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vendredi 3 juin 2011

Portugal : Ceux qui lui feront boire la potion amère de l'austérité

Le Monde - Supplément Terres d'Europe, samedi 4 juin 2011, p. 7

Le Portugal émarge à cette Europe où l'expresso est à moins d'un euro, invisible frontière qui partage le continent. Aux terrasses de Lisbonne, le " petit noir ", entre 55 et 80 centimes, dit ainsi, si ce n'est la pauvreté, du moins le calcul, le besoin. Il dit aussi que le reste, l'opulence qui défile sous les yeux, les costumes de marque qui déambulent, les belles voitures qui passent, ne seraient peut-être que trompe-l'oeil.

Les fins de mois difficiles se lisent donc dans le marc mais aussi dans les journaux feuilletés assis devant sa tasse. Ils ne sont guère porteurs de bonnes nouvelles : récession prévue en 2011 et 2012, chômage à 12,4 %, défaillances d'entreprises en hausse de 5 % sur un an. Les analystes économiques alignent les chiffres cafardeux. Et puis il y a surtout ces 78 milliards d'euros que le Portugal va devoir emprunter dans les trois prochaines années à l'Union européenne (UE) et au Fonds monétaire international (FMI) pour renflouer son économie, une quête vécue comme une humiliation nationale. On s'épargnera la conversion en café mais cela fait environ 7 500 euros par habitant.

La campagne pour les élections législatives, convoquées dimanche 5 juin après la démission du gouvernement socialiste de José Socrates, tourne autour de cette aide d'urgence et des mesures d'austérité que le futur gouvernement devra instaurer. Hausse de la TVA, baisse des dépenses publiques, notamment de santé, baisse des allocations chômage, privatisations massives : la potion s'annonce amère. Les experts de la " troïka ", comme on appelle ici l'attelage FMI-Banque centrale européenne-UE, ont débarqué en début de semaine pour discuter les détails du plan, se moquant comme d'une guigne d'interférer avec l'élection.

Le résultat de dimanche décidera donc de qui fera avaler la ciguë. Les sondages donnent l'avantage à Pedro Passos Coelho, chef du Parti social-démocrate (PSD, centre droit). Dans une campagne que même les commentateurs politiques les plus mordus qualifient de " médiocre " ou d'" inintéressante ", le PS et le PSD, qui gouvernent en alternance depuis vingt ans, se rejettent la responsabilité de la crise.

Et pourtant, les signes de cette déconfiture économique restent intangibles quand on se promène dans les rues de Lisbonne, bien loin des images spectaculaires de déroute saisies ailleurs en Europe. Les solidarités familiales, la culture des petits boulots, l'argent des émigrés, un sens aigu de la débrouille amortissent les difficultés. C'est en fait une drôle de crise que vivent les Portugais.

Il y a bien ces immeubles délabrés ou murés qui dénotent des propriétaires impécunieux. Mais, dans le quartier de Lumiar, cette responsable d'agence immobilière vend sans trop de difficultés ses 100 m2 de standing. Seules deux ou trois annonces font miroiter des rabais minimes. " Nous ne sommes pas dans la situation de l'Irlande, de la Grèce ou de l'Espagne : le marché ne s'effondre pas. Il est plus calme, bien sûr, mais les prix se maintiennent. Notre clientèle a toujours les moyens. En revanche, mes collègues qui sont dans des quartiers populaires ou dans des zones à l'extérieur de Lisbonne me disent que c'est un peu plus dur pour eux : les gens pauvres n'ont plus accès au crédit. Mais, moi, je n'ai pas le sentiment de vivre la dégringolade qu'on décrit dans les journaux. " Et de conclure, stoïque : " C'est la troisième fois que le FMI vient. Les deux fois précédentes, on s'en est sorti. "

Comment en est-on arrivé là, à mendier l'aide internationale, se demande cependant la rue ? Où se sont engloutis les milliards d'euros de subventions ou d'emprunts ? La corruption ? Tout le monde en parle, sauf la justice. L'administration pléthorique ? Elle ne saurait tout expliquer non plus.

La réponse est peut-être aussi dans le centre commercial Colomb, qui se targue d'être un des plus grands d'Europe avec ses 400 boutiques, 65 restaurants et 12 salles de cinéma. Les badauds se pressent pour acheter notamment des vêtements et des chaussures, qui ne sont plus fabriqués au Portugal mais en Chine. Toutes les grandes marques ont un pied-à-terre dans cette immense galerie, avec des prix quasiment identiques à ceux pratiqués à Londres, Berlin ou Paris, quand le salaire minimum n'est au Portugal que de 500 euros par mois.

Les Lisboètes et les Portugais en général ont donc emprunté à tout- va pour s'offrir ce mode de vie au standard européen, abdiquant ce sens de l'économie qui leur a longtemps été prêté. Si la dette publique atteint 93 % du PIB, la dette privée, elle, culmine à 240 % du PIB, selon Eurostat.

Les banques ont semé leurs distributeurs de billets et leur crédit facile comme autant de tentations. Elles sont innombrables dans la ville. " N'oubliez pas que nous avons été parmi les premiers à en ouvrir ", plaisante un Lisboète. Le footballeur Ronaldo peut bien vanter les mérites de la banque Espirito Santo (Esprit saint), elle, comme les autres, a péché par excès de confiance : 12 milliards d'euros d'aides seront injectés pour renflouer un système au bord de la banqueroute.

Le vaste centre commercial Colomb jouxte l'Estadio da Luz, le stade du Benfica, entièrement refait pour l'Euro 2004, moyennant 120 millions d'euros (l'organisation du championnat d'Europe de football aura coûté 650 millions d'euros, au total). A l'autre bout de la ville, un autre centre commercial, Vasco de Gama, à peine plus petit que Colomb sous son gigantesque dôme de verre, fait, lui, partie des installations de prestige réalisées sur les bords du Tage, à l'occasion de l'exposition Lisboa 1998. Des immeubles de grand standing ont également poussé sur cette ancienne zone industrielle jouxtant le pont Vasco de Gama, le plus long d'Europe.

Autant de signes ostentatoires, comme le métro, immense et confortable, digne de la grande URSS, qui a multiplié les nouvelles lignes. Mais il perd moins d'argent que celui de Porto, qui vient d'annoncer 351 millions d'euros de déficit en 2010 et est grevé par 2,5 milliards d'euros de dettes.

Un peu partout dans Lisbonne, l'or de l'Europe s'est ainsi inscrit dans le paysage architectural comme l'avait fait naguère l'or des Amériques. Et les Portugais s'aperçoivent aujourd'hui qu'ils ont peut-être vécu sur un trop grand pied.

Alvaro Fonseca, 50 ans, professeur de microbiologie à l'université, est sans concession avec sa génération. " Nous avons été trompés par notre mode de vie. Nous ne nous sommes pas demandé comment une telle accélération était possible, quel en était le prix et qui allait le payer. Les jeunes peuvent être en colère contre nous. Nous avons été égoïstes. Nous avons hérité d'un monde construit par des gens qui oeuvraient pour l'avenir. Nous, nous avons oublié le futur. "

Benoît Hopquin

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

lundi 2 mai 2011

REPORTAGE - Le rêve envolé des Portugais - Dominique Audibert

Le Point, no. 2015 - Monde, jeudi 28 avril 2011, p. 62,64,65

Banqueroute. Comment vivre quand le pays s'effondre. Reportage à Braga.

Ce lundi matin d'avril, Braga (175 000 habitants) rayonne sous un soleil d'été. La vieille capitale du Minho, dans le nord du Portugal, irradie la splendeur baroque d'un passé révolu. Dans les faubourgs, devant l'entrepôt de la Banque alimentaire contre la faim, les premiers camions chargent déjà. C'est ici que 90 organisations caritatives de la région viennent s'approvisionner chaque mois. La crise avait déjà frappé de plein fouet les industries traditionnelles, comme le textile ou la chaussure, qui faisaient vivre la région lorsque le Portugal était encore l'atelier de sous-traitance de l'Europe. Aujourd'hui, c'est le plan d'austérité drastique imposé par l'Union européenne et le FMI pour renflouer le pays qui résonne comme une nouvelle menace. Dès 2008, la Banque alimentaire avait ouvert ses portes sous l'égide d'Isabel Varanda, avocate, et d'un groupe de bénévoles. A l'époque, elle distribuait 28 tonnes de vivres. L'an dernier, on a dépassé les 400 tonnes. Près de la moitié des bénéficiaires ont entre 25 et 60 ans, des citoyens qui ne peuvent simplement plus joindre les deux bouts.

Braga est à l'image du Portugal : une ville qui s'est délitée à petit feu en laissant son avenir lui filer entre les doigts. Dans les années 80, c'était encore la « belle époque ». Les entreprises poussaient comme des champignons, on voyait des chantiers et des grues partout. Depuis, le textile est parti en Chine ou ailleurs, le BTP est au point mort, et rien ne les a remplacés. Quelque 200 entreprises ont mis la clé sous la porte, en laissant 70 millions d'euros de salaires et d'indemnités impayés. Celles qui survivent sur le fil du rasoir ne paient que le smic, 485 euros par mois. Pour les habitants, c'est la double peine : l'impact de la crise structurelle est aggravé par le tour de vis sur les prestations sociales censé contenir l'envolée des déficits.« Les gens sont inquiets et révoltés, témoigne le patron de l'Union des syndicats de Braga (proche du PC), Adao Mendes, un vieux de la vieille qui a fait la révolution des OEillets en 1974.Les salaires, les indemnités de chômage, les allocations familiales et l'aide médicale, tout diminue sans cesse ! » Selon lui, 40 % seulement des chômeurs de la région touchent une indemnité, 4 500 familles se sont retrouvées exclues des allocations familiales, 8 000 salariés n'ont pas été payés depuis deux ou trois mois.

Sidération

Dans ce pays où l'apparence tient lieu de statut social, Braga fait encore bonne figure. Pas un SDF à l'horizon, un parc automobile dernier cri, des rues coquettes. Mais en pleine ville, au centre d'aide de l'église dos Congregados, c'est la vraie misère du Portugal qui défile. Paula, 24 ans, a l'air d'une enfant perdue. Au chômage depuis six mois avec son mari, le couple n'a pas travaillé assez longtemps pour toucher quelque chose. Elle demande si on peut lui payer sa facture d'eau, 14 euros, et le vaccin pour son bébé. Renata, 33 ans, mariée, deux enfants, est aux abois. Femme de ménage dans un centre commercial, elle vient d'être licenciée. Son mari, peintre, gagne 477 euros net. Quand ils ont réglé leur loyer et leurs charges, il leur reste 100 euros par mois pour vivre à quatre.

Comme patron d'une PME d'installation électrique, Joao, 47 ans, avait une bonne vie : 50 salariés, 30 voitures, 3 camions. En 2008, les commandes baissent, il a des problèmes de trésorerie et se voit refuser un chèque de 1 800 euros. Interdit bancaire sans préavis, victime d'un AVC qui le met hors circuit plusieurs mois, la faillite est incontournable. Avec sa barbe de quatre jours et son vieux tee-shirt, il vient chercher ici de quoi nourrir les siens, et on lui donne les antidépresseurs qu'il n'a plus les moyens d'acheter.

Les Portugais semblent frappés de sidération. Ils sont humiliés de voir leur pays réduit à quémander l'aide de l'UE et du FMI pour éviter le naufrage. En colère, aussi, contre une classe politique, droite et gauche confondues, qui les a menés en bateau jusqu'à ce désastre. Le plan de sauvetage va coûter au bas mot 80 milliards d'euros à l'Europe, l'équivalent de 7 500 euros d'aide pour chaque Portugais. Pour éviter la cessation de paiement au mois de juin, les autorités portugaises doivent faire avaliser par l'Europe avant le 16 mai un nouveau plan d'austérité. Premier objectif : ramener le déficit budgétaire record - 8,6 % du PIB en 2010 - à 2 % en 2013. Pas évident alors qu'une bonne partie du pays vit déjà« au taquet ». L'armée n'a plus un sou en caisse, la police nationale n'a pas reversé à l'Etat l'impôt à la source prélevé sur les salaires pour garder un fonds de roulement minimal. Otelo de Carvalho, le capitaine mythique de la révolution des OEillets d'avril 1974, se prend à regretter : « Si j'avais su que mon pays aurait 2 millions de pauvres en 2011, je n'aurais peut-être pas fait la révolution. » Ce 25 avril à Lisbonne, l'anniversaire de la révolution des OEillets dégagera un parfum de chrysanthèmes.

Comment le Portugal en est-il arrivé là ? A l'orée des années 2000, le pays faisait encore figure de petit dragon du continent. En 1998, rien n'était trop beau pour fêter ses succès lors de l'Exposition universelle de Lisbonne. C'était le dernier feu d'artifice. La manne des aides européennes masquait encore la réalité, mais la fuite en avant dans l'endettement et les déficits avait déjà commencé. La crise portugaise est le prix à payer pour une décennie perdue. Dix ans pendant lesquels le Portugal a vécu au-dessus de ses moyens tout en laissant filer sans réagir ses derniers avantages concurrentiels. Au sein de l'Europe, l'arrivée des nouveaux venus de l'Est à très bas salaire a fait beaucoup de mal. Sur la scène mondiale, la globalisation a condamné la plupart des industries traditionnelles.« Le Portugal est rattrapé par la réalité, résume un diplomate.Ce pays a cru qu'il allait passer de la vieille industrie à l'économie postmoderne en sautant l'étape des restructurations. Personne n'a su lui parler le langage de la vérité. » D'un côté, on avait un pays shooté à la consommation et au crédit facile. De l'autre, un déficit de l'Etat abyssal, un endettement record des particuliers et des entreprises, une croissance au point mort, un tissu économique usé où 90 % des entreprises ont moins de 10 salariés. Résultat : pour chaque Portugais, l'endettement global du pays représente une charge de 14 000 euros.

Encore plus d'austérité

Dans son bureau de Lisbonne avec vue sur le Tage, Manuel Carvalho da Silva, secrétaire général de la CGTP, le syndicat proche du PC, déplore : « On a mis dans la tête des gens que l'Europe était le ticket d'entrée dans le club des riches. On n'était pas montés dans le train qu'on se croyait déjà dans le wagon de tête. » Pas étonnant qu'après cette longue anesthésie collective le réveil soit douloureux. Ecrivain et chroniqueur, Miguel Sousa Tavares résumait récemment dans l'Expresso : « A voir l'énorme distance entre les attentes démesurées du peuple et les réelles capacités du pays, je me pose sans cesse la question : mais qui sont les fous qui veulent encore nous gouverner ? »

Car voilà qu'en prime le Portugal doit aussi affronter le 5 juin des élections générales. Mais, au lieu du compromis national face à la crise, c'est la foire d'empoigne entre les deux grands partis, le PS et le PSD. Le 23 mars, le Premier ministre socialiste, Jose Socrates, a démissionné : la droite et la gauche radicale ont additionné leurs voix pour refuser son 4e plan d'austérité, insupportable à leurs yeux pour le pays. Favori du scrutin, le leader du PSD, Passos Coelho, devra pourtant, s'il est élu, appliquer comme Premier ministre un plan d'austérité plus dur encore que celui proposé par son prédécesseur. Pas de quoi arranger l'image de la classe politique.

De notre envoyé spécial Dominique Audibert (avec Rui Araujo)

© 2011 Le Point. Tous droits réservés.

mercredi 12 janvier 2011

Pékin a tout intérêt à racheter de la dette portugaise et espagnole

Le Monde - Economie, mercredi, 12 janvier 2011, p. 16

La Chine est devenue un acteur majeur de la crise de la dette dans la zone euro, en s'engageant à acheter des obligations espagnoles et portugaises. Lors de sa visite à Madrid, du mardi 4 au vendredi 7 janvier, le vice-premier ministre, Li Keqiang, a en effet lancé une bouée de sauvetage à l'Espagne. Le Portugal, lui, a annoncé vendredi des négociations en cours avec un mystérieux acheteur sur une émission privée d'obligations. Il serait surprenant que l'acheteur en question ne soit pas Pékin, car le refinancement de ces économies en difficulté pourrait s'avérer rentable.

Des défauts souverains dans la zone euro ne seraient pas sans douleur pour la Chine. L'Europe est son premier partenaire commercial, et un climat d'incertitude affecterait la demande pour ses produits. Peut-être est-ce même déjà le cas : les statistiques de décembre 2010 montrent une augmentation de 18 % des importations en provenance de Pékin, en glissement annuel, soit la moitié seulement du taux enregistré le trimestre précédent. Par ailleurs, l'union monétaire a ses charmes : impossible, pour ses Etats membres, de dévaluer leur monnaie pour gagner des parts de marché.

Pour la Chine, dépenser au total 11 milliards d'euros pour la dette de l'Espagne et du Portugal, comme l'ont avancé des journaux locaux, ne serait guère un sacrifice. Cela représente 0,5 % de ses réserves de change, qui ont atteint fin 2010 le montant record de 2 847 milliards de dollars (2 198 milliards d'euros), selon des chiffres publiés mardi 11 janvier par la Banque populaire de Chine. Quant au Portugal, le coût des credit default swaps (CDS, contrats de protection financière) ayant doublé par rapport à août 2010, une forte décote semble assurée.

Pékin peut aussi espérer quelques concessions d'ordre politique. Le Portugal apporte avec lui des liens étroits avec l'Angola, un pays riche en pétrole, et l'Espagne avec l'Amérique latine. A plus court terme, la Chine demande à l'Union européenne de lui accorder le statut très convoité d'" économie de marché ", qui la mettrait à l'abri de droits de douane prohibitifs destinés à lutter contre le dumping. Pékin souhaiterait aussi la fin de l'embargo sur les armes, que l'Europe avait presque levé avant que les Etats-Unis n'interviennent il y a cinq ans.

En achetant la dette de la zone euro, la Chine continuerait de faire ce qu'elle fait peut-être déjà, mais plus ouvertement. Elle n'a pas pour habitude de donner des informations sur ses avoirs. A lui seul, son soutien ne résoudrait pas non plus les problèmes du Portugal et de l'Espagne. Mais le battage médiatique que cela engendrerait est bon à prendre. Les dirigeants de ce pays tributaire des échanges commerciaux ont bien compris que ce qui renforce l'euro ne manquera pas d'améliorer les exportations chinoises vers une Europe aux abois.

John Foley

(Traduction de Ngoc-dung Phan)

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

lundi 8 novembre 2010

Hu Jintao « soutient » le Portugal - Fabrice Nodé-Langlois

Le Figaro, no. 20612 - Le Figaro Économie, lundi, 8 novembre 2010, p. 25

De passage hier au Portugal après sa visite de trois jours en France, le président chinois, Hu Jintao, a promis de « soutenir » avec des « mesures concrètes » le pays fragilisé par son déficit public et son endettement. La Chine, qui détient près de 2 000 milliards de dollars de réserves de change, achètera-t-elle de la dette portugaise comme elle l'a fait pour la Grèce le mois dernier? Va-t-elle investir dans des infrastructures au Portugal comme elle l'a fait l'été dernier dans le port du Pirée, via un contrat de 3,3 milliards de dollars permettant au géant public chinois Cosco d'exploiter l'embarcadère no 2 du port d'Athènes?

Le président chinois n'a livré aucun détail sur ses intentions mais a appelé les entreprises de l'empire du Milieu à investir au Portugal. Selon des médias portugais, des négociations en cours pourraient déboucher sur des investissements chinois dans le port en eau profonde de Sines, dans le sud du pays, ainsi que sur des prises de participation dans des entreprises portugaises du secteur de l'énergie ou de la banque.

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