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jeudi 21 avril 2011

En Chine, la filière française veut encore croire à ses chances - Gabriel Grésillon

Les Echos, no. 20917 - Industrie, jeudi, 21 avril 2011, p. 16

Alors que Pékin mène actuellement un grand audit de ses centrales, la France s'attend à ce que la Chine rehausse ses exigences en matière de sûreté.

Et si le retour en grâce des questions de sûreté dans le monde de l'énergie nucléaire bénéficiait à la France ? C'est l'idée que défend Nicolas Sarkozy. Celui-ci n'a pas oublié comment les Sud-Coréens avaient raflé le marché d'Abu Dhabi en proposant un réacteur moins cher mais également moins exigeants que l'EPR français en termes de sûreté. Cet espoir pour la filière française de l'atome peut sembler paradoxal, quelques semaines seulement après l'un des plus graves accidents de l'histoire du secteur. Il repose essentiellement sur un pays : la Chine, plus grand marché au monde avec 40 % des réacteurs actuellement en construction sur la planète. Paris fait le pari que Pékin ne renoncera pas à cette source d'énergie et que la technologie française est la plus à même de répondre aux attentes chinoises.

Pour l'instant, Pékin effectue un audit de ses centrales. Mais la France veut croire qu'une fois cette expertise menée à terme, la Chine optera pour des projets en ligne avec les nouvelles exigences de sûreté qu'elle se sera fixées. L'espoir de Paris est donc que cela donne toutes leurs chances aux réacteurs dits de « troisième génération », censés mieux résister à un accident. Donc soit l'EPR français, soit l'AP1000 de Westinghouse. Si Pékin a officiellement donné sa préférence, en 2006, à l'AP1000, Paris espère qu'il n'y a là rien de définitif, et qu'il s'agissait d'abord, pour Pékin, à l'époque, de ne pas se retrouver pieds et poings liés à l'égard de la technologie française. Preuve en est que les autorités chinoises ont tout de même donné leur aval pour la construction de deux EPR dans le sud du pays, à titre dérogatoire. Surtout, l'AP1000 est, pour l'heure, un concept aux technologies certes innovantes, mais sa concrétisation semble appelée à prendre du temps, à l'image des nombreux retards et surcoûts qu'ont connus les chantiers européens de l'EPR.

Fenêtre de tir

Il y a donc, avant que l'AP1000 ne soit pleinement fonctionnel, et avant que les industriels chinois ne soient en mesure de développer leur propre réacteur de troisième génération, une fenêtre de tir dont l'industrie française espère bénéficier. C'est tout le sens de la proposition de l'Elysée d'établir un partenariat global entre la France et la Chine afin de concevoir ensemble un réacteur destiné à l'export. « L'idée d'exporter ne trompe personne : il s'agit d'abord de construire ensemble pour le marché chinois, car c'est ici que se joue l'avenir de cette industrie, explique un bon connaisseur du sujet. Le but serait de fabriquer un réacteur de troisième génération issu du retour d'expérience de l'EPR construit en Chine. »

Pour ce spécialiste, Paris a donc trouvé un moyen, en parlant d'exportation, de ne pas avoir l'air de forcer la main à la Chine, qui a officiellement opté pour l'AP1000. Cela n'empêche pas Pékin d'accepter l'idée « à la chinoise » en laissant actuellement se développer les contacts entre EDF et CGNPC, l'électricien de la province du Guangdong. Le but étant de construire, à partir de cet embryon, un consortium industriel rassemblant tous les grands acteurs de l'atome des deux pays. Toute la question est de savoir combien de temps il faudra pour établir une structure opérationnelle, au-delà des querelles de chapelle. « Le train va bientôt partir, il faut se dépêcher de monter dedans », prévient un Français.

GABRIEL GRESILLON

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lundi 6 décembre 2010

Nucléaire : et si, pour l'EPR, l'espoir venait de Chine ?

Les Echos, no. 20819 - Une, lundi, 6 décembre 2010, p. 1

La construction des réacteurs nucléaires de troisième génération accumule les difficultés sur les deux premiers chantiers, en France et en Finlande. Mais celui de Taishan, en Chine, avance bien. Avec une mise en service prévue en 2013, il pourrait être le premier EPR au monde à fonctionner. Il deviendrait la vitrine d'une technologie dont Areva veut redorer le blason. Anne Lauvergeon, patronne du groupe nucléaire, l'assure : le réacteur chinois ne dépassera pas 3 milliards d'euros et produira de l'électricité 16 % moins chère que celle de l'AP 1.000 de Westinghouse.

ARNAUD LE GAL

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jeudi 25 novembre 2010

REPORTAGE - Le chantier de l'EPR avance plus vite que ceux de Flamanville et d'Olkiluoto


Le Monde - Economie, jeudi, 25 novembre 2010, p. 18

En Chine, le chantier de l'EPR avance plus vite que ceux de Flamanville et d'Olkiluoto

Face à la mer de Chine méridionale, les ouvriers en bleu de travail et casque jaune s'activent. " Ils ne chôment pas ", lance Rémi Sénac, représentant d'Areva à Taishan, dans le sud-est de la Chine (Guangdong), où la construction de deux EPR va bon train. L'avancement du chantier des réacteurs nucléaires de troisième génération vendus à la Chine en novembre 2007 fait la fierté du groupe français. En comparaison, ses projets en Finlande et à Flamanville (Manche), sont à la traîne.

Le bâtiment du premier réacteur, pour l'instant un cylindre de métal de 39 mètres, trône au centre d'un terrain lunaire de 450 hectares où se relaient une vingtaine de grues. A quelques pas, le dôme qui fermera cette boîte nucléaire d'une puissance de 1 660 mégawatts n'attend plus que deux anneaux.

La symbolique étape de sa levée sur le bâtiment est promise pour mai 2011, tandis qu'elle ne devrait intervenir qu'un mois plus tard sur le chantier français, pourtant lancé avant. Selon le calendrier actuel, la durée de construction de l'EPR finlandais est de 86 mois - entre la coulée du premier béton et la mise en service commerciale - contre 54 mois assortis de deux années de retard dans le Cotentin, et seulement 52 mois en Chine.

Ce décalage s'expliquerait par l'apprentissage. L'ingénierie des deux réacteurs chinois bénéficie des retours d'expérience des chantiers européens, une " raison fondamentale ", expliquant cette rapidité, selon Areva. Le " saucissonnage " des contrats de sous-traitance a ainsi été limité pour simplifier la tâche. Certaines méthodes de soudage ont été corrigées.

Le partenaire d'Areva, China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), l'un des deux géants chinois du nucléaire civil, bénéficie en parallèle de l'expérience de ses sous-traitants, hyperactifs depuis le milieu des années 1980, au cours desquelles la Chine s'est tournée vers l'atome dans l'espoir de réduire sa dépendance au charbon. " Leurs entreprises de génie civil n'ont jamais cessé de faire des centrales depuis ", constate Roger Seban, vice-directeur général de la coentreprise par laquelle EDF s'est associé au projet.

La clé du succès repose aussi sur la main-d'oeuvre chinoise (9 000 personnes sont actuellement mobilisées sur le chantier). Au lieu des " trois-huit " pratiqués en Europe, les ouvriers de Hua Xing, le bétonneur de la première tranche de Taishan, travaillent par quarts de dix heures, sept jours sur sept.

Un système d'intéressement financier au respect des délais explique la motivation des troupes, tant des travailleurs que des cocontractants. " Un des facteurs très importants de l'économie des projets repose sur le respect du planning initial ", explique Eric Neisse, directeur adjoint d'Areva en Chine. CGNPC étant mis en concurrence avec une autre entreprise appartenant comme elle au gouvernement central et ayant de son côté adopté la technologie de troisième génération américaine de Toshiba-Westinghouse, on imagine qu'il a tout intérêt à finir dans les temps.

Malgré les typhons

Paradoxalement, le chantier chinois concentre davantage d'obstacles que ses deux cousins européens. La province du Guangdong, dont l'activité industrielle nourrit d'importants besoins en énergie, est balayée chaque été par les typhons. Il a donc fallu construire une digue le long de la côte et des tranchées canalisant les pluies de la mousson sur les collines alentours. L'eau de mer étant plus chaude, un tunnel de quatre kilomètres est nécessaire, pour chacun des réacteurs, afin de la puiser au large et de garantir leur refroidissement.

Les deux réacteurs, qui ont dix mois d'écart, devraient donc être mis en service respectivement à la fin de l'année 2013 et à l'automne 2014. D'ici là, Areva espère avoir lancé la construction d'EPR supplémentaires, par le biais de sa nouvelle coentreprise Wecan, dans laquelle son partenaire chinois CGNPC est majoritaire, condition sine qua non pour avancer dans ce domaine stratégique intéressant beaucoup la Chine. Le site de Taishan peut d'ailleurs en accueillir six, ne manque-t-on pas de souligner. La construction de deux d'entre eux n'attend plus que le feu vert du gouvernement chinois. Les travaux de terrassement ont déjà été réalisés, par anticipation.

Harold Thibault

PHOTO - BEIJING, CHINA - DECEMBER 21: French Prime Minister Francois Fillon (L) and Chinese Vice-Premier Li Keqiang (R) unveil a plaque at a ceremony confirming a nuclear power cooperation deal with China in the Great Hall of the People on 21 December 2009 in Beijing, China. Fillon is on a three-day official visit to China aimed at improving the Sino - French bilateral relationship which was damaged after President Nicolas Sarkozy met with the Dalai Lama. Fillon is accompanied on the trip by finance minister Christine Lagarde and a number chief executives from within French industry as the two nations seek to develop trade co-operation through various projects.

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mercredi 13 janvier 2010

INDISCRET - Refus chinois contre François Fillon

L'Express, no. 3054 - INDISCRETS politique, jeudi, 14 janvier 2010, p. 20

Lors de sa visite en
Chine, en décembre, François Fillon voulait poser la première pierre des deux réacteurs nucléaires de troisième génération EPR avec un haut dirigeant chinois. Cette faveur lui fut refusée : la cérémonie sur la coopération nucléaire se déroula donc à Pékin.

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