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jeudi 6 octobre 2011

Russie - Un espion chinois arrêté par le FSB

Le Point.fr - Monde, mercredi 5 octobre 2011

Les services spéciaux (ex-KGB) ont annoncé mardi la capture d'un agent de Pékin qui collectait des informations sur des missiles.

Les services spéciaux russes (FSB) ont annoncé mercredi qu'ils avaient arrêté un espion chinois qui tentait d'obtenir des informations sur les missiles russes perfectionnés S-300, ont rapporté les agences russes. "Le citoyen chinois, qui était traducteur au sein des délégations officielles, tentait d'obtenir des documents (...) sur les systèmes d'armes S-300, qui constituent un secret d'État, auprès de citoyens russes auxquels il promettait une récompense", annonce le FSB dans un communiqué.

L'espion présumé "a été arrêté le 28 octobre 2010 à Moscou", selon le FSB, qui n'a rendu l'information publique que mercredi. L'enquête criminelle pour espionnage a été transmise mardi 4 octobre 2011 à un tribunal de la ville de Moscou, selon la même source. Le système de missiles S-300 est semblable au Patriot américain, un engin mobile de défense antiaérienne très perfectionné, capable de détruire missiles de croisière et avions de combat.

Ce système est capable de détruire des missiles et d'abattre des avions à une distance de 150 kilomètres et à une altitude allant jusqu'à 27 kilomètres. Il a été développé au cours des années 1980. En avril 2010, la Russie a livré à Pékin 15 batteries contenant chacune quatre missiles S-300. Outre la Chine, d'autres pays, tels la Slovaquie, le Vietnam et Chypre, ont déjà acheté ce système de défense antiaérienne. En juin 2010, Moscou a gelé le contrat de livraison à l'Iran de ces engins, après l'adoption de nouvelles sanctions contre Téhéran aux Nations unies. Israël, les États-Unis et l'Europe s'étaient élevés contre ce contrat, craignant que cet armement ne permette de défendre efficacement les installations nucléaires iraniennes.

PHOTO - Russia's President Dmitry Medvedev (R) and the director of Federal Security Service (FSB) Alexander Bortnikov attend a meeting with FSB chiefs in Moscow January 25, 2011. Medvedev ordered investigators on Tuesday to root out the culprits behind a deadly bombing at Russia's busiest airport and threatened sackings over security lapses he said had aided the attack.

© 2011 Le Point.fr. Tous droits réservés.

jeudi 18 août 2011

Un Allemand licencié pour avoir épousé une Chinoise - David Philippot

Le Figaro, no. 20852 - Le Figaro, jeudi 18 août 2011, p. 7

Épouse ou espionne ? Dans le doute, une entreprise du nord de l'Allemagne a préféré licencier son employé. Quitte à bafouer le droit du travail.

Maike Blase, 47 ans, avait été embauché en CDD comme ingénieur dans l'entreprise Autoflug en 2006. Pour les besoins de sa tâche, ce cadre est appelé à se rendre régulièrement en Asie. Au cours d'une mission en Chine, il fait la connaissance d'Aiwu, 40 ans, traductrice pour la chambre de commerce germano-chinoise. À Shanghaï, la romance se noue.

À chacun de ses déplacements en Chine, qu'ils soient professionnels ou personnels, Maike tient son entreprise informée. Quelques collègues de travail sont même invités au mariage, célébré dans le delta du Yang Tsé Kiang.

La nouvelle épouse obtient rapidement des papiers lui permettant de venir s'installer en Allemagne et l'heureux mari est définitivement embauché en mars 2009. Mais, trois mois plus tard, douche froide : il reçoit une lettre de licenciement par la poste. Le motif exposé est très général : pour des raisons tenant à la bonne marche de l'entreprise. Son supérieur finit par lui avouer la cause exacte : ses relations familiales font peser un risque de sécurité pour la PME, qui compte l'armée allemande et Airbus parmi ses clients.

Mauvaises manières

L'employé défend l'honneur de son épouse et réclame des preuves. Comme dans un polar de guerre économique, Autoflug craint en fait que l'épouse ou sa fille ne soient enlevées par les services secrets chinois et servent de moyen de pression pour faire chanter l'ingénieur.

Le différend se réglera finalement devant les tribunaux. À la surprise générale, un tribunal de première instance avait avalisé le licenciement. Le jugement vient d'être cassé en appel par le tribunal régional du travail de Schleswig-Holstein. Dans ses motifs, le juge considère la décision de l'entreprise comme « immorale, arbitraire et contraire au droit du travail et à la liberté élémentaire du droit au mariage ».

L'avocat de l'ingénieur a salué « la sanction de cette décision (de licenciement) absurde fondée sur un simple procès d'intention ». Le tribunal a même proposé au salarié sa réintégration dans l'entreprise. Mais Maike, écoeuré par les mauvaises manières de son ex-employeur, a décliné l'offre. Pour solde de tout compte, il a obtenu sept mois de salaires en dédommagement, soit 28 000 euros.

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jeudi 4 août 2011

Les cybercafés chinois contraints à l'espionnage - Julie Desné

Le Figaro, no. 20841 - Le Figaro, jeudi 4 août 2011, p. 6

Pékin veut les obliger à se doter d'un logiciel permettant de traquer les activités d'un internaute pendant sa connexion.

Nouveau tour de vis sur la Toile chinoise. Pékin veut contraindre les établissements publics offrant une connexion sans fil (Wi-Fi) à se doter d'un logiciel espion. Pour une somme allant de 2 000 à 6 000 euros, à la charge des cafés et restaurants concernés, le service permet de traquer toutes les activités d'un internaute pendant sa connexion. La police peut notamment recevoir des relevés des sites consultés et identifier les lecteurs ou auteurs jugés subversifs. Confrontés à cette obligation d'investir une somme importante, de nombreux établissement préfèrent résilier simplement leur abonnement Wi-Fi. « Nous avons suspendu notre connexion sans fil depuis déjà une semaine. Le logiciel demandé par les autorités est trop cher pour nous », confie une employée d'un café du district de Haidian à Pékin, jointe par téléphone.

D'autres ignorent encore la nouvelle règle mise en place par les censeurs du Parti, comme ce petit café du quartier de Xicheng, toujours dans la capitale. « Je n'ai pas entendu parler de cette réglementation. Pour l'instant nous avons toujours le Wi-Fi », explique le barman. Mais des sanctions pourraient rapidement tomber.

Des intérêts économiques

Selon le quotidien proche du pouvoir China Business News, la violation de cette nouvelle mesure est passible d'une amende de plus de 500 euros, voire d'une fermeture temporaire pouvant atteindre six mois « dans les cas graves ». Sur le très populaire réseau social Weibo, équivalent de Twitter en Chine, le sujet était déjà étroitement contrôlé hier. Une recherche par mot-clé montrait qu'une soixantaine de messages avaient été supprimés par les censeurs, pour n'en laisser que trois encore accessibles. Derrière cette affaire, le China Business News soupçonne des intérêts économiques, notant que la société qui vend les onéreux logiciels, Rainsoft, connaît bien la Sécurité publique, qui veut imposer ces nouvelles règles aux cafés. Les deux entités entretiennent déjà une étroite collaboration dans de nombreuses provinces chinoises.

La police aurait alors juste eu besoin de faire un peu de zèle abondant dans le sens d'un pouvoir très jaloux du contrôle qu'il exerce sur la Toile. Le Parti évoque régulièrement la lutte contre la pornographie, le trafic de drogue ou les paris en ligne, interdits en Chine, pour justifier les nombreuses restrictions imposées sur le réseau chinois. Mais face au succès des microblogs, le gouvernement central craint surtout les admonestations des internautes. D'autant que ces deux dernières semaines ont été éprouvantes pour les dirigeants chinois. La collision meurtrière de deux trains dans la province du Zhejiang, voisine de Shanghaï, a littéralement déchaîné l'opinion publique. Même les médias les plus officiels ont osé des unes critiques à l'égard du pouvoir et de son manque de transparence, tandis que les sites Internet mobilisaient la Toile pour demander des comptes aux autorités.

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mercredi 13 avril 2011

Carlos Ghosn : « Pendant une crise, un capitaine n'abandonne pas le navire »


Les Echos, no. 20911 - Industrie, mercredi, 13 avril 2011, p. 17

Les bonnes intentions affichées par Renault lundi soir, après un conseil d'administration extraordinaire, n'ont pas suffi à apaiser les critiques sur la mauvaise gestion de la pseudo-affaire d'espionnage. La présidente du Medef, Laurence Parisot, considère que les décisions prises lundi ne « suffisent pas » pour clarifier « ce qu'il s'est passé ». Les syndicats, de leur côté, auraient souhaité une remise en cause plus profonde de la part du PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. « L'exclusion d'un certain nombre de dirigeants, à l'exception de Carlos Ghosn, écarté de toute responsabilité par les deux rapports d'audit, ne changera rien, s'il n'y a pas une refonte structurelle de la fonction et du rôle du management de l'entreprise à tous les niveaux », a réagi la CGT Renault dans un communiqué. Quant aux investisseurs, ils ont sanctionné le titre par une baisse de 3 %. Dans un entretien exclusif aux « Echos », Carlos Ghosn répond à ces critiques et revient sur les évolutions possibles de l'Alliance Renault-Nissan.

Pourquoi avoir accepté lundi la démission de ses fonctions de Patrick Pélata, le directeur général de Renault, alors que vous la refusiez à la mi-mars ?

Lors du conseil d'administration du 14 mars, il avait été décidé de mener un double audit, aussi bien interne qu'externe, avant de tirer des conclusions. Depuis, les audits ont été dressés et présentés par le Comité des comptes et de l'audit au conseil d'administration. Compte tenu des dysfonctionnements opérationnels mis en lumière, Patrick Pélata s'est senti responsable et a jugé nécessaire de me demander d'être relevé de ses fonctions. Ce que, cette fois, j'ai accepté. C'est la suite logique d'un processus engagé mi-mars et dont il fallait tirer toutes les conséquences.

Quelle première leçon tirez-vous de cette affaire ?

Elle a fait apparaître qu'un cons-tructeur automobile comme Renault ne peut pas focaliser toute son attention et son énergie simplement sur son coeur de métier. Les fonctions d'ingénierie, de planning, de design sont certes essentielles. Mais les fonctions support, la sécurité, les ressources humaines, le juridique, l'informatique... le sont aussi. Marie-Françoise Damesin, directrice des ressources humaines, va entrer au comité exécutif. Et Mouna Sepehri, qui travaillait à mes côtés au sein de l'Alliance, est nommée direc-teur délégué à la présidence de Renault. A l'exclusion des fonctions de contrôle et d'audit, elle aura en charge toutes les fonctions de support, y compris la direction juridique. Moins morcelées, les fonctions support seront ainsi mieux respectées dans l'entreprise.

Patrick Pélata n'est-il pas qu'une simple victime expiatoire ?

Patrick Pélata abandonnera son titre chez Renault une fois passée une période de transition, mais il restera actif au sein de l'Alliance Renault-Nissan. C'est un manager de très grande qualité qui m'a accompagné tout au long de ma carrière chez Renault. Je lui trouverai au sein de l'Alliance des responsabilités à la hauteur de ses compétences. Mais le conseil a été au-delà de la fonction de Patrick Pélata. Le Comité des comptes et de l'audit a également fait de nombreuses recommandations que je vais largement mettre en pratique.

Qui va remplacer Patrick Pélata à la direction opérationnelle de Renault ?

Il est trop tôt pour donner un nom, mais faites-nous confiance, Renault dispose d'un plan de succession pour tous ses dirigeants. L'intérim ne se prolongera pas, mais nous allons prendre quelques semaines pour examiner différentes candidatures. Et je pense qu'il y a en interne plusieurs candidats possibles.

A titre personnel n'avez-vous pas envisagé de démissionner pendant cette crise ?

Rien dans l'audit ne me met en cause. Moi qui ai connu beaucoup de crises j'ai la conviction que, pendant une crise, un capitaine n'abandonne pas le navire. Il s'assure que le bateau traverse la tempête. Pendant la crise, je n'ai pas pensé à moi mais à l'entreprise. Aujourd'hui, je suis convaincu d'une chose : Renault peut faire de cette crise une opportunité. Nous rebondirons en étant plus forts.

Avez-vous le sentiment d'avoir toujours le soutien de vos actionnaires ?

Dans la vie d'une entreprise, les actionnaires peuvent se prononcer à deux occasions. Au cours des conseils d'administration et des assemblées générales. Cette semaine, j'ai écouté mon conseil qui m'a renouvelé son total soutien. L'Etat actionnaire, qui est représenté au sein du conseil d'administration, a également été clair, il souhaite que nous tirions les leçons de cette crise. C'est ce que nous allons faire. Nous allons nommer très vite auprès de la présidence un directeur de l'éthique, une personnalité extérieure, incontestable, qui présidera le comité d'éthique, et nous créerons une direction de l'audit et de la maîtrise des risques.

Vous sentez-vous tout de même une part de responsabilité ?

Un patron est toujours responsable, mais on ne peut pas m'adresser tous les reproches à la fois. On me disait que j'en faisais trop en étant à la fois chez Renault, chez Nissan et à la tête de l'Alliance. J'ai délégué la direction opérationnelle pour me concentrer chez Nissan comme chez Renault sur la stratégie, les synergies dans le respect des identités des deux constructeurs, le choix des hommes et la création d'une culture commune. Sans délégation de pouvoir, une entreprise ne peut pas fonctionner. Il faut apprendre à faire confiance aux experts. Aux experts chargés de l'ingénierie comme de l'électro-nique, des matériaux ou encore de la sécurité.

Au final n'avez vous pas exagéré le risque d'espionnage ?

Le risque d'espionnage est bien réel dans l'industrie automobile. Dans le cas présent, il n'y a pas d'affaire d'espionnage. La justice devra se prononcer, mais nous sommes visiblement dans un cas d'escroquerie. Mais cela ne veut pas dire que la menace n'existe pas. Il y a une menace qu'il faut prendre au sérieux et c'est pour cela que nous avons décidé d'agir, de nous entourer des meilleurs experts, Alain Bauer, Alain Juillet et Eric Delbecque, pour déterminer, sans nous précipiter, ce qu'il convient de faire.

Ces événements ont-ils affecté le moral des salariés ?

Bien évidemment. Dans une crise, il y a toujours des moments de doute. Mon rôle est de surmonter cette crise pour avoir la meilleure direction de la protection possible, améliorer les fonctions support et avoir une meilleure transparence. Les gens sont ébranlés, je le comprends. Mais, dans la réalité de la performance, ils ne l'ont pas montré. Les résultats du groupe Renault de janvier à mars sont bons à la fois pour ce qui est des volumes de vente, du profit opérationnel et des flux de trésorerie disponibles. Même en France, les commandes sont excellentes.

Peut-il y avoir un impact pour l'image de la marque à plus long terme ?

Pour l'instant, notre direction marketing ne l'a pas observé. Cependant, l'impact sur une marque se mesure dans le temps et l'évolution est très lente. Pour qu'il y ait un impact sur la marque, il faut une crise longue et durable.

Le management est-il encore crédible auprès des troupes ?

Quand vous êtes dans une position de management, vous êtes obligé de faire face à des crises. C'est à nous de les gérer pour que les équipes en ressortent motivées. Chaque crise entraîne des doutes sur le management. Je l'ai connu notamment à mon arrivée au Japon et pendant la crise financière.

Allez-vous repenser la confi-guration de l'Alliance avec Nissan ?

Nous ne sommes pas bloqués sur les pratiques passées de l'Alliance. Mais la priorité aujourd'hui pour Renault est de retrouver de la performance sur son coeur de métier et d'atteindre les objectifs fixés pour 2013. La réflexion sur l'Alliance interviendra une fois que Renault aura retrouvé de façon récurrente un résultat opérationnel courant et des flux de trésorerie positifs, pour rassurer les marchés sur sa valeur propre.

Pourquoi modifier la structure capitalistique de l'Alliance ?

Cette question provient des marchés financiers. Les investisseurs s'interrogent sur les raisons pour lesquelles nous possédons 43,4 % dans Nissan et demandent s'il ne serait pas possible de générer autant de synergies avec une participation inférieure. Je dis aux marchés : « Laissez-nous d'abord rétablir le coeur de métier de Renault ». Nous n'avons pas intérêt à reconfigurer l'Alliance tant que Renault n'a pas repris des forces. Si Renault était en difficulté financière, nous pourrions être obligés de l'envisager. Mais ce n'est pas le cas. Renault affiche à peine 1 milliard d'euros d'endettement et peut financer tous ses projets, de la voiture électrique à nos programmes au Maroc, en Inde ou encore en Russie.

Certaines personnes à Yokohama jugent-elles ce partenariat déséquilibré ?

Des deux côtés de l'Alliance, vous trouverez des isolationnistes. Mais ce ne sont pas eux qui sont en position de décider. Cette Alliance a profité énormément à Nissan, en lui permettant de se remettre sur pied, et à Renault, qui reçoit 43,4 % de ses profits. Le partenariat permet aux deux constructeurs d'acquérir des technologies et de se développer dans certaines zones géographiques plus rapidement qu'ils ne l'auraient fait seuls.

L'affaire d'« espionnage » laissera-t-elle des traces dans vos relations avec la Chine ?

Non. J'ai été en Chine il y a peu de temps. J'ai vu le nouveau ministre de l'Industrie, qui est l'ancien président de Dongfeng, le partenaire de l'Alliance Nissan-Renault en Chine. Sa première question a été de savoir quand Renault allait venir en Chine.

Et que lui avez-vous répondu ?

Je ne me suis pas aventuré sur la date, mais Renault ira en Chine, c'est sûr. Mais, quand nous irons, ce sera en masse et non pour avoir 1 % de part de marché et mettre des années à percer.

Vous connaissez bien le Japon. Avez-vous le sentiment que le pays pourra surmonter rapidement ses difficultés ?

Le management japonais est souvent un peu pessimiste dans la planification, mais très rapide dans l'exécution. Il y a d'un côté un réalisme de départ, pris à contre-pied ensuite par la discipline, le dévouement, l'abnégation. La combinaison des deux fait que vous avez souvent de très bonnes surprises au Japon. Je n'ai aucun doute sur les capacités du Japon à se redresser, mis à part l'interrogation sur la question nucléaire. Le jour où Fukushima sera derrière nous, vous serez surpris de la rapidité à laquelle le pays va repartir. Nissan connaîtra un deuxième trimestre (avril-mai-juin) difficile. En France, il y a effectivement des impacts sur l'approvisionnement, mais Nissan et Renault travaillent ensemble pour nous adapter au plus près à cette situation.

Pendant combien de temps vous imaginez-vous à la tête de Renault-Nissan ?

Pour l'instant, le mandat qui m'a été donné court jusqu'en 2014. Au-delà, cela paraît bien lointain.

© 2011 Les Echos. Tous droits réservés.

samedi 9 avril 2011

RÉVÉLATIONS - Renault : Les "virés" réclament des millions - Laurent Neumann


Marianne, no. 729 - France, samedi, 9 avril 2011, p. 42

Espionnage chez Renault

Les trois salariés, accusés à tort d'espionnage et injustement licenciés, réclament à Renault entre 2,4 et 3,5 millions d'euros chacun en réparation du préjudice moral subi. Dilemme : si Renault paie, l'entreprise risque, en retour, une plainte pour "abus de bien social". Enquête exclusive.

La fausse affaire d'espionnage qui secoue Renault depuis le début de l'année s'est déplacée sur un nouveau terrain : celui de l'argent. Comment indemniser les salariés indûment "virés" à la juste valeur de l'indéniable préjudice moral subi ?

En effet, pendant que les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) tentent d'y voir clair dans ce thriller pour Pieds Nickelés, les avocats de ces salariés et ceux de Renault jouent, eux, de la calculette. Les chiffres, que Marianne est en mesure de révéler cette semaine, donnent le vertige. Pas sûr, d'ailleurs, que les bonus et les stock-options auxquels Carlos Ghosn, le PDG de Renault, et son directeur général, Patrick Pélata, ont renoncé pour 2011 - près de 2,5 millions d'euros au total - suffisent à régler la note.

"Surindemnisation" risquée

Michel Balthazard, Bertrand Rochette et Matthieu Tenenbaum, tous trois accusés à tort d'avoir "reçu des sommes d'argent de sources étrangères" en "échange d'informations stratégiques pour l'entreprise", n'ont pas l'intention de se satisfaire du mea culpa public de Carlos Ghosn, ni même des excuses personnelles que ce dernier et Pélata leur ont présentées en tête à tête. L'heure est venue de parler gros sous et compensation financière pour réparer le préjudice qu'eux et leur famille ont subi. "Cette affaire est grave, elle aurait pu entraîner des suicides, justifie Me Pierre-Olivier Sur, l'avocat de Michel Balthazard. Est-ce que ça vaut plus ou moins d'un an du salaire de Carlos Ghosn [9,2 millions d'euros] ?"

Pour chacun d'entre eux, le dédommagement financier auquel ils ont droit se décompose en trois parties : une indemnité conventionnelle de licenciement ; des dommages et intérêts pour licenciement abusif "sans cause réelle et sérieuse" que les prud'hommes chiffrent généralement entre vingt-quatre et trente mois de salaire ; et, enfin, une réparation pour préjudice moral qui, elle, prête à diverses interprétations.

Selon nos informations, que son avocat a refusé de commenter, Michel Balthazard, 57 ans dont trente-deux chez Renault, aurait déjà touché 480 000 € d'indemnité légale. Il se verrait, en outre, attribuer une indemnité pour licenciement abusif de 750 000 € et réclamerait, par ailleurs, 3,2 millions d'euros pour le préjudice moral subi. Montant total : plus de 4,4 millions d'euros, soit environ dix-huit années de salaire !

De son côté, Bertrand Rochette (dont les avocats n'ont pas répondu aux sollicitations de Marianne), vingt-deux ans de maison et environ 12 000 € de salaire mensuel, aurait touché près de 200 000 € d'indemnité légale. Il se verrait octroyer une somme d'environ 500 000 € au titre du licenciement abusif et réclamerait quelque 3,5 millions d'euros en réparation du préjudice moral. Total : 4,2 millions, soit plus de vingt-neuf années de salaire !

Matthieu Tenenbaum, 33 ans dont douze chez Renault où il gagnait 5 000 € par mois comme directeur adjoint au programme des voitures électriques, aurait perçu 50 000 € d'indemnité légale. Il devrait toucher 120 000 € pour licenciement abusif et prétendrait à plus de 2,4 millions d'euros pour le préjudice subi. Total : 2,6 millions d'euros, soit quarante-trois années de salaire ! Renault lui a cependant proposé de le réintégrer à un poste et à un salaire plus importants après une formation aux Etats-Unis. "M. Tenenbaum envisage de retourner chez Renault, mais ne discutera des modalités que s'il estime suffisante la réparation de son préjudice", confirme son défenseur, Me Thibault de Montbrial.

Le cas de Philippe Clogenson, licencié fin 2009 dans des conditions tout aussi injustes, est différent. Selon une source interne au constructeur, ce cadre négocierait lui aussi sa réintégration dans une filiale de Renault à Boulogne-Billancourt pour un salaire supérieur à celui qu'il touchait. "Ce pourrait être une solution envisageable pour mon client si les conditions sont satisfaisantes", concède son avocat, Me Eric Moutet, tout en refusant de commenter les sommes envisagées. Selon nos sources, ce retour serait assorti d'une compensation financière estimée à ce jour à 300 000 € environ.

Renault, qui n'a jamais contesté la gravité du préjudice subi par ces salariés, est évidemment prêt à payer. Mais la direction du constructeur automobile est aujourd'hui placée devant un dilemme. Juridiquement, elle ne peut prendre le risque de "surindemniser" Balthazard, Rochette et Tenenbaum. Sauf à se voir accusée en retour... d'"abus de bien social". En cas d'indemnité exorbitante en effet, un actionnaire minoritaire pourrait porter plainte, en arguant que Renault achète la paix sociale et médiatique contre une somme d'argent démesurée. Au scandale s'ajouterait alors un délit pénal.

"La jurisprudence Tapie"

A l'inverse, si Renault refuse de se plier à leurs exigences financières, l'entreprise risquerait un procès prud'homal retentissant et, surtout, une nouvelle campagne médiatique qui, elle, pourrait être fatale, tant pour l'image de la marque que pour son PDG, Carlos Ghosn. Sans compter la réaction - prévisible - des autres salariés. Si la direction paie des millions, les syndicats diront que l'entreprise supporte au prix fort les erreurs de leur patron. Si elle refuse, ils diront que la direction se comporte mal vis-à-vis de salariés injustement salis. Autant dire que la position de Carlos Ghosn est pour le moins inconfortable.

Selon les calculs effectués par Renault - visés par l'Agence des participations de l'Etat, par le cabinet d'Eric Besson, ministre de l'Industrie, et par celui de Christine Lagarde, ministre de l'Economie -, le montant versé par l'entreprise en réparation du préjudice moral subi ne pourrait excéder une somme comprise entre 500 000 et 700 000 €. On serait donc loin des montants réclamés - entre 2,4 et 3,5 millions. Les conseils juridiques de Renault ont d'ailleurs épluché des centaines de décisions judiciaires. Nul, précisent-ils, n'a jamais obtenu, en France, de telles sommes. Patrick Dils, qui a passé quinze ans en prison pour un double crime qu'il n'avait pas commis, a touché 980 000 € ; accusé à tort de blanchiment et injustement licencié, Philippe Delmas, l'ex-haut dirigeant d'Airbus dont la plainte avait lancé l'enquête Clearstream, a perçu 350 000 €. Licenciés en 2002 et 2003 pour faute lourde et faute grave, d'anciens salariés d'Altran, accusés publiquement à tort comme les salariés de Renault, n'ont obtenu que 200 000 €, alors que chacun en réclamait 3 millions. "Chez Renault-Nissan, plaide Me Thibault de Montbrial, on a toujours argué de la dimension internationale du groupe pour justifier le salaire de son patron, Carlos Ghosn. C'est un argument que j'entends, mais alors il faut être logique et réparer le préjudice moral à la hauteur de la cagade planétaire déclenchée par cette affaire." Et l'avocat de préciser qu'aux Etats-Unis un tel préjudice serait dédommagé à hauteur de "50 millions d'euros".

Un seul justiciable a explosé tous les compteurs du "préjudice moral" en France : Bernard Tapie. Au terme d'un arbitrage privé - et non d'un procès -, il a obtenu la somme himalayenne de 45 millions d'euros ! Ce qui a d'ailleurs déclenché un scandale d'Etat (lire l'article, p. 38) et qui a même incité plusieurs députés socialistes à vouloir envoyer Christine Lagarde devant la Cour de justice de la République. Il n'empêche, les avocats de Balthazard, Rochette et Tenenbaum ont bien l'intention de se prévaloir de ce qu'ils appellent eux-mêmes "la jurisprudence Tapie".

Désormais, la présidence et les administrateurs de Renault disposent de tous ces chiffres. Ils devront rendre leur avis, lundi 11 avril, au cours d'un conseil d'administration qui s'annonce pour le moins compliqué : accorder les millions réclamés au risque d'un procès pénal pour abus de bien social ou les refuser au risque d'un nouveau déferlement médiatique.

Carlos Ghosn n'en a visiblement pas fini avec cette fausse histoire d'espionnage...

LAURENT NEUMANN ET ANNE ROSENCHER

© 2011 Marianne. Tous droits réservés.

mercredi 16 mars 2011

ENQUÊTE - Fragilisé et critiqué, Carlos Ghosn est un PDG difficile à remplacer


Le Figaro, no. 20719 - Le Figaro Économie, mardi, 15 mars 2011, p. 19

Les excuses du groupe Renault à l'égard de cadres licenciés injustement, les promesses d'une profonde réorganisation en interne n'y changent rien. Pour le deuxième constructeur automobile français, cette affaire est un immense fiasco qui fragilise l'emblématique Carlos Ghosn et plus encore le groupe qu'il dirige sans ménagement depuis bientôt six ans.

Les dégâts de ce qui s'avère être de l'escroquerie plutôt que de l'espionnage industriel sont considérables. En interne, et particulièrement au Technocentre de Guyancourt, au sud-ouest de Paris, l'entreprise est en état de choc. Des milliers de salariés ont découvert que leur direction peut licencier, à tort et avec violence, des cadres prometteurs ou confirmés. Que cette même direction s'est fait piéger, vraisemblablement par une seule personne du service de sécurité, sans avoir été capable de détecter cette escroquerie. À l'extérieur aussi, ce grand déballage écorne l'image de Renault, même si les immatriculations de véhicules ne s'en ressentent pas pour l'instant. Elles restent très solides grâce aux très bonnes ventes de fin d'année, avant que l'affaire n'éclate.

Ces secousses font d'autant plus mal qu'elles interviennent après plusieurs années mouvementées chez le constructeur. À son arrivée en 2005, Carlos Ghosn promet de changer en profondeur Renault. Dans son premier plan triennal « Renault 2009 », il fait trois promesses : hisser la Laguna sur le podium européen en matière de qualité, porter la marge opérationnelle à 6 % et vendre 800 000 voitures supplémentaires. Personne n'ose douter du succès, tant l'image du sauveur de Nissan est forte dans le monde de l'automobile.

Au milieu des années 2000, l'entreprise est sous tension. Trop, sûrement. Survient une vague de suicides au Technocentre de Renault qui aboutit à une réorganisation du travail pour tenter de réduire le stress des 12 000 salariés concernés. Le patron s'applique à faire baisser la pression. Première alerte.

Sur le front des modèles, la Laguna est effectivement primée pour sa qualité, mais cette voiture aux lignes sans personnalité est boudée par les acheteurs. En réalité, le vrai succès du Renault de Carlos Ghosn, c'est le low-cost avec la Logan, le Sandero, puis le Duster. En y ajoutant la part croissante des petits modèles Twingo et Clio, le constructeur se trouve confronté à un problème imprévu : sa relation avec l'État français qui détient 15 % de son capital.

Délaisser la France

Pour être rentable, le constructeur est en effet poussé à produire ces voitures peu chères hors de France. Un transfert de production qui finira par déclencher un clash retentissant avec le gouvernement, lors de l'affaire de la Clio 4 que Renault voulait produire en Turquie au détriment de l'usine française de Flins. Carlos Ghosn est convoqué en urgence à l'Élysée. Renault fait marche arrière, mais l'image est écornée. Le PDG est soupçonné d'avoir une vision mondialiste et de délaisser la France. Deuxième alerte.

Ces dernières années ont également été marquées par la crise mondiale, qui frappera de plein fouet l'automobile. À court d'argent fin 2008, le constructeur est au bord de la catastrophe. Troisième alerte. Carlos Ghosn négocie en urgence auprès de l'État une ligne de crédit de 4 milliards d'euros (PSA a obtenu le même montant). Finalement, le constructeur se redresse, passe la crise et enregistre un rebond spectaculaire. En 2010, Renault annonce 2,6 millions de voitures vendues, soit un record historique. Mais on est très loin, que ce soit en termes de ventes et de marge opérationnelle, des promesses du plan Renault 2009.

Carlos Ghosn n'a pourtant jamais vraiment souffert de l'échec de ce plan. Les observateurs préférant ne retenir que ses succès. Pour beaucoup, l'alliance entre Nissan et Renault est une réussite qui n'a cessé de prendre de l'ampleur ces dernières années. Nissan, toujours dirigé par Carlos Ghosn, est en pleine forme. Le constructeur japonais, fort aux États-Unis, est numéro trois en Chine, devant Toyota. Le choix de Renault d'entrer au capital d'Avtovaz, célèbre pour sa Lada, est jugé très prometteur. Le redressement de Renault Samsung Motor en Corée est réel. Enfin, Dacia est l'un des plus grands succès de l'automobile de ses dernières années.

Bien que très critiqué aujourd'hui, Carlos Ghosn a encore de beaux atouts. Le premier est d'incarner presque à lui seul l'avenir de deux géants de l'automobile. Depuis quelques années, ce manager concentre une bonne part des ressources de Nissan et de Renault sur la voiture électrique. Pour Renault et Nissan, ce choix stratégique représente déjà 4 milliards d'euros d'investissement. Cette histoire ne fait que commencer. Les premières Nissan électriques sont commercialisées depuis fin 2010 au Japon et aux États-Unis. Les Zoe de Renault arriveront en fin d'année. Pas facile dans ces conditions de se passer de Carlos Ghosn. Les administrateurs de Renault le savent.

Jacques-Olivier Martin

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samedi 29 janvier 2011

REPORTAGE - Les « poissons d'eaux profondes » affectionneraient les mers occidentales

Le Figaro, no. 20680 - Le Figaro, vendredi, 28 janvier 2011, p. 2

Les « poissons d'eaux profondes » affectionneraient de plus en plus les mers occidentales

Des escouades d'agents chinois spécialisés dans le renseignement économique opéreraient aux États-Unis, en France ou encore en Russie. Plusieurs d'entre eux ont récemment été jugés pour « espionnage industriel » devant des tribunaux américains.

Les « poissons d'eaux profondes » affectionneraient de plus en plus les mers occidentales. C'est par ce terme (chen diyu en chinois), que l'on désigne les agents secrets de la République populaire. Or, des escouades entières de ces espions seraient aujourd'hui affectées au renseignement économique, au coeur de la nouvelle quête de puissance de Pékin. Une série de procès pour espionnage industriel vient de se tenir ces jours-ci aux États-Unis. Et une mystérieuse « piste chinoise » a été évoquée dans l'affaire Renault, même si l'on ne sait rien de ce que le contre-espionnage français pourra remonter dans ses filets. Au rang des obscures menaces, les services chinois semblent avoir remplacé le KGB soviétique de la guerre froide.

Fin 2009, un rapport d'une commission du Congrès américain estimait que Pékin espionnait de plus en plus les États-Unis, « fort de ses progrès dans la cyberguerre et le recrutement de ses agents ». De fait, la chronique de ce face-à-face clandestin est nourrie. En février 2010, au terme d'un des premiers procès de ce genre, un ingénieur américain d'origine chinoise, Dongfan « Greg » Chung, a été condamné en Californie à 15 ans de prison pour espionnage économique dans les secteurs de l'aérospatiale et de la défense. Il avait travaillé trente ans chez Boeing et Rockwell International. L'été dernier, un chercheur chinois de 45 ans, Huang Kexue, a été arrêté par le FBI pour avoir volé et transmis à la Chine des secrets commerciaux concernant des insecticides. Il travaillait dans une filiale de Dow Chemical, la plus grosse entreprise américaine d'agrochimie et de biotechnologie.

Payer les traites de sa luxueuse maison

Hier, un tribunal fédéral américain a condamné à 32 ans de prison un ancien ingénieur de 66 ans, Noshir Gowadia, accusé d'avoir transmis de la technologie militaire sensible à la Chine. Ingénieur chez Northrop Grumman, il avait beaucoup travaillé sur les bombardiers furtifs B-2. Un domaine qui intéresse au plus haut point les Chinois, comme vient de l'attester la médiatisation du premier vol de son chasseur furtif J-20. Sa motivation était purement financière, liée aux 15 000 dollars de traites de sa luxueuse maison surplombant l'océan à Hawaï. La semaine dernière, Glenn Shriver, jeune Américain de 28 ans recruté par Pékin alors qu'il étudiait en Chine, a été condamné à quatre ans de prison pour tentative d'espionnage, après avoir reconnu les faits. Trois agents l'avaient approché à Shanghaï en 2004 et l'avaient convaincu, une fois de retour aux États-Unis, de « postuler pour des agences de renseignement ou de police ». Il avait ainsi tenté de travailler pour la CIA et, entre 2005 et 2010, aurait reçu 70 000 dollars de ses « coachs » clandestins.

Récemment, affirme Roger Faligot, auteur d'un ouvrage de référence sur les services secrets chinois *, « le contre-espionnage français a mis fin aux agissements d'une entreprise commerciale dans la région Rhône-Alpes. Ses animateurs étaient des »illégaux*, officiers d'une des sections de liaison de l'APL (Armée populaire de libération) ».

On s'espionne aussi entre amis. La Russie est devenue une cible pour les agents chinois, surtout depuis que Moscou a mis un frein aux transferts de technologie. En septembre dernier, on apprenait que deux scientifiques russes de Saint-Pétersbourg venaient d'être arrêtés, soupçonnés par le FSB (Service fédéral de sécurité, ex-KGB) d'espionnage au profit de Pékin. Ils avaient effectué plusieurs missions en Chine, dans le cadre d'un partenariat avec l'université polytechnique de Harbin. Professeurs à l'université technique Baltiiski Voïenmekh, un institut lié au domaine militaire, ils étaient spécialisés sur les missiles et les engins spatiaux. C'est dans un bâtiment moderne et palatial situé au coeur de Pékin, sur l'avenue Chang'an et à l'orée de la place Tiananmen, que se situe l'épicentre du monde du renseignement chinois. Le siège du Guoanbu (l'abréviation de Guojia Anquanbu), appelé aussi Ministry of State Security. La centrale de renseignement chinoise a vu le jour sous sa forme moderne au début de l'ère Deng Xiaoping, en 1983. Elle regroupe tant les missions de contre-espionnage que celles de renseignement extérieur.

À l'époque, le père des réformes lui donne clairement l'instruction de soutenir l'élan économique chinois. « Le renseignement économique est une des grandes facettes de ce redéploiement des années 1980, explique Roger Faligot, dès le début, le Guoanbu a créé une école d'espionnage économique. Et la décennie suivante, sous Jiang Zemin, il a déployé des postes de renseignement dans tous les grands ministères, les gouvernements provinciaux et bien sûr les grandes entreprises. »

Priorité au rattrapage technologique

L'actuel patron du Guoanbu, Geng Huichang, est d'ailleurs présenté comme un économiste, spécialiste des États-Unis et du Japon, auteur en 1993 d'un livre sur le commerce international. Et le « tsar » de la sécurité et du renseignement chinois - l'un des « 9 » du comité permanent du politburo -, Zhou Yongkang, est un homme issu du secteur pétrolier.

Le Guoanbu n'est pas seul dans la danse. Le renseignement militaire joue un rôle majeur, notamment le 2e bureau de l'état-major de l'APL, mais aussi d'autres services - parfois en concurrence interne - dépendant du département politique de la défense. Un engagement qui dépasse le cadre militaire, mais logique à l'aune du poids économique de l'armée. Les énormes moyens affectés à la cyberguerre sont aussi mis au service du renseignement économique. Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information tient aussi un rôle clé, tout comme le Chinese Council for the Promotion of International Trade (CCPIT), rattaché directement au Conseil d'État (le cabinet chinois). Ensuite, les opérations peuvent être financées ou menées par des entreprises d'État. Le dispositif repose aussi sur une constellation d'instituts de « recherche » ou de « coopération internationale ». Et, le bureau de l'éducation exploite le vivier des 180 000 étudiants chinois dispersés dans le monde.

Ces dernières années, les services de contre-espionnage européens se sont beaucoup intéressés aux réseaux d'étudiants chinois « indépendants ». On se souvient en France de l'affaire Li Li Huang, cette jeune Chinoise en stage chez l'équipementier automobile Valeo, dans le cadre de ses études à l'université de technologie de Compiègne (Oise). Elle avait été interpellée en 2005 pour « intrusion dans un système automatique de données », après avoir siphonné moult fichiers sans grand rapport avec son stage.

La Chine serait-elle moins scrupuleuse que bien d'autres nations? Non, répond un spécialiste de ces questions, « tout le monde a fait de l'espionnage industriel et en fait. Mais la Chine en a plus besoin que les autres aujourd'hui ». Pékin ne fait pas mystère de sa grande priorité, le rattrapage technologique. Avec un accent mis sur les énergies alternatives, tout ce qui est « vert ». Un universitaire chinois, qui veut garder l'anonymat, estime que « malgré des discours triomphalistes, la Chine est encore très en retard sur beaucoup de technologies, que ce soit dans le nucléaire, l'aéronautique, le ferroviaire ou l'automobile. Elle améliore des technologies existantes mais n'a rien créé de majeur ». L'effort de recherches tarde à porter ses fruits, comme le montrent par exemple les déboires du constructeur automobile BYD avec ses batteries électriques. D'où la tentation d'aller chercher l'innovation là où elle existe déjà. Et la pression mise par les autorités centrales, l'obligation de résultat, peuvent pousser à certaines hardiesses de la part de gouvernements locaux ou grandes entreprises. « Si la centralisation est consubstantielle au régime communiste, l'immensité spatiale et la multiplicité des structures créent souvent une certaine forme d'autonomie, et cela peut valoir aussi pour l'espionnage économique », poursuit le même expert. Selon lui, on ne peut exclure des initiatives que les autorités centrales ne contrôlent pas totalement. « Mais finalement, leur meilleur outil de renseignement économique est très légal, s'amuse un expatrié, en mettant la pression sur les entreprises étrangères. Avec le système des JV (coentreprises) ou leurs processus d'homologation, ils obtiennent déjà beaucoup de choses... »

Brouiller les traces

Pour le renseignement économique, Roger Faligot explique que les Chinois bénéficient aussi des « liens étroits entre les services et les grands équipementiers de télécommunications » et qu'ils ont « copié les Anglo-Saxons en utilisant des bureaux d'intelligence économique privée ou des cabinets d'affaires, si possible sans aucune connexion chinoise évidente ». Fort habilement, les services chinois savent très bien sous-traiter leurs missions à des tiers, pour brouiller les traces. Dans les années 1990, après la chute de l'URSS, ils ont su exploiter la ressource des anciens du KGB soviétique. Tout comme celle des pays « amis », qu'il s'agisse d'espions iraniens, serbes ou pakistanais par exemple. « Ces dernières années, ils se servent beaucoup de Taïwanais, pour des missions de renseignement ou pour des transactions de matériels prohibés avec l'Iran ou à la Corée du Nord, explique Lai I-chung, du Taiwan Thinktank. Comme cela, en cas de problème, ils n'apparaissent pas directement. »

L'efficacité est-elle au rendez-vous? « Il y a des résultats, c'est évident. Mais c'est surtout grâce à une incroyable capacité de mobilisation humaine et budgétaire, commente un spécialiste. Ils sont très bons dans la captation de l'information, notamment ouverte et donc légale, mais ils ont souvent du mal à la traiter, avec des problèmes de synthèse et d'aiguillage dus au nombre d'acteurs. » Un atout, peut-être : la langue chinoise ne fait pas le distinguo entre les mots information et renseignement...

* « Les Services secrets chinois, de Mao à nos jours », vient de sortir en poche chez Nouveau Monde Éditions.

Par Arnaud de La Grange Correspondant à Pékin

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mardi 25 janvier 2011

ENQUÊTE - Renault : les zones d'ombre d'une incroyable affaire


Les Echos, no. 20853 - L'enquête, vendredi, 21 janvier 2011, p. 11

Pendant quatre mois, le groupe au losange a mené des investigations qui ont abouti à la mise à pied de trois de ses employés, soupçonnés d'avoir vendu des informations stratégiques à des industriels chinois. Les dessous d'une histoire hors norme.

Bonne année ! » Quand il entre dans le bureau de Patrick Pelata ce 3 janvier 2011 à 8 heures, Bertrand Rochette commence en employé modèle par présenter ses voeux à son patron. Il revient d'une semaine de vacances à New York en famille. Cela fait vingt-deux ans qu'il est ingénieur chez Renault. Ce matin-là, il croit avoir rendez-vous avec le directeur général pour discuter de l'organisation des avant-projets. C'est Odile Desforges, la directrice de l'ingénierie et de la qualité, qui lui avait dit avant les vacances que le numéro deux du groupe souhaitait le voir. « Cela ne m'a pas étonné. Patrick Pelata et moi, nous nous connaissons depuis vingt ans, nous nous tutoyons. Et puis il m'en avait déjà touché un mot lors d'un séminaire », explique-t-il.

Mais l'entretien prend vite une tournure inattendue. Bertrand Rochette ignore qu'au même moment, ce 3 janvier, son supérieur hiérarchique, Michel Balthazard, est convoqué par Jean-Yves Coudriou, directeur des cadres supérieurs, et que Matthieu Tenenbaum, directeur adjoint du programme voiture électrique, est reçu par le directeur juridique, Christian Husson. L'ingénieur apprend donc, « stupéfait », que lui et ses collègues sont soupçonnés par la direction d'avoir vendu à l'étranger des informations stratégiques pour l'entreprise. « Patrick Pelata m'a parlé de relations à l'étranger, il m'a demandé si j'avais donné des documents à Michel Balthazard, raconte Bertrand Rochette, visiblement encore ému. Pendant l'entretien, il évoque aussi la Chine. Je réponds que j'ai beaucoup travaillé avec Daimler, récemment, mais pas avec la Chine. » Aujourd'hui, les ex-salariés décrivent tous le même scénario : l'annonce d'une faute « lourde », de faits « graves », la pression plus ou moins forte pour qu'ils « collaborent ». « Nous savons ce que vous avez fait. Vos comparses sont déjà passés aux aveux, vous feriez mieux de dire la vérité », aurait ainsi asséné Christian Husson à un Matthieu Tenenbaum « sidéré », d'après son avocat. Les trois hommes n'auront qu'une demi-heure, ensuite, accompagnés de deux membres de la sécurité, pour récupérer quelques affaires. La mise à pied sera immédiate « à titre conservatoire ».

Dès lors, tout va très vite. Le lendemain soir, l'Agence France-Presse a vent de l'affaire et publie la première dépêche. Sous la pression, la direction de la communication confirme la mise à pied. Des sources internes évoquent des accusations d'espionnage industriel concernant la voiture électrique, un projet phare. Le 5 janvier, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, est le premier à parler de « guerre économique ». « Si les faits allégués sont avérés, ce serait une affaire sérieuse et grave », ajoute-t-il. La presse pointe très vite la « piste chinoise », sans que ni l'entreprise ni le gouvernement ne la confirment. De son côté, Renault porte plainte contre X le 13 janvier pour des faits constitutifs « d'espionnage industriel, de corruption, d'abus de confiance, de vol et recel, commis en bande organisée », et licencie les trois cadres pour faute lourde. Eux nient tout en bloc. Ils disent tous « tomber des nues » et « vivre un vrai cauchemar ». Dans l'entourage du constructeur automobile, on fait plutôt appel à la psychologie pour expliquer leurs possibles attitudes de « déni ».

Dénonciation anonyme

Retour en arrière. Tout a commencé par une dénonciation anonyme. C'est ainsi que les faits sont présentés dans la lettre de licenciement pour faute lourde adressée aux trois cadres. « Renault a reçu une dénonciation anonyme vous mettant indirectement en cause. Cette dernière évoquait le fait que vous aviez perçu des "pots-de-vin" », écrit Jean-Yves Coudriou dans la lettre envoyée à Matthieu Tenenbaum. A Bertrand Rochette, qui n'était pas mentionné dans la dénonciation, le dirigeant indique : « Il ressort des investigations que vous êtes également impliqué et que vous avez reçu des sommes d'argent de source étrangère conduisant à la conviction, compte tenu de vos responsabilités dans un domaine capital pour l'avenir de l'entreprise, que vous avez donné en échange des informations stratégiques pour l'entreprise. » Mais Renault ne précise pas les éléments qui ont conduit à cette « conviction ».

Pourtant, il aura fallu à peine quatre mois au constructeur automobile pour mener son enquête. En août 2010, le comité d'éthique confie une enquête à deux membres de la sécurité de Renault, Dominique Gevrey et Marc Tixador, d'anciens policiers. Selon certaines sources, ceux-ci auraient rapidement fait appel à un enquêteur privé. Mais Renault ne confirme pas son existence, et des proches du groupe s'amusent à brouiller les pistes : « Des personnes extérieures peuvent avoir intérêt à informer Renault », « il y a des délinquants congénitaux et des délinquants d'opportunité, la délinquance occasionnelle n'est pas celle où les gens font très attention ». De quoi se poser des questions sur l'existence même de ce détective, qui, pour conduire son enquête, aurait reçu 50.000 euros, une somme dérisoire pour ce type de vérification.

Quoi qu'il en soit, avant Noël, tout semble bouclé. Le dispositif de mise à pied des salariés soupçonnés est arrêté : les enquêteurs internes auraient réussi à démonter un système relativement sophistiqué, fait de sociétés écrans et de comptes en Suisse et au Lichtenstein, alimentant un compte à hauteur de 5.000 euros par mois. Les ex-salariés auraient été mis en relation avec « des interlocuteurs chinois » par un sous-traitant. Les versements occultes auraient transité par des intermédiaires à Shanghai, Hong Kong et Malte. Mais rien n'est certain. Renault a travaillé seul, sans demander l'aide de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) qui a pourtant déjà publié plusieurs rapports alertant sur de possibles manoeuvres intrusives de la Chine en matière industrielle. Le constructeur n'avertit pas plus l'Etat, pourtant actionnaire à hauteur de 15 %. Eric Besson piquera d'ailleurs une grosse colère en apprenant l'affaire deux jours après la mise à pied des cadres : « Je n'étais au courant de rien du tout, cela m'a rendu furieux et je l'ai dit à Renault, je ne me souviens pas d'avoir jamais été aussi énervé. »

Mais, pour Renault, il fallait garder le secret car l'enjeu est stratégique. Le groupe au losange prévoit d'investir 4 milliards d'euros avec son partenaire Nissan dans le développement du véhicule électrique. Renault n'est pas le premier à se lancer dans cette voie, mais il fait partie des constructeurs qui y croient le plus. On imagine bien alors que, recevant une dénonciation anonyme sur des fuites concernant ce secteur clef, l'état-major s'alarme. Trop ?

Incohérences

Pour l'instant, la méthode et la stratégie de Renault dans cette affaire suscitent, en effet, plus de questions qu'elles n'apportent de réponse. Et plusieurs anciens du renseignement intérieur soulignent les incohérences du dossier : pourquoi avoir recruté trois « espions » au sein d'une même entreprise ? « On multiplie les occasions de se faire découvrir », explique l'un deux. De plus, « la personnalité même des salariés recrutés dans cette affaire ne correspond pas au profil habituel, leur niveau hiérarchique est trop élevé et on voit rarement parmi les espions des personnes qui ont consacré toute leur carrière à leur entreprise ». Pourquoi, également, avoir recruté un dirigeant et son adjoint, alors que ces derniers, a priori, ont accès aux mêmes informations ?

Autre question : pourquoi Renault, dont l'Etat est actionnaire, n'a pas averti dès les premiers soupçons la DCRI ? Selon une source, les membres de la sûreté de Renault avaient eux-mêmes demandé un délai supplémentaire pour vérifier quelques éléments et piéger les éventuels coupables. Et comment Renault a-t-il obtenu ses preuves, tout en garantissant, par ailleurs, « avoir respecté le droit du travail », c'est-à-dire, sans écoute illégale, ni incursion dans la vie privée de ses salariés ? « Parfois, on peut avoir de la chance », commente, laconique, une personne proche du dossier. Mais, alors, pourquoi n'avoir informé le comité d'éthique que trois jours après la mise à pied des salariés, soit le 6 janvier ?

En interne, l'implication de ces trois collègues a suscité l'étonnement général. Le silence de Renault inquiète et les cadres se demandent si, parce qu'ils ont parlé avec tel fournisseur ou tel partenaire lors d'un Salon, ils ne vont pas être, eux aussi, soupçonnés d'espionnage. D'autant plus que Michel Balthazard est « extrêmement respecté chez Renault pour son parcours », affirme un ancien cadre. Matthieu Tenenbaum est perçu comme un « jeune talent », à qui on a confié l'un des projets d'avenir de Renault. Bertrand Rochette affirme, quant à lui, que sa fonction est « tournée vers l'intérieur de l'entreprise » et qu'il n'a « jamais de contact avec des fournisseurs extérieurs ».

La théorie du complot

L'affaire est « un complot », « une machination », « une entreprise de déstabilisation vis-à-vis de Renault », à en croire les accusés. Mais pourquoi l'un d'eux se serait-il alors précipité, dès sa mise à pied, chez de grands avocats pénalistes de la place parisienne, s'il n'avait aucune idée des éléments dont pourrait disposer Renault ? Sauf à prendre des risques démesurés, il paraît inconcevable que l'entreprise ait monté de toutes pièces une histoire aussi rocambolesque. « Les éléments qui nous ont conduits à agir sont d'une extrême gravité », insiste-t-on chez le constructeur.

Maintenant, c'est à la justice de mener ses investigations. La DCRI a été saisie par le parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire après la plainte de Renault. Aucun juge d'instruction n'est saisi, les mis en cause n'ont donc, pour l'instant, aucun moyen d'avoir accès au dossier et aux preuves de Renault. Il va falloir attendre. Mais, en ne confiant que tardivement la plainte à la DCRI, Renault a singulièrement compliqué le travail des enquêteurs : « Maintenant, si les salariés ont quelque chose à se reprocher, ils vont être très prudents. Ce sera difficile de les piéger », confie l'un deux. Cela laisse du temps à Matthieu Tenenbaum, à Bertrand Rochette et à Michel Balthazard de lancer la contre-offensive judiciaire. Tous trois ont déjà saisi les prud'hommes et attaquent pour « dénonciation calomnieuse » ou « diffamation non publique ».

INGRID FRANCOIS ET VALERIE DE SENNEVILLE

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lundi 1 février 2010

Les cadeaux piégés de la Chine aux businessmen anglais - Cyrille Vanlerberghe

Le Figaro, no. 20373 - Le Figaro, lundi, 1 février 2010, p. 9

Un rapport du MI5 met en garde les hommes d'affaires contre les tentatives d'espionnage de la Chine.

C'est une version résolument moderne du cheval de Troie qu'utilisent désormais les espions chinois, d'après les services de contre-espionnage britanniques. Le Sunday Times a révélé hier que des businessmen britanniques avaient été victimes de cadeaux piégés, comme des cartes mémoires ou des clés USB modifiées pour permettre le contrôle à distance des ordinateurs auxquels elles sont connectées. Plus classiquement, un document du MI5 cité par le journal dominical londonien explique que les services chinois utilisent aussi des agents qui séduisent les hommes d'affaires avant de les faire chanter pour leur soutirer des secrets commerciaux.

Les agents chinois, qu'ils soient issus de l'Armée rouge ou du ministère de la Sécurité publique, profitent de foires commerciales pour approcher les cadres occidentaux, leur offrir des « cadeaux » ou « chercher à nouer des relations amicales ou professionnelles en faisant usage de la flatterie ou d'une hospitalité généreuse ».

Les hommes d'affaires britanniques sont donc invités à faire preuve de prudence lors de leurs déplacements en Chine, les services de renseignement chinois étant connus pour exploiter toutes sortes de petites faiblesses allant des relations sexuelles aux « activités illégales » afin de « forcer » ces hommes d'affaires « à coopérer avec eux ».

Le document du MI5 dont le Sunday Times a obtenu une copie a été envoyé discrètement en 2009 aux grandes entreprises britanniques, pour les mettre en garde contre les risques d'espionnage en Chine. Il rappelle notamment que « les chambres d'hôtel fréquentées par les étrangers dans les grandes villes comme Pékin et Shanghaï peuvent être mises sur écoute ». Par le passé, « certaines chambres d'hôtel ont été fouillées quand leur occupant en était absent ».

Cyberattaques

D'après le MI5, le gouvernement chinois « représente l'une des menaces d'espionnage les plus importantes pour le Royaume-Uni », notamment à cause de ses activités de piratage informatique. La Chine aurait notamment déjà lancé des tentatives de piratage contre les grands groupes britanniques dans les domaines de la défense, de l'énergie et des télécommunications, ainsi que de l'industrie manufacturière. L'année dernière, un rapport de la Commission conjointe du renseignement du premier ministre avait averti que les Chinois pouvaient potentiellement prendre le contrôle à distance d'infrastructures cruciales en Grande-Bretagne, comme l'énergie, l'eau et les télécommunications, notamment grâce à l'utilisation de composants électroniques chinois suspects dans les réseaux de British Telecom.

Ces accusations rappellent fortement les cyberattaques chinoises qui ont récemment pris pour cible les réseaux internes de Google ainsi qu'une trentaine d'autres grosses entreprises américaines.

D'après le Sunday Times, l'ambassade chinoise à Londres n'a pas voulu faire de commentaires.

PHOTO - Bordeaux, FRANCE: A man shows a promotional USB key in a mini red wine bottle, 19 June 2007 during Vinexpo, the world's biggest wine and spirits trade fair in Bordeaux, southwestern France. A survey carried out for Vinexpo 2007 by the London-based International Wine and Spirit Record (IWSR) predicts global wine sales will increase 45 percent by 2010 and production by 41 percent.

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