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jeudi 22 septembre 2011

REPORTAGE - Nouveau conflit en Chine autour d'un site polluant

Le Monde - Environnement & Sciences, jeudi 22 septembre 2011, p. 8

Les habitants de Hongxiao, petit bourg au sud-ouest de Shanghaï, pensent avoir remporté une bataille. L'usine de panneaux solaires qu'ils soupçonnent d'avoir pollué la rivière traversant leur village a suspendu son activité depuis lundi 19 septembre. Pour obtenir cet arrêt temporaire, il aura fallu en venir aux poings.

Les trois manifestations qu'ils ont organisées en fin de semaine, aux côtés des résidents des trois bourgs qui jouxtent l'imposant complexe de Jinko Solar, un exportateur coté à la Bourse de New York, ont dégénéré. Les pierres ont volé jusque dans la cantine de l'usine, les portes du bâtiment ont été forcées, quatre voitures de dirigeants de l'entreprise ont été retournées. Pour rétablir le calme dans cette zone mi-rurale, mi-industrielle où d'imposantes usines sont campées au beau milieu des rizières, le gouvernement a appelé des policiers antiémeute.

Dans le Zhejiang, province qui couvre le sud du très productif delta du Yangzi, les progrès économiques sont rapides mais présentent un coût écologique élevé. L'environnement devient une source de tensions politiques, comme l'illustre le soulèvement de Hongxiao. Et comme l'a illustré en août celui de Dalian, dans le nord-est du pays, où des habitants ont obtenu la fermeture d'une usine pétrochimique.

Le gouvernement local de Hongxiao a fini par intervenir, surtout après la découverte à la fin du mois d'août, de poissons morts dans la rivière. L'usine a admis lundi que des déchets contenant du fluorure, un produit toxique à haute dose, avaient été stockés à l'extérieur des bâtiments et qu'une " fuite ", pendant les pluies abondantes de la fin août, avait pollué le cours d'eau.

Aux employés de Jinko, les patrons avaient raconté une version différente. " Dimanche, les chefs de service ont réuni toutes les équipes et expliqué que la pollution avait été causée par une autre usine dont des employés sont venus en douce jeter les eaux usées chez nous ", explique un couple de travailleurs migrants originaires de la province du Henan.

La pollution de l'eau n'est pas la seule inquiétude. Les habitants racontent que les seize cheminées de l'usine, dont une partie a été installée il y a un an, dégagent une odeur nauséabonde. " Ça commence juste après minuit. Et lorsque le vent vient de l'est, c'est terrible. Il y avait d'ailleurs moins de moustiques cet été ", raconte une femme qui vit à quelques mètres du mur qui sépare l'usine du village.

Surtout, les habitants n'en pouvaient plus de n'obtenir aucune information fiable sur l'environnement de leur village. A 60 ans, atteint d'un cancer du poumon, Ma Gensheng n'a pas pu aller manifester. Mais il ne décolère pas : " Je ne saurai jamais si ma maladie est due à l'activité de l'usine mais beaucoup de voisins le pensent ", dit cet homme, enlevant sa casquette pour dévoiler un crâne nu. C'est le seul témoin à donner son nom sans crainte. Les médecins lui ont dit qu'il n'en avait plus que pour quelques mois. " Nous pensons que les produits qu'ils utilisent sont dangereux. L'air empeste et si les poissons sont morts dans la rivière, l'eau ne doit pas être bonne pour les rizières. En plus, l'école primaire est à 100 m de l'usine. " Sa conclusion ? " Jinko doit déménager ! "

Un de ses voisins, Yang Lihua, entrepreneur de 42 ans, fait partie de ceux qui ont été arrêtés pour avoir appelé les familles à se rassembler pour faire entendre leur colère. Les autorités de Haining, la municipalité à laquelle est rattaché le bourg, ont annoncé mardi que 31 personnes étaient en détention depuis les manifestations.

31 victimes de cancers

Un homme est retenu au commissariat pour avoir " répandu des rumeurs " : il aurait avancé le chiffre de 31 victimes de cancers dans les quatre villages environnants depuis 2006. Or bon nombre d'habitants sont persuadés que ce chiffre est réel, bien qu'ils ne parviennent pas à citer les noms de tous les malades.

" La police a arrêté des gens au hasard ce week-end. Pourquoi protège-t-elle l'usine et pas nous, les villageois, alors que nous avons plusieurs fois dénoncé cette pollution ?, s'énerve une jeune femme. C'est pour cela que nous nous en sommes également pris aux véhicules de police. " Chaque soir, des agents bloquent l'accès à la rue où se trouve l'entrée de l'usine, empêchant les journalistes chinois d'y accéder. L'explication est évidente aux yeux de cette femme : l'entreprise étant de loin le premier contribuable au budget du gouvernement local, les officiels se plient à ses demandes.

Zhang Longgeng, directeur financier de Jinko Solar, temporise : " En tant qu'entreprise cotée, nous assumerons nos responsabilités. Nous nous préoccupons de la santé des gens et coopérons pleinement avec le gouvernement local. " Il précise que l'entreprise dispose d'un système de traitement des eaux et ne relâche jamais ses eaux usées sauvagement.

" Quant au nombre de cancers, les autorités ont démenti, la personne qui a lancé la rumeur a été arrêtée, dit M. Zhang. Certains villageois veulent donner de l'importance à l'histoire des poissons morts. Nous ne savons pas pourquoi ils s'en prennent à Jinko. "

Harold Thibault

© 2011 SA Le Monde. Tous droits réservés.

mercredi 7 septembre 2011

La Chine s'en prend à l'exploitant américain après une pollution pétrolière en mer

Le Monde - Environnement & Sciences, mercredi 7 septembre 2011, p. 9

Trois mois après le début d'une fuite sur un champ pétrolifère en mer de Bohai, la Chine s'en prend à la compagnie américaine chargée de son exploitation : ConocoPhillips. L'administration des affaires océaniques avait donné jusqu'à la fin août au groupe pétrolier pour achever les opérations de nettoyage et colmater une fuite qui continuait de dégager du pétrole depuis un incident survenu le 4 juin sur Penglai 19-3, l'un des principaux champs au large du pays.

Après le déversement de 3 200 barils de pétrole dans ce golfe du nord-est de la Chine - selon les estimations de l'entreprise -, celle-ci annonçait, le 31 août, avoir rempli sa mission. Or, deux jours plus tard, les officiels chinois affirmaient avoir constaté, notamment par satellite et robots sous-marins, que " le fond marin - n'était - pas complètement nettoyé " et que " la nappe - continuait - de se déverser ".

En concluant que ConocoPhillips " n'a pas agi de manière responsable comme le doit un opérateur prudent et raisonnable ", l'Etat chinois a exigé l'arrêt immédiat de l'exploitation du champ.

Un porte-parole du groupe américain confirme que les opérations ont bien cessé, dimanche 4 septembre, suite à cet ordre, tout en estimant que l'entreprise avait fait preuve de transparence en informant au plus vite les autorités, ainsi que son partenaire, l'entreprise publique China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). Cette dernière, actionnaire majoritaire de l'entreprise d'exploitation, estime la perte occasionnée à 62 000 barils par jour.

De moins en moins docile

Sous la pression de l'opinion publique, des organisations environnementales ainsi que de pêcheurs, qui commencent à établir la facture, l'Etat tient à montrer que la compagnie pétrolière a abusé de sa patience. L'administration aurait déjà choisi quatre cabinets d'avocats pour lancer une action en responsabilité civile et exiger une indemnisation supérieure à 11 millions d'euros.

Les journaux chinois s'en prennent, eux aussi, au géant américain. Parmi les plus virulents, Le Quotidien du peuple, lequel, dans son édition de lundi, accusait ConocoPhillips d'avoir dissimulé l'incident aussi longtemps que possible - le grand public a d'abord été informé grâce à un internaute anonyme -, puis d'avoir menti en annonçant que les nappes étaient " quasiment nettoyées ". " Le contraste est net entre la sensibilité de l'entreprise lorsqu'il s'agit de son image et sa légèreté concernant l'environnement maritime de la Chine ", estime l'organe du comité central du Parti communiste.

" L'attitude de ConocoPhillips a causé de gigantesques pertes aux pêcheurs, s'inquiète Liu Jinmei, du Centre d'assistance juridique aux victimes de la pollution. Mais certaines organisations non gouvernementales considèrent que, en tant qu'actionnaire à 51 %, CNOOC doit également, dans une certaine mesure, être tenu responsable. "

Or la virulente campagne médiatique lancée contre son partenaire américain épargne cet empire pétrolier chinois, propriété du gouvernement central. Pour Lin Boqiang, directeur du Centre de recherche en économie de l'énergie de l'université de Xiamen, la responsabilité principale incombe naturellement à ConocoPhillips, chargé des opérations d'exploitation de Penglai 19-3, mais CNOOC " est également engagé juridiquement et financièrement ".

Selon le professeur Lin, la fuite a mis en avant certaines failles au sein de l'Etat, qui n'a pas informé les citoyens avant la fin juin : " L'administration des affaires océaniques a aussi des torts, par exemple en termes d'information du public. Disons qu'elle manque d'expérience de la gestion de crise. " Pour l'avenir, l'universitaire suggère, non sans audace, de créer une agence de supervision indépendante de l'Etat.

Harold Thibault

PHOTO - This photo taken on July 26, 2011 shows Chinese officials inspecting a polluted beach in Leting, in northern China's Hebei province, after an oil sludge washed ashore. The US oil giant ConocoPhillips behind the huge spill off China said on September 5, 2011 it had halted production at the oilfield in line with a government order, as an influential Chinese newspaper accused it of a cover-up.

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mercredi 24 août 2011

Des produits toxiques dans des vêtements de marque - Aude Sérès


Le Figaro, no. 20857 - Le Figaro, mercredi 24 août 2011, p. 11

Quatorze grandes griffes prisées des ados sont accusées par Greenpeace d'utiliser des substances néfastes pour l'organisme dans la fabrication de leurs habits.

De quoi effrayer potentiellement les ados branchés et soucieux d'écologie ainsi que leurs parents. Hier, l'organisation écologiste Greenpeace a, publié une étude intitulée « Dirty Laundry 2 », pointant du doigt les vêtements de quatorze grandes marques, accusés de contenir des traces de substances chimiques toxiques susceptibles de porter atteinte aux organes de reproduction. Or la plupart de ces marques concernées sont réputées, chères et fort prisés par les jeunes : Calvin Klein, Adidas, Ralph Lauren, Abercrombie & Fitch, Lacoste, Converse... Il s'agit également de marques meilleur marché, mais tout aussi populaires, comme H & M ou Uniqlo.

Produit incriminé : l'éthoxylate de nonylphénol, détectés par l'organisation écologique dans deux tiers de ces échantillons produits en Chine et achetés dans 18 pays. Des produits chimiques fréquemment utilisés comme détergents dans de nombreux processus industriels et dans la production de textiles naturels et synthétiques. Mais une fois ces vêtements lavés, les produits déversés dans les eaux usées se décomposent en nonylphénol (NP), un sous-produit très toxique. « Le nonylphénol est un perturbateur hormonal », souligne Greenpeace, précisant que dispersé dans l'eau, il peut contaminer la chaîne alimentaire.

Les parents relativisent

En s'accumulant au sein des organismes vivants, ces produits menacent en effet leur fertilité, leur système de reproduction et leur croissance. « Rien ne permet de penser que les niveaux de NPE mesurés présentent un risque direct pour les personnes portant ces vêtements », rassure cependant Greenpeace. Il n'empêche, le risque pour l'environnement, notamment en Asie est réel, insiste l'organisation écologique, demandant une prise de conscience des marques concernées.

Clément, 20 ans, soucieux de l'environnement comme beaucoup de jeunes de son âge, s'inquiète, « Après les problèmes liés à la nourriture, voilà qu'on nous apprend que les vêtements que l'on porte peuvent potentiellement rendre stérile. » Et demande plus de communication de la part des marques avant d'abandonner ses vêtements favoris...

Même discours chez Valentine, 18 ans, qui estime que « si même les habits réputés de bonne qualité contiennent des substances toxiques, on ne sait plus à qui se vouer ! ». Plus sereins, les parents relativisent. Comme Stéphanie, mère de cinq enfants, dont plusieurs ados friands de ces marques... « L'information sur quatorze marques est perturbante, car elle laisse à penser que les autres marques sont aussi incriminées, souligne-t-elle. Certes, ils sont conscients des enjeux écologiques, mais dans ces cas-là, on ne peut plus rien porter ! Je préfère me concentrer sur des messages importants pour mes enfants, comme l'alcool ou la drogue. » Quant à Stéphane, père de deux ados, il refuse de sombrer dans la psychose et se dit « serein sur ce sujet et refuse de tomber dans la paranoïa générale. »

De leur côté, les marques déclarent prendre ce problème à coeur. Au siège d'Adidas en Allemagne, on affirme qu'il s'agit du problème de l'industrie textile dans son ensemble. « Nous avons entamé des discussions avec plusieurs grands groupes pour abaisser le taux de substances toxiques présentes dans les vêtements », explique un porte-parole du groupe. À la suite d'un premier rapport publié le mois dernier sur la pollution des fleuves chinois, Puma et Nike se sont engagés à éliminer de leurs processus de fabrication toute substance chimique toxique d'ici à 2020.

© 2011 Le Figaro. Tous droits réservés.

vendredi 4 mars 2011

REPORTAGE - En Chine, la pollution industrielle gagne les rizières - Harold Thibault


Le Monde - Environnement & Sciences, vendredi, 4 mars 2011, p. 4

De retour d'une longue journée de travail dans la rizière, Liu Shangui, 63 ans, se souvient : " C'était il y a peut-être deux décennies, notre village a traîné la mine d'or en justice. " A l'époque, les pousses de riz ne grandissent plus à Maotian, bourg du sud de la province du Zhejiang. L'eau qui abreuve les champs est trop lourdement polluée. Les relevés effectués alors montrent que du cadmium, un métal très toxique, contamine la population locale qui, aujourd'hui encore, se nourrit de ce riz et vend le surplus.

Suite à la procédure engagée, la communauté reçoit alors 300 000 yuans (environ 32 000 euros), une somme pour un village de quatre cents âmes. " Ils ont considéré qu'ils avaient payé et donc qu'ils pouvaient continuer comme si de rien n'était ", explique M. Liu, en pantalon bleu nuit et tennis vert kaki du paysan chinois. Son village est le premier en aval d'une imposante mine d'or trônant sur la colline qu'il n'est toujours pas question de fermer. Les effets du cadmium sur la santé humaine ont été documentés : insuffisance rénale et ramollissement des os donnant lieu à des maux de jambes. Certains villageois sont tentés de faire un lien entre des cas de cancer, du foie notamment, et les rejets de la mine même s'ils concèdent ne pas en avoir la preuve.

Le problème n'est donc pas nouveau mais dans un pays en proie aux inquiétudes sur la qualité des produits alimentaires, particulièrement depuis que 300 000 enfants ont été hospitalisés, en 2008, après avoir ingéré du lait en poudre coupé à de la mélamine, les interrogations sur la qualité du riz restaient confinées aux scientifiques. Jusqu'à ce que le magazine New Century, réputé pour sa liberté de ton, publie mi-février une longue enquête sur la pollution des rizières.

L'hebdomadaire cite Pan Genxing, un chercheur de l'université agricole de Nankin qui, en 2007, a relevé 91 échantillons dans six régions différentes avant d'en conclure que 10 % du riz commercialisé dans le pays contenait un niveau élevé de cadmium. Le problème serait plus sérieux dans la moitié sud du pays, la Chine des rizières et de l'hyperactivité industrielle. Greenpeace juge le chiffre avancé par le professeur Pan Genxing assez probable.

Li Tingqiang, chercheur à la faculté des sciences environnementales de l'université du Zhejiang, estime que le problème est " sévère " et rappelle les évaluations qui accompagnaient déjà le onzième plan quinquennal lors de son adoption, en 2006 : 20 millions d'hectares étaient pollués aux métaux lourds, soit un peu moins d'un sixième de l'ensemble des terres arables de la Chine, affectant 12 millions de tonnes de grains chaque année.

Quelques jours seulement après la parution de l'article du New Century, le 19 février, le ministère de la protection de l'environnement a annoncé un plan de réduction de 15 % des pollutions au plomb à l'horizon 2015 par rapport aux niveaux de 2007. La multiplication des cas de contamination aux métaux lourds - officiellement trente incidents " majeurs " depuis 2009 - a mené à des soulèvements populaires dans des villages et le ministre évoque donc, outre la santé publique, la stabilité sociale.

Le ministère estime que 900 tonnes de métaux lourds, dont du plomb, du cadmium et de l'arsenic, auraient été déversées dans la nature depuis 2007 et que 75 milliards de yuans (8 milliards d'euros), seront nécessaires pour gérer le problème au cours des cinq -prochaines années.

La logique même du développement économique qui depuis trois décennies a prévalu sur les questions environnementales est contestée. " Il faudra se débarrasser d'industries arriérées et puisque les zones résidentielles s'approchent des zones industrielles, le gouvernement devra déplacer certaines usines ", explique le docteur Shan, membre d'une équipe chargée d'une étude en cours au niveau national sur le contrôle des pollutions aux métaux lourds. " Quant au problème des mines, la meilleure solution restera l'encadrement des sources polluantes. "

A plus court terme, Greenpeace exige davantage de transparence. Ma Tianjie, responsable de la campagne sur les produits toxiques, constate que l'information n'est pas accessible : " Lorsque nous demandons aux entreprises les analyses, elles répondent que cela relève du secret commercial. Or connaître les risques est l'étape de base pour se protéger. "

Le chef du village de Maotian, M. Zhang, préfère se tourner vers l'avenir et parler du projet de " zone touristique de la mine d'or ", un parc toujours en travaux dont les retombées économiques pourraient un jour bénéficier au village si les urbains de Wenzhou ou de Shanghaï se décident à venir y passer leurs week-ends. Lors de son inauguration, les officiels de Suichang, la ville la plus proche, ont loué " les beaux paysages, l'eau qui est bonne ", raconte un villageois.

Bien sûr, la mine est toujours en activité, avec son lot de rejets toxiques, mais ses eaux sont désormais freinées par un barrage. Un procédé chimique permet de réduire leur teneur en métaux lourds toxiques pour l'agriculture. Surtout, expliquent avec une pointe d'ironie les habitants de Maotian, le cours d'eau pollué a été en partie détourné vers le village de Fengyang, sur l'autre versant de la colline. L'optimisme local gagne aussi le modeste Liu Shangui qui constate toutefois que la rivière qui s'écoule à quelques pas de ses rizières prend encore parfois une étrange couleur jaunâtre.

Harold Thibault

PHOTO - Workers drain away polluted water near the Zijin copper mine in Shanghang on July 13, 2010, after pollution from the mine contaminated the Ting river, a major waterway in southeast China's Fujian province. China's top gold producer Zijin Mining defended its handling of a toxic pollution spill that killed off vast numbers of fish, saying heavy rains were to blame, as the company's shares slumped.

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mardi 22 février 2011

DERNIÈRE IMAGE - 200 mètres de visibilité dans certains quartiers de Pékin




Le Monde - 24 heures dans le monde, mercredi, 23 février 2011, p. 2

La pollution de l'air dans la capitale chinoise a dépassé, lundi 21 février, les pires niveaux de l'indice de pollution, a annoncé l'ambassade des Etats-Unis, tandis que les autorités locales conseillaient aux habitants d'éviter les activités à l'extérieur.

Dans certains quartiers de la ville, la visibilité ne dépassait pas 200 mètres, ont affirmé les services météorologiques officiels. 300 000 personnes meurent chaque année en Chine de maladies cardiaques et de cancers du poumon liés à la pollution de l'air. Les coûts de santé liés à la pollution pourraient représenter jusqu'à 3,8 % du PIB du pays, estime la Banque mondiale.

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jeudi 17 février 2011

10 % du riz cultivé en Chine serait contaminé par des métaux lourds

Le Monde - Environnement & Sciences, jeudi, 17 février 2011, p. 4

Riz chinois pollué

10 % du riz cultivé en Chine serait contaminé par des métaux lourds, révèle l'hebdomadaire chinois Nouveau siècle. Selon des études menées depuis 2007, ces métaux, notamment du cadmium, " se sont diffusés dans l'air et dans l'eau, polluant une large superficie du territoire ".

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mardi 3 août 2010

La pollution chimique dans le nord-est de la Chine s'est étendue

Le Monde - Mardi, 3 août 2010, p. 2

La pollution causée par des produits chimiques déversés dans la rivière Songhua, au nord-est de la Chine, s'est propagée à des fleuves voisins, a indiqué dimanche 1er août l'agence Chine Nouvelle. Des tests ont mis au jour la présence de traces d'un gaz toxique dans les eaux du Heilongjiang. Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la Chine ces derniers jours avaient provoqué l'inondation des entrepôts de deux usines chimiques, emportant, mercredi 28 juillet, près de 7 000 bidons d'acier, dont 3 000 pleins, sur le fleuve Songhua, dans la province de Jilin. Vendredi 30 juillet, les crues avaient également charrié quelque 1 500 tonneaux de résine, pétrole et fertilisant dans le fleuve Yangtsé, dans la province du Hubei, située en aval du barrage des Trois-Gorges et vers lequel convergent les eaux.

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dimanche 1 août 2010

POLLUTION - 1 500 tonnes ou 90 000 tonnes de pétrole ?

Le Monde - Environnement & Sciences, lundi, 2 août 2010, p. 4

L'importance de la marée noire en Chine aurait été minimisée


Selon Rick Steiner, ancien spécialiste des milieux marins à l'université d'Alaska, aujourd'hui consultant pour Greenpeace, la marée noire qui a pollué le port de Dalian, au nord-est de la Chine, aurait été largement sous-évaluée par Pékin.

Ce ne seraient pas 1 500 tonnes de pétrole qui auraient été déversées dans la mer Jaune, mais entre 60 000 et 90 000 tonnes. - (AP.)

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jeudi 22 juillet 2010

DERNIÈRES IMAGES - Typhon et inondations en Chine

Touchée par de fortes inondations dans la province centrale de Hubei, la Chine se préparait, jeudi 22 juillet, à l'arrivée du typhon Chanthu dans la province de Guangdong, au sud du pays, où de nombreux vols ont été annulés. Le typhon doit également toucher l'île de Hainan et la région du Guangxi avec des vents allant jusqu'à 126 km/h et des " précipitations violentes ", ont averti les services météorologiques chinois. Ces zones ont déjà été frappées par des inondations qui ont tué des centaines de personnes ces dernières semaines. (PHOTO : REUTERS)










La marée noire dans le port de Dalian révèle la vulnérabilité des infrastructures chinoises

Le Monde - Environnement & Sciences, vendredi, 23 juillet 2010, p. 4

Deuxième importateur de pétrole du monde, la Chine est de plus en plus exposée aux désastres écologiques provoqués par des incidents industriels majeurs, notamment dans le secteur des hydrocarbures.

Vendredi 16 juillet, l'explosion de deux oléoducs servant au déchargement d'un tanker dans le port de Dalian, au nord-est du pays, a provoqué une importante marée noire et nourri de nouvelles interrogations sur les responsabilités des industriels concernés et des autorités de surveillance.

Le port de Dalian, où transitent environ 57 millions de tonnes de pétrole par an, héberge le principal site établi par la Chine pour ses réserves stratégiques. Rien ne permet de dire pour l'instant si le pétrole qui s'écoule aujourd'hui était destiné à cet usage ou s'il faisait partie de stocks commerciaux.

Selon la télévision chinoise, 1 500 tonnes de pétrole se seraient déversées dans la mer Jaune. La nappe couvrirait une surface de près de 430 kilomètres carrés

Si les autorités ont lancé des opérations de nettoyage à grande échelle - bateaux écumeurs, mousses chimiques, digues, bactéries mangeuses de brut -, l'impact sur l'environnement et sur la pêche est estimé comme majeur, malgré l'optimisme initial des autorités locales qui avaient promis que le nettoyage serait terminé d'ici à la fin de la semaine. " Il faudra au moins deux semaines pour que la nappe soit contenue, mais les dégâts écologiques peuvent durer une décennie ", a déclaré au Shanghai Morning Post, le chercheur Zhao Zhangyuan, de l'Académie de recherche chinoise sur les sciences de l'environnement. Surtout, a révélé, mardi 20 juillet, le National Business Daily, basé à Shanghaï, la Dalian Petrochina International Warehousing & Transportation, société qui gère les oléoducs ainsi que le site où a eu lieu l'explosion, avait été prévenue en avril, par une enquête d'évaluation, que le risque d'explosion et d'incendie était " très sérieux " sur ses installations, en raison d'une mauvaise ventilation, de fuites potentielles, et de la haute teneur en soufre du pétrole importé d'Arabie Saoudite.

Le South China Morning Post de Hongkong révèle que les réservoirs (d'une capacité de 300 000 tonnes) concernés par l'incident, appartiennent aux huit sites pétrochimiques placés en 2006 sur une liste noire de l'agence de protection de l'environnement chinoise, pour la vétusté de leur système de prévention des risques.

La plus grave

Les résultats de l'enquête diligentée par le gouvernement ne sont pas attendus avant deux semaines. Mais CNPC et sa filiale Petrochina pourraient à nouveau se trouver sur la sellette : c'est une explosion dans une usine de Petrochina à Jilin en 2005 qui fut responsable de la pollution au benzène de la rivière Songhua, l'une des catastrophes écologiques les plus marquantes de la décennie en Chine. Début 2010, une explosion dans des réservoirs de la CNPC à Lanzhou avait fait cinq morts. Et une fuite de diesel sur un oléoduc avait déversé 100 tonnes de fuel dans un affluent du fleuve Jaune, dans le Shaanxi.

Le ministère de la protection de l'environnement reste discret. " Il est encore difficile d'évaluer la réaction du gouvernement chinois, c'est trop tôt ", estime Yang ailun, responsable du département climat et énergie à Greenpeace Chine. " Nos équipes rencontrent les officiels du bureau de protection de l'environnement. Mais on a l'impression que les autorités chinoises minimisent l'incident pour l'instant. Alors que c'est la plus grave marée noire qu'ait connue la Chine ces dernières années, la couverture médiatique est relativement faible, il y a peu de déclarations officielles et de conférences de presse ", constate Mlle Yang.

Brice Pedroletti

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mardi 18 mai 2010

En Chine, la pollution domestique ferait 2,2 millions de morts par an

La Croix, no. 38666 - Monde, mardi, 18 mai 2010, p. 11

Un rapport officiel publié hier à Pékin montre que les anciennes et nouvelles habitations concentrent des produits toxiques.

Le développement économique effréné de la Chine depuis trente ans s'est accompagné d'une hausse vertigineuse de la pollution. Un rapport de la Banque mondiale établissait en 2007 que chaque année 750 000 personnes en Chine mourraient prématurément de la pollution de l'air et de l'eau. L'étude montrait que les jeunes enfants étaient une population particulièrement sensible à la nocivité de ces produits. Parmi les 20 villes les plus polluées au monde, 16 étaient chinoises, affirmait à l'époque la Banque mondiale. Ce qui restait inconnu jusqu'à hier, c'étaient les statistiques officielles chinoises, qui révèlent cette fois que 2,2 millions de personnes, pour moitié des enfants de moins de 5 ans, seraient mortellement victimes de la pollution domestique chaque année.

Ainsi, selon l'étude du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies, citée hier par l'agence de presse Chine nouvelle, on trouve dans les appartements chinois des produits comme le formaldéhyde (CH20), l'ammoniaque ou le radon (polluants d'intérieur parmi les plus dangereux) à des niveaux cinq à dix fois supérieurs qu'à l'extérieur. « Le formaldéhyde est classé comme "cancérogène certain" par le Centre international de recherche contre le cancer, explique Caroline Marchand, ingénieur à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). On le retrouve dans les conservateurs et surtout dans tout ce qui est liant, comme les colles. Il est donc très présent dans l'air intérieur. » L'ammoniaque, un puissant irritant des voies respiratoires, est utilisée dans la fabrication de colorants, la fabrication de produits alimentaires ou encore l'industrie des matières plastiques. Le radon, quant à lui, est un gaz radioactif très volatil qui provient du sol, notamment des massifs anciens. « D'une manière générale, plus les matériaux intérieurs sont neufs, plus l'habitation est perméable et plus la concentration en gaz nocif est forte », souligne encore Caroline Marchand.

L'exposition à long terme des habitants à ces substances, qui se diffusent au fil des mois et des années dans l'air domestique, provoque une série de maladies : affections respiratoires, cancers et retard mental. Les enfants, foetus et personnes âgées sont les plus à risques, selon l'étude chinoise.

Si l'on ne sait pas encore très bien par quels mécanismes précis l'exposition est cause de la maladie, on sait que les petites particules et plusieurs autres polluants contenus dans la fumée présente dans les habitations provoquent une inflammation des voies respiratoires et des poumons et altèrent la réponse immunitaire, explique l'OMS. En effet, selon Caroline Marchand : « En Asie, le chauffage se fait encore souvent au charbon. Or, il suffit que les pièces ne soient pas bien séparées et qu'il n'y ait pas une bonne extraction de l'air pour que les gaz stagnent dans la pièce et affectent les voies respiratoires des habitants. » La fumée présente dans une habitation mal ventilée peut contenir 100 fois plus de petites particules que ce qui est considéré comme acceptable pour l'air extérieur, selon un rapport de l'OMS. L'exposition des femmes et des enfants est particulièrement importante car ce sont eux qui passent le plus de temps près du foyer.

Lucie Denechaud

PHOTO - Shoppers cover their noses and mouths near a passing car as they wait to cross a street at Hong Kong's shopping Causeway Bay district July 15, 2009. Urban pollution in Hong Kong has jumped sixfold in the past four years, but experts say local vehicles are more to blame than smog blown in from southern China's manufacturing belts, a newspaper reported on Wednesday.

© 2010 la Croix. Tous droits réservés.

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