Ce soir ou jamais... Émission présentée par Frédéric Taddéi. Alors que la république populaire de Chine célèbre demain son 61ème anniversaire, que les tensions sino-japonaises inquiètent considérablement le continent asiatique et que la Chine vient de devenir la deuxième puissance économique mondiale, devons nous nous inquiéter d’une possible volonté hégémonique de « l’empire du milieu ? ».
Philippe Dessertine est agrégé en Sciences de Gestion, professeur de finance Directeur du Centre d’Études et de Recherches sur les Organisations et la Stratégie à l’Université Paris X. En 2009, il a été membre de la Commission du Grand Emprunt présidée par Alain Juppé et Michel Rocard. Il a publié notamment « Ceci n’est pas une crise, juste la fin du monde » (2009) et plus récemment « Le monde s’en va-t-en guerre- ne sait quand reviendra ». Il tente d’y expliquer pourquoi le risque de guerre est si fort depuis la crise économique. Selon lui le risque de guerre est réel, (bien qu’encore évitable) et le scénario des années 1930 n’est pas à exclure….
François Lenglet Directeur de la rédaction de La Tribune
François Lenglet est directeur de la rédaction du quotidien économique La Tribune et a vécu deux ans en Chine. Il vient de publier « La guerre des empires. Chine contre Etats-Unis ». Selon lui, la guerre avec la Chine a déjà commencé…et se déroulera dans les mois à venir ! Il nous expliquera qu’entre la Chine et l’Amérique, la rivalité a fait place à la guerre fraîche… qui fait place aujourd’hui à la guerre froide.
Jean-Luc Domenach est l’un des plus célèbres sinologues français, directeur au CERI. Il a vécu cinq ans en Chine pour diriger l’antenne franco-chinoise des sciences humaines au sein de la prestigieuse université de Quinghua à Pékin. De retour à paris, il a publié « Comprendre la Chine aujourd’hui ». Son dernier ouvrage s’intitule « La Chine m’inquiète », dans lequel il nous explique que La Chine l’inquiète mais pas tant que ça… !, car selon lui Le colosse aux pieds d’argile est le cliché le plus approprié à la Chine d’aujourd’hui !
Philippe Cohen est un journaliste d’investigation bien connu du grand public par le biais de livres enquêtes ayant souvent fait polémique. On pense bien sûr à la « Face cachée du Monde » co-écrit avec Pierre Péan ou encore à la biographie qu’il a consacré à Bernard Henri-Levy, mais aussi à la bande-dessinée « La face karchée de Sarkozy », retentissant succès de librairie. En 2005, il s’était déjà intéressé à la Chine, avec un ouvrage co-écrit avec Luc Richard et intitulé « La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? » et cette année, en Avril, il a publié (toujours avec Luc Richard), une enquête intitulée « Le vampire du Milieu » (Mille et une nuit) avec ce sous titre éclairant : « comment la Chine nous dicte sa loi »
Shan Sa, poétesse et écrivain, possède la double nationalité française et chinoise puisque elle est née et a vécu à Pékin jusqu’en 1990, date à laquelle elle a choisi de s’exiler, (suite aux événements de la Place Tien An Men) afin « de renaître en France ». Son troisième roman, la « Joueuse de Go », en 2001, lui vaut la pleine reconnaissance de la critique et du public puisqu’elle se voit décerné le prix Goncourt des Lycéens et vendra plus de 100 000 exemplaires de son ouvrage. Shan Sa a publié au printemps un nouveau roman, « La cithare nue » (Albin Michel), une histoire d’amour impossible au cœur de la Chine du Vème et VI ème siècle.
Chenva Tieu
Entrepreneur
Chenva Tieu est un entrepreneur français, d’origine chinoise, arrivé en France à l’âge de douze ans et cofondateur du Club du XXIème siècle, qui se propose, de « rassembler l’élite républicaine issue de la diversité », il préside d’ailleurs la chaire « management et diversité » à l’université Paris Dauphine. Notons également qu’il a publié l’an passé un ouvrage intitulé « Manuel de chinoiseries à l’usage de mes amis cartésiens » (Anne Carrière) où il se propose d’expliquer les ressorts de la mentalité chinoise, bien éloignée semble t-il, des considérations hégémoniques que certains semblent prêter à l’empire du milieu
Polémique. Faut-il inviter Dieudonné à la télévision ? L'animateur se défend.
Dans le dernier numéro du Point, Bernard-Henri Lévy me consacre tout son « Bloc-notes », qu'il termine en attendant de ma part un démenti. M. Lévy est le seul à utiliser ce genre de procédé : écrire n'importe quoi et exiger ensuite qu'on le démente... Ceci n'est pas un démenti. C'est un droit de réponse à ses élucubrations. Prenant prétexte d'une longue interview publiée par Les Inrockuptibles, Bernard-Henri Lévy me reproche d'avoir dit que, si j'ai reçu trois fois Dieudonné en quatre cent cinquante « Ce soir (ou jamais !) », c'est pour montrer que Dieudonné n'est pas interdit de télévision, comme on le prétend sur certains forums Internet, qu'il n'y a pas de complot pour l'empêcher de s'exprimer et que j'en suis la preuve puisque je l'ai reçu - non pas pour tenir un meeting, mais pour débattre, face à des contradicteurs, sur sa conception de l'humour et de la liberté d'expression - et que personne ne m'a téléphoné pour interdire ou déconseiller sa venue. C'est parce que j'ai dit «la preuve, la seule » que Bernard-Henri Lévy se « frotte les yeux » et se demande si j'ai bien relu mes propos avant parution - je ne les ai pas relus, mais c'est sans importance, je n'aurais jamais pu y voir tous les fantasmes qu'il projette sur ces quatre mots. Si je réponds que je suis « la preuve, la seule », c'est parce qu'on me demande pourquoi je suis le seul à inviter Dieudonné ! Dans son « Bloc-notes », le complot pour interdire Dieudonné à la télévision, dont je dis qu'il n'existe pas, est assimilé par M. Lévy à un « complot juif », puis au «complot juif mondial ». Pour lui, je me présenterais comme la seule preuve que le complot juif mondial n'existe pas, ce qui voudrait dire que, sans moi, il pourrait bien exister ! On croit rêver... Il n'a jamais été question de complot juif dans l'interview, ni d'un complot juif mondial. Bernard-Henri Lévy parle tout seul et me demande de démentir les propos qu'il a lui-même tenus. Si, pour lui, dire que quelque chose n'existe pas, c'est lui donner de la réalité, c'est Bernard-Henri Lévy qui a un problème avec la réalité, ce n'est pas moi. Et le voilà qui commet une de ces « confusions » dont il devient coutumier. M. Lévy, tout en feignant de s'en réjouir, semble reprocher à la télévision publique d'avoir prolongé«jusqu'en 2014 le bail de ce résistant »(c'est moi, le résistant). Le hic, c'est qu'il a pêché cette info sur Twitter, sans vraiment lire, selon son habitude, car le Taddei dont « le bail » a été prolongé jusqu'en 2014, ce n'est pas moi, c'est Rodrigo Taddei, un milieu de terrain avec lequel il me confond, et France Télévisions n'a rien à voir là-dedans, il s'agit de l'AS Rome, un club de football ! Je n'ai signé aucun contrat de longue durée avec France 3. Le président de France Télévisions peut mettre fin à mes fonctions s'il le désire. Mais c'est de son ressort, pas du ressort de Bernard-Henri Lévy. Je croyais naïvement que M. Lévy voulait être le Sartre de son époque. Je me trompais. Il se contente d'un rôle moins ambitieux : agent de la circulation médiatique. Il siffle quand ça lui déplaît, agite son bâton, demande les papiers, fait souffler dans le ballon. Heureusement que nous vivons en démocratie, sinon il nous passerait à tabac !
Interviewé par Les Inrockuptibles, Frédéric Taddeï explique que, s'il " a invité plusieurs fois Dieudonné " dans son émission, " Ce soir ou jamais ", c'est pour montrer qu'il n'existe pas de " lobby " interdisant à celui-ci l'accès aux grands médias. Et, tout à son élan, tout à son vertueux et héroïque aveu, il ajoute : " je suis la preuve, et la seule, qu'il n'existe pas de complot ". On a bien lu. On se frotte les yeux, mais on a bien lu. Si les mots ont un sens, s'ils ont été relus et que l'animateur n'a, comme on peut le supposer, pas été piégé ni trahi, il est en train de nous dire, en quelques phrases, plusieurs choses.
1. La seule façon de lutter contre l'antisémitisme (c'est-à-dire, en l'espèce, contre une théorie du " complot juif " dont on sait, depuis Poliakov au moins, avec quelle efficacité et constance elle nourrit " la plus longue haine ") est de donner la parole aux antisémites eux-mêmes (c'est-à-dire à des gens qui, non contents de promouvoir ladite théorie du complot, se sont fait un fonds de commerce de la provocation négationniste, de la casuistique inhérente au thème de la compétition victimaire ainsi que d'un antisionisme enragé, de plus en plus nauséabond) - thèse dont on admettra, déjà, qu'elle est pour le moins étrange et risquée.
2. Ceux qui ne partagent pas cette analyse peuvent, dit en substance Taddeï, nous raconter ce qu'ils voudront. Ils peuvent nous expliquer que, s'ils ne reçoivent pas, eux, Dieudonné, ou Soral, ou tel autre, c'est parce qu'ils n'en ont pas envie et estiment que nul n'est tenu, après tout, de s'imposer et d'imposer à autrui le " face-à-face " avec des gens dont les élucubrations sont, dans le meilleur des cas, comiques et, dans le pire, pestilentielles. Ou parce qu'ils obéissent à une règle simple, pragmatique, mais qui fonctionne vaille que vaille depuis des décennies : passe encore quand ces gens sont les responsables d'un parti mêlé au jeu politique républicain et représentatif, à ce titre, que cela plaise ou non, d'une fraction significative de l'opinion - mais, quand ils ne représentent qu'eux-mêmes, quand ce sont juste des histrions, ou des chefs de secte, ou des personnages qui n'existent que par la répétition de leurs provocations poisseuses, où est l'obligation ? Ou bien, enfin, parce qu'ils respectent, tout simplement, la loi (laquelle ne fixe, en effet, et en France, qu'une limite à la liberté d'expression : le racisme et l'antisémitisme). Balivernes, suggère Taddeï. La vérité vraie, la seule (ou celle dont lui, Taddeï, se dit, plus exactement, certain qu'elle sera seule retenue par la communauté téléspectatrice) c'est qu'ils sont, ce faisant, les agents plus ou moins occultes du fameux " complot " - certitude dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle est, cette fois, peu flatteuse pour cette communauté en général; pour celle, en particulier, des habitués de " Ce soir ou jamais "; et pour, naturellement, les confrères innombrables dont l'obstination à ne pas servir de porte-voix aux salauds ne s'explique que par le complot.
3. Cette affaire de complot, l'idée qu'il existe donc un lobby pesant de tout son poids d'influence pour, sur ces sujets comme sur d'autres, définir, formater, imposer, une pensée unique n'est, dès lors, plus une chimère ou un fantasme mais une quasi-réalité puisque M. Taddeï est la " seule " preuve que ce complot " n'existe pas " et qu'il n'y a que lui - oui, oui, que lui... - pour apporter à cette réalité, que l'on qualifiera aussi de réalité du dernier seuil, un vivant mais, du coup, bien fragile démenti. Que se passerait-il si M. Taddeï n'était pas là ? Où en serions-nous s'il ne se dévouait pour, en dialoguant avec Dieudonné, administrer la preuve que, contrairement aux apparences, il n'y a pas de complot juif ? Que deviendrions-nous si la télévision publique ne venait, dans sa très grande sagesse, de prolonger jusqu'en 2014 le bail de ce résistant et son droit à nous saouler avec les insanités d'un homme qui, dans " Mahmoud ", son dernier spectacle, présente le président iranien comme son " maître ", le chef du Hamas comme une réincarnation de De Gaulle " en plus charismatique ", les juifs comme des " négriers ", le judaïsme comme une " religion du profit " et l'existence de l'auteur de ces lignes comme la preuve que la Shoah n'a - sic - " peut-être pas existé " ? On peut sourire de tant d'outrecuidance. Mais on ne peut pas ne pas frémir, aussi, face à l'inévitable perversité portée par le raisonnement.
Car l'affaire peut sembler minuscule.
Mais elle l'est, en réalité, beaucoup moins qu'il y paraît.
D'abord à cause de l'autorité du support - branchitude et compagnie - qui a recueilli cette interview et lui consacre, comme si de rien n'était, sa couverture.
Ensuite à cause de la personnalité de l'interviewé, de sa place dans le paysage médiatique d'aujourd'hui ainsi que du talent que salue l'hebdomadaire et dont j'ai pu, moi-même, à différentes reprises et, comme il est dit, " en tête à tête ", prendre la mesure - circonstance évidemment aggravante.
Et puis, enfin, parce que nul ne s'est, à ma connaissance, et à ce jour, ému de ces propos qui, même noyés dans le flot d'une longue conversation, ne peuvent que ratifier le plus redoutable des poncifs - comme si, dans le climat de décomposition ambiant, ce type de dérapage n'étonnait, soudain, plus personne.
Mais peut-être est-ce de l'intéressé lui-même que viendront le démenti, la mise au point ou, mieux, le complément d'analyse qu'espèrent tous ceux qui ne se résignent pas à voir le dilettantisme tenir lieu d'éthique, de politique et même de style. Attendons