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mercredi 2 novembre 2011

Les riches Chinois veulent de plus en plus émigrer

Tribune de Genève - Economie, mercredi 2 novembre 2011, p. 14

Plus de la moitié des millionnaires en francs habitant l'Empire du Milieu veulent quitter leur patrie

Plus de la moitié des Chinois les plus riches projettent d'émigrer, de préférence aux Etats-Unis et au Canada, selon une enquête effectuée par les auteurs d'un rapport qui dresse chaque année la liste des plus grosses fortunes de la deuxième économie mondiale.

Environ 46% des Chinois dont les avoirs dépassent 10 millions de yuans (1,37 million de francs) envisagent ainsi un départ à l'étranger. Et 14% supplémentaires ont déjà entamé des démarches en ce sens, d'après cette enquête réalisée conjointement par Hurun Report et la Bank of China. La société Hurun Report détient des magazines spécialisés dans le luxe et possède un institut de recherche.

Une grande partie des 980 personnes interrogées dans dix-huit villes chinoises ont cité la volonté d'offrir une meilleure éducation à leurs enfants ainsi que la sécurité de leurs biens parmi les raisons les poussant à vouloir quitter la Chine.

Près d'un tiers des personnes interrogées ont déclaré avoir déjà effectué des investissements outremer, dans beaucoup de cas pour faciliter le processus d'émigration. Certains pays comme le Canada et l'Australie offrent des facilités pour obtenir un permis de résidence aux étrangers qui investissent des sommes importantes dans le pays.

L'inflation en Chine, qui érode l'épargne, ainsi que les difficultés pour placer des fonds à l'étranger sont aussi fréquemment citées par les candidats à l'émigration.

Selon la dernière liste publiée par Hurun pour l'année 2011, la Chine compte 271 milliardaires en dollars, contre 189 un an auparavant, tandis que le nombre de Chinois dont la fortune excède 10 millions de yuans a atteint 960 000, en hausse de 9,7% sur un an.

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vendredi 17 juin 2011

Canadiens et chinois s'allient pour contrer le duopole Airbus-Boeing


Le Figaro, no. 20802 - Le Figaro - Spéciaux, lundi 20 juin 2011, p. 2

Sur le segment des avions de plus de 110 places où ils régnaient en maîtres, Airbus et Boeing s'apprêtent à faire face à de nouveaux rivaux. Les premiers à entrer en lice seront le CSeries du canadien Bombardier en 2013 suivi du C-919 du chinois Comac, en 2016. Les russes et les japonais et peut-être le brésilien Embraer devraient s'engouffrer sur ce marché juteux. Les appareils de type A 320 et B 737 devraient représenter les deux tiers des quelque 33 500 avions à livrer dans le monde d'ici à 2030. Le marché, estimé à plus de 1 700 milliards de dollars, aiguise les appétits. Cette décennie verra la fin du duopole Airbus-Boeing.

Pour l'heure, la menace est limitée. Le CSeries et le C-919 ont chacun enregistré une centaine de commandes. C'est peu face au démarrage en trombe de l'A 320 NEO (remotorisé) avec plus de 300 commandes au compteur cinq mois après son lancement commercial. Airbus promet de dépasser les 500 contrats d'ici à la fin du Salon du Bourget. Présenté comme l'arme fatale face au CSeries, l'A 320 NEO offrira à partir de sa mise en service en 2015 une économie de consommation de carburant de 15 % par rapport aux A 320 classiques et de 30 % par rapport aux B 757. Cela, grâce à de nouveaux réacteurs, également proposés par Bombardier et Comac. Le NEO profite de la signature internationale d'Airbus sur la scène aéronautique : crédibilité industrielle, qualité des avions et d'un réseau de support technique et de services mondialisé. « La famille NEO fait très mal au CSeries et au C-919 », constate Fabrice Brégier, directeur général d'Airbus.

Rouleau compresseur chinois

À plus long terme, les jeux sont loin d'être faits. Conscients de leur lacune, Bombardier et Comac ont signé, fin mars 2011, une alliance stratégique qui établit les bases « d'un partenariat de long terme dans les avions commerciaux à travers plusieurs projets » avec, à la clef, le partage « de techniques et savoir-faire en matière de marketing, service à la clientèle, fabrication afin de bâtir une stratégie commune qui permette aux deux constructeurs de se développer sur les marchés matures et émergents », explique l'avionneur canadien.

Aux yeux des observateurs, Comac se présente comme le plus menaçant à long terme. Le C-919 bénéficie de la technologie occidentale ainsi que de fonds publics quasi inépuisables. La Civil Aviation Administration of China (CAAC) a décidé d'investir 165 milliards d'euros sur cinq ans pour soutenir son industrie aéronautique et construire des aéroports, au rythme d'un par mois en moyenne. La Chine ne cache pas qu'après les avions régionaux et les moyen-courriers, elle s'attaquera à d'autres segments afin de couvrir tout le marché. Le rouleau compresseur chinois est en marche.

Véronique Guillermard


Avions d'affaires : Pas de reprise avant 2012

Les marchés occidentaux redécollent lentement tandis que les ventes s'envolent en Chine à la faveur de l'ouverture du ciel.

Très sensible aux aléas de la conjoncture, l'aviation d'affaires peine à renouer avec la croissance. Selon la General Aviation Manufacturers Association (Gama), en 2010, les livraisons d'avions d'affaires ont reculé de 11,4 % à 2 015 appareils pour une valeur estimée de 19,7 milliards de dollars. C'est plus de deux fois moins qu'en 2007 et ses 4 270 appareils ! Le premier trimestre 2011 n'a pas apporté d'éclaircie puisqu'il s'est vendu 128 jets d'affaires dans le monde pour une valeur de 3,7 milliards de dollars, contre 164 pour la même période de 2010. Et 250 en 2007.

Parallèlement, le stock d'avions d'occasion - véritable baromètre de la santé du marché - a gonflé pour atteindre des niveaux records, flirtant avec les 3 500 appareils pour un marché mondial estimé à 17 000 jets. « Ce stock est redescendu à 2 500, mais il est encore important », estime Marine Eugène, vice-présidente de NetJets Europe, le leader de l'avion d'affaires en multipropriété.

« La situation s'améliore mais lentement. Le nombre de transactions augmente, le stock d'avions décroît mais l'incertitude économique freine encore les entreprises. La véritable reprise attendra donc 2012 », développe Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation. De son côté, NetJets n'anticipe pas de reprise franche avant mi-2012, voire 2013. Du coup, la société a gelé toute entrée de nouveaux appareils dans sa flotte d'ici à 2013.

Dans ce contexte, tous les constructeurs ont souffert. Comme en témoigne le limogeage, début mai, du PDG de l'américain Cessna, Jack Pelton, par son actionnaire, le groupe Textron. La crise a moins secoué les spécialistes du haut de gamme et des grands jets à long rayon d'action. Malgré les annulations et les reports de commandes, Dassault a réalisé une année record en termes de livraisons en 2010 avec 95 jets remis aux clients. En 2011, les nouveaux contrats devraient être supérieurs aux annulations, estime-t-il. Mais les livraisons devraient être inférieures cette année à celles de 2010 à 70 appareils. Afin d'ouvrir plus largement sa gamme, Dassault Aviation a récemment présenté un nouvel appareil, le Falcon 2000S, destiné à être son entrée de gamme (lire nos éditions du 17 mai).

En 2011, les bonnes nouvelles viennent de Chine où l'aviation d'affaires décolle à la faveur de l'ouverture progressive du ciel, estime Damien Lasou, analyste aéronautique d'Accenture. Les observateurs anticipent un doublement des ventes de jets en 2011 par rapport à 2010, à 70 appareils plutôt dans le segment du haut de gamme.

Le vaste ciel chinois ne compte qu'une centaine d'appareils en activité à comparer avec les 10 000 jets d'affaires aux États-Unis. Un potentiel gigantesque. Pour François Chazelle, responsable de la division Corporate Jet d'Airbus, il se vendra 5 avions d'affaires de type gros porteur par an d'ici à 2016. Bombardier estime que le marché chinois se hissera au 3e rang mondial au cours de cette décennie. Le constructeur canadien estime que les livraisons devraient s'élever à 960 jets d'affaires d'ici à 2020, puis monter encore à 1 400 avions d'ici à 2030.


Airbus promet d'importants contrats.

Le B 747-8 Intercontinental, version rallongée et modernisée du gros porteur de Boeing, s'expose en première mondiale au Bourget.

La 49e édition du Salon aéronautique du Bourget ouvre ses portes aujourd'hui. Il sera inauguré ce matin par Nicolas Sarkozy qui doit prononcer un discours très attendu par les industriels à 10 h 30. Durant sept jours, les professionnels et le grand public, à partir de vendredi, se retrouvent dans une ambiance festive. « Ce sera un beau salon, l'aéronautique étant entrée dans une période de reprise après la crise », résume Fabrice Brégier, directeur général d'Airbus.

« Le Salon 2011 reflète la bonne santé de notre industrie. Avec 2 130 exposants issus de 140 nationalités différentes, nous battons tous les records. Six mois avant l'ouverture du salon, nous avions vendu la quasi-totalité des surfaces d'exposition », se félicite Louis Le Portz, commissaire général du salon.

Une belle tribune

Les 50 leaders mondiaux ont répondu présent mais ont réduit leur budget de 10 % en moyenne. « Cette situation est compensée par la présence plus forte des nouvelles nations aéronautiques telles que le Brésil, la Chine, la Russie, la Corée ou encore la Tunisie et le Maroc, ainsi que des PME », précise Louis Le Portz. La Chine monte en grade avec, à côté d'Avic, le constructeur Comac qui expose, pour la première fois dans un salon étranger, une maquette à l'échelle 1 de son C 919, futur rival des Airbus A 320 et Boeing B 737.

L'édition 2011 est riche en nouveautés. Eurocopter dévoile un drôle d'oiseau, mi-hélicoptère mi-avion baptisé X 3. Boeing arrive en force avec cinq appareils dont deux Boeing 747-8, la version rallongée et modernisée de son gros porteur, ainsi qu'un B 787 Dreamliner dont la première livraison est prévue au troisième trimestre 2011. Dommage cependant que le géant américain en prive le grand public puisque les B 747-8 et le B 787 repartent entre le 21 et le 23 juin. Chez Airbus, l'A 400M militaire est enfin au rendez-vous après avoir alimenté la chronique par ses surcoûts et décalage de calendrier.

Le salon offre une belle tribune pour annoncer des contrats en cascade. Airbus promet près de 200 commandes d'A 320 NEO (remotorisé) afin de « passer le cap des 500 contrats d'ici à la fin juin ». L'avionneur européen attend aussi de nouveaux contrats d'A 380 : avec Hong Kong Airlines et Qatar Airways, qui en a déjà commandé cinq et qui pourrait en signer entre dix et vingt de plus. L'édition 2011 devrait battre sans difficulté le modeste bilan commercial de 2009 qui s'était soldé par 12,9 milliards de dollars de commandes pour Airbus (127 appareils) et seulement deux contrats pour Boeing.

Les flottes se renouvellent

À plus de 100 dollars le baril, le prix du kérosène devrait peser sur le dynamisme du transport aérien mais sans casser sa croissance. Et agir aussi comme un aiguillon pour sortir des flottes les avions les plus anciens et donc les plus gourmands en carburant. Airbus et Boeing anticipent une vague de rééquipement dans les pays matures dont la vigueur s'ajoute aux besoins gigantesques des pays émergents. Au total, la flotte mondiale devrait doubler d'ici à vingt ans, à 33 500 appareils. Les deux tiers seront des avions moyen-courriers.

Pour répondre à la demande, Airbus prévoit de produire 42 A 320 par mois d'ici au début 2012 contre 36 actuellement et étudie le passage à 44 appareils. Boeing de son côté prévoit de produire 35 B 737 NG en 2012 et 38 autres mi-2013. Cette année, Airbus prévoit de livrer entre 520 et 530 appareils (510 en 2010), dont environ 25 super-jumbos A 380, tandis que Boeing anticipe entre 485 et 500 avions en 2011 (462 en 2010), dont 25 à 40 exemplaires du 787 et du 747-8.

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jeudi 25 novembre 2010

Pékin multiplie les contrats pour se fournir en uranium - Gabriel Grésillon

Les Echos, no. 20812 - Industrie, jeudi, 25 novembre 2010, p. 22

Après Areva, son grand rival canadien Cameco a signé hier un contrat de fourniture d'uranium à la Chine.

Jolie opération pour Cameco, le grand rival d'Areva dans l'uranium. L'industriel canadien, deuxième producteur mondial derrière son concurrent français, a annoncé hier un accord portant sur la fourniture de concentré de ce minerai au groupe chinois CGNPC. Aucun chiffre n'a été communiqué sur le montant de ce contrat, mais il porte sur environ 13.000 tonnes livrées jusqu'en 2025. Sachant qu'Areva vient de signer avec l'autre grand nom du nucléaire chinois, CNNC, un contrat portant, lui, sur la livraison de 20.000 tonnes de minerai, et chiffré à 3,5 milliards de dollars, l'accord entre Cameco et CGNPC pourrait s'établir aux alentours de 2 milliards de dollars.

Le premier chantier au monde

C'est la quatrième fois qu'une entreprise chinoise signe, de cette manière, un compromis portant sur la livraison à long terme du précieux minerai. Une tendance qui démontre le caractère capital, pour Pékin, de sécuriser ses approvisionnements afin de garantir la viabilité de son gigantesque programme de développement de l'industrie nucléaire -l'objectif de 40 gigawatts installés pourrait être atteint dès 2015, contre moins de 11 GW aujourd'hui. Avec 24 tranches nucléaires actuellement en construction, la Chine est, de très loin, le premier chantier au monde pour le secteur. Ce qui fait dire à l'Association mondiale du nucléaire que la demande chinoise annuelle de minerai pourrait atteindre 20.000 tonnes en 2020, soit près de 10 fois sa consommation actuelle, et plus du tiers de la quantité de minerai extraite dans le monde l'année dernière. D'après RBC Capital Markets, la demande mondiale d'uranium devrait ainsi croître de 32 % d'ici à 2015. Un formidable moteur de croissance pour Cameco, mais aussi pour Areva.

G. G. à Pékin

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mardi 1 juin 2010

SPORT - Le canadien Alexandre Despatie est en Chine

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Australian diver Matthew Mitcham (R), Mexican diver Paola Espinosa Sanchez (L2), Chinese diver Chen Ruolin (C) and Canadian diver Alexandre Despatie (R2) attend the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Canadian diver Alexandre Despatie attends the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.

CHANGZHOU, CHINA - JUNE 01: Mexican diver Paola Espinosa Sanchez attends the 2010 Diving World Cup press conference on June 1, 2010 in Changzhou, Jiangsu province of China. The 17th FINA Diving World Cup will be held June 2 to June 6 at Changzhou Olympic Park.


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mercredi 24 mars 2010

Comment le Québec attire les étudiants français - Jean-Claude Lewandowski

Les Echos, no. 20643 - Les stratégies, jeudi, 25 mars 2010, p. 10

De plus en plus d'étudiants de l'Hexagone choisissent d'effectuer tout ou partie de leurs études au Québec. La Belle Province, il est vrai, dispose de solides arguments. En premier lieu, la qualité de ses universités et de sa pédagogie.

Plus de 20.000 jeunes Français tentent, chaque année, l'aventure des études au Québec. Et le chiffre augmente régulièrement. Pourquoi cette ruée sur les universités de la Belle Province ? Comment expliquer cet engouement ? C'est que l'enseignement supérieur québécois offre aux étudiants venus de l'Hexagone un cocktail particulièrement alléchant - au point qu'il constitue, par bien des aspects, une antithèse du modèle français. Un signe, d'ailleurs : les Québécois qui étudient en France ne sont, eux, que quelques centaines. Voici un rapide inventaire des « bonnes raisons » d'aller décrocher un diplôme chez nos « cousins » québécois.

x L'international_ juste ce qu'il faut

Partir au Québec, c'est d'abord s'offrir une authentique expérience internationale. L'occasion de quitter le domicile familial, ses amis et sa « zone de confort », pour se frotter à une autre façon de penser et de travailler. Une façon d'acquérir son autonomie, donc. Situé à bonne distance de la France (pas question de revenir se faire « cocooner » tous les quinze jours), le Québec permet de « découvrir » l'Amérique et son mode de vie - mais dans un pays mâtiné de culture européenne. Largement bilingue, le Québec permet en outre de perfectionner son anglais, tout en restant en terrain francophone familier. « Le multiculturalisme est au coeur de la société québécoise », ajoute Michèle Glémaud, directrice du recrutement de l'université de Montréal (UdeM). Atout supplémentaire, le pays est sûr : le taux de criminalité est l'un des plus bas d'Amérique. Bref, un dépaysement bien dosé. Rien à voir avec l'Irlande (trop proche), la Chine (si différente), l'Australie (lointaine), la Colombie (très risquée)_

x Un enseignement de qualité

« Nous sommes à proximité immédiate de Boston, de New York et même de Chicago, relève Michel Patry, directeur d'HEC Montréal. Nos proches voisins et concurrents s'appellent Harvard, Wharton ou Chicago Booth. Cet environnement nous sert d'aiguillon. » Conséquence, les universités québécoises s'appliquent à délivrer un enseignement de haut niveau. Premier ingrédient : la proximité avec les entreprises. « Conformément au modèle anglo-saxon, nous entretenons des liens étroits avec le milieu socio-économique », indique Nicole Lacasse, vice-rectrice à l'université Laval de Québec. Ensuite, l'enseignement est très orienté vers l'emploi et la professionnalisation - à la manière des grandes écoles françaises. Enfin, la recherche irrigue vraiment les cours - mais il s'agit d'une recherche en prise directe avec les préoccupations les plus récentes des entreprises.

Autre spécificité, la sélection, pratiquée sans états d'âme. « N'entre pas qui veut dans nos universités, confirme Nicole Lacasse. Résultat, nos étudiants sont motivés, ils savent pourquoi ils sont là. » Quant aux professeurs, la grande majorité est titulaire d'un PhD ou d'un doctorat. Le « Times Higher Education » classe ainsi l'UdeM comme la 3e meilleure université francophone au monde.

x Un point fort : la pédagogie

C'est sans doute le principal attrait des études « à la québécoise ». « Nous mettons tout en oeuvre pour que les étudiants réussissent. Leur échec est le nôtre », souligne Michel Patry. Et cela n'a rien d'une formule creuse : partout, on note un souci constant du détail et un sens aigu du service. Exemple : dans les salles de classe d'HEC Montréal, il suffit d'appuyer sur un bouton pour faire intervenir un technicien dans la minute.

Mais la première différence avec la France tient à la relation avec les enseignants. « Les professeurs sont accessibles, leur porte est ouverte, explique Nicole Lacasse. On n'hésite pas à leur demander conseil en cas de besoin - que ce soit pendant les cours ou par e-mails. Mais s'ils ont l'air amicaux et détendus, ils savent aussi se montrer exigeants. » Quant aux cours, ils reposent d'abord sur la participation active des étudiants. « Impossible de s'installer au fond de la salle et d'écouter sans rien dire, poursuit l'enseignante. On ne laisse pas les élèves tranquilles, on les sollicite constamment. » Et les profs s'efforcent de repérer ceux qui peinent à suivre. En outre, la plupart des universités adoptent le système de l'évaluation continue. L'étudiant doit donc travailler de manière régulière, sous peine d'être rapidement distancé.

Enfin, la plupart des universités québécoises mettent sur pied des dispositifs pour soutenir les étudiants en difficulté et les aider à recoller au peloton : tutorat assuré par des élèves plus avancés, groupes d'étude, programmes d'appui individualisés_ L'étudiant qui peine à suivre n'est pas livré à lui-même.

x Des équipements au top

Autre (bonne) surprise pour l'étudiant venu de l'Hexagone, la qualité des équipements. Nombre d'universités disposent de vastes campus à l'américaine (celle de Montréal bénéficie ainsi de 16 hectares, en pleine nature et pourtant en centre-ville). Avec des bâtiments confortables et bien entretenus, des réseaux informatiques performants, des laboratoires richement dotés, de bibliothèques bien fournies_ et ouvertes la nuit, y compris le samedi et le dimanche. Sans oublier les équipements sportifs, quasiment sans équivalent en France : patinoires de niveau professionnel, gymnases immenses, piscines aux normes olympiques_

x Un pays accueillant

Tous ceux qui ont tenté l'expérience le confirment : le Québec est un pays agréable à vivre, chaleureux, tonique_ et jeune. Comme dans le reste de l'Amérique, on y trouve une forme d'optimisme communicatif. La vie culturelle, associative et sociale est une réalité. Cerise sur le gâteau, le pays est magnifique (en toutes saisons_) et le contact avec la nature constant. En outre, dans nombre de professions, il existe entre la France et le Québec des accords de reconnaissance mutuelle, qui permettent à un diplômé français de travailler sans problème de l'autre côté de l'Atlantique - et vice-versa.

Depuis plusieurs années, les universités québécoises se mobilisent pour accueillir davantage d'étudiants étrangers - français notamment. Chaque année, les responsables de la Crepuq (Conférence des recteurs et des principaux au Québec, qui regroupe 17 universités) effectuent ainsi une tournée des campus français, à Paris et en province. HEC Montréal dispose d'un bureau à Paris. L'université de Montréal est aussi très active dans la capitale.

x Quelques bémols

A ce tableau idyllique, il faut cependant apporter quelques nuances. D'abord, à ceux qui l'oublieraient, on rappellera que l'hiver québécois est rude et_ long. Beaucoup de Français le supportent aisément un ou deux ans, mais ont du mal à s'y habituer dans la durée. Ensuite, le système éducatif québécois conviendra peut-être moins à ceux qui préfèrent étudier de façon autonome, à leur rythme. Enfin, si le Québec a adopté une politique active pour retenir les diplômés français, son efficacité demeure incertaine. En cause, des lourdeurs administratives, mais aussi un certain « plafond de verre » qui freine parfois l'intégration.

JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI

Encadré(s) :

Les universités québécoises en chiffres

Sur un total de 263.000 étudiants inscrits dans ses 17 universités, le Québec accueille chaque année 21.000 Français : 7.000 en candidats libres et 14.000 dans le cadre de programmes d'échange ou d'ententes bilatérales. Les trois principales universités sont celle de Montréal, avec 42.000 étudiants et deux écoles affiliées (HEC Montréal et Polytechnique), l'université Laval à Québec (44.000 étudiants) et l'Uqam (Université du Québec à Montréal), avec 39.000 étudiants.Au total, les universités québécoises comptent 10.000 professeurs permanents et 7.000 chargés de cours. Le volume global des dépenses des universités du Québec s'élevait en 2006-2007 à 5,4 milliards de dollars -dont 1,4 milliard pour la recherche. Les universités membresde la Crepuq (Conférencedes recteurs et des principauxdes universités du Québec) ont signé 500 accords d'échanges d'étudiants avec des universitésou écoles de 23 pays.

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lundi 11 janvier 2010

Accusé de fraude au Canada, Tang Weizhen riposte de chine

Libération, no. 891 - Economie Expresso, vendredi, 8 janvier 2010, p. 20

Tang Weizhen est un homme d'affaires canadien d'origine chinoise, qui aimait à se comparer aux investisseurs américains Warren Buffett ou Donald Trump. La police canadienne semble le prendre plutôt pour un Bernard Madoff, le soupçonnant d'avoir soutiré plus de 30 millions de dollars canadiens (environ 20 millions d'euros) à une centaine d'investisseurs, via un système de «pyramide de Ponzi» (comme Madoff), dans le cadre d'un fonds basé à Toronto. Depuis la fin décembre, Tang Weizhen avait disparu, après ne s'être pas présenté à une convocation de la police. Selon le quotidien canadien Globe and Mail, l'homme d'affaires est actuellement en Chine. Dans un échange de mails avec des journalistes, il a dit se trouver en Asie pour s'employer à gagner de l'argent pour rembourser ses clients. Mais réfute toute malhonnêteté : «Je n'ai rien à voir avec la fraude et je ne me cache pas de qui que ce soit, a-t-il déclaré au journal. J'ai dit à mon avocat que je serai de retour pour mon audience en février et j'utilise ce délai pour faire de l'argent.»

Guillaume Launay

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