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jeudi 3 mars 2011

Foie gras : Delpeyrat aura son premier site industriel à Shanghai en juin

Les Echos, no. 20881 - Entreprises et régions, mercredi, 2 mars 2011, p. 18

Le pôle gastronomie sud-ouest de la coopérative Maïsadour veut croître au Japon et en Chine avec le foie gras et la viande de canard sous marque Delpeyrat.

Au tour des fois gras Delpeyrat de s'installer en Chine. Après l'ancienne Coop de Pau, Euralis, qui s'y est lancée en 1997 avec les foies gras Rougié, le groupe coopératif Maïsadour s'apprête à signer un bail de longue durée pour son premier site industriel en juin à Shanghai. L'opération se fera avec le chinois Bright Food, propriétaire des locaux, connu pour avoir acquis les biscuits BN et Delacre et pour avoir fair l'offre de rachat la plus généreuse sur Yoplait. « Nous y investirons entre 500.000 euros et 1 million d'euros en équipement », explique Thierry Blandinières, directeur général de Maïsadour. Le groupe landais y produira sous la marque Delpeyrat des foies gras crus et élaborés surgelés et de la viande de canard, très prisée localement, sous toutes ses formes : magrets, pattes etc. Ses clients seront la restauration, les épiceries fines et les enseignes françaises de la distribution.

A la différence de son concurrent Euralis, qui devrait bientôt acquérir sa deuxième ferme de canards en Chine, Maïsadour a renoncé pour l'instant à investir dans l'élevage après en avoir cherché une pendant des années.

Delpeyrat, le pôle gastronomie du sud-ouest de Maïsadour, compte par ailleurs tirer profit du partenariat signé avec Guy Martin, le chef étoilé du Grand Véfour pour faire valoir son image en Chine comme au Japon. Depuis la France, Delpeyrat fournit actuellement 25 % des importations de foie gras des japonais.

Une compétition acharnée

Thierry Blandinières, qui a porté le chiffre d'affaires de Delpeyrat de 80 à 400 millions d'euros en cinq ans, veut renforcer la présence des produits Delpeyrat dans les restaurants haut de gamme des Emirats arabes unis avec l'appui de Guy Martin. Au Canada, le groupe produit sur place depuis plusieurs années pour contourner le problème récurrent de la fermeture des frontières américaines au foie gras. Les ambitions internationales d'Euralis ressemblent incontestablement à celles de son concurrent Maïsadour, qui a, lui aussi, choisi d'accélérer son développement en dehors de la France en achetant des actifs en Chine, en Bulgarie et au Canada. Loin de se défendre des comparaisons, Thierry Blandinières reconnaît « s'être fixé pour objectif de rattraper Rougié en Chine, où il y a largement la place pour deux ».

Le groupe a annoncé il y a un mois un investissement de 10 millions d'euros sur trois ans sur son site landais pour en faire « la plus grande unité mondiale de foie gras ».

MARIE-JOSÉE COUGARD

© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.

mardi 2 novembre 2010

Rougié tente de convertir les Chinois au foie gras - Ivan Letessier

Le Figaro, no. 20607 - Le Figaro Économie, mardi, 2 novembre 2010, p. 28

Euralis veut décupler la production de sa ferme située au pied de la Muraille de Chine. Pour vendre ses produits dans les restaurants de Pékin et Shanghaï, elle forme les chefs du pays.

L'envie de mieux gagner sa vie pour « bien marier » son fils a poussé Feng Zhou Yu, originaire de la province de Hebei, dans le nord de la Chine, à déménager pour Yanqing. Depuis l'ouverture, en 2007, de la ferme Rougié à 80 kilomètres au nord de Pékin, au pied de la Grande Muraille, elle gave des canards destinés à la production de foie gras.

Comme elles, les 53 employés de la ferme Rougié sont chinois. Mais les méthodes restent celles de la coopérative Euralis, leader mondial du foie gras. La responsable de l'élevage et de l'engraissage, Mme Wang, est ainsi une ancienne comptable proche du Parti communiste local. Mais elle a été formée à Lescar (Béarn), au siège de la coopérative. À Yanqing, les canetons arrivent chaque semaine en avion, âgés d'un jour. Comme ceux de l'Hexagone, ce sont des canards mulards, sélectionnés génétiquement par le français Grimaud, implanté au sud de la Chine.

Depuis quatre ans, la réglementation chinoise interdit l'exportation de foie gras cru dans le pays. Euralis, premier producteur mondial de foie gras - vendu sous ses marques Montfort en France en grande distribution et Rougié à l'international - a investi 3,5 millions d'euros pour s'implanter sur place.

Avant lui, deux Chinois (San Rougey, Jilin Zhengfang) se sont attelés au foie gras. Ils produisent environ 120 tonnes par an, contre 30 pour Rougié. Soit à peine 2 % des ventes de la marque, qui a réalisé l'an passé 77 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais le français, qui vend son foie gras 40 % plus cher que ses concurrents chinois, est confiant. « Nous allons doubler la production l'an prochain et nous espérons atteindre 500 tonnes d'ici à dix ans », confie Pierre Couderc, directeur général d'Euralis, qui rassemble 15 000 agriculteurs (1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires).

Bientôt une autre ferme

La coopérative pourrait bientôt ouvrir une deuxième ferme entre Pékin et Shanghaï, où sont situés la plupart des 200 restaurants qui utilisent ses produits. Elle prévoit de recruter trois conseillers culinaires pour les promouvoir dans le pays.

Euralis a entrepris un travail de fourmi pour s'imposer en Chine. « Notre force est le contact que nous établissons avec chacun des chefs, explique Brieuc Fruchon, patron de la marque Rougié. Nous devons faire en sorte qu'un maximum de plats à base de foie gras figure sur leur carte. » Les riches Chinois n'en consomment que depuis une dizaine d'années, uniquement au restaurant. Grands amateurs de volaille, ils aiment le foie gras cuit à Pékin, en escalopes ou en terrine à Shanghaï, et poché dans la soupe à Canton. « Le consommateur chinois vient chercher un produit de luxe, associé à la gastronomie française, comme il le fait avec le vin », explique Jean-Marie Vallier, responsable de Rougié en Chine.

Chez Maison Boulud, à Pékin, c'est un must de la cuisine française au côté des cuisses de grenouille et du steak tartare. Après avoir séduit Da Dong, la star de la cuisine chinoise, Rougié s'attaque désormais aux grands chefs de nationalité chinoise pour promouvoir son foie gras et parie sur l'essor de la gastronomie.

Mais pas seulement. « Rougié peut devenir une marque de cadeau pour les Chinois, férus de cadeaux souvenirs, à la place des chocolats », parie Pierre Couderc, ancien responsable des produits frais de Danone en Asie. Le groupe espère répéter en Chine le succès de sa marque au Japon, son premier marché à l'export en dehors de l'Europe, où il réalise 7 millions d'euros de chiffre d'affaires. En Asie, il n'exclut pas à terme d'exporter en Inde. « L'internationalisation du groupe, notamment celle de Rougié dont nous souhaitons tripler le chiffre d'affaires d'ici à dix ans, fait partie de nos priorités », confirme Pierre Couderc.

© 2010 Le Figaro. Tous droits réservés.

lundi 21 décembre 2009

INTERVIEW - " Fauchon doit être l'ambassadeur de la culture culinaire française "

Le Monde - Economie, mardi, 22 décembre 2009, p. MDE6

Au moment de Noël, période capitale pour les boutiques de luxe, Isabelle Capron, directrice générale de Fauchon, explique sa stratégie depuis cinq ans, pour tenter de transformer une marque sur le déclin en une référence du luxe alimentaire français. Michel Ducros, un actionnaire prêt à assumer des risques, a pris 95 % du capital de ce groupe déficitaire. Pour sortir du rouge, la direction a élaboré de nouveaux concepts de magasins et une nouvelle identité visuelle, recentré les produits sur les " racines françaises " et développé d'importants investissements à l'international.

Vous êtes arrivée à la direction de Fauchon voici cinq ans, quand la maison était au bord de la faillite. Qu'en est-il aujourd'hui ?

En 2004, Fauchon, en déficit depuis seize ans, touchait le fond de la piscine. Les actionnaires voulaient déposer le bilan. Michel Ducros, le propriétaire, a voulu relever le défi. Mais la marque Fauchon était magnifique, on a pu en vérifier sa puissance. Petit à petit, on a remonté la pente. Fin mars 2009, Fauchon a réalisé 36 millions d'euros de chiffre d'affaires auquel s'ajoutent 5 millions d'euros de revenus et licences. On est presque revenu à l'équilibre, avec un résultat négatif de 100 000 euros. Nous avons cédé Flo Prestige à Lenôtre, puis les plateaux-repas à Room Saveur - groupe Fleury-Michon - , en gardant cette activité sous forme de licence. Et les trois boutiques aux Etats-Unis ont été fermées.

Comment avez-vous relancé la marque ?

Certains clients appelaient le magasin de la place de la Madeleine le " berceau ". Fauchon est une marque liée à un site. C'est une griffe, une signature du patrimoine français, avec une part d'irrationnel. Nous avons effectué des choix radicaux, de rupture, en investissant 4 millions d'euros pour réaménager les 2 500 m2 de la place de la Madeleine. Avec un impératif, être l'ambassadeur de la culture culinaire française dans le monde. Si bien qu'acheter Fauchon, c'est déguster des produits de France. Pour un pâtissier, cela se traduit par exemple par un éclair avec La Joconde sur le glaçage. Nous avons arrêté de vendre des cravates, des parapluies et des sushis...

Nous avons aussi voulu renouer avec l'esprit d'avant-garde de la marque, dans le design, l'architecture, le packaging. En étant à l'opposé de la tradition. Notre choix était d'activer la mémoire, pas la nostalgie, avec une vision du luxe plus joyeuse, une notion de partage. C'était osé, risqué, et ça a été d'ailleurs très critiqué. Nous avons imposé le rose, qui symbolise l'énergie, la gourmandise, déjà utilisé par Saint Laurent ou Lacroix. La couleur d'une marque est importante, comme le montrent si bien l'orange d'Hermès, le rouge de Cartier ou de Ferrari, le bleu de Lanvin ou de Tiffany, le marron de Vuitton, le gris de Mercedes...

La crise a-t-elle affecté votre développement international, notamment en Chine ?

Il existe des traditions culinaires fortes en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Ce n'est en revanche pas le cas dans les pays anglo-saxons, notamment aux Etats-Unis. Malgré la crise, nous avons maintenu toutes nos ouvertures, à Genève, Hongkong, Casablanca, Koweït ou Dubaï. Le Japon, notre premier marché, a très bien résisté. En Chine en revanche, on a effectivement réduit la voilure, l'espace initial de 2 500 m2, sur trois étages, était trop grand. Nous ne devrions en conserver que 500 m2. La Russie aussi a été affectée.

Quand la crise est arrivée, nous étions mieux armés que d'autres. Fauchon, c'est du luxe accessible. On diffère l'achat d'une voiture, mais pas celui de thé ni de confiture. Nous avons développé des produits de luxe moins cher comme du caviar de Sologne ou du saumon fumé d'Aquitaine. Les premières bouteilles de champagne sont vendues 30 euros.

Quelle est votre stratégie de distribution ?

Elle repose sur trois piliers : les magasins Fauchon mais aussi la diffusion à travers les " duty free ", les cafés, hôtels, restaurants, les grands magasins sélectifs comme Lafayette Gourmet, et par Internet. Depuis peu, nous vendons en pharmacie du thé anti-âge. Nous testons également des ventes dans des Carrefour et Monoprix haut de gamme. Si bien qu'à 50 mètres de la place de la Madeleine, on peut aussi acheter des produits Fauchon dans un Monoprix. Ce n'est ni la même clientèle, ni les mêmes horaires d'ouverture. Ces canaux de distribution ne se cannibalisent pas. Nous allons aussi lancer des " F50 ", des petits magasins de 50 m2 qui concentrent la meilleure offre de Fauchon, dans une optique de cadeaux. Le troisième vecteur, ce sont les plateaux-repas, les réceptions, les cadeaux d'affaires. Nous gagnons désormais des appels d'offres de 2 000 couverts.

Qu'en est-il des filières que vous comptiez créer avec certains fournisseurs ?

Nous travaillons avec 250 fournisseurs, certains sont des producteurs associés. C'est vrai dans le domaine du foie gras, des confitures, de la conserverie de l'île de Groix. Nous travaillons parfois en amont. Nous récoltons par exemple les thés qui sont assemblés dans une unité de fabrication dans laquelle nous avons co-investi, à Strasbourg. De la même manière, nous sommes associés dans le domaine du vin à un producteur, Frédéric Brochet, qui fait les assemblages de la marque Fauchon (six cépages et six terroirs) et nous réfléchissons à des filières similaires dans le chocolat et le foie gras.

Quels sont vos objectifs pour l'année 2010 ?

Ouvrir trois à cinq magasins. Il faut parachever le développement et la rentabilité.

Propos recueillis par Nicole Vulser

© 2009 SA Le Monde. Tous droits réservés.

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lundi 16 février 2009

Euralis accompagne Accor en Chine

Le Figaro, no. 20074 - Le Figaro Économie, jeudi, 12 février 2009, p. 20

AGRICULTURE. La coopérative Euralis (15 000 agriculteurs, leader mondial du foie gras), exporte son savoir-faire. Elle a acquis une ferme à Yangquin, pour fournir l'un de ses gros clients, l'hôtelier Accor, dont la Chine est devenue une priorité avec de nombreuses ouvertures d'établissements. En 2008, Euralis a enregistré une baisse de 36 % de son bénéfice à 5,2 millions, pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard, en hausse de 25 %.

© 2009 Le Figaro. Tous droits réservés.

vendredi 8 février 2008

Le groupe Euralis se lance dans la production de foie gras en Chine - Marie-Josée Cougard

Les Echos, no. 20105 - Industrie, jeudi, 7 février 2008, p. 22
Après le Canada, la Chine : le groupe coopératif Euralis, qui avait racheté deux producteurs de foie gras au Québec en 2005, vient de s'offrir un élevage d'oies à Yangquing dans la région de Pékin. Même si son concurrent Delpeyrat a investi avant lui dans ce pays, l'initiative demeure originale et témoigne d'un mouvement de mondialisation d'une production jusqu'à présent massivement française. Leader mondial du foie gras avec les marques Rougié-Bizac, Montfort et Pierre Champion pour la vente par correspondance, Euralis souhaite ainsi répondre à la demande des grands restaurateurs installés en Chine.

« Il est interdit d'importer des produits crus en Chine. Nous n'avions pas d'autre choix que de produire sur place », explique Christian Pees, PDG du groupe. Euralis a d'ores et déjà commencé l'élevage de canards pour diversifier son offre et projette de produire 25 tonnes de foie gras par an. La production chinoise actuelle est de 1.000 tonnes et progresse de 30 % par an. Regroupées dans son pôle gastronomie, les ventes de foie gras ont totalisé un chiffre d'affaires de 408 millions d'euros en 2007, soit 40 % du chiffre d'affaires global (1,026 milliard).

Le groupe du Sud-Ouest, qui confirme ainsi son virage de la production agricole vers l'industrie agroalimentaire, s'est fixé pour ambition d'accroître son chiffre d'affaires de 40 %, à 1,4 milliard d'euros, d'ici à 2012. En 2007, son chiffre d'affaires a augmenté de 23,7 %, lui permettant de dégager un résultat net de 8,1 millions d'euros en progression de 25 % par rapport à l'année précédente. Pour nourrir ses ambitions de croissance, Euralis entend profiter de « l'explosion du marché des produits traiteurs » et prendre le contrôle de Stalaven, le spécialiste breton des plats préparés, qu'il contrôle déjà à 50 %.

« Pragmatique » sur les OGM

Le groupe coopératif, qui a implanté Euralis Semences à Kiev (Ukraine) et à Rostov en Russie, souhaite doubler ses activités de semences (83 millions d'euros) d'ici à cinq ans, en investissant à l'étranger et en accélérant son développement dans les pays de la CEI. Tout en jouant la carte de la mondialisation, Euralis souhaite confirmer son ancrage dans le Sud-Ouest, où il produit 180.000 tonnes de bioéthanol.

Regrettant le caractère « confus » de la politique du gouvernement sur la question des organismes génétiquement modifiés, Christian Pees se veut d'abord « pragmatique » en la matière. « Nous produisons des semences classiques pour l'instant. Le jour où les agriculteurs nous demanderont des OGM, il ne nous faudra pas plus d'un an pour satisfaire leur demande », précise-t-il.

MARIE-JOSÉE COUGARD

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