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jeudi 2 juin 2011

TEST - La tablette en folie - Émilie Eyzat et Clément Pétreault

Le Point, no. 2020 - Tendances, jeudi 2 juin 2011, p. 88,89,90,92

Tactile. IPad, Android et les autres... avant de plonger, suivez le guide.

Armé de son index, Barack Obama fend la foule et signe des autographes sur les tablettes tendues. Ian Watmore, secrétaire chargé de l'Innovation et des Universités au gouvernement britannique, se déclare « meilleur client de Steve Jobs »... Même les parlementaires européens se sont équipés ! Que ferait-on sans ces nouveaux jouets pour adultes ? Le public se les arrache, à commencer par les jeunes cadres dynamiques, qui n'envisagent plus d'assisterà des réunions sans elles. Légères, fines, élégantes, puissantes et intuitives, elles se glissent aussi discrètement qu'un dossier au fond d'une sacoche.

Le compromis entre ordinateur portable et smartphone semble enfin trouvé. Mais ne sont-elles pas les habits neufs de l'empereur ? Tout le monde en veut sans que personne ne sache vraiment à quoi elles servent. Chacune cultive sa particularité et diverses utilisations sont possibles. Le plus important est de savoir ce que l'on attend de son nouveau compagnon, capable de se transformer en outil de divertissement ou de travail : lire la presse ou des livres électroniques, regarder des films, écouter de la musique, jouer en ligne ou simplement disposer d'Internet et accéder à ses mails à chaque instant ? Quand on vous dit que tout est possible...

Reste à trouver la perle rare, celle qui répondra le mieux à ses desiderata. Certaines marques misent sur la polyvalence, d'autres sur la rapidité, ou la mobilité avec un format « livre de poche ». Les baroudeurs font plutôt la chasse aux grammes superflus et recherchent des modèles poids-plume pour baguenauder léger. Les amateurs du septième art privilégient le confort de lecture et jettent leur dévolu sur des écrans plus larges, avec des autonomies plus longues. Les fashion addicts étudient sous toutes les coutures la qualité des matériaux et des assemblages. Haro sur les écrans recouverts de plastique translucide basique et sur les coques en bois de cagette ! Vive le verre et la finition irréprochable...

Apple ou Google ? Les différences se nichent aussi au coeur du système d'exploitation. Là encore, les philosophies diffèrent et le match Android de Google contre iOS d'Apple ne fait que commencer. En clair, le premier système, que l'on va rencontrer sur la majorité des tablettes, est très orienté vers les services en ligne de Google, comme Gmail ou Google Maps. Le moteur de recherche souhaite logiquement encourager l'utilisation de ses services. Grâce à l'application Search, par exemple, il suffit de prononcer le mot « pizzeria » pour qu'en une fraction de seconde les adresses des environs s'affichent sur une carte, avec horaires et coordonnées à la clé. Difficile de trouver plus efficace. Par ailleurs, la page d'accueil, mise à jour en permanence, indique le nombre de mails non lus et présente les commentaires de contacts Facebook ou d'autres réseaux sociaux.

De son côté, Apple propose un stock faramineux d'applications. On en compte désormais près de 415 000... Inutile d'insister sur la facilité d'utilisation et sur le design unanimement salué du quasi-dieu iPad. Depuis sa naissance, en mars 2010, l'iPad place la barre haut. Enfin, la tablette proposée par Blackberry fait un peu figure d'ovni. Le Playbook s'adresse en priorité à un public de professionnels en demande de sécurité.

Autre questionnement métaphysique, la connectivité. Toutes les tablettes proposent une prise jack, pour brancher un casque ou des écouteurs, mais toutes ne disposent pas d'un port USB pour lire des données stockées sur clé ou sur carte SD. De la même manière, toutes n'offrent pas de prise HDMI pour les connecter à une télé. La tablette de Steve Jobs ne propose ces fonctions qu'en accessoire, alors que l'Iconia Tab A500 d'Acer décroche la médaille de l'hyperconnectivité, avec notamment une sortie HDMI et un port USB

Des accessoires sur mesure

La liste des accessoires n'en finit pas de s'allonger. Il existe des claviers optionnels que l'on connecte avec ou sans fil, des housses rigides ou souples, et même des stylets magiques qui permettent de prendre des notes sur l'écran. C'est le cas de la Flyer signée HTC. Enfin, certaines tablettes sont dotées d'un support pour les maintenir inclinées sur une table. Celui de l'iPad2 se présente sous la forme d'une protection d'écran aimantée, qui se clippe sur la tranche de la tablette. Elle se plie en trois parties pour la surélever. Chez Archos, une béquille au dos de l'appareil, très pratique et discrète, se révèle assez fragile. Finalement, ces accessoires n'ont rien de futile, ils permettent de plier la tablette à ses envies.

Lecture. On la transporte comme un magazine. A la fois nomade et intuitive, la tablette est le support idéal pour accéder à la presse ou aux livres numériques. Pour passer sans douleur au 100 % digital, il suffit de feuilleter les pages du bout de l'index.

Communication. Courriels, clavardage, réseaux sociaux... les tablettes permettent de rester connecté en permanence. Pratiques pour manier l'écrit, leur clavier tactile est capable de concurrencer n'importe quel smartphone. Certaines peuvent utiliser le réseau téléphonique 3G pour se connecter à Internet, à condition d'assumer l'abonnement. C'est le summum de la connectivité.

Web. Les smartphones ont rendu le Web nomade, les tablettes lui apportent le confort. Avec leurs larges écrans, surfer sur Internet devient un jeu d'enfant. La main remplace la souris, il devient simple de faire varier la taille des pages, passer d'un site à l'autre. Les moteurs de recherche s'adaptent aux tablettes et à la mobilité : les résultats prennent en compte la localisation géographique de l'utilisateur.

Jeux. Dans chaque tablette sommeille une console de jeu en puissance. Les dernières études sont catégoriques : les propriétaires de tablette aiment jouer, c'est même le premier des usages. Si vous ne vous sentez pas concernés, jetez un oeil sur « Angry Birds ». Une drogue universelle qui fait le bonheur de plusieurs générations de béotiens.

Cinéma. Il suffit de trois clics pour acheter un film sur une boutique de vidéo à la demande et de deux autres pour le lancer. Les tablettes sont les nouveaux cinémas de poche. Même s'il s'agit d'une question de goût, les vrais cinéphiles surveilleront la brillance de l'écran, qui est parfois un peu trop importante pour offrir un vrai confort de visualisation en pleine lumière.

Travail. Pour saisir un texte, prendre des notes ou improviser une session de travail sur n'importe quel coin de table, les tablettes sont parfaites. D'autant que les claviers compatibles permettent de passer aux choses sérieuses. La tablette se mue alors en ordinateur. L'idée d'Asus avec son Eee Transformer est audacieuse


NOTE : Du bon usage politique de la tablette

L'explosion du marché des tablettes et smartphones va coïncider avec les élections présidentielle et législatives. De nouveaux usages politiques vont voir le jour. Après avoir poussivement adopté les réseaux sociaux, les candidats vont devoir se jeter dans le grand bain des applis. Pour le moment, ils semblent un peu frileux. Seuls Christian Estrosi (en bas), Bruno Gollnisch, Daniel Fasquelle, Jean-Pierre Raffarin (en haut) et Jean-Pierre Chevènement (au milieu) ont publié une appli à leur nom... Comme l'a démontré Barack Obama en 2008, ces services mobiles sont un mode de communication doux, personnalisé et peu intrusif, entre le blog, le tract, la newsletter et la webTV. Les futurs candidats à l'Elysée n'ont plus qu'à astiquer leurs tablettes.

Acer Iconia Tab A500 : La plus équilibrée

Pour qui ?
Ceux qui souhaitent un port USB et un lecteur Micro-SD pour afficher les contenus multimédias.

Dommage
L'autonomie est franchement perfectible.

Le détail qui tue
Une led, située au-dessus de l'appareil photo, fait office de flash.


Apple iPad 2 : L'indétrônable

Pour qui ?
Les amoureux du design, les endurants du divertissement, les travailleurs nomades.

Dommage
Pas de port USB, pas de lecteur de carte, une connectique « propriétaire ».

Le détail qui tue
Une invention simple mais géniale permet de transformer la protection en béquille de présentation horizontale ou verticale.


Asus EeePad Transformer : La plus travailleuse

Pour qui ?
Ceux qui recherchent une tablette capable de remplacer un ordinateur portable.

Dommage
Pas de port USB intégré, il faut passer par un adaptateur.

Le détail qui tue
En option, un clavier avec batterie intégrée permet de doubler l'autonomie.


LG Optimus Pad : La plus originale

Pour qui ?
Un public à la recherche d'un produit performant et ludique.

Dommage
Son faible volume sonore restreint ses utilisations à des environnements calmes.

Le détail qui tue
Deux lentilles au dos de la tablette permettent de filmer en trois dimensions. Un peu gadget, mais amusant.


Motorola Xoom : La plus aboutie

Pour qui ?
Ceux qui veulent s'équiper de la tablette la plus performante sous Android.

Dommage
Le bouton de sortie de veille au dos de l'appareil est fort mal placé.

Le détail qui tue
La finition est irréprochable.


HTC Flyer : La plus puissante

Pour qui ?
Ceux qui se sentent l'âme créative.
Dommage La qualité du son est très moyenne.
Le détail qui tue
Un stylet (vendu séparément) permet de prendre des notes en écrivant sur l'écran.


iAccessoires
iArcade

Les jeux d'arcade et les premiers jeux vidéo reviennent à la mode auprès des plus de 30 ans. Devenus cadres stressés, ils peuvent revivre leurs émotions numériques adolescentes grâce à un accessoire baptisé iCade. Il transforme leur iPad en borne d'arcade, avec des jeux Atari d'époque, comme « Asteroid », « Centipede » ou « Battlezone ». Plus d'infos sur www.ionaudio.com.

iDactylographie

Un Américain un peu illuminé transforme des machines à écrire en clavier USB pour ordinateur (et iPad). Chaque modèle est unique. Les nostalgiques de la Remigton portative vont enfin pouvoir s'acharner sur un clavier à l'ancienne. Plus d'infos sur www.usbtypewriter.com.

iNourrisson

Si les enfants ne résistent pas à l'iPad, lui, leur résiste. A condition d'être emballé dans une housse de protection adaptée. Une fois protégée, la tablette se transforme en ardoise magique, il faut secouer pour effacer. Plus d'infos sur www.griffintechnology.com



Tests réalisés en partenariat avec le laboratoire indépendant Benchexport.

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mardi 3 mai 2011

Huawei l'ambitieux vise 100 milliards de dollars de chiffre d'affaires

Les Echos, no. 20924 - High-tech & Médias, mardi 3 mai 2011, p. 26

Le groupe chinois, deuxième équipementier mondial de télécommunications avec 14 à 15 % de part de marché, va développer sa propre marque dans le mobile, ouvrir des boutiques vitrines et se diversifier auprès des entreprises.

Les grosses berlines roulent au ralenti sur la voie rapide ultralarge qui mène à la zone économique spéciale de Shenzhen. Il y a toujours du monde dans cet îlot industriel du sud de la Chine. A gauche, les usines du taïwanais Foxconn, qui assemble l'iPad et l'iPhone : 400.000 ouvriers entassés dans des dortoirs. A droite, le siège de Huawei, le deuxième équipementier mondial de télécommunications avec 14 à 15 % de part de marché, juste derrière Ericsson. Près de 40.000 personnes se pressent chaque jour dans cette ville champignon, semée de bâtiments au design orgueilleux. Ce sont essentiellement des cols blancs, ingénieurs télécoms et diplômés de marketing, car Huawei s'est concentré depuis l'origine sur la conception des réseaux et des terminaux téléphoniques plutôt que sur la production, qui n'occupe que 5 % de son effectif. A contrario, 46 % des 110.000 salariés du groupe à l'échelle mondiale se consacrent à la R & D. Un chercheur coûte en Chine quatre à cinq fois moins cher qu'à l'Ouest.

Il y a là un entrepôt ultramoderne de 11.000 mètres carrés, où les composants étiquetés avec une puce sont manipulés par des automates et seulement 35 employés ; un centre de formation qui mobilise un millier de professeurs dispensant leur enseignement à 20.000 salariés ou clients chaque année ; un « data center » ; une bibliothèque ; un centre de tests où l'on fait subir les pires mauvais traitements aux équipements ; une « Maison-Blanche » copie de l'originale avec ses pilastres blancs et son showroom géant, où les délégations d'honorables visiteurs africains ou européens se succèdent. A l'heure du déjeuner, une foule compacte de jeunes gens (moyenne d'âge : 29 ans) marche droit sur les cantines, qui ressemblent à des supermarchés avec huit caisses et des dizaines de milliers de baguettes dans des seaux. Les immeubles d'habitation sont environnés de piscines, de terrains de sport, d'une clinique. Les salons de réception donnent sur un jardin paysager luxuriant, là où, neuf ans plus tôt, on ne voyait que la terre aplanie par les bulldozers.

Une irrésistible ascension

Un nouveau bâtiment est d'ailleurs en construction pour accueillir une partie des 26.000 embauches prévues cette année. Car Huawei a gardé le profil de croissance d'une « petite jeune » (+ 29 % par an depuis cinq ans), malgré la crise de 2009. Le chiffre d'affaires a atteint 28,2 milliards de dollars l'année dernière. « Nous sommes prêts pour le prochain bond, nous avions prédit une croissance de 20 % en un an, mais nous avons fait + 24 % ! », s'est émerveillé le contrôleur de gestion du groupe, Fan Chen, lors d'une conférence d'analystes à Shanghai la semaine dernière.

Le rythme devrait se tasser cette année, avec un objectif de 31 milliards de dollars. Mais le groupe, qui dispose de 5,8 milliards de dollars de cash et d'une marge opérationnelle de 15,8 %, voit l'avenir très loin et veut devenir « une entreprise de 100 milliards de dollars dans dix ans », a confié Richard Yu, le directeur marketing.

Pour cela, Huawei va se diversifier au-delà des télécoms, qui lui offrent trop peu d'espace. Le chinois développe ses services informatiques aux entreprises, avec une offre de « cloud » (stockage des applications et données à distance). Il veut également vendre 80 % de ses terminaux sous sa propre marque au lieu d'apposer celle des opérateurs, inversant la proportion de 2010. L'an dernier, il a vendu 40 millions de cartes de type clef 3G, 31 millions de mobiles dont 3 millions de « smartphones » et 40 millions de « box » Internet et assimilés. Huawei va donc lancer des campagnes publicitaires et ouvrir 5 magasins vitrines en Chine pour accompagner sa montée en gamme. Peut-être les Européens vont-ils bientôt apprendre à prononcer « Hua-wei », eux aussi.

Solveig godeluck

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jeudi 14 avril 2011

Foxconn, le fabricant de l'iPad, est prêt à investir 12 milliards de dollars au Brésil

Les Echos, no. 20912 - High-tech & Médias, jeudi, 14 avril 2011, p. 22

Le taïwanais négocie un projet d'investissement de 12 milliards de dollars sur cinq ans. Evoqué lors de la visite de la présidente brésilienne Dilma Rousseff à Pékin, celui-ci prévoit la construction d'une usine d'écrans numériques.

Le montant est impressionnant. Douze milliards de dollars sur cinq ans. Terry Gou, le patron de Foxconn, vient de dévoiler son projet aux autorités brésiliennes, en vue, notamment, de la construction d'une usine d'écrans numériques à cristaux liquides pour ordinateurs et tablettes. Il s'agirait de la première installation du genre dans l'hémisphère Sud, selon les autorités brésiliennes, tout le matériel étant jusqu'à présent importé de Chine, du Japon et de la Corée du Sud. De surcroît, le fabricant taïwanais s'engagerait à assembler au Brésil toute une gamme de produits high-tech, . A la clef, la création de 100.000 emplois, assure Foxconn, dont 20.000 postes d'ingénieurs. Le groupe dirigé par Terry Gou dispose déjà de cinq unités d'assemblage au Brésil, et il laisse entrevoir maintenant les contours d'une « ville numérique » dans ce pays pour accueillir ce projet. Foxconn ne détaille pas pour l'instant la répartition de ses investissements.

Un saut qualitatif pour le pays

Mais son plan répond aux attentes politiques du Brésil, qui souhaite privilégier la production locale plutôt que l'importation de produits de haute technologie, comme les écrans numériques (à eux seuls, ces derniers auraient coûté l'an dernier 3 milliards de dollars au pays). Le Brésil ne recherche « pas seulement des transferts de technologie, a souligné la présidente, Dilma Rousseff, lors de sa visite d'Etat en Chine, mais des mécanismes conjoints de recherche technologique qui permettent de mettre au point des produits légitimement binationaux ».

Toutefois, les obstacles sont de taille. Les exonérations fiscales peuvent éventuellement convaincre certains investisseurs récalcitrants de venir au Brésil, mais il faudra renforcer les réseaux de fibre optique et la logistique pour écouler la production, comme le reconnaît le ministre brésilien de la Science et de la Technologie, Aloizio Mercadante. Le manque de main-d'oeuvre qualifiée paraît être également un sérieux handicap. La Banque nationale de développement brésilienne pourrait être appelée à financer une partie du projet, jugé stratégique.

Dans un premier temps, Foxconn devrait d'abord assembler les iPad d'Apple au Brésil avant la fin de l'année, selon les anticipations d'Aloizio Mercadante. Le taïwanais dispose d'ores et déjà d'un beau parc au Brésil, où il a investi 700 millions de dollars en cinq ans, et d'un large éventail de clients. Au-delà d'Apple, il assemble des ordinateurs pour le compte de HP depuis 2007, de Dell et, plus récemment, des portables de la ligne Vaio de Sony à Jundiai, près de São Paulo. Il produit en outre des téléphones mobiles pour Motorola et Sony Ericsson dans son usine d'Indaiatuba, également dans l'Etat de São Paulo. Depuis la zone franche de Manaus, en Amazonie, Foxconn assemble et distribue des appareils photo numériques Sony et des téléphones Nokia. La production locale d'écrans numériques serait un saut qualitatif important.

Il a par ailleurs, annoncé un nouvel investissement de 200 millions de dollars dans un centre de R&D au Brésil. Huawei a aussi dévoilé un plan de 350 millions de dollars sur dix ans. De quoi alimenter les ambitions du Brésil de moderniser son parc de haute technologie et de ne pas demeurer une simple plate-forme pour le montage de composants importés.

THIERRY OGIER

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jeudi 28 octobre 2010

Un Chinois accuse Apple de violer ses droits sur la marque iPad

Le Figaro, no. 20603 - Le Figaro Économie, jeudi, 28 octobre 2010, p. 17

En Chine, c'est bien connu, on ne badine pas avec le droit des marques. Apple en fait l'amère expérience. Le groupe californien est accusé de violation de propriété intellectuelle par une société chinoise, qui affirme avoir déposé la marque iPad bien avant elle, dès janvier 2000. Proview Technology, basée à Shenzhen, aurait toujours le droit d'utiliser la célèbre dénomination en Chine. Du coup, Yang Rongshan, le président de Proview, juge illégale et « arrogante » la décision d'Apple de vendre l'iPad en Chine. L'objet, déjà culte, y a été lancé le 17 septembre, mais des modèles venus de Hongkong étaient disponibles depuis longtemps. De plus, Apple est concurrencé sur le marché chinois par une brochette de tablettes bon marché fabriquées localement, dont certaines ressemblent furieusement à l'iPad...

Des discussions auraient eu lieu entre Apple et Proview Technology, sans résultat. Proview évalue le prix de la marque iPad en Chine à quelque 800 millions de dollars. Ces mésaventures rappellent celle de Schneider, accusé en 2006 de contrefaçon par un concurrent chinois, qui s'était pourtant fortement inspiré de ses produits. Le groupe français a fini par passer à la caisse et débourser 17 millions d'euros pour limiter les turbulences sur le sacro-saint marché chinois...

© 2010 Le Figaro. Tous droits réservés.

lundi 1 février 2010

Google garde l'iPhone et l'iPad dans sa ligne de mire - Guillaume de Calignon

Les Echos, no. 20605 - Technologies de l'information, lundi, 1 février 2010, p. 22

Présent à Davos, Eric Schmidt, le patron de Google, a expliqué que son « objectif n'est pas de gagner de l'argent en vendant des terminaux ou le logiciel Android ». C'est de prendre position sur la publicité mobile.

L'iPad d'Apple n'a qu'à bien se tenir. Après avoir commencé à concurrencer l'iPhone avec Nexus One et son système d'exploitation pour terminaux mobiles Android, Google a clairement l'intention de coller aux semelles d'Apple sur le terrain des « tablettes », ces appareils hybrides à mi-chemin entre un « smartphone » et un ordinateur portable. Même s'il refuse de s'engager officiellement sur la commercialisation d'un terminal mobile concurrent de l'iPad sous sa propre marque, Eric Schmidt, le PDG de Google, promet le lancement d'ici peu de nouvelles gammes de terminaux dans la famille Android. « Il va y avoir plein de terminaux de toutes les formes possibles. Avec des petits écrans, de grands écrans, des écrans tactiles_ » évoque le patron de Google. Lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas, en début d'année, des prototypes avaient d'ailleurs déjà été présentés. « D'ici six semaines, le Nexus One sera disponible sur les quatre principaux réseaux mobiles américains. Il sera également proposé à terme dans d'autres pays », précise Eric Schmidt avant d'ajouter : « Notre objectif n'est pas de gagner de l'argent en vendant des terminaux ou le logiciel Android. Nous voulons faciliter le développement de la plate-forme Android. Nous voulons qu'il y ait des volumes importants. Suffisamment importants pour que les développeurs imaginent de nouvelles applications » qui nourriront, à terme, le succès d'Android en permettant la croissance d'un vaste écosystème, détaille le PDG du géant de l'Internet, pour qui « ce qui fait le succès d'un terminal ce n'est pas sa forme, ce sont les programmes auxquels il permet d'accéder ». Un succès qui est déjà là pour Android. Les volumes seront importants dès 2010, promet le PDG tout en refusant de s'engager sur des objectifs chiffrés.

De l'usage aux revenus

Si le but n'est pas de gagner de l'argent sur les terminaux ni sur le logiciel Android, c'est que Google espère demain être capable de s'enrichir grâce à la croissance du marché de l'accès à Internet en mobilité. Un marché qui devrait attirer les annonceurs, d'autant plus que les téléphones permettent d'identifier clairement les consommateurs et que la fonction GPS permet de les localiser, ce qui devrait rendre les publicités encore plus pertinentes. « Nous avons le meilleur moteur de recherche. Sur leur mobile aussi, les utilisateurs passeront par nous », croit Eric Schmidt. « C'est l'usage qui générera des revenus », estime-t-il.

ENCADRÉ : Google n'a pas encore quitté la Chine

Optimisme. Google a peut-être haussé le ton face à la Chine mais, pour l'instant, le géant de l'Internet n'a pas encore quitté l'empire du Milieu. Présent au forum de Davos, le PDG du groupe, Eric Schmidt, s'est même voulu relativement optimiste. Il n'exclut pas que la Chine revoie ses pratiques sur le terrain de la censure. Le patron admet que le dialogue avec la Chine n'est pas rompu. Il a cependant répété que Google fermerait ses opérations abritées sur le site www.google.cn si le groupe n'obtenait pas que son moteur de recherche ne soit plus filtré par la censure chinoise.

© 2010 Les Echos. Tous droits réservés.

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