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jeudi 19 mars 2015

Chine: des tigres de Sibérie élevés clandestinement par des cadres politiques

Trois cadres politiques chinois ont été sanctionnés après avoir élevé clandestinement une dizaine de tigres de Sibérie, une pratique mise au jour le mois dernier lorsqu'un des félins s'est jeté dans le vide du haut d'un immeuble, effrayé par les pétards du Nouvel an lunaire.

jeudi 3 novembre 2011

Les entreprises russes et chinoises perçues comme les plus corruptrices

Le Monde.fr - Jeudi 3 novembre 2011

Les entreprises russes et chinoises sont perçues comme les plus corruptrices à l'export, selon une étude de l'ONG Transparency International menée auprès de 3 000 cadres d'entreprise dans le monde, et rendue publique mercredi. Ces deux pays dont, selon l'ONG, les entreprises ont investi 120 milliards de dollars (environ 85 milliards d'euros) à l'étranger arrivent en queue d'un classement qui comprend 28 pays.

Le rapport de Transparency relève néanmoins les efforts des pouvoirs publics, tant en Chine qu'en Russie, pour lutter contre les velléités de corruption de la part de leurs firmes. D'après l'indice établi par l'ONG, dont le siège est à Berlin, la Russie recueille la note de 6,1 et progresse par rapport à une précédente évaluation, en 2008 (5,9/10), tandis que la Chine stagne à 6,5. Le podium des pays comptant les entreprises les moins corruptrices est formé par les Pays-Bas (1er, 8,8/10), la Suisse (2e, 8,8/10) et la Belgique (3e, 8,7/10).

CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS

Au pied du podium se trouve l'Allemagne (4e, 8,6/10), tandis que la Grande-Bretagne (8,3/10), les Etats-Unis (8,1/10) et la France (8/10) se classent respectivement 8e (ex æquo avec Singapour), 10e et 11e de ce classement. Selon l'ONG, le secteur de la construction et des travaux publics est le plus affecté par le phénomène, suivi par celui des services et celui de l'immobilier. L'agriculture est l'activité la moins polluée par les tentatives de corruption, souligne également Transparency International.

Son indice est calculé sur la base des réponses de 3 000 hauts responsables d'entreprises de 28 pays développés ou en voie de développement choisis en fonction du volume de leurs importations et des investissements étrangers directs. Transparency International réalise de nombreuses études sur le sujet, dont la plus connue est "l'index de perception de la corruption dans le monde", qui doit être publié le 1er décembre.

LEMONDE.FR avec AFP

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mardi 6 septembre 2011

ANALYSE - Pourquoi le risque de rechute inquiète aussi la Chine - Gabriel Grésillon


Les Echos, no. 21010 - Idées, mardi 6 septembre 2011, p. 16

L'économie chinoise peut-elle sauver le monde ? A l'heure où plane la menace d'une rechute généralisée, les yeux se tournent vers la deuxième économie mondiale. A peine secouée en 2008 et 2009, a-t-elle les moyens de réitérer son exploit d'alors et de confirmer son rôle de locomotive planétaire ?

On pourrait être tenté de répondre positivement. Qui peut nier que Pékin dispose toujours de la ressource financière qui l'a tiré d'affaire en 2009 ? C'est bien par un massif plan de relance que la Chine est alors parvenue à maintenir sa croissance à 8,7 %. Ce sont les 4.000 milliards de yuans (14 % du PIB !) injectés dans l'économie qui ont permis de faire oublier l'hécatombe du secteur exportateur. Et de redonner du travail aux millions de migrants désertant les provinces côtières sinistrées.

Aujourd'hui, en agrégeant tout le passif des administrations chinoises, on voit que la dette publique dépasse tout juste les 50 % du PIB. Ce sont, certes, 10 points de pourcentage de plus qu'avant la relance. Mais cela reste extrêmement confortable, comparé aux pays développés. Quant aux rentrées fiscales, elles ont été multipliées par plus de huit en dix ans, ce qui donne au régime une réelle force de frappe en cas de nécessité. Sur le papier, Pékin peut donc, à tout moment, débloquer un nouveau plan de relance en cas de choc violent.

Et pourtant, la Bourse de Shanghai a le blues. Hier, elle a très mal pris les mauvais chiffres du chômage aux Etats-Unis, atteignant son point le plus bas en quatorze mois. Car, en réalité, la probabilité d'une nouvelle perfusion de fonds publics semble faible. Deux ans après le plan de relance de Pékin, la Chine est encore en train d'en payer les effets pervers. Inondée de liquidités en 2009, elle peine à reprendre la main sur la circulation monétaire dans le pays : l'inflation dérape. Le Premier ministre, Wen Jiabao, répète inlassablement que la lutte contre la vie chère est son combat prioritaire. Et le pouvoir joint les gestes à la parole. La banque centrale ne cesse de serrer la vis depuis octobre 2010.

Mais, pour l'heure, l'efficacité de cette politique reste à démontrer. Ces derniers mois, la publication du chiffre d'une inflation toujours plus élevée a systématiquement donné lieu au même commentaire des économistes : cette fois, c'est la dernière. Le pic est atteint. Promis, la hausse des prix va s'assagir. Nous en étions, en juillet, à une appréciation moyenne des prix de 6,5 % sur un an - à comparer avec un objectif de 4 % sur l'année fixé par le gouvernement. Quand bien même le reflux tant attendu se serait enfin produit en août - ce que l'on saura dans trois jours -, il faut se rendre à l'évidence : il sera faible. L'inflation s'est désormais installée en Chine. Andy Rothman, l'économiste Chine du courtier CLSA, qui pourtant se singularise par son grand optimisme sur l'économie chinoise, le reconnaît d'ailleurs : « L'inflation est partie pour être plus élevée au cours des cinq prochaines années qu'auparavant. »

Qu'en déduire ? C'est là que les points de vue divergent. Il y a ceux, comme Andy Rothman, qui y voient un processus sain lié à la hausse du niveau de vie et des salaires. De fait, le salaire minimum a plus que doublé en dix ans, et cette tendance s'accélère, avec des hausses de salaires actuellement autour de 20 % sur douze mois. Quant au revenu moyen des ménages, même corrigé de l'inflation, il est en nette hausse : autour de 7 % par an dans les villes et de 12 % dans les campagnes. Alors que le monde entier reproche à la Chine le sous-développement de sa consommation des ménages, l'économiste de CLSA rétorque que la Chine connaît aujourd'hui « le scénario de consommation des ménages le plus impressionnant de la planète ». Les ventes de détail, l'année dernière, ont augmenté de 19 %.

Et puis il y a les autres. Peu audibles il y a un an, ils retrouvent de la voix. Leur hantise : que la Chine ait en partie perdu le contrôle de sa masse monétaire. D'après certaines estimations, le volume de prêts qui sera réellement accordé dans le pays cette année pourrait être le double du quota officiel. Lettres de crédit, prêts non déclarés octroyés par des entreprises ou par des particuliers, trusts et autres fonds de gestion de portefeuille sont autant de vannes par lesquelles le crédit continue d'affluer en échappant au contrôle de Pékin. Cela apparaît comme le symptôme de l'addiction de l'économie chinoise à l'investissement. Même si le secteur exportateur est d'une importance capitale au plan social (il fournit des emplois à des millions de travailleurs peu qualifiés), ce n'est pas lui, mais bien l'investissement, qui a généré près de la moitié de la croissance ces dernières années.

C'est un point faible du système : les dirigeants locaux utilisent massivement le levier de l'investissement. Sans même parler des pots-de-vin liés à ces activités, construire des routes, des ponts ou des bâtiments dope le PIB du territoire dont ils ont la charge et reste, pour eux, le meilleur accélérateur de carrière. Cela explique autant la vitesse à laquelle le pays du Milieu s'est développé que le mal qu'ont maintenant les autorités à calmer le jeu. Car l'utilité de ces infrastructures diminue tendanciellement. La Chine n'est plus ce pays où tout reste à construire.

Au moment où l'on découvre que le ministère des Chemins de fers a surinvesti dans les TGV, construisant à toute vitesse un gigantesque réseau que nul ne sait réellement rentabiliser, Pékin sait qu'il est urgent de freiner l'investissement. D'une part, son effet démultiplicateur sur l'économie diminue, et chacun s'interroge aujourd'hui sur le volume des dettes qui, un peu partout dans le pays, risquent de ne jamais être remboursées. D'autre part, il alimente l'inflation. Un nouveau plan de relance irait à l'encontre de cet impératif. Si le monde cale à nouveau, Pékin risque de se retrouver face à un délicat dilemme : subir un coup de frein douloureux ou impulser un stimulus dangereux.

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Un investisseur chinois veut créer un parc touristique géant en Islande

Huang Nubo, magnat de l'immobilier, veut acheter 300 kilomètres carrés de terrain pour y développer l'écotourisme. Un projet économiquement alléchant mais politiquement sensible.

Un parc d'attractions chinois pour sortir de la crise ? C'est le projet qu'a proposé l'investisseur chinois Huang Nubo aux autorités islandaises. Le rêve de ce patron chinois, classé au 161e rang des fortunes dans le pays par le magazine « Forbes », est simple : acheter 300 kilomètres carrés dans le nord-est de l'île pour y créer un club orienté vers l'écotourisme : randonnée, golf, VTT, survol de l'île seraient proposés à ses membres. Huang Nubo vise les 300.000 adhérents, dont la moitié de Chinois. Avec son budget prévisionnel de 200 millions de dollars investis sur cinq ans, il a de quoi faire réfléchir un pays qui a pris de plein fouet la crise financière internationale, dont trois des principales banques ont fait faillite, et qui vit aujourd'hui sous perfusion du FMI.

Des réactions ambivalentes

La demande a officiellement été faite auprès des autorités, qui se prononceront d'ici au 24 février 2012. Elle suscite toutefois des réactions ambivalentes. L'opportunité économique est indéniable. Le seul achat du terrain rapporterait 8,9 millions de dollars à l'Etat islandais. Kristin Arnadottir, l'ambassadeur d'Islande en Chine, y est manifestement sensible. « C'est la meilleure promotion de l'Islande que j'ai entendue depuis longtemps », a-t-elle affirmé. Mais l'idée de céder 0,3 % du territoire national à un ressortissant chinois fait grincer les dents de certains, dans un pays où il est normalement interdit de vendre la terre à toute personne extérieure à l'Union européenne. Le ministère de l'Intérieur a donc été saisi d'une demande d'exemption.

Se pose également la question des éventuelles arrière-pensées politiques du magnat chinois de l'immobilier et des parcs d'attractions. Celui-ci affiche sa passion pour le petit pays nordique, qu'il dit tenir de son amitié de trente ans pour un camarade d'université islandais. Il a notamment donné 1 million de dollars pour la création d'un festival de poésie liant la Chine et l'Islande - sa fortune personnelle représenterait environ 900 fois cette somme. Mais son passé d'officiel inquiète. Il n'a quitté ses fonctions au ministère de la Propagande chinois qu'au début des années 1990. La Chine cherche-t-elle à prendre pied sur une île stratégiquement située entre l'Europe et les Etats-Unis ? « Mon projet est purement commercial », a rétorqué devant la presse Huang Nubo, vendredi à Pékin, avant de moquer la réaction de frilosité de certains. « Comme la Chine possède maintenant un porte-avions, cela va faire penser aux gens qu'il va aller jusqu'en Islande », a-t-il plaisanté. De son côté, l'agence officielle chinoise Chine nouvelle, reprise par le « China Daily », citait un expert qui critique l'état d'esprit de l'Occident, selon lui inchangé depuis la guerre froide. « Il faudra du temps avant que les autres pays réalisent le rôle positif des investissements chinois », a prévenu Mei Xinyu, membre de l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique.

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mercredi 31 août 2011

Chine: un ex dirigeant de China Mobile condamné à mort

AFP Infos Economiques - Mardi 30 août 2011 - 16:39:33 GMT

La justice chinoise a condamné mardi à la peine de mort l'ancien président d'une filiale du géant public des télécommunications China Mobile pour avoir touché des pots de vin de 2,6 millions de dollars, a indiqué l'agence officielle Chine nouvelle.

Li Hua, ancien président et directeur général de la filiale de China Mobile Communications Corporation dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), était accusé d'avoir reçu pour 16,48 millions de yuans en pots de vin, a précisé Chine nouvelle en citant un porte-parole du tribunal de la ville de Panzhihua.

Selon l'agence officielle chinoise, les pots de vin ont été versés par des entreprises locales mais cet argent a pu être récupéré par l'Etat après l'arrestation de l'ancien dirigeant.

Li Hua a été condamné à la peine de mort assortie d'une période probatoire de deux ans, une peine qui est généralement transformée en Chine en emprisonnement à vie.

La corruption touchant les officiels figure parmi les principales sources de mécontentement de l'opinion publique chinoise, selon les sondages.

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jeudi 25 août 2011

Soupçons de corruption et charity business en Chine - Brice Pedroletti


Le Monde - International, jeudi 25 août 2011, p. 7

L'oeuvre caritative liée à la Ligue de la jeunesse et à un club privé d'hommes d'affaires, le China-Africa Project Hope (projet espoir Chine-Afrique), a la généreuse ambition de construire 1 000 écoles en Afrique en dix ans.

Lancée en décembre 2010 l'opération aurait déjà rassemblé 31 millions de yuans, mais prévoit de lever un budget de 1,5 milliard de yuans (150 millions d'euros), sous forme de donations.

Si tant est que ses organisateurs survivent à la vague d'accusations et de soupçons dont ils font l'objet depuis quelques jours sur l'Internet et dans les médias chinois. Le China-Africa Project Hope est la seconde oeuvre caritative chinoise à se retrouver, en quelques semaines à peine, sous le feu des critiques, après la Croix-Rouge chinoise, qui jouit d'une situation quasi monopolistique dans le charity business local.

C'est la personnalité de Lu Xingyu, la secrétaire générale du projet, qui a éveillé la curiosité des internautes : la jeune femme de 24 ans leur a semblé jeune pour diriger un projet doté d'un tel budget. Pourquoi, se sont-ils en outre interrogés, sa fondation garde-t-elle 10 % des sommes qu'elle collecte, sous forme de frais de gestion ?

Passe qu'elle soit la fille de Lu Junqing, le milliardaire qui a créé le World Eminent Chinese Business Association (WECBA), ou l'association mondiale des hommes d'affaires chinois éminent, le groupe soit disant non lucratif, qui est identifié comme étant le partenaire de la Ligue de la jeunesse dans le projet des écoles de l'espoir africaine.

Mais voilà, a révélé le quotidien Nanfang Dushi Bao de Canton, connu pour avoir révélé quelques uns des scandales qui ont marqué l'opinion publique chinoise, les activités réelles de la WECBA sont loin de coller avec tout ce qu'elle prétend faire sur son site internet : le quotidien a ainsi publié une double page sur les huit mensonges de l'association.

Celle-ci n'en est d'abord pas une, c'est une entreprise créée à Hongkong. Elle n'a pas le soutien de l'ONU. Et semble facturer très cher à ses riches clients l'accès à ce club d'élite qui leur garantie entre autres, de les prendre en photo aux côtés de politiques.

M. Lu et sa fille ont décidé de faire front : ils tentent de se justifier devant les médias et menacent de poursuivre en justice le Nanfang. Mais la rapidité avec laquelle la presse chinoise et des milliers d'internautes (le China-Africa Project Hope fait partie des sujets les plus discutés sur Weibo, le microblog chinois) ont insufflé le doute sur l'opération et la réalité de sa mission caritative, font boule de neige : toutes sortes de dysfonctionnements du charity business chinois font surface.

La Croix-Rouge chinoise tente de relever la tête après le scandale de Guo Meimei, qui a éclaté en juillet : avec ses photos en petite tenue ou au volant de voitures de luxe, cette pin-up de 20 ans se présentait sur son microblog comme directrice générale d'une association liée à la Croix-Rouge.

Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

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mercredi 16 février 2011

Pékin écarte un ministre emblématique pour corruption - Arnaud de la Grange


Le Figaro, no. 20695 - Le Figaro, mardi, 15 février 2011, p. 10

Chargé des chemins de fer, Liu Zhijun a géré le développement du train à grande vitesse.

Même si l'on est habitué à ce que de gros « poissons » chinois tombent pour corruption, il est rare de voir un ministre démis de ses fonctions pour de tels chefs d'accusation. L'affaire est d'autant plus spectaculaire quand il s'agit du secteur ferroviaire, stratégique s'il en est, et emblématique de la montée en puissance économique chinoise. C'est sobrement que l'agence Chine nouvelle a annoncé ce week-end que le ministre des Chemins de fer, Liu Zhijun, avait été relevé de ses fonctions, faisant l'objet d'une enquête pour « violation sévère de la discipline » du Parti. En clair, pour corruption.

Liu Zhijun est sans doute le plus haut responsable politique chinois à tomber, après le patron du Parti communiste de Shanghaï, en 2006. Chen Liangyu, un ancien allié du président Jiang Zemin, a été condamné à 18 ans de prison. L'entourage familial du ministre des Chemins de fer, âgé de 58 ans, avait déjà été éclaboussé par des scandales. Au printemps 2006, son jeune frère Liu Zhixiang - patron des chemins de fer à Wuhan, dans le centre du pays - a été condamné à mort avec sursis pour avoir loué des sicaires afin d'éliminer un homme ayant révélé sa corruption.

Le ministère des Chemins de fer, qui emploie plus de 2,5 millions de personnes, est un gros potentat qui gère un budget colossal. Liu Zhijun, en poste depuis 2003, a eu notamment la haute main sur l'ambitieux projet de réseau de train à grande vitesse chinois. En 2009, il a été annoncé que 42 lignes à grande vitesse avaient été planifiées pour 2012, pour un investissement de 210 milliards d'euros.

La Chine a déjà le réseau de ce type le plus grand au monde, avec plus de 8 000 kilomètres de voies, et elle veut l'étendre à 25 000 kilomètres d'ici à 2015 et 50 00 kilomètres en 2020. Cette année, comme l'an dernier, Pékin devrait y investir 70 milliards d'euros. Depuis la fin de l'année 2009, le « train le plus rapide du monde » circule à 350 km/h entre Canton et Wuhan. En juin, Pékin devrait être relié à Shanghaï en quatre heures. Et en décembre dernier, la Chine a annoncé fièrement avoir battu le record mondial de vitesse avec une rame non modifiée, à 486,1 km/h.

Folle croissance du rail

Toute la question aujourd'hui est de savoir si la chute de Liu Zhijun va se traduire ou non par un ralentissement de cette folle croissance du rail chinois. De nombreuses voix en Chine dénoncent la mégalomanie du projet à grande vitesse et expriment des doutes sur sa rentabilité à terme. La réforme du secteur, à laquelle s'opposait Liu, pourrait aussi être accélérée. « Ce ministère des Chemins de fer est un étrange mélange du passé et du futur de la Chine, commente un acteur du secteur, avec une technocratie communiste à l'ancienne, gangrenée par le clientélisme et la corruption, et en même temps un domaine technologique de pointe. »

Il semble aussi qu'avant de lancer officiellement le douzième plan quinquennal le mois prochain, le régime ait eu envie de faire un peu de ménage, un exemple. La proximité de la transition politique de 2012 exacerbe en outre les luttes d'hommes et de factions. Et dans ce grand jeu de coulisses, le réseau de soutien de l'infortuné ministre de transports a pu tout simplement s'affaiblir.

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dimanche 21 novembre 2010

En Inde, un énorme scandale de corruption affaiblit le premier ministre

Le Monde - International, lundi, 22 novembre 2010, p. 8

Rarement un scandale de corruption en Inde aura aligné autant de zéros : 1 760 000 000 000 roupies (soit 28,35 milliards d'euros), l'équivalent du budget du ministère indien de la défense. De quoi donner le vertige aux 800 millions d'Indiens qui gagnent moins de 1,50 euro par jour. Le ministre des télécommunications, Andimuthu Raja, est accusé d'avoir bradé, en 2008, l'attribution de licences de téléphonie de deuxième génération à des entreprises proches de son parti, le DMK. L'Etat aurait perdu cette somme lors d'une attribution qualifiée d'" arbitraire ", d'" injuste " et d'" inéquitable " par la Cour des comptes indienne, qui a révélé l'affaire.

Le 24 septembre 2007, le département des télécommunications avait donné huit jours aux candidats pour déposer leurs offres. Quelques mois plus tard, à la stupéfaction générale, le ministère décide de ne retenir que celles déposées le premier jour, sans donner d'explication. Parmi les 575 offres, seules 122 sont retenues. Les premiers demandeurs ont été les premiers servis, et plutôt bien servis.

D'après le rapport de la Cour des comptes, les licences leur sont alors accordées au même prix qu'en 2001, alors que beaucoup d'entre eux ne réunissent pas les critères, notamment financiers, exigés par le département des télécommunications... qui les a pourtant sélectionnés. Certains auraient revendu leur licence, quelques mois plus tard, jusqu'à six fois leur prix d'achat. Pourquoi donc ne pas avoir organisé des enchères transparentes, au lieu de brader l'attribution des licences ?

Pour le bien du pays, à en croire les partisans de M. Raja, qui expliquent que si l'Inde compte autant d'utilisateurs de téléphone portable, et si les minutes de communication sont parmi les moins chères au monde, c'est justement grâce au bas prix des licences de téléphonie. M. Raja, moustache impeccable et pagne blanc toujours bien repassé, est resté imperturbable lors des premiers jours du scandale, affirmant qu'il avait respecté les règles d'attribution. Mais des soupçons de corruption d'une telle ampleur, et qui occupent les grands titres de la presse nationale, sont plutôt gênants pour un gouvernement qui ne cesse de répéter que sa priorité est la lutte contre la pauvreté.

Le 14 novembre, tard dans la soirée, M. Raja s'est donc rendu à la résidence du premier ministre, Manmohan Singh, pour lui remettre sa lettre de démission. Depuis, c'est M. Singh qui est dans la tourmente. Car lui aussi était informé de ce qui se passait. D'après le rapport de la Cour des comptes, son cabinet, ainsi que le ministère de la justice, avaient signalé au ministère des télécommunications les irrégularités de la procédure d'attribution des licences, sans aller plus loin. Pourquoi n'a-t-il rien fait ? Pourquoi a-t-il " protégé " son ministre ?

L'affaire a suscité un tel émoi, cette semaine, que la session du Parlement a dû être ajournée six fois en raison du tumulte régnant dans les rangs de l'opposition. Les députés réclament la création d'une commission d'enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur cette affaire, qu'ils appellent la " mère de tous les scandales ". Et la Cour suprême a demandé, jeudi 18 novembre, des explications à M. Singh.

Ce scandale vient ternir l'image d'un premier ministre réputé pour son intégrité, quelques jours après la démission de plusieurs membres du Parti du Congrès au pouvoir, soupçonnés de corruption dans d'autres affaires. Le ministre en chef de l'Etat du Maharashtra, Ashok Chavan, aurait été impliqué dans la construction illégale d'un immeuble dans un quartier huppé de Bombay, et le président du comité organisateur des Jeux du Commonwealth, Suresh Kalmadi, aurait détourné de l'argent à son profit.

Une étude publiée par l'organisation Global Financial Integrity, basée à Washington, indique que 91 milliards d'euros d'" argent illégal " sont sortis d'Inde entre 2000 et 2008. Jamais la corruption n'a été aussi florissante. Les sommes semblent augmenter au même rythme que la croissance économique du pays.

Julien Bouissou

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vendredi 21 mai 2010

DERNIER CHIFFRE - Corruption

Le Monde - Samedi, 22 mai 2010, p. 2

3 058 officiels chinois poursuivis pour corruption

Selon le vice-ministre de la Supervision, Hao Mingjin, cité par l'agence Chine Nouvelle jeudi 20 mai, 5 241 responsables ont fait l'objet de sanctions disciplinaires du Parti communiste entre octobre et avril derniers, et 3 058 ont été poursuivis pour corruption ou manquements dans des dossiers de construction. Ce secteur est en plein boom en Chine.

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mercredi 19 mai 2010

La répression de la corruption en Chine doit trouver un juste milieu

Le Monde - Economie, jeudi, 20 mai 2010, p. 15

En Chine, les entrepreneurs véreux n'ont qu'à bien se tenir. C'est en quelque sorte le message envoyé par la justice chinoise après la condamnation du magnat de l'électronique Huang Guangyu à quatorze ans de prison. C'est un signal fort pour un pays en rapide croissance, bien que la mesure ne semble s'appliquer encore que de façon trop sélective.

Huang Guangyu, fondateur de Gome, la première chaîne chinoise de matériel électrique et électronique et ancienne plus grande fortune de Chine, ne semble pas avoir été si durement sanctionné, au regard des précédentes affaires traitées par la justice chinoise.

En effet, sa condamnation pour " pots-de-vin, délit d'initié et pratique d'affaires illégales " est comparable à celle des employés du groupe minier multinational Rio Tinto, récemment reconnus coupables de corruption passive. Alors que, pour une infraction du même type, la justice chinoise avait pourtant décrété en avril la " peine de mort avec sursis " à l'encontre d'un employé de la Banque de développement de Chine.

Mais le cas de M. Huang reste un exemple hautement symbolique. Depuis son arrestation il y a un an, le célèbre homme d'affaires, désormais tombé en disgrâce, était devenu la figure de proue d'une génération d'entrepreneurs chinois qui avaient fait fortune à une époque où la réussite passait par l'usage de pratiques peu scrupuleuses. Il aurait été très difficile de les éviter alors que capitalisme chinois n'était qu'à ses balbutiements. Mais les délits commis par M. Huang datent de 2007 et 2008, donc bien après les réformes du marché et lorsque Gome était déjà bien établi dans le paysage économique chinois.

Inégalité croissante

M. Huang n'est probablement pas un cas unique en Chine. Et son arrestation pourrait être en grande partie liée au fait qu'il ne soutenait pas les bonnes personnes dans les hautes sphères. En outre, l'inégalité croissante est généralement une incitation à la criminalité économique, et la Chine est aujourd'hui un pays avec de très fortes inégalités. Des chercheurs affiliés au gouvernement chinois ont même donné l'alerte la semaine dernière : les inégalités atteignent un niveau dangereux, elles auraient doublé par rapport à la mesure officielle de 1983.

Les peines infligées suite à la cupidité de quelques entrepreneurs de haut vol devraient avoir un effet dissuasif. Mais elles sont également utilisées à des fins politiques, afin d'apaiser la grogne de ceux qui ne peuvent pas profiter de l'expansion économique rapide de la Chine. Le véritable défi pour les autorités chinoises reste donc de décider où placer la barre dans leurs mesures punitives. Car si la Chine dénichait et punissait autant de Huang qu'il y a de suspects, les investisseurs pourraient finir par perdre confiance dans ce système.

John Foley

(Traduction de Séverine Gautron)

Plus de commentaires sur l'actualité économique et financière.

Sur Breakingviews.com

PHOTO - Chinese traffic police officers monitor delegates arriving at the Great Hall of the People to attend a session of the annual National People's Congress in Beijing, China, Thursday, March 11, 2010.

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jeudi 11 février 2010

Quand la Chine veut lutter contre la corruption dans le sport

Les Echos, no. 20612 - Idées, mercredi, 10 février 2010, p. 14

Les passionnés de foot en Chine s'inquiètent. La chaîne publique de télévision sportive a décidé de suspendre la retransmission des matchs de l'équipe nationale pour une durée indéterminée. Selon le « China Daily », cette décision a été prise à la demande des autorités sportives chinoises, décidées à lutter contre la corruption qui gangrène le foot chinois. La toute-puissante CCTV-5 devait ainsi samedi dernier retransmettre en direct le match Chine-Japon à Tokyo dans le cadre de la Coupe d'Asie de l'Est. « Mais, raconte le " China Daily ", lorsque les téléspectateurs chinois ont allumé leur poste pour voir la confrontation entre les deux équipes rivales , ils n'ont eu que la version chinoise » d'Intervilles. En outre, les informations de CCTV-5 n'ont même pas mentionné le score de dimanche dernier, 0 à 0. La Chine doit rencontrer mercredi la Corée du Sud, puis dimanche Hong Kong, mais aucun des deux matchs n'a été programmé pour le moment. Ce n'est pas la première fois qu'une telle mesure est prise. En 2008, après de graves échauffourées lors d'un match entre Pékin et Tianjin, CCTV avait suspendu les retransmissions des parties de la Super Ligue. Mais aujourd'hui, plus d'une vingtaine de joueurs et de responsables, dont le président de l'Association nationale du football, ont été arrêtés. Les parties truquées, les arbitres vendus, ne sont pas les seuls problèmes. D'après un récent article, les paris clandestins sur le foot s'élèveraient à environ 10 milliards d'euros par an. En tout cas, la Chine, 87e équipe mondiale derrière l'Irak, ne sera pas en Afrique du Sud pour la Coupe du monde. Ce qui limitera -peut-être - les ardeurs des parieurs chinois.

PHOTO - China's Yu Hai, left, is celebrated by teammates after scoring a goal against South Korea in the first half of their East Asian Championships soccer match in Tokyo Wednesday, Feb. 10, 2010. China defeated South Korea 3-0 for the first time in their history.

© 2010 Les Echos. Tous droits réservés.

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mercredi 10 décembre 2008

DERNIER CHIFFRE DE CHINE - Corruption

La Croix, no. 38230 - Economie, mercredi, 10 décembre 2008, p. 17

Selon un rapport de l'ONG Transparency International publié hier, la Chine obtient une note de 6,5, proche des 6,8 de l'Inde. L'indice de corruption des pays exportateurs (ICPE) évalue les performances de 22 pays sur la base des déclarations de 2 742 chefs d'entreprise. Parmi ceux qui ont le moins recours à la corruption à l'étranger : la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, la Suisse, la France et les États-Unis.

© 2008 la Croix. Tous droits réservés.

Court et simple, retrouver les autres DERNIERS CHIFFRES DE CHINE en cliquant sur le lien.