Standard Chartered, " et tend à donner une prime à l'irresponsabilité " - elle évite souvent de désigner des coupables et de faire les comptes.

A un an d'une transition majeure au sommet du Parti communiste chinois, le terrain s'avère donc miné. Car la note pourrait être difficile à avaler par ceux qui la paieront : les épargnants chinois, déjà exaspérés par la corruption.

Brice Pedroletti

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Questions-réponses : Réserves en Chine

Le Monde - Economie, mardi 4 octobre 2011, p. MDE4

1 - Quel est le rythme de la croissance et de l'inflation en Chine ?

Le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 9,5 % en 2011 et de 9 % en 2012, contre + 10,4 % en 2010, en raison de l'effet du ralentissement économique en Occident sur les exportations. Le taux d'inflation annuel a atteint 6,5 % en juillet, 6,2 % en août. L'objectif du gouvernement est d'atteindre 4 % fin 2011. Cette préoccupation a motivé un resserrement du crédit qui, avec la fin des effets du plan de relance de 440 milliards de yuans (52 milliards d'euros) annoncé en 2008, a pesé sur la croissance.

2 - Le gouvernement chinois peut-il mettre en oeuvre un nouveau plan de relance ?

La " rechute " des pays occidentaux pourrait entraîner la croissance de la Chine sous la barre des 8 %, un niveau plancher pour maintenir l'équilibre du marché du travail, estime la banque HSBC. Dans ce cas, " Pékin répondrait probablement afin de stabiliser la croissance à 8 % ou 9 % ", écrit son chef économiste en Chine, Qu Hongbin. Il songe notamment à un assouplissement de la fiscalité. L'inflation semblant avoir passé son pic cet été, Pékin disposerait aussi d'une marge d'assouplissement.

Mais un plan de relance de l'ampleur de celui de 2008, qui avait permis de conserver une croissance de 8,7 % en 2009, serait malvenu. " Les décideurs politiques ne voudront pas répéter l'erreur consistant à trop stimuler l'économie, qui a apporté l'inflation, la surchauffe immobilière et le risque de la dette des gouvernements locaux. "

3 - La Chine peut-elle utiliser ses 3 200 milliards de dollars (2 380 milliards d'euros) de réserves de change pour régler les dettes locales ?

" Ces réserves sont - certes - des actifs, mais il s'agit de contreparties, note Patrick Chovanec, professeur d'économie à l'université Tsinghua, à Pékin. Cette richesse a déjà été injectée dans l'économie chinoise quand ses clients ont changé leurs dollars pour acheter des produits en renminbis. " Cela reviendrait à les utiliser deux fois, ce qui est politiquement possible mais inflationniste et difficile à justifier sur les places financières étrangères, où les banques chinoises sont désormais cotées.

Selon Michael Pettis, professeur à l'université de Pékin, pour contrer le risque " d'une explosion directe de la dette publique interne, entraînant le système bancaire ", Pékin ne pourrait recapitaliser les banques qu'en émettant de la dette publique ou en mettant les ménages à contribution.

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La croissance de la Chine marque le pas - Julie Desné

Le Figaro, no. 20892 - Le Figaro Économie, mardi 4 octobre 2011, p. 24

La hausse du PIB chinois ferait rêver n'importe quel pays occidental. Pourtant, le resserrement du crédit, pour lutter contre l'inflation, met en difficulté de nombreuses PME. Les signes de ralentissement se multiplient.

Porteuse de tous les espoirs d'une relance de l'économie mondiale, la Chine laisse poindre des signes de ralentissement. L'indice des directeurs d'achat (PMI) publié par la banque HSBC vendredi dernier montre une contraction de l'activité manufacturière sur le mois de septembre à 49,9 - au-dessus de 50, le chiffre montre au contraire une progression de la production. C'est le troisième mois consécutif que la banque note un recul de l'activité manufacturière, mettant en lumière les difficultés que traverse le secteur privé chinois, et notamment ses petites et moyennes entreprises, qui souffrent d'un resserrement du crédit et du ralentissement des exportations vers l'Europe et les États-Unis.

Les statistiques de la China Federation of Logistics and Purchasing laissaient entendre que les usines chinoises ne se portaient pas si mal avec un indice des directeurs d'achat de 51,2. Mais la fédération reflète davantage la situation des grandes entreprises, en particulier les sociétés d'État, moins affectées par le tour de vis donné sur le crédit. Et les chiffres officiels se veulent souvent plus optimistes.

La Bourse de Shanghaï au plus bas depuis 2009

Le recul calculé par HSBC reste cependant bien relatif. « Cela signifie que même si l'effet à retardement du resserrement du crédit va continuer à peser sur les activités industrielles, il y a peu de raisons de s'inquiéter d'un ralentissement aigu », commentait Qu Hongbin, économiste en chef pour HSBC, à la publication de l'indice PMI.

Il est vrai que la Chine continue de croître toujours davantage que le reste du monde avec une progression attendue de son produit intérieur brut entre 8,5 % et 9,5 % pour l'ensemble de l'année. Mais le simple mot de ralentissement fait déjà frémir les investisseurs, qui montraient des premiers signes d'inquiétude la semaine dernière. La plupart des actions chinoises reculaient. La Bourse de Shanghaï, dont l'indice composite a perdu près de 15 % entre juillet et septembre, a atteint son plus bas niveau depuis 2009 et les titres chinois cotés à Hongkong (les actions H) ont reculé de 29 % au dernier trimestre, avec une baisse de 4 % rien que pour vendredi à la publication des données de HSBC.

Pour beaucoup, il n'en faut pas plus qu'un spectre de ralentissement pour douter de ce que réservent les prochains mois. D'autant que l'inflation reste élevée - malgré le « contrôle » revendiqué par le premier ministre, Wen Jiabao, elle pourrait encore atteindre 6 % pour le mois de septembre. Pour ne pas l'alimenter, le crédit restera verrouillé, tant Pékin redoute que la hausse des prix nourrisse la grogne sociale.

L'immobilier, seule véritable option de placement pour les particuliers, reste d'ailleurs dans la ligne de mire du gouvernement, qui cherche à calmer la hausse des prix des appartements. « En dix-sept ans, c'est de loin l'année la plus difficile pour les ventes », confiait la semaine dernière Zhang Xin, puissante PDG du groupe immobilier Soho.

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lundi 3 octobre 2011

Nouvelles tensions sino-américaines sur le yuan - Cécile Prudhomme

Le Monde - Economie, lundi 3 octobre 2011, p. 14

Les Américains ont rouvert les hostilités à l'égard des Chinois. Le motif ? L'arrimage du yuan au dollar et la sous-évaluation de la monnaie chinoise, qui rend les produits sortant de Chine très compétitifs sur les -marchés extérieurs. Une vieille querelle.

Le 22 septembre, des sénateurs américains ont déposé un projet de loi visant à faciliter les demandes des entreprises américaines d'appliquer des droits de douane supplémentaires sur les produits chinois.

A l'approche des élections présidentielles, les élus du Congrès considèrent que la Chine risque d'entraver le programme de relance américain en continuant à vendre ses produits à moindre coût.

Ils soutiennent également que la politique menée par la Chine, consistant à contenir volontairement sa devise, a coûté aux Etats-Unis plus de 2,8 millions d'emplois depuis 2001.

Le sénateur démocrate de New York, Chuck Schumer, à l'origine de ce texte, a qualifié la politique de changes des dirigeants chinois de " meurtre économique ".

Son homologue démocrate de l'Ohio, Sherrod Brown, a ajouté que la manipulation de la monnaie chinoise " n'est pas de la concurrence ", mais " de la triche ". Le projet de loi doit être discuté au Sénat la semaine prochaine.

Depuis plusieurs mois, les Américains avaient quelque peu oublié cette guerre des monnaies. Ils avaient d'autres chats à fouetter, préoccupés tout à la fois par le débat sur le relèvement du plafond de leur dette, la perte de leur triple A et, surtout, la façon de relancer l'économie.

Par le passé, les parlementaires avaient déjà tenté de faire passer des réglementations protectionnistes de même nature. Barack Obama serait opposé à de telles mesures. Le président américain ne s'est toutefois pas encore officiellement exprimé sur le sujet.

Jeudi 29 septembre, le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Hong Lei a déclaré que la Chine espérait " que les parlementaires américains ne - perturberaient - pas le développement des relations sino-américaines (...) et - reviendraient - sur leur décision de faire voter le projet de loi ".

Propriété intellectuelle

Un groupe de cinquante et un industriels américains a alerté les parlementaires sur la dangerosité des mesures qu'ils envisagent de prendre. Ils ont enjoint au Congrès de plutôt se concentrer sur la politique de propriété intellectuelle, qui favorise les sociétés chinoises.

Vendredi 30 septembre, la secrétaire américaine au Trésor adjointe aux questions internationales, Lael Brainard, était à Pékin, officiellement pour " discuter avec ses homologues de l'évolution de l'économie internationale, de la préparation des prochaines rencontres du G20 et de la façon de renforcer et promouvoir " les intérêts des entreprises américaines en Chine.

Elle a insisté sur le fait que le yuan reste " fortement sous-évalué ", malgré son mouvement d'appréciation entamé en juin 2010, et elle a répété que les Etats-Unis attendent de Pékin une accélération de la réévaluation de sa monnaie. Les marchés spéculent sur une appréciation du yuan et poussent la Banque centrale à fixer régulièrement de nouvelles limites au taux de conversion du yuan avec le dollar.

Vendredi, le dollar se situait à 6,38 yuans, son plus haut depuis qu'a débuté le processus de libéralisation du marché, soit une hausse du yuan de 3,16 % depuis le début de l'année.

Les économistes de Barclays Capital s'attendent à ce que le taux de conversion du yuan en dollars atteigne 6,08 dans les douze mois qui viennent.

Cécile Prudhomme

PHOTO - US Secretary of State Hillary Clinton (L) shakes hands with China's Foreign Minister Yang Jiechi (R) before their meeting September 26, 2011 at a hotel in New York on the sidelines of the United Nations General Assembly.


La comptabilité chinoise dans le viseur de Washington

Le département américain de la justice s'intéresse aux irrégularités comptables de sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis, a fait savoir, vendredi 30 septembre, un responsable de la Securities and Exchange Commission (SEC). Le gendarme des marchés, qui mène déjà l'enquête sur ce sujet au côté du FBI, a révélé que des dizaines de sociétés basées en Chine et cotées sur les marchés américains affichent une comptabilité irrégulière ou ont vu leurs auditeurs démissionner. Deloitte Touche Tohmatsu a cessé, en mai, sa mission d'audit pour l'éditeur chinois de logiciels Longtop Financial Technologies, dénonçant des falsifications de documents financiers.

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jeudi 29 septembre 2011

Quand le yuan supplantera le dollar et l'euro - Emmanuel Lechypre

L'Expansion, no. 767 - Prévisions Centre de prévision de L'Expansion (CPE) Monde, octobre 2011, p. 37

Face au dollar et à l'euro englués dans la crise, la suprématie monétaire mondiale de la Chine risque d'être plus rapide que prévu.

Comme dans un grand jeu de bascule transatlantique, les investisseurs internationaux s'étaient habitués, depuis la création de l'Euroland, en 1999, à arbitrer dans leurs portefeuilles tantôt en faveur du dollar, tantôt en faveur de l'euro, au gré des fluctuations de la croissance et des taux d'intérêt de part et d'autre de l'Atlantique. Cette époque est sans doute en train de s'achever, les deux grandes monnaies du monde étant aujourd'hui, et simultanément, les deux qui sont le plus en difficulté.

Le billet vert est fragilisé par l'ampleur des déficits publics américains, que Barack Obama risque de creuser avec son nouveau plan de relance de 445 milliards de dollars. Il va pâtir, dans la foulée, de l'explosion de la dette publique, et du gouffre du commerce extérieur et de la dégradation du bilan de la Réserve fédérale, plombé par le recyclage massif d'actifs douteux.

Si les grands équilibres de la zone euro font bien meilleure figure, la monnaie unique est affaiblie par le risque de défaut de paiements d'un ou de plusieurs pays de l'Union, et par les erreurs de conception de l'architecture monétaire européenne. Surtout, l'action trop timide, trop tardive et trop lente des gouvernements pour résoudre la crise grecque fait craindre que les pays incapables de maîtriser leurs dépenses publiques ne tombent l'un après l'autre, comme des dominos.

Le yuan, bientôt monnaie de référence ?

Finalement, comme le note Goldman Sachs, l'euro et le dollar ne respectent que deux des cinq caractéristiques attribuées à une monnaie de référence : être la devise d'un pays qui prête au reste du monde, qui est politiquement et juridiquement stable, qui a une dette publique faible, tout en faisant l'objet d'un large volume de transactions sur le marché des changes.

Selon cette grille de lecture, seuls le franc suisse (qui remplit les cinq critères) et le yen (qui répond à quatre sur cinq) sont les vraies monnaies refuges des années à venir. Mais ils pourraient être rejoints à moyen terme par... le yuan. Quand Pékin aura ouvert son marché des changes et comblé quelques vides institutionnels. Ce qui pourrait arriver plus tôt qu'on ne le croit.

Car la Chine aura bientôt intérêt à une réévaluation de sa monnaie. Celle-ci incitera les entreprises à devenir plus efficaces et plus productives pour rester compétitives à l'échelle mondiale, et ainsi créer plus de richesses pour financer le vieillissement de la population. En outre, un yuan plus fort réduira la facture des importations, ce qui sera un atout non négligeable pour lutter contre l'inflation, augmenter le pouvoir d'achat et permettre aux entreprises de s'équiper à meilleur compte en machines étrangères. La longue marche de la Chine vers la suprématie monétaire mondiale sera peut-être plus rapide qu'on ne le pense...

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mercredi 21 septembre 2011

Le FMI constate une montée des risques mondiaux - Yves Bourdillon

Les Echos, no. 21021 - International, mercredi 21 septembre 2011, p. 11

Le Fonds monétaire international a raboté ses prévisions de croissance et craint une propagation des effets de la crise de la zone euro au reste du monde.

Le climat économique mondial s'est quelque peu rafraîchi ces trois derniers mois, a reconnu hier le FMI, lors de la présentation de son rapport World Economic Outlook. Le WEO d'automne ramène les prévisions de croissance mondiale à 4 % cette année et en 2012, contre une prévision de 4,3 % et 4,5 % respectivement dans ses dernières prévisions, en juin. La croissance avait atteint 5 % en 2010, année de rebond après la crise.

Cette révision s'explique par l'aggravation des incertitudes financières. Tandis qu'aux Etats-Unis les programmes de stimulation fiscale s'émoussent et que la demande privée peine à prendre le relais des dépenses publiques, la zone euro patauge dans les excès de dettes publiques. Si cette crise venait à ne plus être confinée aux pays périphériques pour s'étendre aux économies du noyau dur de la zone, « cela pourrait entraîner des perturbations significatives dans la stabilité financière internationale», estime le FMI. « Des difficultés dans un pays peuvent rapidement s'étendre à l'Europe. De là, cela pourrait se déplacer aux Etats-Unis - via des détenteurs d'actifs européens -et au reste du monde », s'inquiète le Fonds, qui appelle les Etats européens à « faire tout ce qui est nécessaire pour ramener la confiance envers les politiques nationales et préserver l'euro», notamment en ratifiant rapidement les mesures d'assistance à la Grèce décidées lors du sommet du 21 juillet dernier.

Les Européens ne sont toutefois pas seuls à être mis devant leurs responsabilités par le rapport du FMI. « De profondes divisions politiques font peser des incertitudes» sur l'économie américaine. Le Fonds note que « des coupes fiscales hâtives pourraient affaiblir les perspectives sans fournir pour autant [...] les moyens de réduire la dette publique à moyen terme. » Parallèlement, le rééquilibrage du déficit commercial des Etats-Unis peine à se mettre en place, la Chine ne s'étant pas lancée dans une revalorisation de son marché intérieur.

« Nouvelle phase dangereuse »

S'il constate une aggravation des incertitudes et l'entrée de l'économie mondiale dans une « nouvelle phase dangereuse », le FMI continue toutefois de juger plus probable un scénario non catastrophique, qui verrait les pays occidentaux échapper de peu à la récession. Sauf si la crise de la zone euro devenait incontrôlable ou si les ménages américains réduisaient drastiquement leur consommation au vu d'un marché immobilier toujours décevant, la croissance des pays riches (Amérique du Nord, Japon, Europe) devrait atteindre 1,6 % cette année, contre 3,1 % en 2010. Elle ne rebondira que faiblement en 2012, à 1,9 %. Au début de l'été, le FMI prévoyait encore une croissance de 2,2 % en 2011 et de 2,6 % en 2012 pour cette zone qui concentre la moitié du PIB mondial.

Plus précisément, aux Etats-Unis, la progression du PIB ne dépassera pas 1,5 % cette année et 1,8 % en 2012, soit un point de moins que ce qui était attendu avant l'été. La croissance de la zone euro passera de 1,8 % l'an dernier à 1,6 % en 2011 et à seulement 1,1 % l'année suivante.

« L'incertitude budgétaire ne s'envolera pas du jour au lendemain. La croissance dans les pays avancés restera basse pendant un certain temps », a résumé l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, lors de la présentation du rapport à Washington.

Les pays émergents se sont montrés jusqu'ici relativement « immunisés »contre les effets du marasme occidental, certains étant même quasiment en surchauffe, constate le Fonds, puisque leur croissance est attendue à 6,5 % en 2011 et à 6 % en 2012. Mais ces prévisions ont été rabaissées d'un demi-point depuis le rapport d'avril et le FMI avertit qu'une détérioration supplémentaire de la conjoncture en Occident frapperait durement ces pays. Ils auraient à souffrir de la volatilité des flux de capitaux et d'une baisse de leurs exportations de matières premières. C'est pourquoi le FMI a, par exemple, ramené la prévision de croissance chinoise à 9 % en 2012, un demi-point de moins qu'en juin.

YVES BOURDILLON

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mardi 13 septembre 2011

De nouvelles inquiétudes se font jour sur les dettes des régions chinoises

Les Echos, no. 21015 - International, mardi 13 septembre 2011, p. 13

La province du Liaoning, au nord-est de la Chine, serait dans une situation financière critique. Mais les analystes craignent que ce cas ne soit symptomatique d'un problème généralisé.

L'inquiétude sur les finances locales chinoises a refait surface, vendredi, avec les difficultés de la province du Liaoning. Si l'Etat central fait figure d'exemple, avec une dette qui représente moins d'un cinquième du PIB, chacun s'interroge actuellement sur la proportion de la dette contractée indirectement par les gouvernements locaux que ces derniers ne seront pas en mesure de rembourser.

Selon Pékin, le montant de dette cumulé est estimé autour de 10.700 milliards de yuans, soit près de 1,6 milliard de dollars. En avril dernier, l'agence Standard & Poor's avait estimé qu'environ 30 % de cette dette ne seront jamais remboursés. On imagine les répercussions qu'aurait un tel scénario sur le système bancaire chinois. A elles seules, les 4 principales banques chinoises ont prêté près de 2.600 milliards de yuans (407 milliards de dollars) aux véhicules de financement dépendant des gouvernements locaux. Et les banques régionales, plus dépendantes encore des autorités de leur province, semblent potentiellement plus exposées à ce risque.

Rendre des revenus aux régions ?

Même si Pékin a déjà volé au secours de ses banques, et aurait à nouveau les moyens de le faire, les analystes insistent sur la nécessité de traiter le mal à la racine. Ce qui impliquerait de revenir sur une réforme fiscale datant de 1994. Celle-ci avait transféré nombre de ressources au gouvernement central. Au grand dam des provinces, qui ont perdu le fruit des taxes sur le commerce et la consommation pour conserver presque exclusivement la fiscalité foncière. Les ventes de terrains ont représenté 70 % de leurs revenus en 2010. Alors que les autorités locales percevaient 78 % des revenus de l'Etat en 1993, cette proportion est aujourd'hui de 49 %. Pourtant, d'après les chiffres officiels, elles ont assuré l'année dernière 82 % des dépenses publiques du pays. Même le plan de relance de 2008 n'a été financé qu'à hauteur d'un quart par Pékin. Au final, il semble nécessaire de repenser la fiscalité chinoise. Ce qui reviendrait à déposséder le pouvoir central d'une partie de ses prérogatives. Une question plus politique qu'économique.

Gabriel Grésillon

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L'internationalisation du yuan passe aussi par l'Afrique - Olivier Sasportas

L'AGEFI Quotidien - Economie et Marchés, lundi 12 septembre 2011, p. 3

La décision du Nigeria d'investir jusqu'à 10 % de ses réserves de change en devise chinoise pourrait inspirer l'Afrique du Sud

Selon le gouverneur de la banque centrale nigériane, Mallam Sanusi Lamido Sanusi, la deuxième économie du continent africain aurait l'intention de rééquilibrer son panier de réserves de change pour faire de la place à la monnaie chinoise. Affichant ouvertement l'envie de renforcer sa coopération stratégique avec Pékin, le Nigeria prévoirait ainsi d'investir jusqu'à 10% de ses 33,5 milliards de dollars de devises, soit directement dans des obligations sur le marché interbancaire chinois, ou bien via Hong Kong et le marché du renminbi offshore.

Le premier producteur de pétrole africain envisagerait aussi de permettre à la Chine de régler sa facture énergétique dans sa propre monnaie et, selon M. Sanusi, les banques centrales des deux pays auraient engagé des discussions pour s'accorder sur des swaps de devises.

Lors d'une interview donnée à la chaîne Bloomberg à Hong Kong, M. Sanusi a pris soin de préciser qu'avoir «confiance en la Chine ne signifie pas un manque de confiance dans l'Amérique ou l'Europe». Pour autant cette décision intervient alors que la crise de la dette souveraine continue de secouer les pays occidentaux et permet à la Chine de développer un discours d'alternative.

Le 2 septembre, lors de la première Chine-Eurasie Expo, Ma Delun, le vice-gouverneur de la banque centrale chinoise encourageait ainsi les pays d'Asie centrale à «réduire leur dépendance vis-à-vis des principales monnaies mondiales» afin de réduire les risques.

La décision du Nigeria est un premier succès africain dans le minutieux processus d'internationalisation du yuan. Graig Bond, le directeur général de la filiale chinoise de la Standard Bank, la première banque d'Afrique, avait déjà attiré l'attention la semaine dernière en confiant qu'il s'employait à convaincre les gouvernements africains d'utiliser le yuan comme monnaie de réserve. Standard Bank, dont la banque chinoise ICBC figure au nombre des actionnaires avec 20% du capital, permet déjà les règlements commerciaux en yuan dans 16 pays du continent et prévoit qu'au moins 40% des échanges entre la Chine et l'Afrique s'effectueront en renminbi d'ici à 2015. Selon les propos tenus par Graig Bond en début de mois, l'Afrique du Sud pourrait être le prochain pays à inclure le yuan dans ses réserves de devises d'ici la fin 2011.

PHOTO - A passersby walks in between decorative lights prepared for the upcoming Mid-Autumn or Moon Festival at a park in Hong Kong September 8, 2011. Chinese worldwide will celebrate the festival on the 15th day of the eighth month of the Lunar calendar. The festival began as a harvest moon celebration in ancient China and also marks the overthrown of the Mongol rulers during the Yuan Dynasty. The festival falls on September 12 this year.

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samedi 10 septembre 2011

Obligations : la Chine se réforme lentement

La Tribune (France), no. 4804 - Sur les marchés, vendredi 9 septembre 2011, p. 21

Trois provinces pourront émettre des titres. Un petit pas vers la normalisation des finances des gouvernements locaux.

La Chine pourrait bientôt permettre aux gouvernements locaux d'émettre des obligations, ce qui leur permettrait en théorie de résoudre une partie de leur problème d'endettement chronique.

Le journal " Financial News " - publication liée au ministère des Finances - a rapporté jeudi que trois provinces s'apprêteraient ainsi à émettre des titres : le Shandong, le Guangdong et le Zhejiang. Pour l'instant aucune date n'a été donnée et le ministère des Finances n'a pas précisé comment seraient dépensés les revenus.

La nouvelle était attendue et les mesures doivent aider à résoudre le problème de l'accès au crédit des gouvernements locaux qui ne peuvent ni emprunter directement auprès des banques ni émettre des obligations.

Suite au plan de relance de 2008, la machine s'est emballée et selon les analystes et des rapports commandités par le gouvernement, l'ensemble des dettes contractées par les véhicules d'investissements en vigueur pourrait atteindre 15 trillions de yuans dont jusqu'à 15 % pourraient faire défaut. Le gouvernement est sous pression pour résoudre le problème qui est devenu, selon plusieurs analystes, la préoccupation majeure de la Chine. Depuis presque deux ans, les agences de notation tirent la sonnette d'alarme et ont revu leur perspective de croissance à la baisse. Plusieurs scénarios sont envisagés dont le plus probable sera sans doute, comme par le passé, une prise en charge par le gouvernement central d'une partie des dettes et une injection de capital dans les banques.

Peu d'effets concrets

Les nouvelles annoncées jeudi constituent donc pour les analystes un pas dans la bonne direction et vont globalement rendre plus transparent un système particulièrement opaque, dans lequel même les autorités ont du mal à naviguer.

À court terme toutefois, peu d'effets concrets sont attendus. " Le jour où les gouvernements locaux pourront indépendamment émettre leurs obligations est encore lointain ", explique Andy Rothman économiste chez CLSA à Shanghai. Virginie Mangin, à Pékin

PHOTO - A helicopter carrying an advertisement banner by the Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) flies past the 88-storey Two International Financial Centre (2IFC) building in Hong Kong August 18, 2011. The banner advertises RMB sovereign bonds issued in Hong Kong.

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Le yuan flexible en 2015 ? - Virginie Mangin

La Tribune (France), no. 4804 - Économie | International, vendredi 9 septembre 2011, p. 8

Une singulière information a été publiée jeudi par l'agence Bloomberg. Selon l'agence, des officiels chinois ont indiqué au Président de la Chambre de Commerce Européenne que le yuan serait " pleinement convertible " d'ici 2015. Si les autorités ont toujours fait de la convertibilité de leur monnaie un but, une échéance n'avait jusqu'ici jamais été fixée mêm officieusement. Le sujet reste trop sensible en Chine même, où le puissant lobby du ministère du Commerce cherche à protéger les exportateurs, mais aussi sur la scène internationale : la sous-évaluation de la monnaie chinoise est la cause de tensions entre la Chine et ses partenaires commerciaux. Le contexte actuel et la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis rendent une telle nouvelle improbable : lors de la crise financière en 2008, la Chine avait répondu en réindexant sa monnaie au dollar, mettant ainsi fin à la progressive réévaluation entamée deux ans auparavant. La Chambre de commerce a refusé de s'exprimer et son Président contacté par téléphone a expliqué qu'il n'avait rien à ajouter. Bloomberg indique qu'il n'avait pas donné de source précise. Cependant, une source proche de la Chambre de commerce a néanmoins confié que les propos avaient été tenus "en passant" lors d'une conversation avec " un officiel qui n'est pas concerné par le sujet ". Il est donc peu probable que la Chine ait changé brutalement de politique monétaire ...

PHOTO - Zhou Xiaochuan, governor of the People's Bank of China, or the Central bank, attends a conference during the annual meeting of the boards of Governors of the African Development bank group in Shanghai in this May 15, 2007 file photo. China has begun work on an 18-month reshuffle of its top economic and regulatory policy officials as part of a leadership transition to a younger generation. Zhou, 63, who has overseen monetary policy and the landmark 2005 revaluation of the yuan as head of the central People's Bank of China since 2002 is expected to depart the stage. Guo Shuqing, chairman of China Contruction Bank and a former head of the State Administration of Foreign Exchange has long been tipped to replace Zhou. To match Insight CHINA-POLITICS.

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mardi 6 septembre 2011

ANALYSE - Pourquoi le risque de rechute inquiète aussi la Chine - Gabriel Grésillon


Les Echos, no. 21010 - Idées, mardi 6 septembre 2011, p. 16

L'économie chinoise peut-elle sauver le monde ? A l'heure où plane la menace d'une rechute généralisée, les yeux se tournent vers la deuxième économie mondiale. A peine secouée en 2008 et 2009, a-t-elle les moyens de réitérer son exploit d'alors et de confirmer son rôle de locomotive planétaire ?

On pourrait être tenté de répondre positivement. Qui peut nier que Pékin dispose toujours de la ressource financière qui l'a tiré d'affaire en 2009 ? C'est bien par un massif plan de relance que la Chine est alors parvenue à maintenir sa croissance à 8,7 %. Ce sont les 4.000 milliards de yuans (14 % du PIB !) injectés dans l'économie qui ont permis de faire oublier l'hécatombe du secteur exportateur. Et de redonner du travail aux millions de migrants désertant les provinces côtières sinistrées.

Aujourd'hui, en agrégeant tout le passif des administrations chinoises, on voit que la dette publique dépasse tout juste les 50 % du PIB. Ce sont, certes, 10 points de pourcentage de plus qu'avant la relance. Mais cela reste extrêmement confortable, comparé aux pays développés. Quant aux rentrées fiscales, elles ont été multipliées par plus de huit en dix ans, ce qui donne au régime une réelle force de frappe en cas de nécessité. Sur le papier, Pékin peut donc, à tout moment, débloquer un nouveau plan de relance en cas de choc violent.

Et pourtant, la Bourse de Shanghai a le blues. Hier, elle a très mal pris les mauvais chiffres du chômage aux Etats-Unis, atteignant son point le plus bas en quatorze mois. Car, en réalité, la probabilité d'une nouvelle perfusion de fonds publics semble faible. Deux ans après le plan de relance de Pékin, la Chine est encore en train d'en payer les effets pervers. Inondée de liquidités en 2009, elle peine à reprendre la main sur la circulation monétaire dans le pays : l'inflation dérape. Le Premier ministre, Wen Jiabao, répète inlassablement que la lutte contre la vie chère est son combat prioritaire. Et le pouvoir joint les gestes à la parole. La banque centrale ne cesse de serrer la vis depuis octobre 2010.

Mais, pour l'heure, l'efficacité de cette politique reste à démontrer. Ces derniers mois, la publication du chiffre d'une inflation toujours plus élevée a systématiquement donné lieu au même commentaire des économistes : cette fois, c'est la dernière. Le pic est atteint. Promis, la hausse des prix va s'assagir. Nous en étions, en juillet, à une appréciation moyenne des prix de 6,5 % sur un an - à comparer avec un objectif de 4 % sur l'année fixé par le gouvernement. Quand bien même le reflux tant attendu se serait enfin produit en août - ce que l'on saura dans trois jours -, il faut se rendre à l'évidence : il sera faible. L'inflation s'est désormais installée en Chine. Andy Rothman, l'économiste Chine du courtier CLSA, qui pourtant se singularise par son grand optimisme sur l'économie chinoise, le reconnaît d'ailleurs : « L'inflation est partie pour être plus élevée au cours des cinq prochaines années qu'auparavant. »

Qu'en déduire ? C'est là que les points de vue divergent. Il y a ceux, comme Andy Rothman, qui y voient un processus sain lié à la hausse du niveau de vie et des salaires. De fait, le salaire minimum a plus que doublé en dix ans, et cette tendance s'accélère, avec des hausses de salaires actuellement autour de 20 % sur douze mois. Quant au revenu moyen des ménages, même corrigé de l'inflation, il est en nette hausse : autour de 7 % par an dans les villes et de 12 % dans les campagnes. Alors que le monde entier reproche à la Chine le sous-développement de sa consommation des ménages, l'économiste de CLSA rétorque que la Chine connaît aujourd'hui « le scénario de consommation des ménages le plus impressionnant de la planète ». Les ventes de détail, l'année dernière, ont augmenté de 19 %.

Et puis il y a les autres. Peu audibles il y a un an, ils retrouvent de la voix. Leur hantise : que la Chine ait en partie perdu le contrôle de sa masse monétaire. D'après certaines estimations, le volume de prêts qui sera réellement accordé dans le pays cette année pourrait être le double du quota officiel. Lettres de crédit, prêts non déclarés octroyés par des entreprises ou par des particuliers, trusts et autres fonds de gestion de portefeuille sont autant de vannes par lesquelles le crédit continue d'affluer en échappant au contrôle de Pékin. Cela apparaît comme le symptôme de l'addiction de l'économie chinoise à l'investissement. Même si le secteur exportateur est d'une importance capitale au plan social (il fournit des emplois à des millions de travailleurs peu qualifiés), ce n'est pas lui, mais bien l'investissement, qui a généré près de la moitié de la croissance ces dernières années.

C'est un point faible du système : les dirigeants locaux utilisent massivement le levier de l'investissement. Sans même parler des pots-de-vin liés à ces activités, construire des routes, des ponts ou des bâtiments dope le PIB du territoire dont ils ont la charge et reste, pour eux, le meilleur accélérateur de carrière. Cela explique autant la vitesse à laquelle le pays du Milieu s'est développé que le mal qu'ont maintenant les autorités à calmer le jeu. Car l'utilité de ces infrastructures diminue tendanciellement. La Chine n'est plus ce pays où tout reste à construire.

Au moment où l'on découvre que le ministère des Chemins de fers a surinvesti dans les TGV, construisant à toute vitesse un gigantesque réseau que nul ne sait réellement rentabiliser, Pékin sait qu'il est urgent de freiner l'investissement. D'une part, son effet démultiplicateur sur l'économie diminue, et chacun s'interroge aujourd'hui sur le volume des dettes qui, un peu partout dans le pays, risquent de ne jamais être remboursées. D'autre part, il alimente l'inflation. Un nouveau plan de relance irait à l'encontre de cet impératif. Si le monde cale à nouveau, Pékin risque de se retrouver face à un délicat dilemme : subir un coup de frein douloureux ou impulser un stimulus dangereux.

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Un investisseur chinois veut créer un parc touristique géant en Islande

Huang Nubo, magnat de l'immobilier, veut acheter 300 kilomètres carrés de terrain pour y développer l'écotourisme. Un projet économiquement alléchant mais politiquement sensible.

Un parc d'attractions chinois pour sortir de la crise ? C'est le projet qu'a proposé l'investisseur chinois Huang Nubo aux autorités islandaises. Le rêve de ce patron chinois, classé au 161e rang des fortunes dans le pays par le magazine « Forbes », est simple : acheter 300 kilomètres carrés dans le nord-est de l'île pour y créer un club orienté vers l'écotourisme : randonnée, golf, VTT, survol de l'île seraient proposés à ses membres. Huang Nubo vise les 300.000 adhérents, dont la moitié de Chinois. Avec son budget prévisionnel de 200 millions de dollars investis sur cinq ans, il a de quoi faire réfléchir un pays qui a pris de plein fouet la crise financière internationale, dont trois des principales banques ont fait faillite, et qui vit aujourd'hui sous perfusion du FMI.

Des réactions ambivalentes

La demande a officiellement été faite auprès des autorités, qui se prononceront d'ici au 24 février 2012. Elle suscite toutefois des réactions ambivalentes. L'opportunité économique est indéniable. Le seul achat du terrain rapporterait 8,9 millions de dollars à l'Etat islandais. Kristin Arnadottir, l'ambassadeur d'Islande en Chine, y est manifestement sensible. « C'est la meilleure promotion de l'Islande que j'ai entendue depuis longtemps », a-t-elle affirmé. Mais l'idée de céder 0,3 % du territoire national à un ressortissant chinois fait grincer les dents de certains, dans un pays où il est normalement interdit de vendre la terre à toute personne extérieure à l'Union européenne. Le ministère de l'Intérieur a donc été saisi d'une demande d'exemption.

Se pose également la question des éventuelles arrière-pensées politiques du magnat chinois de l'immobilier et des parcs d'attractions. Celui-ci affiche sa passion pour le petit pays nordique, qu'il dit tenir de son amitié de trente ans pour un camarade d'université islandais. Il a notamment donné 1 million de dollars pour la création d'un festival de poésie liant la Chine et l'Islande - sa fortune personnelle représenterait environ 900 fois cette somme. Mais son passé d'officiel inquiète. Il n'a quitté ses fonctions au ministère de la Propagande chinois qu'au début des années 1990. La Chine cherche-t-elle à prendre pied sur une île stratégiquement située entre l'Europe et les Etats-Unis ? « Mon projet est purement commercial », a rétorqué devant la presse Huang Nubo, vendredi à Pékin, avant de moquer la réaction de frilosité de certains. « Comme la Chine possède maintenant un porte-avions, cela va faire penser aux gens qu'il va aller jusqu'en Islande », a-t-il plaisanté. De son côté, l'agence officielle chinoise Chine nouvelle, reprise par le « China Daily », citait un expert qui critique l'état d'esprit de l'Occident, selon lui inchangé depuis la guerre froide. « Il faudra du temps avant que les autres pays réalisent le rôle positif des investissements chinois », a prévenu Mei Xinyu, membre de l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique.

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mardi 30 août 2011

Addictions chinoises - Martine Bulard


Le Monde diplomatique - Septembre 2011, p. 1

Des Etats-Unis tancés et privés de la note de meilleur élève de la classe (capitaliste) ; une Chine sollicitée pour renflouer les caisses et impulser la croissance mondiale. Même dans leurs rêves nationalistes les plus fous, les dirigeants chinois n'auraient pu imaginer plus spectaculaire basculement de l'histoire.

Ils ne se privent donc plus de donner des leçons à cette Amérique " qui doit soigner son addiction à la dette " (Xinhua, 7 août 2011). Et précisent que Pékin " a tous les droits d'exiger des Etats-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel ". Qui paye le bal mène la danse. Or la Chine se montre très généreuse : elle a accumulé en bons du Trésor américain 1 170 milliards de dollars, soit l'équivalent ou presque de la richesse annuelle produite par la Russie. Une arme financière qu'elle utilise politiquement, renvoyant les Occidentaux à leurs turpitudes.

On aurait tort de croire qu'à ce jeu elle est isolée. Dans la région, les souvenirs des mesures imposées en 1997-1998 par le Fonds monétaire international (FMI) restent vifs. L'ex-ambassadeur singapourien Kishore Mahbubani fait remarquer, non sans ironie : " Tous les conseils que les pays asiatiques ont reçus ont été ignorés par l'Occident (1). " Malgré des tensions territoriales en mer de Chine méridionale, les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Anase) ont donc, le 9 août, mis l'accent sur la complémentarité des économies asiatiques. Leur voisin est encombrant, voire arrogant ; mais, en cas de crise aggravée, il dispose de moyens sonnants et trébuchants.

La Chine, qui aime à parler addiction, devrait cependant balayer devant sa porte. Elle aussi est " accro " à la dette : celle de l'Amérique, qui lui permet de placer sans trop de risques ses excédents financiers et de continuer à exporter à crédit. N'est-elle pas désormais le premier bailleur de fonds étranger des Etats-Unis, devant le Japon ? Ce qui lui apporte au moins autant de contraintes que de droits. Elle ne peut arrêter net l'achat de bons du Trésor sans risquer de provoquer une baisse du billet vert : ses énormes réserves (en dollars) se dégonfleraient alors comme une baudruche.

Ne voulant pas utiliser une telle bombe atomique financière, la Chine cherche à se dégager de cette dépendance en internationalisant sa monnaie pour réduire les privilèges du dollar. Elle multiplie les possibilités d'acheter des bons du Trésor chinois en yuans à la Bourse de Hongkong, attirant ainsi des capitaux de moins en moins contrôlables. Le jeu est périlleux. Mais, convaincu par ailleurs que ses débouchés extérieurs vont se réduire, Pékin tente également de réorienter son économie vers le marché intérieur. La mutation est amorcée : salaires en hausse, minimum retraite généralisé, etc. Trop lente et surtout trop inégalitaire, la course contre la montre est loin d'être gagnée.

Croire cependant, comme les pays occidentaux, qu'une réévaluation du yuan et une hausse des importations chinoises suffiraient à relancer la machine est une vue de l'esprit. Surtout pour un pays en voie de désindustrialisation comme la France, dont le déficit extérieur s'explique largement par la production automobile réalisée à l'étranger par des constructeurs nationaux... et réimportée. Là aussi, soigner l'addiction aux profits devrait être prioritaire.

(1) The Economist, Londres, 20 août 2011.

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lundi 29 août 2011

Pour internationaliser le yuan, des fonds offshore investis directement en Chine


La Tribune (France), no. 4795 - Industrie financière, lundi 29 août 2011, p. 12

Le gouvernement chinois va accorder des licences aux filiales de sociétés de gestion chinoises basées à Hong Kong.

Pour que le secteur financier joue les premiers rôles au niveau mondial, l'internationalisation du yuan est indispensable. Les autorités chinoises l'ont bien compris et prennent des mesures dans ce sens. Dernière en date : les sociétés d'investissement installées dans des places offshore, et qui lèvent des fonds en yuans, pourront les réinvestir directement en Chine continentale en devise locale. Le rapatriement de yuans devient donc possible.

Aujourd'hui, une société de gestion étrangère ne peut investir en Chine continentale que si elle dispose d'une licence QFII (" qualified foreign institutionnal inverstor ") investisseur institutionnel étranger qualifié) en convertissant des devises étrangères en yuan. Avec la licence mini-QFII ou RQFII (r pour remimbi), les autorités autoriseront les gérants installés sur des places offshore, principalement à Hong Kong, à investir directement en yuan sur des titres domestiques chinois.

Dans un premier temps, mais sans le préciser, les sociétés de gestion chinoises ayant une filiale à Hong Kong obtiendront ces licences. D'où leur volonté d'être présentes sur cette place. " Ces sociétés auront un avantage compétitif face aux gérants étrangers qui ne peuvent pas proposer de fonds en yuans investis directement sur le marché domestique ", indique le spécialiste. Ces derniers ne semblent pas inquiets, pour le moment, les titres chinois représentant une faible part de leurs actifs. Mais si celle-ci vient à augmenter significativement cela changera la donne.

140 milliards de yuans

Par ailleurs, les autorités ne délivreraient au début qu'un quota de 20 milliards de yuans (3,1 milliards de dollars), à comparer aux 30 milliards de dollars de quotas accordés d'ici 2013 avec le QFII. Avec le RQFII, de nouveaux produits actions et obligations libellés en yuan seront créés. Des fonds " Ucits " (répondant aux normes européennes) seront aussi proposés. Ainsi, le E-Fund Management, deuxième gérant chinois avec environ 30 milliards de dollars d'encours, attend sa licence pour lancer son fonds " Ucits " libellés en yuans.

Enfin, l'utilisation du yuan pour réaliser des investissements directs en Chine dynamisera le marché obligataire hong-kongais, lequel est évalué à 140 milliards de yuans. Il n'absorbe donc qu'une partie des 600 milliards en dépôt dans les banques hong-kongaises. Un montant qui pourrait atteindre 1 .000 milliards d'ici à la fin de l'année.

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dimanche 21 août 2011

Le « made in China » n'est pas coupable - Clément Hervé

Les Echos, no. 20999 - Idées, lundi 22 août 2011, p. 14

Dans la presse étrangère

La Chine a dégagé un surplus commercial de 31 millions de dollars au mois de juillet. Cela devrait à nouveau servir de prétexte aux Américains pour récriminer la faible valeur du yuan. Le « China Daily », a repris les résultats publiés par des économistes pour le « Wall Street Journal » afin d'indiquer que les Chinois ne sont toutefois pas à blâmer.

La part des produits chinois dans la consommation des foyers américains n'est « pas aussi importante que les gens ne le pensent ». 88,5 % des dépenses liées à la consommation sont réalisés pour des produits fabriqués« sur le territoire américain ». Les achats de produits chinois ne représentent qu'un quart du reste, soit 2,7 % du total.

En moyenne, pour 1 dollar dépensé dans un produit labélisé « made in China », 55 centimes reviennent à des entreprises américaines. Celles-ci bénéficient en effet de marges intéressantes sur les ventes en gros et au détail - notamment pour les appareils électroniques et les vêtements. Que cela signifie-t-il concrètement ? demande le « China Daily ».

Ces résultats prouvent que la « menace » qui « plane au-dessus de l'arène politique américaine » est « largement exagérée ». La part des produits chinois dans la consommation a certes augmenté rapidement mais elle reste une « faible fraction du total ». De plus, si un yuan fort rééquilibrerait la balance commerciale entre Pékin et Washington, il est « peu crédible » que cela permette aux fabricants américains de vendre plus sur le marché intérieur. Puisque 55 % des revenus générés par les produits chinois reviennent aux Américains, l'impact d'une appréciation du yuan sera très faible sur la compétitivité des entreprises du pays.

L'avantage pour Washington, conclut le quotidien pékinois contrôlé par le pouvoir, est qu'une faible part des produits « made in China » dans la consommation signifie également que l'inflation chinoise (+ 6,5 % entre juillet 2010 et juillet 2011) aura un « impact très limité » sur la consommation des ménages américains.

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jeudi 18 août 2011

Politique de change : la Chine teste une nouvelle stratégie - Olivia Siegl

Les Echos, no. 20997 - International, jeudi 18 août 2011, p. 5

Pressée par la crise de la dette américaine et une inflation record sur son territoire, la Chine semble décidée à assouplir sa politique de change : le yuan est plus fort que jamais face au billet vert.

Le yuan s'est apprécié ce mardi à un niveau record face au billet vert, à 6,3925 yuans pour 1 dollar. Depuis juin 2010, date à laquelle la monnaie chinoise a de nouveau été autorisée à flotter autour du cours fixé par Pékin pour le dollar, elle s'est appréciée de 6,9 %. Sur la seule année 2011, le taux de change a progressé de 3,19 %, amenant certains cambistes à évoquer une « mini-réévaluation » du yuan.

Dans le but de limiter son inflation, l'empire du Milieu semble bel et bien avoir adopté une nouvelle stratégie de change. Bien que la lutte contre l'inflation ait été érigée par Pékin en priorité absolue, la hausse des prix en Chine a atteint en juillet un record de trois ans, à + 6,5 % en glissement annuel. Un phénomène particulièrement préoccupant pour un pays où l'épargne des ménages est très importante et se voit érodée par la hausse des prix.

Diversifier les réserves

Faire du yuan le nouvel instrument de sa politique monétaire peut paraître étonnant de la part de la Chine, qui s'est toujours montrée très réticente à définir sa politique monétaire en fonction de l'inflation, comme le lui suggéraient les Etats-Unis.

Deux éléments expliquent toutefois ce changement de politique. Premièrement, dans le contexte de tassement conjoncturel actuel, la banque centrale chinoise (BOC) peut difficilement monter ses taux d'intérêt pour limiter l'inflation, comme elle l'a déjà fait cinq fois depuis octobre 2010. D'autant que le resserrement du crédit a eu peu d'effet sur le niveau des prix. Aussi le taux de change devient-il le seul outil à sa disposition.

Par ailleurs, la crise de la dette américaine inquiète la Chine, qui craint pour la sûreté de ses avoirs en dollars. Pékin aimerait donc diversifier ses réserves. Or, pour éviter que le yuan ne s'apprécie face au dollar, ce qu'il ferait naturellement étant donné l'excédent commercial réalisé par la Chine vis-à-vis des Etats-Unis, la BOC est constamment obligée d'acheter des dollars. Le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a d'ailleurs reconnu, en avril, que le niveau des réserves de change chinoises dépassait « le raisonnable ». Si elle souhaite vraiment se détacher du dollar et lutter contre l'inflation, la Chine semble donc incitée à laisser s'apprécier le yuan.

Compétitivité

« Le moment est venu de sauter le pas », titrait mardi le « China Securities Journal », un influent périodique. Comme d'autres, il a compris qu'un assouplissement de la politique de change devrait permettre à la Chine de se montrer bien plus compétitive. En effet, laisser le yuan s'apprécier permettra au pays de réduire le coût de ses importations de matières premières et d'accroître sa compétitivité. Une théorie affaiblie par certains économistes qui estiment que ce gain de compétitivité serait immédiatement annulé par une hausse de la demande intérieure de matières premières et, donc, des prix à l'importation.

Une chose est certaine, la Chine gagnera en compétitivité en réduisant l'écart d'inflation avec les Etats-Unis. En effet, la hausse du taux de change nominal sera alors compensée par un relâchement de l'appréciation réelle du yuan par rapport au dollar. Enfin, le « China Securities Journal » est convaincu que l'appréciation du yuan n'handicapera pas outre mesure les exportations chinoises qui, rappelle-t-il, dépendent de moins en moins des marchés occidentaux.

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mercredi 17 août 2011

La Chine laisse s'apprécier sa monnaie par rapport au dollar - Brice Pedroletti

Le Monde - Economie, mercredi 17 août 2011, p. 11La Chine laisse s'apprécier sa monnaie par rapport au dollar à un rythme de plus en plus rapide

Le yuan, la devise chinoise, a continué de se renchérir face au dollar, mardi 16 août, pour la cinquième journée consécutive, atteignant le taux record de 6,3925 yuans pour un dollar. Soit une appréciation de plus de 7 % depuis juin 2010, date de l'abandon par la Chine du " peg " (ancrage) liant le yuan au dollar.

Après être passé le 11 août sous la barre des 6,4 yuans, soit son plus bas niveau en dix-sept ans face à la devise chinoise, le dollar pourrait tester le seuil des 6,39 yuans. Le yuan reste toutefois contraint par une bande de fluctuation des taux de change quotidien de plus ou moins 0,5 %. En juin, les analystes des taux de change de la banque Standard Chartered ont d'ailleurs estimé qu'elle pourrait être élargie à 1 %, ce qui accélérerait le mouvement. Le dernier élargissement de la marge de fluctuation du yuan date de mai 2008.

En réalité, note un expert occidental à Pékin, on part " d'un seuil très bas ", et ces " records " récents sont dans la logique du décrochage de juin 2010. Certes, le yuan est la seule devise des pays émergents à s'apprécier ces derniers jours, mais il s'est beaucoup moins renchéri sur le moyen terme que les devises de pays comme le Brésil.

Surtout, le taux effectif du yuan, par rapport à un panier de devises, se déprécie depuis 2010 - notamment par rapport à l'euro. Selon Ding Zhijie, professeur de l'université d'économie et de commerce international de Pékin, " la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis a pour conséquence d'affaiblir la confiance dans l'euro et dans le dollar, et donc de renforcer le yuan ".

Ralentir l'inflation

Cette remontée spectaculaire de la monnaie chinoise intervient au moment de la visite en Chine du vice-président américain Joe Biden, qui doit passer cinq jours dans le pays. Selon l'administration Obama, il ne manquera pas de rappeler à ses hôtes que leur devise est " substantiellement sous-évaluée ". Or, les Chinois n'ont pas l'habitude de montrer un grand empressement face aux demandes américaines. En réalité, même s'il n'est pas librement convertible sur le marché des changes, le yuan n'est pas non plus " piloté " au jour le jour par les autorités monétaires chinoises.

En l'occurrence, la Banque centrale fait des efforts continuels pour rendre plus flexible cette devise et la pousser vers la convertibilité par le biais de projets pilotes d'internationalisation - ainsi, une plateforme offshore d'échange de la devise chinoise a été créée à Hongkong. Ces efforts ont en partie porté leurs fruits : le marché est devenu " poreux " selon l'expert occidental - " Les acteurs financiers parient sur une appréciation du yuan, et cela se traduit par des pressions à la hausse sur la monnaie. "

Ces entrées de capitaux spéculatifs et les surplus commerciaux (ils ont atteint un record en juillet) posent problème à Pékin, dans la mesure où la banque centrale doit placer ces dollars dans des bons du Trésor américain - qui reste le plus sûr et le plus pratique des placements possibles pour la Chine.

De plus, faire fonctionner la planche à billets en Chine, une opération qui génère de l'inflation. La hausse du yuan peut donc contribuer à ralentir marginalement cette inflation, qui a atteint 6,5 % en glissement annuel en juillet. Elle a notamment un effet direct sur l'inflation " importée " (par exemple le prix des matières premières). Ces gains sont toutefois relatifs, surtout dans la perspective d'une troisième vague d'injection de liquidités dans l'économie américaine - dont l'effet sera d'accroître les flux de capitaux... vers la Chine.

Brice Pedroletti

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mardi 9 août 2011

ANALYSE - La stratégie chinoise du yuan ruine les finances en Occident


Le Monde - Analyses, mardi 9 août 2011, p. 15

Mi-2007 éclatait la crise des pays occidentaux. Mi-2009, ceux-ci sortaient de leur récession mais ne se débarrassaient pas pour autant de la crise qui restait la leur. Mi-2011, leur situation vient même de rebondir sous forme d'une crise conjointe de leurs finances publiques qui menace maintenant de les faire rechuter en récession...

En face, la Chine manifeste une santé insolente : trente-troisième année d'affilée sans récession, une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 10 % l'an depuis vingt ans, un chômage qui ne cesse de reculer, des réserves de change, qui, tout compté, dépassaient déjà 4 500 milliards de dollars (3 165 milliards d'euros) à la fin du mois de juin 2011...

Ce contraste s'explique par l'énorme sous-évaluation du yuan infligée par la Chine à ses partenaires et rivaux. Grâce à un contrôle des changes draconien qui n'est accessible qu'aux Etats totalitaires, la Chine maintient le yuan à 0,15 dollar et à 0,11 euro, quand, selon le Fonds monétaire international (FMI) et l'ONU, il devrait valoir 0,25 dollar et 0,21 euro !

Les pays occidentaux sont restés totalement passifs face au cours du yuan que leur dicte la Chine. Depuis que, en 2001, ils ont admis la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), armée de son contrôle des changes, ils se sont privés, il est vrai, de la seule arme qui pourrait la faire céder : les représailles douanières.

Il en a résulté à la fois une désindustrialisation majeure des pays occidentaux et une industrialisation intense de la Chine.

La main-d'oeuvre en Chine étant la moins chère au monde, les entreprises qui y sont basées s'emparent de parts croissantes du marché mondial tandis que les multinationales occidentales viennent concentrer leurs investissements productifs sur le territoire chinois. Ce qui renforcera encore les parts du marché mondial captées par la Chine...

Dans les pays occidentaux, le processus de croissance s'est enrayé. Leur commerce extérieur est devenu fortement déficitaire et le montant de l'investissement des entreprises sur leurs territoires ralentit fortement. De ce fait, depuis 2001, les économies occidentales sont exposées à subir une récession prolongée (parce que structurelle et due au yuan).

A deux reprises pourtant, en 2002 puis en 2008, les mêmes dirigeants occidentaux qui restaient passifs sur le yuan ont prétendu découvrir une parade qui leur permettrait de maintenir une croissance honorable et durable. Ces parades successives étaient en réalité des artifices qui leur ont explosé à la figure.

Entre 2002 et 2006, l'apprenti sorcier Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérame (Fed), opta pour une politique prolongée de taux bas pour décourager les ménages de l'épargne et les inciter à l'achat de logement à crédit.

Expédient désastreux ! Pendant quatre ans, le PIB et l'emploi dans les pays occidentaux furent certes tirés par un secteur immobilier devenu euphorique. Mais, après ce succès limité et momentané, l'euphorie induisit des excès qui aboutirent, comme on le sait, à un redoutable effet boomerang. A compter de mi-2007 éclatent, aux Etats-Unis et en Europe, une triple crise immobilière, bancaire et boursière, une récession et une explosion du chômage qui s'avérèrent d'une ampleur historique. Au total, des dégâts très supérieurs à l'avantage initial... Un premier fiasco absolu.

Fin 2008, après avoir rétabli la confiance par quelques mesures exceptionnelles dans le secteur bancaire, les dirigeants occidentaux renoncèrent une nouvelle fois à extraire de la Chine la forte réévaluation du yuan, ce qui était pourtant la seule vraie solution pour redresser durablement leur commerce extérieur, leur PIB et leur emploi.

D'autres apprentis sorciers surgirent, proposant une nouvelle parade. Après la première réunion du G20 de novembre 2008, Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, et Ben Bernanke, le président de la Fed, optèrent pour une politique de relance budgétaire massive (déficit aux Etats-Unis autour de 10 % du PIB en 2009, 2010 et 2011) assortie de taux courts et de taux longs maintenus très bas.

Les autres pays occidentaux se livrèrent eux aussi à une relance massive, en 2009, qu'ils ne modérèrent que très peu en 2010 et en 2011.

Le succès fut de courte durée. Cette relance sortit certes les pays occidentaux de leur récession franche à compter de l'été 2009. Mais, dès l'été 2010, il s'avéra que cette relance n'induisait qu'une reprise trop molle pour que la croissance s'auto-entretienne.

Désormais, il est vrai, la croissance n'était plus seulement pénalisée par le commerce extérieur et l'investissement des entreprises mais aussi par l'investissement immobilier et par une hausse inopportune de l'épargne des ménages due à un chômage durablement élevé.

Mais il y a pire. Cette relance budgétaire longtemps trop forte a fini par enclencher une crise des finances publiques occidentales. L'étincelle qui mit le feu a surgi en Grèce après les élections d'octobre 2009. Mais le Portugal et l'Irlande, l'Espagne et l'Italie, la Belgique, l'Autriche, la France et par ailleurs le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis partagent tous en réalité avec la Grèce une même configuration : une dynamique très inquiétante de leurs finances publiques et une croissance très modeste de leur PIB.

Cette configuration a fait déraper leurs ratios dette publique/PIB. Ceux-ci approchent les seuils qui inquiètent les agences de notation quant à la remboursabilité de la dette publique. Les investisseurs se portent vendeurs des obligations d'Etat. Cela fait baisser leurs cours et monter leurs rendements.

Une crise de confiance dans les signatures souveraines occidentales vient de s'enclencher. Une fois encore, l'effet boomerang final s'avère très supérieur à l'avantage initial. Un deuxième fiasco absolu.

Le moment est venu de tirer le bilan. La Chine capitalise la stratégie qu'elle a amorcée en 1989, et elle se réjouit de nous avoir déstabilisés sur tous les plans : commercial, économique, social, financier, monétaire, technologique, militaire, diplomatique... Notre capitulation face à elle aboutit maintenant à notre déstabilisation.

Les politiques compensatoires successives ont échoué lamentablement et ont en réalité accentué gravement notre déstabilisation. Preuve est ainsi faite que le pacifisme monétaire face à la Chine est une impasse totale.

Pour que la crise de 2007 ne devienne pas une nouvelle crise de 1929, il faut maintenant renverser le jeu. Il faut se mobiliser pour faire céder la Chine sur sa politique du yuan. Il suffit pour cela de préparer sérieusement et collectivement des représailles douanières à son encontre.

Faute d'une telle initiative, les pays occidentaux s'enfermeront rapidement dans une spirale de déclin économique et financier qui les amènera à se retrouver chacun durablement asservi à la Chine et au Parti communiste qui la dirige depuis 1949.

Antoine Brunet

Président de AB Marchés, coauteur, avec Jean-Paul Guichard, de " La Visée hégémonique de la Chine " (L'Harmattan)

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vendredi 5 août 2011

L'inquiétude grandit sur la dette locale de la Chine - Julie Desne

Le Figaro, no. 20842 - Le Figaro Économie, vendredi 5 août 2011, p. 22

Les fonds détenant des obligations des collectivités chinoises enregistrent de lourdes pertes.

Quand le spectre de la dette apparaît même en Asie, nouveau moteur de la croissance mondiale, il fait frémir les marchés. L'annonce, fin juin, d'un endettement record inattendu des collectivités locales chinoises a rendu les investisseurs nerveux ces dernières semaines. Le Bureau national de l'audit (BNA) avait conclu dans un rapport inédit que provinces et municipalités de Chine avaient accumulé près de 1 160 milliards d'euros de prêts fin 2010. Selon certains économistes, le chiffre pourrait même atteindre 1 500 milliards d'euros. Une nouvelle peu goûtée par le marché obligataire, où les municipalités chinoises enregistrent les unes après les autres des reculs cuisants. Le fonds d'investissement de développement de la ville de Fuzhou, dans le Sud-Est, a par exemple perdu 7,8 % au cours des derniers jours.

Une croissance à deux chiffres

Sur le plan macroéconomique, Pékin est loin de Washington. L'empire du Milieu est riche, assis sur un tas de devises avec des réserves de change estimées à plus de 3 000 milliards de dollars. Sa croissance, encore à deux chiffres l'an dernier, fait le reste. Mais les banques sauront-elles résister ? La question est sur toutes les lèvres. Les établissements financiers ont prêté 80 % des milliards cités par le BNA, à la faveur du plan de relance adopté fin 2008 par le gouvernement central. « Une large partie de ces prêts, si ce n'est la majorité, ne seront pas couverts par les projets qu'ils financent », estime Stephen Green, économiste de la Standard Chartered Bank à Hongkong.

La China Banking Regulatory Commission évalue, pour sa part, entre 220 et 330 milliards d'euros le montant des créances douteuses déjà contractées par les quelque 10 000 véhicules d'investissements mis en place par les collectivités locales, qui ne sont pas habilitées à emprunter en Chine. Ils devraient, par ailleurs, payer entre 65 et 100 milliards d'intérêt dès cette année. « Il y a un risque élevé pour le secteur financier. Mais c'est un pays socialiste. Le gouvernement interviendra et les banques ne feront pas banqueroute », prévoit Lu Ming, professeur d'économie à l'université de Fudan à Shanghaï. Le dernier sauvetage de ce genre avait eu lieu entre 1998 et 2005, pour absorber les effets de la crise asiatique. L'addition s'était alors montée à 437 milliards d'euros, soit 22 % du produit intérieur brut chinois de l'époque.
1 160 milliards d'euros : Montant des prêts accumulés fin 2010 par les provinces et municipalités de Chine


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